‹ Du VagabondageChapitre 26 sur 44 · MENT ET · texte numérisé non relu

MENT ET

stations d'étape; 2° dans les cas plus graves, conduite par la gendarmerie de brigade en brigade jusqu'au domicile où, au moins, en dehors du territoire dans lequel la loi est exécutoire.

Il convient de signaler encore les dispositions spéciales concernant les jeunes vagabonds qui, lorsqu'ils sont âgés d'au moins quatorze ans accomplis, sont renvoyés dans des maisons de correction (loi du 24 mai 1885, n°* 89 et 90).

En ce qui concerne l'assistance, l'Autriche a suivi l'exemple de l'Allemagne, et la création de stations de secours a été votée par les Diètes de Basse-Autriche (1886); de Moravie (1887); de Haute-Autriche (1888) et de Styrie (1888). Pour l’organisation de ces stations de secours on a généralement utilisé les stations d’étapes déjà existantes. Les dépenses sont tantôt à la charge de l'Etat ou d'associations de cornmunes. Des inspecteurs en contrôlent le service et le fonctionnement. Les hospitalisés ne sont admis qu'une seule fois en trois mois et on n’accueille pas les gens du pays et des communes voisines.

Disons en terminant que les principes de la loi du 24 mai 18895, en ce qui concerne le vagabondage, ont été maintenus dans le projet de réforme du Code pénal déposé en 1891 à la Chambre des députés par M. le comte de Schœænbrune, ministre de la justice.

B. — Hongrie

En Hongrie, la question du vagabondage offre une gravité particulière en raison du séjour de cette peuplade aux mœurs nomades connue sous le nom de Tziganes. Malgré les mesures rigoureuses prises contre eux, à la fin du siècle dernier, par Joseph II, le plus grand nombre a continué à mener la vie errante de leurs ancêtres d’origine Hindoue (1), « régalant de musique « les bourgs qu'ils traversent et faisant ensuite main « basse sur les volailles et le menu bétail » (2). Plusieurs projets ont été élaborés en vue de leur établissement et d'après lesquels le gouvernement ferait construire des logements dans chaque village, pour chaque famille errante. Soumis à la surveillance de la police, les Tziganes seraient tenus d’habiter ces maisons et de travailler régulièrement sous peine d'emprisonnement.

Quoiqu'il en soit, le vagabondage est actuellement réprimé en Hongrie par la loi du 14 juin 1879 qui contient tout le Code pénal relatif aux contraventions. Quiconque n’a pas de domicile fixe, ou le quitte et vagabonde, sans travail et sans occupations, sera puni comme vagabond de huit jours d’arrêts au maximum, si, dans le délai qui lui est imparti par l'autorité, il ne peut prouver qu'il a les moyens de subvenir à son

(1) On estime leur nombre, en Hongrie, à 200,000. (2) M. Rivière, loc. cil.

existence ou qu'il cherche à se les procurer honnêtement (art. 62).

Dans le cas de vagabondage d'enfants au-dessous de seize ans, les parents ou tuteurs négligents sont punis d’une amende de 100 florins au maximum, qui pourra s'élever à 200 florins, en cas de récidive dans le délai de deux ans (art. 64). S'il existe une maison de correction dans le Comutat, le jeune vagabond de moins de seize ans y sera envoyé pendant une année pour y recevoir l'éducation (art. 65.)

La question de l'assistance paraît avoir fait peu de progrès en Hongrie. Il existe cependant un refuge de Kobanya près Buda-Pesth qui est ouvert aux détenus libérés se trouvant momentanément sans abri. Ce sont surtout les sociétés de patronage qui jouent le rôle prépondérant dans l’assistance des vagabonds. Elles sont au nombre de vingt actuellement et sont subventionnées par l'Etat; plusieurs d’entre elles ont des ressources particulières (1).

(1) Bullelin de la Société générale des prisons, 1894, page 1091.

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