‹ Du typhus de l'armée d'OrientChapitre 78 sur 83 · Mauvaise nuit, délire. Même état qu'hier, dans la · texte numérisé non relu

Mauvaise nuit, délire. Même état qu'hier, dans la

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journée. Lin nitré, sinapismes, lavement émoUient, potion camphrée.

9. — Mauvaise nuit, beaucoup de délire. La physionomie delà maladie a changé; le malade répond généralement bien , mais parfois ses réponses sont mêlées de délire; stupeur, faciès toujours violacé; pupille un peu élargie; le pouls est devenu mou et petit, et bat H2 fois; la peau n'est guère chaude et reste humide, sécheresse de la langue qui se couvre d'un mucus brunâtre ; l'exanthème pétéchial s'est ranimé, ravivé de couleur, et existe jusque sur les mains; odeur de souris; pas de selles dans la journée ni la nuit précédente ; le malade a un peu uriné sous lui ; le foie et la rate me semblent résistants à la percussion et augmentés de volume. — Pr. limonade citrique 4; potion camphrée opiacée ; sinapismes ; deux vésicatoires camphrés aux mollets, et un sur la poitrine ; vin de Bordeaux. — La journée est meilleure.

10. — La nuit est également meilleure et le malade a beaucoup moins parlé; pas de selles la nuit, la constipation se maintient. Faciès stupéfié, œil égaré ; le malade répond un peu mieux qu'hier; soif; le fuligo se prononce; la peau ne semble pas plus chaude qu'à l'état normal; même phénomène que précédemment du côté de la poitrine; le pouls reste petit, un peu mou à 120; l'éruption persiste, mais les taches sont moins nettement découpées et se fondent un peu dans la peau ambiante; ventre souple, indolore, sans météorisme ni gargouillement ; une selle dans la journée. — Pr. limonade citrique vineuse -4 ; bordeaux ; potion avec extrait de kina et éther 1 gramme de chacun.

11. — Nuit comme la précédente. Il répond raisonnalilement, mais en balbutiant; il nous semble qu'il existe un peu de surdité. Pouls évidemment relevé, souple mais

encore un peu mou, à 120, 40 inspirations par minute, mais la respiration est moins gênée. Le fuligo continue; le malade tire assez facilement la langue et il n^'oublie pas de la rentrer; ni la langue ni les mains ne sont tremblantes, apparition de taches nouvelles, morbilliformes, pâlissant beaucoup à la pression. Le visage est moins hébété, Toeil est un peu plus intelligent. La constipation cesse, 2 selles. La peau est moite et chaude. — Pr. potion avec extrait de kina et éther 2 gr. bordeaux; sinapismes, une orange. — La parole est assez bonne.

12. — La nuit est meilleure. Michel a dormi et n'a presque pas parlé; deux selles la nuit; urines plus claires et plus abondantes, le malade appelle quand il veut aller à la selle et on le place sur le vase de nuit, en le soutenant. L'intelligence est nette. La langue est plus humide et se nettoie. L'œil reste rouge, le visage est encore violacé, mais par places. Le malade n'accuse aucune douleur, si ce n'est celle des vésicatoires qui ont produit d'énormes phlyctènes aux cuisses et à la poitrine. L'exanthème pâlit. Râles muqueux aux deux bases, avec un peu de matité adroite, toujours de la toux et des crachats muqueux. La soif continue ; un peu de désir des aliments; ventre toujours souple et indolent ; deux selles. Dans la journée, Michel se met, sans aide, assis un instant sur son ht. — Pr. panade au maigre à l'œuf, bordeaux, orange, deux sinapismes sur la poitrine en arrière; continuation de la limonade citrique vineuse.

13. — Le malade s'est plaint la nuit et a eu trois selles; il a été sur le vase sans se faire aider. Il y a plus de fièvre qu'hier, la peau est plus chaude; le pouls est à 96, développé, assez résistant; 38 inspirations, respiration suspirieuse; le poumon ne se dégage pas. L'intelligence est nette toute la journée. La langue se nettoie, le ventre reste

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indolore. La face et les yeux restent dans le même état. Riz édulcoré 4. Deux quarts de lavement amylacé opiacé; le bordeaux est supprimé; dix ventouses scarifiées à la base du poumon droit; à ma visite du soir, je prescris un looch kermétisé à 3 centigr. Une selle assez consistante dans la journée.

14. — La nuit est bonne; une selle. Surdité prononcée. La langue est presque entièrement nettoyée. Pouls comme hier ; 32 inspirations. Les crachats contiennent des stries de sang non combiné. La tête est moins congestionnée, amaigrissement marqué. Encore des râles muqueux, mêlés de ronflants à gauche. La rate et le foie ne sont pas augmentés de volume. — Pr. vermicelle au gras; bordeaux, quart de lavement amylacé opiacé; looch opiacé. La toux diminue et le malade dort un peu dans la journée. Une seule selle.

15. — Bonne nuit, sommeil réparateur, deux selles. Pas de nouvelle selle dans la journée. L'œil est normal, pour l'expression, mais encore injecté; le faciès ne conserve que quelques plaques rougeàtres; le sujet est naturellement coloré et jaspé; appétit prononcé; le pouls comme précédemment, à 96, large, souple ; respiration à 32, plus libre, la toux continue; douleur thoracique droite. Le malade s'assied facilement sur son lit et reste volontiers quelque temps dans cette position. — Pr. soupe au lait et une pomme cuite; riz édulcoré, demi-lavement émollient; orange; 8 ventouses scarifiées sur la poitrine, à droite. — Le sujet peut être considéré comme entrant en convalescence, du typhus du moins. Notez qu'hier déjà il mangeait un potage, moment à partir duquel beaucoup d'observateurs font compter la convalescence. Plus de traces d'exanthème.

16. — La convalescence se consolide, mais la poitrine ne se dégage pas vite. Looch kermétisé à 5 centigr. et

opiacé ; infusion pectorale, frictions avec l'huile de croton sur la poitrine. Le sujetexhale une odeur très-prononcée, rappelant les plantes vireuses en macération. Pouls à 70; 25 inspirations ; persistance des râles muqueux et ronflants et de la légère niatité.

Le 18 , la poitrine commence à se dégager ; Michel mange le quart de pain, panade, omelette, et il reprend le bordeaux. Il se lève un peu dans la journée.

Guérison rapide; un peu de desquamation furfuracée de la peau.

Observation III.

Sujet très-fort. Fièvre typhoïde probable antérieurement. Succession rapide. Typhus céphalique, abdominal, pectoral. Marche très-irréguliére. Alternatives de mieux et d'aggravation, de constipation, de diarrhée, de selles régulières, de douleurs et d'insensibilité, de stupeur, de coma et d'agitation extrême, de délire et d'intelligence conservée; grandes variations dans la lièvre et le pouls. Épistaxis répétées. Fuligo dés le quatrième jour ; longue conservation de l'intelligence, avec délire la nuit seulement; le treizième jour, délire violent dans la journée. Pneumonie gauche de courte durée. Soubresauts de tendons, carphologie, paralysie des joues, sorties du lit.Éruption, le troisième jour, de taches rosées mêlées de pétéchies. Les premières se transforment presque toutes successivement en pétéchies. Elles sont à leur apogée le dixième jour; elles commencent à sécher le quinzième; elles ont disparu le vingt-deuxième. Constipation, puis diarrhée alterne avec l'état physiologique. Ventre longtemps souple, puis un peu météorisé et douloureux, sans gargouillement. Appétit un peu conservé au commencement, et renaissant vile à la convalescence. Crise le seizième jour. Convalescence très-rapide; le dix-neuvième jour, prompte disparition de tous les symptômes. — Traitement. Une bouleille d'eau deSedlitz; 8 ventouses scarifiées, 2i sangsues; 2 vésicatoires ; limonade lar- Irique, riz, tilleul, lin nitré; potions avec extrait dekina et opium, camphre et nitre ; lavements amylacés opiacés ; cataplasmes laudanisés; liniments camphrés opiacés ; bordeaux.

Salins, du 12° d'artillerie, sujet fortement constitué, florissant, doué d'un certain embonpoint, jlgé de 22 ans,

entre à l'hôpital de Péra, à Constantinople, le -19 décembre 1855, au soir^ salle 1, n" 8. Il nous est évacué de Crimée, où il était depuis dix mois. Il souffre depuis deux mois de douleurs de reins, dues à la chute d'un gabion rempli de terre. Il n'a pas eu le scorbut, mais ses pieds ont été un peu gelés. Il est resté trois jours à bord, venant de Crimée à Constantinople; le deuxième jour, 17 décembre, il a été pris de typhus, et s'est couché immédiatement. Le début a donc été brusque, mais sans beaucoup de violence. D'après les renseignements qu'il nous donne, voici ce qu'il a éprouvé : frisson, suivi d'une chaleur fébrile qui ne l'a plus quitté, céphalalgie, tièvre vive, brisement, épistaxis, qui se répète les jours suivants; pas de diarrhée. Le malade, interrogé avec soin, nous assure avoir été traité pour la fièvre typhoïde il y a quatre ans; cette circonstahce est importante à noter.

' 20 décembre 1855. — Nuit assez bonne, un peu de sommeil, fort peu de rêves. Fièvre modérée, pouls à 90, assez plein, souffle régulier, peau chaude et moite, épistaxis; céphalalgie de moyenne intensité, faciès un peu animé, conjonctives à peine rosées; abdomen normal, pas de selles ; langue humide, un peu rouge aux bords, un peu blanche au centre; urines rares et rouges; un peu de tension épigastrique; inteUigence très-lucide, douleurs continues dans les jambes et le dos; peu de prostration. Rien n'est encore bien nettement dessiné. Le malade n'a pas mangé à bord, où il était réduit à des ahments grossiers ; il demande instamment quelques aliments légers, et n'a qu'une soif modérée.

Prescription : un demi-quart de pain, bouillon, œuf à la coque, limonade tartrique 4 litres. Le soir la tièvre est un peu plus vive ainsi que la soif, et je supprime les aliments.

21. — Salins a moins dormi, et plus rêvassé la nuit. La fièvre a un peu augmenté, pouls à 95 ; malaise, inquiétude. La céphalalgie est plus vive, la tête est plus congestionnée, les conjonctives plus rouges ; l'œil est larmoyant, les ouvertures sont catarrhales, la langue est plus chargée, moins humide. Bouillon, eau de Sedlitz, limonade tartrique 4 litres. Le purgatif n'amène qu'une selle. Liniment camphré opiacé pour se frotter les jambes, dont il se plaint beaucoup le soir ; la fièvre est un peu plus vive, pouls à 100, et on aperçoit déjà, au quatrième jour de la maladie, quelques traces de l'éruption.

22. — Mauvaise nuit, le malade dit ne pas avoir reposé, a parlé haut en rêvassant; selle la nuit. L'intelligence

est nette et prompte. Salins cause facilement et répond longuement. Céphalalgie pulsative assez vive, surtout temporo-frontale, lancinante par instants. Les douleurs continuent dans les mollets, un peu de malaise épigastrique. Pas de surdité; vertiges, étourdissements; bourdonnements d'oreilles. Faciès turgescent, joues rouges, con-. jonctives injectées, pupille contractée. Grand abattement. Fièvre vive, pouls à 120, développé, souple, un peu mou; épistaxis; peau chaude sans sécheresse ; 38° 1/2 sous l'aisselle. Soif vive, bouche sèche; la langue se sèche aussi; le mucus est brun noirâtre et desséché au centre et à la pointe; c'est un fuligo commençant le cinquième jour; les mucosités sont abondantes dans la bouche, dans l'arrière-gorge et dans les narines. Une selle diarrhéique dans la soirée, mais pas de selles dans la matinée. Ventre empâté, indolore à la pression ; gaz dans la fosse iliaque gauche, pas à droite. Douleur oppressive sternale; toux; crachats muqueux, fréquents et abondants; respiration courte, un peu spasmodique, fréquente; je ne perçois aucun râle chez ce malade qui ne fait que de petites inspi-

rations, quoiqu'on lui dise de respirer largement ; la respiration est un peu soufflée à la partie supérieure des deux poumons. Taches rosées, un peu plus vives que celles de la fièvre typhoïde, pâlissant et quelques-unes disparaissant même à la pression, nombreuses, siégeant sur le tronc et sur les membres, plus larges au dos, plus confluentes sur la poitrine que sur Tabdomen, petites, assez nettes, assea régulièrement arrondies. — Pr. bouillon que le malade a désiré, limonade, potion avec extrait de kina 4 grammes pour la journée ; et, pour le soir, potion avec camphre 1 gramme, et teinture d'opium 12 gouttes. Dans la soirée, la fièvre n'est pas plus vive, mais le malade trouve son bouillon amer et ne le prend pas.

23. — N'a pas dormi; a parlé et rêvé tout haut. Pouls développé mais mou, à 115. Une selle la nuit, pas dans la journée. Soif modérée; le fuligo augmente ; ventre souple, indolore, sans météorisme ni gargouillement. L'intelligence est toujours normale. Céphalalgie légère, les douleurs des jambes ont à peu près disparu. A peine un peu de toux, pas de râles, expectoration moindre qu'hier. Même régime ; il prend son bouillon avec plaisir,

24. — A dormi, n'a pas rêvé haut. Le fuligo augmente, mais l'intelligence se maintient. Le malade dit ne souffrir nulle part. Le faciès et les conjonctives ont la teinte rouge vineux caractéristique. {Pas de selles, ventre indolore et sans gargouillement. Pas de râles, pas de toux; un peu d'expectoration. La plupart des taches restent à l'état où nous les avons décrites, mais d'autres deviennent pétéchiales, plus profondes, s'élargissent, se frangent, se foncent en couleur, ne pâlissent -plus guère à la pression. Le soir la recrudescence est peu marquée. Le malade est donc mieux qu'hier. Le pouls, à 116, est mou, dépressible, quoique assez large. Cet état du pouls, et l'insensibilité

commençante qui fait dire au malade qu'il ne ressent plus aucune douleur, m'engagent à continuer les toniques et à y ajouter du bordeaux. Le maintien de la fièvre et de la turgescence à la tête, et la rareté des urines qui sont rouges et épaisses, me paraissent demander Tadjonction du nitre. Bouillon, quart de bordeaux, limonade 5 litres, potion de kina dans la journée, potion camphrée à I gramme et nitrée à S décigrammes dans la soirée.

25. — A beaucoup rêvé et parlé haut, a été agité la nuit, mais dit avoir dormi ; trois ou quatre selles la nuit; ce malade appelle l'infirmier quand il a des besoins, ou il prend lui-même le vase. Intelligence nette, mais moins de promptitude et d'étendue dans les réponses. Grand abattement. Le malade se couche sur le dos, ou sur l'un et l'autre côté. La sensibilité est exacte aujourd'hui : le malade n'aime pas qu'on le touche, il a des douleurs dans la tête, le dos, les bras, les jambes; il se plaint presque continuellement, mais tout doucement. La respiration, depuis hier déjà, n'est plus courte et saccadée, mais haute, large, un peu suspirieuse; la toux est un peu revenue, avec rcâlês bronchiques muqueux mêlés de quelques râles sibilants. Le fuligo augmente; soif ; ventre douloureux à la pression, sans météorisme ni gargouillement. Pas de surdité. L'embonpoint est conservé. Les taches ont presque toutes tourné à l'ecchymose et sont ineffaçables : celles qui sont restées rosées disparaîtront avant les ecchymotiques. Le pouls est plus fort qu'hier, à 102 dans la journée, le malade délire et se lève éperdu; reconduit à son lit, il se couche, et, quand on l'interroge, il répond sensément, pour délirer quand on l'abandonne à lui-môme. Un peu de diarrhée. Prescription : bouillon, que le malade prend bien, quart de bordeaux, riz gommé 4. litres, potion avec extrait de kina 4 grammes, et laudanum 12 gout-

tes, un quart de lavement amylacé opiacé, cataplasme laudanisé sur le ventre.

26. — Diarrhée la nuit; le malade a été sous lui; il s'est plaint, a déliré, sans agitation bien considérable, sans tentatives pour sortir du lit. Dans la journée, deux selles. Intelligence nette quand on parle au malade, mais du délire par moments quand on ne lui adresse plus la parole. Il répond, du reste, moins bien qu'hier. Le malade croit avoir manqué à son capitaine, mais il en prend gaîment son parti, dit-il. Si on le raisonne, il reconnaît aisément que c'est un rêve. Soif vive; ventre toujours douloureux, mais souple; je palpe et percute la rate qui ne déborde pas, mais la pression éveille des douleurs. Épigastre et hypochondre un peu tendus. Le fuligo est considérable; la bouche est obstruée de mucosités, et le malade arrache ses crachats avec ses doigts. Respiration gênée, haute, suspirieuse, accélérée; toux fréquente, expectoration difficile ; le malade a craché partout, à terre, sur son lit, pas dans son crachoir ; quelques crachats ont teint de sang les draps du lit. Râles muqueux, fins et sibilants à gauche. Pouls à dl2, assez développé, souple sans mollesse. J'examine avec soin Téruption : elle est confluente, les cuisses en sont couvertes ; il y a au dos quelques pétéchies d'un centimètre de diamètre ; on distingue toujours des taches d'un pourpre clair ou d'un rose vif, et des taches pétéchiales plus foncées. — Prescription : diète; infusion pectorale 6 litres; huit ventouses scarifiées sur la poitrine, à gauche ; potion avec extrait de kina 2 grammes, et laudanum 20 gouttes, un quart de lavement amylacé opiacé.

27. — La nuit est meilleure, mais le malade parle encore tout haut; il a eu deux selles et a pris luimême le vase. Le matin, je trouve la fièvre très-vive, la peau très-chaude sans sécheresse, le pouls à 122, déve-

loppé, assez résistant^ le thermomètre marque un peu plus de 38 degrés sous l'aisselle. Le malade dit ne souffrir nulle part, et il prétend ne jamais avoir eu de céphalalgie; l'insensibilité est donc revenue. Le faciès et les yeux conservent leur coloration . J'observe pour la première fois quelques soubresauts de tendons. Pas de surdité, mais bourdonnements d'oreilles, vertiges, sentiment d'ivresse extrême ; décubitus gauche. Le fuligo persiste ; pas de selles dans la journée. Réponses moins nettes et moins promptes, mais le malade tire et rentre assez facilement sa langue. Le ventre est encore un peu douloureux à la pression, sans gargouillement. L'éruption est à son apogée comme confluence et comme couleur. Vingt-quatre inspirations par minute ; respiration suspirieuse; râle crépitant hmité à la partie moyenne du poumon gauche, toux; crachats visqueux, pneumoniques, avec du sang en partie combiné aux mucosités, en partie séparé; le sang n'est pas vermeil, mais rouge brun. — Prescription : diète ; infusion pectorale 6 litres; potion camphrée à un gramme et nitrée à un gramme ; vingt-quatre sangsues en regard du noyau pneumonique. Je revois ce malade à trois heures aprèsmidi. Les sangsues ont bien saigné; le pouls est plus large, mais moins fréquent puisqu'il bat 115 fois, le malade s'agite beaucoup. Vers neuf heures du soir la fièvre tombe encore.

28. — Parle, délire, s'agite toute la nuit ; deux selles molles et abondantes. Assoupissement, paupières baissées par instants, d'autres fois œil ouvert mais hagard. Fièvre vive, peau chaude sans sécheresse, pouls fort, développé, à M2. Salins tousse peu et ne crache plus; peut-être avale-t-il ses crachats? Signes moins prononcés, fournis par l'auscultation à gauche. A droite, râles muqueux généraux ; ronflements à la base, et, au sommet, muqueux fins, assez secs, mêlés de plus grosses bulles; de côté cra-

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quement sec; 52 inspirations par minute. Thermomètre à 38° 1/2 sous Taisselle. Répond encore assez longuement, et raisonnablement, mais d'une voix chevrotante. Abdomen un peu météorisé, un peu douloureux à la pression, sans gargouillement; une selle dans la journée. — Prescription : bouillon, 3 litres de lin nitré à 5 grammes par litre, potion camphrée opiacée, 1/4 de lavement amylacé opiacé, que le malade garde quelque temps.

29. — A beaucoup parlé la nuit; a eu deux selles. Assoupissement, surdité ; il faut crier et insister pour avoir des réponses qui, du reste, sont raisonnables. Se plaint parfois et parle haut. L'éruption est stationnaire. Pouls fort, plein, sans mollesse, à 112. La poitrine va mieux : 35 inspirations faciles; les crachats ne sont plus sanglants, je ne perçois plus de ràle crépitant au poumon gauche, mais seulement des râles muqueux aux deux bases. Ce brusque changement me paraissant singulier, j'ausculte de nouveau dans la soirée : même constatation. Pas de matité. Deux selles dans la journée. Diète, potion camphrée opiacée; lin nitré comme hier; 1/4 de lavement amylacé opiacé, qui est conservé par le malade.

30. — A parlé, rêvé toute la nuit, a eu de la carphologie ; une selle. Dans la journée répond très-bien et assez longuement; la surdité a diminué. La fièvre est moindre : pouls à 88 seulement. Le fuligo se maintient. Le visage est d'un rouge moins sombre. Météorisme et douleur abdominale à la pression. Un peu de toux seulement. Pas de diarrhée. Amélioration évidente; le malade a faim. Vers cinq heures, délire violent, agitation, loquacité, sorties de lit, application du corset de force. Cet état se prolonge toute la nuit. Une infusion de tilleul; camphre et opium; deux vésicatoires ordonnés à la visite du soir.

31. — Môme état. Aucune selle. Odeur de souris; ce malade urine sous lui.

i" janvier 18S6. — Perte de connaissance, délire continu, carphologie, soubresauts de tendons, le pouls est à 100, odeur de souris, Téruption pâlit. Pas de diarrhée; météorisme léger. Coma; peu de sensibilité. Dans la journée, Tagitation se calme, mais le malade marmotte et conserve de la carphologie. Il répond en tremblotant, mais très-juste et assez longuement, quand on l'interroge à haute voix. La fièvre est tombée : pouls à 82, souple, ample. Amaigrissement considérable. — Prescription : potion camphrée opiacée; tilleul.

2. — A été mieux la nuit. La sensibilité revient, le coma a fait place à la simple stupeur. Se plaint de céphalalgie. Le malade fume sa pipe, les joues étant paralysées. Plus de diarrhée. La fièvre est fort modérée. Il y a un mieux évident dans la journée. Le soir, redoublement fébrile, sueurs et urinesabondantes et critiques. Potion camphrée opiacée.

3. — Mieux marqué; peau encore sudorale; réponses plus faciles ; pouls ample, souple, à 58 seulement. La langue se nettoie. Ventre un peu météorisé mais indolore. Le malade dit ne souffrir nulle part. Il ne fume plus sa pipe. Il tousse fort peu; plus de râles pulmonaires. Pas de diarrhée. Il répond très-bien, par petites phrases suivies. Potion camphrée opiacée.

4'. — Le mieux continue et se consolide. Potion avec kina et camphre.

5. — La convalescence est déclarée. Sommeil réparateur. Intelligence très-nette, le malade parle parfaitement. Plus de fuligo. Il a faim. Il s'assied seul sur son lit. Chocolat avant la visite du matin, panade au gras, quart de bordeaux, qui est continué les jours suivants, tilleul, potion avec 2 grammes de kina, et laudanum 10 gouttes.

6. — La convalescence est très-rapide; le malade parle d'une manière normale ; le fuligo a disparu très-vite. Il ne reste que de légères traces de pétéchies, et des furfures à la place de celles qui ont disparu. L'intelligence est revenue à son état naturel avec une remarquable promptitude. Appétit prononcé. Chocolat ; panade au maigre avec deux œufs; quart de bordeaux; potion avec kina laudanisé. Le laudanum procure du calme, et sert de correctif à l'alimentation qui pourrait ramener de la diarrhée.

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