QUATRIÈME PARTIE
Observutioii I.
Typhus survenant chez un sujet en bonne santé. Forme cérébrale; deux jours de prodromes. Délire nocturne le deuxième jour de la maladie. Douleur occipito-spinale et roideur du cou, qui durent quatre jours; apparition de taches ombrées, profondes, le troisième jour depuis l'invasion (cinquième depuis les premiers phénomènes morbides) ; taches pourprées le septième jour. Les premières durent dix-sept jours et se prolongent pendant la convalescence; les dernières durent sept jours. Constipation prolongée; parotidite avortée, hypéresthésie cutanée localisée. La maladie atteint rapidement tout son développement: coma et état irés-grave le cinquième jour. Amélioration presque immédiate le sixième jour; convalescence le douzième jour. Abcès derrière l'oreille. Prompte alimentation. — Traitement : Une saignée, 16 sangsues aux jugulaires, un vomi-purgatif et calomel à doses réfractées, lavements purgatifs, vésicatoires, sinapismes, frictions vinaigrées, oxycrat sur le front, opium à haute dose, camphre et quinquina, bordeaux, cautérisation transcurrenle le long de l'épine dorsale.
Berdaloux, du 27"* de ligne^ infirmier auxiliaire attaché au service de mes salles, est d'une excellente constitution, d'un tempérament sanguin, a une carnation ferme, l'embonpoint de son ftge, des chairs roses, en un iTiot, tous les attributs d'une parfaite santé. Il n'y a chez lui aucune trace
de maladies antérieures. Il couche dans les salles des malades.
Le 21 mai 1855^ il est pris de malaise avec légers frissons erratiques, quelques bouffées de chaleur, céphalalgie très-légère, anorexie, quelques nausées, soif, douleurs dans les membres et dans les reins. Paji de selles.
Le 22, l'embarras gastrique se prononce ; même état général; les douleurs augmentent, surtout dans les jambes. Le malade ne garde le lit que quelques heures dans la matinée. Je lui fais prendre une potion avec ipéca 5 décigr.et émétique 5 centigr. Il est bien mieux le soir et reste levé jusqu'à 6 heures. Je le revois à ma visite du soir: il y a trèspeu de fièvre. Une selle dans les vingt-quatre heures.
23. — La nuit il y a eu un frisson prolongé, suivi de réaction fébrile vive avec sueurs. Le matin je trouve encore de la fièvre et un peu d'état spasmodique. Le malade n'a pas dormi, il dit ne pas avoir rêvé. Potion éthérée opiacée avec sulfate de quinine 1 gramme. Berdaloux ne quitte pas le lit le 23. C'est de ce jour qu'il faut faire dater l'invasion du typhus. Il a été précédé de prodromes les 21 et 22.
24. — Le malade a été très-agité dans son lit, il a remué, il a parlé haut en délirant et en se plaignant de la tête. Le matin, je le trouve dans l'état suivant : douleurs dans tout le corps, céphalalgie vive, pulsative, entrecoupée d'é- ' lancements, siégeant dans toute la tête, mais surtout au front, aux tempes et à l'occiput; roideur du cou et douleur spinale; peau chaude, moite, pouls à 102, développé, souple, sans mollesse ; 38 degrés centigr. sous l'aisselle ; accablement, supination; intelligence nulle, réponses catégoriques, mais quand on ne parle plus au malade, il se plaint continuellement en gémissant. Pas de selles hier ni la nuit du 23 au 24; ventre souple, indolore; langue blanche
et saburrale; un peu de mucosités nasales. Respiration normale, toux rare, légère, avec très-peu d'expectoration. Taches rouges, œil hagard injecté, regard errant, un peu d'hébétude. Le malade a Thabitude d'être saigné tous les ans au printemps. Pr. limonade citrique 4 litres. Saignée de 300 grammes, que Taide-major porte à 300 : le caillot est dur, rétracté, sans couenne. Dix pilules de calomel à 1 décigr. Potion avec teinture d'opium que je porte à -40 gouttes, à cause des phénomènes méningiens, 4 vésicatoires volants. Frictions vinaigrées sur tout le corps. Compresses d'oxycrat sur le front. Lavement purgatif aussitôt après la visite. — Je revois Berdaloux dans la soirée. La fièvre est toujours vive, mais les douleurs se sont apaisées. Les réponses sont toujours faciles et nettes. Le malade ne se plaint ni de bourdonnement d'oreilles, ni de vertiges quand il reste couché; mais, quand il prend le vase poqr uriner, il éprouve des éblouissements.
25. — Délire, agitation toute la nuit; coliques vives, selles, vomissements. A ma visite du matin je le trouve dans l'état suivant : fièvre vive, peau très-chaude , sans sécheresse, pouls à 104, plein, souple ; se lève sans secours pour uriner; mais les urines sont très -difficilement excrétées, rouges, cuisantes. Grand accablement, mais le faciès turgescent n'a point l'empreinte de la stupeur. Répond trèsbien. Ne se plaint plus continuellement comme hier, quoique la sensibilité soit plus vive, et que les douleurs se soient réveillées dans les membres ; constriction sternale; hypochondres tendus. Les douleurs ont diminué, au contraire, à la tête et au cou qui présente moins de roideur qu'hier. La poitrine et l'abdomen sont très-douloureux à la pression la plus superficielle : c'est une hypéresthésie cutanée. Quelques douleurs très-vives, comme névralgiques, parcourent.en outre par intervalles la superficie de l'ab-
domen ; le malade se plaint beaucoup. Pupille notablement resserrée. Bouche un peu sèche, langue humide, couverte de saburres blanches; taches ombrées, profondes, ditïuses, sans netteté, répandues par tout le front et sur les membres; la pression ne les fait pas disparaître. Elles ont apparu le troisième jour depuis Tinvasion, cinquième depuis les premiers phénomènes morbides. Pr.eau gommeuse 5 litres, le malade ne voulant plus de limonade citrique. Potion avec camphre un gramme et teinture d'opium 40 gouttes ; compresses d'oxycrat. Cataplasme laudanisé sur le ventre.
Je revois le malade dans la soirée. La diarrhée s'est calmée; elle était produite par le calomel. La fièvre est plus vive:poulsàl20, plein, légèrement mou; peau sans sécheresse, unpeu chaude seulement, sudorale. Le malade se dit mieux. Céphalalgie médiocre ; l'excrétion urinaire est devenue facile. Les taches ombrées augmentent; quelquesunes ont un centimètre et demi à deux centimètres de diamètre. Elles ont un ton rougeâtre, lavement purgatif.
26. — Nuit comme la précédente, une selle la nuit. A peu près même état qu'hier. Le ventre est normal; les douleurs superficielles abdominales et thoraciques ont disparu hier dans la journée. La prostration augmente ; les paupières sont baissées. Faciès violacé. Pouls à HO. Rien à la poitrine. Persistance d'un peu de roideur du cou ; moins de douleurs à la tête, au cou et dans les membres. Réponses normales. Potion camphrée à un gramme, opiacée à 60 gouttes. Dix pilules de calomel à un décigramme. Seize sangsues aux jugulaires, qui saignent longtemps et beaucoup. Sinapismes. Dans la journée, vomissements bilieux, nombreux et rapprochés, et une seule selle.
27. — Nuit très-mauvaise, plaintes et délire; le malade est au plus mal. Il me répond encore nettement, quand
j'insiste. Coma. Les douleurs du cou, de la tête et des membres persistent. Le cou est moins roide, et j(î fléchis facilement la tête sur la poitrine. OEil fermé, pupilles trèscontractées. Abdomen un peu douloureux à la pression profonde ; gaz dans les deux fosses iliaques. Pas de selles la nuit; une seule dans la journée. Pouls petit, mou, à 120; peau fraîche. La langue ne se sèche pas, vomissements répétés, hoquet. Pr. limonade citrique, potion avec extrait de kina, 4 grains. Bordeaux, sinapismes, frictions vinaigrées.
28. — Très-mauvaise nuit. Ce matin, je le trouve fort mal. Pouls très-petit, à 115 ; peau fraîche ; les taches n'ont pas augmenté et ne se sont pas foncées, coUapsus musculaire; plus de roideur du cou. Le malade dit ne souffrir nulle part. Hoquet continuel, les vomissements ont cessé. Soif ardente, mais parfois le pharynx et l'œsophage se contractent et rejettent le liquide. La bouche est sèche ; un peu de fuligo. Pas de diarrhée. Réponses raisonnables, mais difficiles à obtenir. Coma. Le faciès est plombé, livide, profondément décomposé. Gonflement parotidien droit qui avorta par des frictions mercurielles belladonées, urines involontaires. Le cas me paraît désespéré. Limonade citrique vineuse, potion avec extrait de quinquina 4 grammes, bordeaux. Je tiens beaucoup à cet infirmier auxiliaire, et j'avise, in extremis, un moyen qui m'a rendu dans la suite des services signalés : je promène un cautère hastile de l'atlas au coccyx, en traçant deux raies de feu de chaque côté de la colonne, quatre raies en tout. Berdaloux se plaint à peine pendant l'opération. Plus tard, il n'en a qu'un vague souvenir.
29. — La nuit a été un peu plus calme; le malade a moins déliré. Le matin, de l'agitation a fait place au coma; le malade, au lieu de garder la supination, se tourne et
as
3S4 DU TYPHUS DE l' ARMÉE d'oRIENT.
se retourne dans son lit. La sensibilité est revenue ; il se plaint de douleurs dans la tête, dans le tronc, au dos, dans les membres. Le ventre est de nouveau douloureux à la pression superficielle. Les yeux s'ouvrent de temps en temps. Le faciès est moins décomposé, moins livide. Pouls à 115, un peu relevé depuis hier. Réponses plus faciles. Le fuligo persiste ; les taches se foncent un peu. Diarrhée. Peau fraîche. Potion opiacée avec extrait de kina 1 gramme. Bordeaux. — Dans la soirée, la fièvre est plus vive, la peau sudorale, il y a de Tagitation sans délire, la céphalalgie a diminué, mais les douleurs sont plus prononcées dans les jambes. Les vésicatoires sont à peu près secs.
30. -— Le malade a enfin un peu dormi la nuit; ce sommeil réparateur lui a fait beaucoup de bien ; il se plaint néanmoins en marmotant. Le mieux se maintient et se prononce. Le faciès est meilleur, les réponses sont plus faciles, le fuligo tend à disparaître. Plus de diarrhée. Sentiment général de brisement et de lassitude, sans douleurs localisées. Les taches ombrées bleuâtres diminuent; j'en observe d'autres un peu rosées qui datent d'hier. Peau un peu moite, doucement chaude. Pouls lent, à SO, souple, un peu mou, réguher. Limonade vineuse, potion avec extrait de kina 4 grammes, bordeaux.
31. — A dormi plusieurs heures entrecoupées de cris et de plaintes. Le matin l'intelligence est bonne et les réponses nettes; le malade est tranquille. Pouls un peu petit, souple, à 112, peau moite, sans chaleur pathologique. Le fuligo diminue un peu; la bouche reste sèche. Le malade se plaint de temps en temps. Les paupières ne restent plus baissées; la stupeur est très-légère; le faciès est amaigri, mais ne conserve presque pas de coloration anormale. Ventre souple, indolore. Pas de selles. Les taches ora-
brées sont stationnaires; les quelques taches abdominales, d'un rose un peu cerise, se maintiennent. — Pr. demibouillon, que le malade prend avec plaisir. Je fais ranimer un vésicatoire.
1" juin. — A encore crié et s'est plaint la nuit. Môme état qu'hier. Le fuligo diminue. Pas de selle. Est tranquille et raisonne très-bien dans la journée. Peau fraîche, pouls à 100.
Pr. comme hier, lavement émoUient.
2 juin. — La nuit a été meilleure. La langue se nettoie, mais la bouche est encore sèche. Il reste encore des taches ombrées et quelques autres d'un rose-cerise. Pouls à 96. Une selle.
Le 3, le mieux se consolide. Vermicelle au gras que le malade mange avec plaisir. La convalescence est déclarée, le douzième jour depuis l'invasion, quatorzième depuis les premiers phénomènes morbides. Les selles se régularisent.
Le 4., l'amélioration continue : plus de fièvre, plus de fuligo, intelligence nette, appétit prononcé, les taches ombrées sont encore visibles, mais il n'y a plus de taches pourprées. Vermicelle au lait. Berdaloux se procure du raisin sec, en mange une demi-livre ; à la suite de cette imprudence, il a un vomissement, sans autre suite fâcheuse.
Le 5, la convalescence marche, mais le malade n'a pas dormi la nuit. Je n'accorde qu'un bouillon à cause de l'accident d'hier. Diarrhée légère, un peu de fatigue. Pouls à 70, souple, sans mollesse, assez élevé ; peau moite, sans chaleur anormale. Les minces escarres produites par la cautérisation actuelle commencent à s'améliorer. Bouillon; limonade vineuse comme les jours précédents; bordeaux.
Le G, sommeil réparateur et prolongé pendant la nuit.
Pouls à 65. Sentiment de bien-être; appétit prononcé. Demi-soupe au lait, limonade vineuse et bordeaux.
Le 7, chocolat le matin, et, à ses deux repas, demiquart de pain, vermicelle au gras, un œuf à la coque ; limonade vineuse, bordeaux. Le malade se lèverait, dit-il, sans un vésicatoire à la jambe qui le gêne et le tiraille. Quelques taches ombrées persistent encore.
Il se lève plusieurs heures le 8, à mon invitation expresse.
Le dO, les taches ont disparu. Quart de pain, côtelette, omelette, demie de vin.
Le 13, Berdaloux reste levé presque toute la journée.
Le \6, il mange la demi-portion. Il a beaucoup maigri ; sa peau est d'un jaune pâle, furfuracée et écailleuse par places; pas de souffle anémique au cœur. Petit abcès derrière l'oreille gauche. Le dos est en partie débarrassé de ses escarres, qui sont éliminées avec une suppuration trèslégère, et en partie sillonné de croûtes jaunes et sèches.
Le 22, il ne reste plus aucune escarre.
Vers la fin de juin, un peu d'œdème des jambes chaque soir. Régime substantiel, toniques, vin, iodure de fer. Guérison complète.
Obscrvatiou II.
Typhus sur un sujet sain el plélliorique. Début rémittent; forme inflammatoire, congestion céphalique, turgescence du faciès, constipation longue et opiniâtre, puis diarrhée ; congestion pulmonaire prolongée; éruption pétécliiale purpurique le cinquième jour; éruption morbilliforme postérieurement; l'exanthème, après avoir un peu pâli et s'être ranimé, disparaît enûn à la convalescence, le seizième jour. Pouls incessamment fort et vibrant, petit, large et souple. La chaleur atteint 39o 1/2 c. sous l'aisscllc. Délire nocturne le neuvième jour. Odeur de souris, puis de plantes vénéneuses à la convalescence. Fuligo de peu de durée le dixième jour. Pas de sécheresse de la peau ; sudamina. Surdité tardive. Urines rouges.
sédimenteuses , puis claires. Desquamation furfuracée. — Traitement: Eau de Sedlitz , potion puifjative, lavements purgatifs contre la conslipalion, puis lavements amylacés opiacés contre la diarrhée consécutive. 20, puis 10 sangsues à l'anus; 12 aux jugulaires; 10, puis 8 ventouses scarifiées sur la poitrine. Sinapismes répétés. Compresses d'oxycrat sur la têle. Vésicatoires aux cuisses et à la poitrine. Frictions avec l'huile de croton sur le thorax. Frictions avec camphre, éther, extrait de kina diversement combinés. Loochs opiacés et kermétisés. Lin nitré à 10 gr. par litre, limonades simples et vineuses, riz édulcoré, bordeaux. Alimenlalion prompte.
Michel, infirmier auxiliaire, Agé de 25 ans, au service depuis quatre ans, a été six mois en Crimée, il y a contracté le scorbut, maladie pour laquelle il a été évacué sur Constantinople. Depuis huit mois il est parfaitement guéri, et il remplit les fonctions d'infirmier auxiliaire. Il est trèsfortement constitué, sanguin, même pléthorique ; sa santé est exubérante.
II entre, comme malade, dans mon service , auquel il était attaché, le 3 février 1856, salle 3, n" 22. C'est le quatrième jour de sa maladie. Il nous fournit les renseignements suivants, sur les trois premières journées. Il a été pris par des frissons assez légers, suivis de chaleur fébrile, avec céphalalgie, douleur dans les reins, malaise, inappétence, bouche mauvaise, nausées, état qui s'est prolongé avec continuité, mais avec des exaspérations précédées de frissons, vers une heure après midi; constipation pendant ces trois jours. Je vois le lïialade le 3 à ma contrevisite : la fièvre est très-vive, le pouls plein, développé, la peau chaude, la face vultueuse et violacée. Il n'y a pas eu de selle dans la journée. Je prescris immédiatement 20 sangsues à l'anus, une bouteille d'eau de Sedlitz et un lavement purgatif qui n'amène aucune selle. Quelques frissons dans la soirée.
4 février. — Il a peu dormi, et, pour la première fois,
beaucoup rêvé. La forme est purement inflammatoire : fièvre vive, pouls développé, assez résistant et même vibrant, à 80; peau sudorale etcbaude; 39° 4/2 c. sous Taisselle; faciès turgescent , vultueux, violacé; conjonctives rouges; bouffées de chaleur à la face ; céphalalgie obtuse ; brisement dans les jambes et douleurs dorso-lombaires ; inappétence, langue rouge et humide, soif vive, angoisse épigastrique et précordiale, abdomen souple et indolore avec quelques gaz cœcaux. Éruption abdominale et thoracique de petits points d'un rouge vif, semblables au purpura, pâlissant à peine à la pression. — Pr. diète, potion purgative du formulaire des hôpitaux militaires, limonade tartro-boratée 4 litres. Trois selles. Vers une heure la fièvre est plus vive, la chaleur plus intense; cette recrudescence n'a pas été précédée de frissons.
5. — Rêves toute la nuit. Même état qu'hier. L'intelligence est très-nette. Les taches paraissent davantage ; elles sont plus larges, surtout sur le dos. Sudamina sur l'abdomen. — Pr. diète, eau gommeuse 4 litres. Exaspération fébrile comme hier, sans frisson préalable. Pas de selles dans les 24 heures.
6. — La nuit a été moins mauvaise, le malade a un peu dormi et a moins rêvé. La fièvre est toujours très-vive, le pouls léger et à 116, la peau chaude, et sudorale; la céphalalgie est moindre. La turgescence du faciès se maintient, expression d'abattement ; l'œil est brillant et injecté, et la pupille notablement contractée. Les urines sont rouges, rares, sédimenteuses; l'intelligence est nette; hier encore Michel disait n'avoir ni vertiges, ni tintements d'oreille; aujourd'hui, il accuse un sentiment d'ivresse. Langue humide, un peu rouge, soif, inappétence, ventre indolore et souple ; pas de selles le 6. Les taches se sont manifestées par plusieurs poussées; elles sont générale-
ment petites, les unes pâlissent déjà et les autres se montrent et sont d'un rouge vif; elles sont nettes, bien dessinées, et existent aussi, mais en moins grand nombre, sur les membres, jusqu'aux mollets et aux avant-bras. — Pr. diète; limonade tartrique 4 litres; 10 sangsues à l'anus, elles saignent beaucoup, 2 lavements émollients qui sont rendus sans fèces; compresses vinaigrées sur la tête. — Pas de recrudescence à une heure. On veut le lever dans la soirée pour faire son lit ; il a des vertiges et se trouve mal ; il tousse un peu, il a de l'oppression, et je perçois des râles bronchiques. — Michel toussait depuis plusieurs semaines, avant sa maladie.
7. — A beaucoup rêvé et a parlé tout haut la nuit; pas de selles. Faciès toujours congestionné, air d'abattement etdéjàde stupeur, œil toujours rouge, réponses très-nettes mais un peu lentes; céphalalgie; le malade dit n'avoir ni éblouissements ni bourdonnements; beaucoup de taches cutanées sont déjà effacées ; oppression, 44 inspirations à la minute; toux et crachats muqueux, contenant des caillots de sang noirs, râles muqueux aux deux bases, sans submatité appréciable; pouls à 120, développé; la peau est chaude, 38 degrés centigr. sous l'aisselle ; elle n'est plus sudorale, langue moins humide, gencives rouges, ventre souple, un peu douloureux à la pression exercée sur les deux fosses iliaques, hypochondres tendus, surtout à droite ; urines rouges et laissant déposer un sédiment briqueté. — Pr. diète; lin nilré à dO grammes par litre, 4 litres; 12 sangsues aux jugulaires, 2 lavements purgatifs qui amènent des fèces; sinapismes aux cuisses deux fois ; potion avec 2 grammes de camphre ; continuer les compresses froides sur le front. — Un peu de mieux dans la journée, exaspération habituelle le soir.