C. TRAITEMENT DE I.A TROISIÈME PÉRIODE
|o Forme tor|iide.
Révulsifs sur les extrémités inférieures et même sur le tronc. Les purgatifs peuvent quelquefois reparaître. Les toniques et les stimulants parviennent, dans certains cas, à rendre aux organes le ton nécessaire pour chasser le sang qui les distend. Dans d'autres circonstances, surtout chez les individus pléthoriques et bien conservés , quelques sangsues dégagent les organes qui, distendus outre mesure, avaient perdu leur contraclilitc ; nous en possédons quelques exemples remarquables. Frictionnez la peau pour appeler la friction sur l'enveloppe périphérique et dégager les centres ; l'acétate d'ammoniaque peut aussi conspirer au même résultat.
•2" Forme lyiilioide et putride.
Toniques, quinquina surtout; vins de Bordeaux, de Porto, etc.; boissons aromatiques; révulsiCs ; mais gardez-vous des vcsicatoires à demeure , qui dégénèrent presque toujours ; chlorure de Labarraque ; stricte propreté,
3° Foimes iid>namique, ataxo-adynamiqiie, comateuse.
Dans la forme adynamique, les toniques ne suffisent plus; ils n'impressionnent plus cet organisme insensible; il faut d'abord le réveiller par des excitants, puis prescrire des toniques qui agiront seulement alors. Vins et potages , frictions stimulantes sur les membres et le rachis ; pointes de feu à l'épigastre. La strychnine a quelquefois donné une utile secousse dans la forme adynamique, sine materià .
Ajoutez les antispasmodiques connus , s'il y a ataxie.
Il est un moyen dont j'ai entretenu la Société impériale ottomane , et dont j'ai fait constater les bons effets par plusieurs confrères , à diverses reprises : je veux parler de la cautérisation transcurrente obtenue à l'aide d'un cautère hastile légèrement promené deux fois de chaque côté de la colonne vertébrale, de la tête au coccyx. Par ce moyen, on
niSTOIRE ET DESCRIPTION DE l'ÉPIDÉMIE. 277
obtient parfois des effets vraiment merveilleux ; et , comme nous l'avons dit , à cette époque de la maladie, on ne peut les mettre sur le compte d'une de ces solutions spontanées qui viennent quelquefois surprendre le médecin lui-même dans les périodes précédentes. Avec un pansement méthodique consistant en bandes de linge légèrement cératées, appliquées de chaque côté de la colonne et matelassées d'épaisses couches de ouate , le tout maintenu par trois bandages de corps cousus ensemble après leur apposition, afin d'éviter tout dérangement, les escarres s'exfolient dans l'espace de douze à quatorze jours, en ne laissant que de longues lignes rouges. Ce moyen n'est donc pas cruel dans ses suites ; il ne l'est pas davantage dans ses applications, car trois malades sur quatre ne paraissent pas sentir la combustion , ou témoignent mollement de la douleur, et ne se rappellent généralement rien, quand ils sont convalescents.
Ce moyen est vraiment héroïque dans les cas putrides, adynamiques, comateux , torpides, rendus graves plutôt par l'atteinte portée aux forces radicales que par d'irrémédiables lésions organiques. On comprend facilement, du reste, la puissance; d'une telle stimulation portée sur la moelle épinière et sur les nerfs qui en émergent.
Ouvrez de bonne heure les parotidites, à l'aide de deux ou trois incisions profondes, afin d'empê-
cher la destruction des parties par la fonte purulente. Il est si rare de les faire avorter avec les frictions raercurielles ou d'iodure de plomb, et l'on perd alors un temps si précieux , que nous avions pris le parti d'ouvrir d'emblée toute parotidite qui s'annonçait avec intensité. Dans le typhus, la parotidite qu'on laisse suppurer est à peu près immanquablement mortelle.
Les gangrènes sont aussi à peu près toujours fatales. Désinfectez avec les chlorures ; pansez avec le charbon et le quinquina.