OBSERVATION VII
Epididymite chronique survenue à la suite d’une blennorrhagie ; induration diffuse de la queue de l’épididyme. (Obs. personnelle.)
Chavaribeyre, Antoine, doreur, âgé de 35 ans, entré dans le service de M. Verneuil pour y être soigné d’une fracture de cuisse ; il est en même temps porteur d’induration de la queue de l’épididyme.
Il nous raconte qu’à l’âge de 20 ans, il eût une première
chaude-pisse qui, au bout de quelques jours, s’accompagnait d’une tuméfaction intense et douloureuse de la bourse droite. Il en était à peine guér, qu’une nouvelle blennorrhagie survient, et avec elle une orchite nouvelle; seulement, au lieu de siéger à droite, l’inflammation, cette fois, avait atteint la glande gauche.
Maintenant, quatorze ans environ après cette double orchite, voici ce que nous constatons : On trouve une double altération des épididymes; le droit est atteint aussi bien que le gauche. A leur niveau, les tissus sont beaucoup plus résistants, mais ils présentent cependant une sorte d’élasticité qui n'a rien de commun avec la dureté mate des noyaux tuberculeux. Bien que siégeant au niveau de la queue de l’épididyme, l’induration n’a pas de limites précises ; elle se continue par dégradations insensibles avec les tissus environnants, et l’on ne saurait dire d’une manière nette gù commence et où finit la lésion. On sent, et cela aussi bien à droite qu’à gauche, la réflexion que fait la queue de l’épididyme qui forme une anse en remontant sur le bord postérieur du testicule avant de se continuer avec le canal déférent. Cette anse est arrondie, allongée, cylindrique, et l’on peut, entre ses deux chefs, reconnaître une dépression trèsmarquée. La tumeur est absolument indolente, et une pression même assez énergique n’y réveille aucune douleur.
OBSER VATION VIII.
Epididymite chronique survenue à la suite d’une blennorhagie. — Induration de la queue de l’épididyme. (Obs. personnelle.)
Buffard, Jean, charretier, âgé de 43 ans, entré dans le service de M. Verneuil, pour y être soigné d’une fracture. Il est dé bonne constitution, n’a jamais fait de maladie sérieuse, les poumons sont dans le meilleur état.
Il nous raconte qu’il a eu trois chaude-pisses pour le moins ; les deux premières sans aucune complication, mais la dernière s’accompagna d’orchite gauche. La tuméfaction lut considérable, la douleur très-vive, et ce ne fut guère qu’au bout de trois semaines que les divers symptômes d’inflammation s’apaisèrent un peu. D’ailleurs, nous dit le malade, les parties ne revinrent jamais à leur état primitif ; la résolution ne fut point parfaite et maintenant, plus de quinze ans après l’apparition de cet orchite, nous trouvons dans fépididyme gauche, au niveau de la queue de cet organe, une tumeur dure, allongée, diffuse. L’induration est surtout très-nette au niveau du point où fépididyme se réfléchit pour devenir ascendant ; une palpation attentive permet de re-
connaître l’anse formée par cette réflexion, et l’on sent, entre la portion descendante et la portion ascendante, une dépression trèsnette qui peut recevoir la pulpe du doigt, il n’existe d’ailleurs, en cet endroit, aucune adhérence des téguments avec les parties sous-jacentes; le scrotum glisse facilement sur la tumeur parfaitement indolente ; les fonctions génitales paraissent normales ; le toucher prostatique donne un résultat négatif ; la glande n’est ni plus dure, ni plus volumineuse que d’ordinaire.
Rien n’est plus commun que les faits de ce genre, et à ces deux observations, nous pourrions en ajouter plusieurs autres ; mais comme elles ne présentent rien de spécial, comme elles ne seraient, au demeurant, qu’une parfaite répétition des cas que nous venons de transcrire, il nous paraît préférable de nous en tenir là. C'est toujours le même processus : épididymite blennorrhagique aiguë, résolution incomplète ; au niveau de la queue de l’épididyme reste une induration diffuse qui siège le plus souvent sur l’anse de cet organe. Nous terminerons en donnant une intéressante observation de fongus bénin probablement syphilitique ; on verra que le diagnostic de ce fongus d’avec le fongus tuberculeux, est parfois bien difficile.