‹ Du typhus de l'armée d'OrientChapitre 14 sur 83 · A. DÉBUT LENT · texte numérisé non relu

A. DÉBUT LENT

Il nous reste un tiers de la somme totale des cas, les deux premiers tiers étant occupés par les débuts brusques. Les choses s'y passent de différentes manières, (ju'on peut ranger dans les catégories suivantes : 1° Deux ou trois accès, complets ou incomplets, presque toujours quotidiens, très-rarement tierces, plutôt vespériens quemaliniers, accompagnés d'une partie des phénomènes ci-dessus énoncés, peuvent avoir lieu avant que la maladie ne débute avec le caractère continu. Cette forme, qui n'a pas été fréquente chez nous, paraît l'avoir été davantage ailleurs: MM. Lallemand, Glsesel, etc., nous en ont surtout parlé. Le type, dans ces premiers jours, est

vraiment intermittent, caries intervalles apyrétiques sont assez prononcés pour permettre au sujet de vaquer à quelques-unes de ses occupations. Notre regrettable collègue et ami Puel a présenté cette forme dans les jours qui ont précédé un typhus qui l'a prématurément enlevé. 2" Le début peut être lent et graduel ; c'est, pour ainsi dire, une typhisation à petite dose, au milieu de laquelle survient le vrai typhus. Notre collègue Leclerc a succombé à un typhus survenu dans ces conditions, 3° Enfin le typhus peut succéder graduellement à dessymptômes catarrhaux, qui rappellent plus ou moins la grippe, et qui, d'obscure signitication à l'origine, aboutissent peu à peu au typhus le mieux caractérisé. Cette forme, rare dans nos salles, a été la règle sur quelques bâtiments de l'État ; nous en parlerons en temps el lieu (§ 1 4).

Il ressortira également des développements dans lesquels nous entrerons alors que le début a des caractères inconstants, que sa physionomie paraît commandée par les diverses conditions dans lesquelles se trouvent les individus en particulier, mais surtout les masses infectées. Aussi, de ce que la brusquerie du début a été la règle chez nous, ne devons-nous pas en conclure que c'est la règle pour le typhus en général.

On le voit, la thèse de la variabilité de formes du typhus, que nous avons posée au commencement

HISTOIRE ET DESCRIPTION DE l'ÉI'IDÉMIE. 163

de ce travail, et que nous compléterons à la fin, se développe d'elle-même et recueille chemin faisant de nouvelles preuves.

I 13. Symptômes.

1" Période de réaction.

Cette période, qui occupe environ la moitié de la durée de la maladie, c'est-à-dire cinq à six jours, est caractérisée par la réaction, la turgescence générale, l'état congestif des viscères, des membranes intérieures et de l'enveloppe cutanée, enfin, par l'état catarrhal des muqueuses. Les congestions opèrent surtout des désordres, plutôt consécutivement qu'immédiatement, dans les poumons et la tête, qui, dans le typhus de l'armée d'Orient, ont été les deux centres organiques les plus affectés et trahissant leurs souffrances par les symptômes les plus accusés.

Cette période est mieux nommée période réactionnelle que période inflammatoire : ce mot, en effet, indique la physionomie générale sans préjuger la nature, tandis qu'il n'en est pas de même de l'expression inflammatoire, qui induit en erreur, car l'inflammation n'est qu'un accident, et le fond de la nature n'est certes point phlegmasique. La réaction et le développement contemporain de phénomènes nerveux, tels sont les deux caractères fondamen-

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taux de cette période. Dans les maladies locales, les phénomènes nerveux sont le résultat de complications, de l'état typhoïde par exemple, ou dépendent de l'aggravation de la maladie, et n'arrivent guère qu'à une époque assez avancée de l'afîeclion. Dans les fièvres, surtout dans celles qui sont dues à une intoxication ou à un agent spécifique, certains phénomènes nerveux peuvent se montrer d'emblée, mais généralement ils n'acquièrent point si rapidement l'intensité qu'ils revêtent dans le typhus; il y a, sous ce rapport, une différence très-notable entre le typhus et la fièvre typhoïde.

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