‹ Du typhus de l'armée d'OrientChapitre 76 sur 83 · X. llortalité · texte numérisé non relu

X. llortalité

Elle est beaucoup moindre en France qu'à Constantinople, du moins d'après les documents que nous possédons ; et, si on peut tirer une conclusion de ces documents peu nombreux, elle aurait diminué à mesure que les troupes, quittant le littoral , auraient fourni des typhiques dans des endroits plus éloignés. Ainsi, à Paris, M. Godelier a 9 décès sur 63 cas, ou 14 pour 100 ; àNeufchâteau, M. Garcin a traité 9 typhus, dont aucun n'a succombé; à Châlons-sur-Saône, M, Canat a eu 2 décès sur 18 typhiques, ou 11 p. 100; à Avignon, ville plus rap-

vahiabilitè des formes et des caractères. 347

prochée du littoral, M. Chauffard compte 1 décès sur 3 traités; à Marseille, M. Lambert perd*21 hommes sur 140 typhiques fournis par le Sané, ou 15 p. 100, et M. Montgrand 28 sur 162 typhiques fournis par le Prince-Jérôme , le Fleurus, le Canada, les passagers et les contagiés, ou 17 pour 100. L'Iéna est très-maltraité : 33 p. 100.

La conclusion de cette revue rapide ét bien incomplète du typhus qui a sévi en différents lieux dans la même année, en 1856, contlrme cette autre conclusion à laquelle nous sommes déjà parvenu après avoir passé en revue les épidémies de typhus qui ont sévi à diverses époques et en différents pays : grande variabilité dans la forme , le fond restant le même ; nécessité d'envisager l'ensemble de la maladie et tous les éléments qui en constituent l'histoire, y compris l'étiologie, et de ne pas chercher un signe isolé, pathognomonique, pour reconnaître le typhus et pour établir son diagnostic différentiel .

Quelques conclusions, moins générales, mais également importantes, découlent aussi de cette revue.

Les conditions générales et individuelles semblent modifier le typhus dans sa physionomie générale et dans quelques-uns de ses symptômes en particulier. Le début si souvent insidieux et catarrhal, à bord des navires, a certainement frappé le lecteur ; l'influence des milieux dans lesquels vit le

marin aurait-elle déterminé cette forme ? En second lieu, le typhus qui se déclare sur des groupes transportés hors du foyer épidémique, à bord des navires et mieux encore en France , le typhus dépaysé , comme nous l'avons appelé , semblerait présenter les caractères suivants : 1 ° durée plus longue ; 2° nécessité plus constante d'une évolution plus complète,* et, par conséquent, rareté des cas qui, spontanément ou sous l'influence du traitement, avortent après quelques jours (1). Ceci est surtout applicable aux typhus qui se sont déclarés en France ; 3" type plus franchement continu encore qu'en Orient; plus de régularité dans la marche, moins de surprises dans les solutions ; 4° beaucoup moins de gravité.

Au Frioul, premier échelon des hommes débarqués, au Frioul où la concentration des hommes de provenance orientale a créé un foyer typhique intense, l'épidémie s'est comportée d'une manière qui rappelle davantage le typhus de Crimée et de Constantinople.

(1) Sous les réserves que nous avons faites de cas légers méconnus et de typhus de courte durée, classés dans d'autres cadres nosologiques.

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