‹ Du typhus de l'armée d'OrientChapitre 19 sur 83 · E. APPAREIL DIGESTIF · texte numérisé non relu

E. APPAREIL DIGESTIF

L'état catarrhal des muqueuses se manifeste souvent par une sorte d'embarras gastrique : les nausées sont assez rares néanmoins, et les vomissements le sont davantage encore ; la bouche est mauvaise, pâteuse et amère. L'arrière-gorge est souvent un peu

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rouge et humide. La langue reste parfois sans enduits, rose avec le pourtour rouge, pendant toute cette période ; mais elle est habituellement chargée d'un mince enduit blanc, blanc grisâtre, blanc jaunâtre. La sécheresse de la langue à cette époque est une rareté. Je n'ai pas vu la bandelette nacrée, sur laquelle M. l'inspecteur Lévy, alors premier professeur au Yal-de-Grâce, a appelé l'attention; mais le liséré rouge congestif qui ondule autour des dents, est, au contraire, un phénomène assez fréquent. Il va sans dire qu'il y a delà soif et du dégoût pour les aliments.

En mettant de côté les individus que le typhus a trouvés déjà porteurs d'affections abdominales, elles cas assez rares de localisation typhique sur les organes contenus dans cette cavité, on peut avancer que l'abdomen, notamment l'intestin, jouissent d'un calme qui contraste avec les profondes lésions dont ils sont affectés dans la fièvre typhoïde. Et d'abord dans cette période, la constipation est la règle, la diarrhée l'exception. Le gargouillement cœcal est un phénomène tout à fait exceptionnel, au lieu d'être presque constant comme dans la dothinenlérie. Le météorisme n'est pas fréquent dans cette période, mais, dans la seconde, je l'ai trouvé à divers degrés, dans un tiers des cas. Quelques autres observateurs l'ont constaté plus rarement : ainsi M. Garreau {Gazelle médicale) n'a noté^le météorisme qu'une fois sur huit cas de typhus à toutes les périodes, et

M. Mouchet semble ne l'avoir pas du tout trouvé en Crimée. Dans la fièvre typhoïde la pression éveille surtout des douleurs dans la région cœcale, en raison des boutons intestinaux et des ulcères dothinentériques qui y siègent de préférence. Dans le typhus l'abdomen, surtout dans cette période, est indolent; et, dans le cas d'hypéresthésie locale, cette exaltation de la sensibilité n'a point de siège privilégié à la région cœcale. Nous avons déjà dit, du reste, et nous le rappellerons ici, que ces hypéreslliésies cutanées et superficielles nous ont paru plus fréquentes à l'abdomen que partout ailleurs.

Le foie et la rate sont congestionnés à cette période comme tous les autres organes, et les hypocondres ainsi que l'épigastre peuvent être tendus, rénitents et plus ou moins douloureux à la pression. Ces phénomènes ne sont prononcés que dans un tiers des cas environ, tandis que la simple tension, peu marquée, avec sentiment de plénitude dans ces régions et douleur assez légère à une pression profonde, se rencontrent dans près de la moitié des cas. Le foie et la rate congestionnés sont sans doute augmentés de volume ; mais la percussion ne permet pas toujours de saisir cette augmentation pour la rate, et bien rarement encore pour le foie. Dans certains typhus ictérodes, forme rare, la région hépatique était très-douloureuse; tan^lis que dans d'autres cas ce phénomène manquait absolument.

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F. SÉCRÉIIONS.

Toutes les muqueuses présentent généralement un état plus ou moins catarrhal : elles sécrètent du mucus, elles sont humides et les ouvertures s'embarrassent parfois de ces mucosités concrétées en filaments. Le coryza, le catarrhe bronchique, l'humidité de l'œil, etc., tiennent à l'état catarrhal de ces muqueuses. Le catarrhe général des muqueuses paraît avoir été plus prononcé chez les Russes que chez nous, d'après MM. Alferief et Mœring. Beaucoup d'auteurs de la fin du dix-huitième et du commencement du dix-neuvième siècle décrivènt également des épidémies où ces symptômés étaient beaucoup plus marqués que chez nous.

L'épilhélium. dans celte période et dans la suivante, se desquamme parfois et sème de son débris la surface muqueuse de la vessie, de l'estomac, de l'intestin, des calices, etc., phénomènes observés aussi par les médecins russes, et qu'on retrouve dans les descriptions de tijphiis-fever de Jenner.

La peau est généralement moite, et assez souvent couverte d'une sueur abondante.

Les urines sont d'ordinaire peu copieuses, rouges, parfois sédimenteuses. M. Mœring y a constaté delà substance épilhéliale, indice du catarrhe vésical.

DU TYPHUS DE l'akMÉE d'oRIENT.

2° Période nerveuse.

Elle dure à peu près comme la première, c'est-àdire cinq ou six jours. On comprend, du reste, que ces démarcations n'ont rien de rigoureux, puisque la transition de l'une à l'autre est ordinairement ménagée et que sur les confins des deux périodes, les caractères sont mixtes. Les phénomènes nerveuxqui deviennent prédominants, donnent leur nom à cette période. Elle est essentiellement caractérisée par ces phénomènes nerveux et par les conséquences diverses des congestions sanguines qui ont eu lieu dans la première période. Ces conséquences, les voici : Ou bien les congestions continuent, avec le caractère actif, et alors la réaction se maintient plus ou moins vive, mais modifiée par l'accroissement des phénomènes nerveux et par l'afTaiblissement, par la chute progressive des forces générales : ou, bien diverses phlegmasies, notamment des poumons, succèdent aux congestions. Ou encore, l'hyposthénie est telle que les parenchymes commencent à se laisser engorger passivement, et que les réactions sont devenues molles, paresseuses. L'atteinte profonde portée aux forces radicales, entraîne souvent la mort, dans cette période, sans qu'on puisse trouver de lésions des organes assez graves pour les accuser de cette issue funeste.

Dans cette période l'état calarrhal des muqueuses

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persiste ou diminue, ou se termine par une hypersécrétion plus abondante momentanée, ou fait place à la sécheresse de ces membranes qui s'encr(»ùtent de mucosités épaisses au pourtour de certaines ouvertures. Nous serons plus bref ici, dans la description des symptômes, qu'au sujet de la première période, beaucoup de traits de celle-ci se rapportant plus ou moins à la deuxième.

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