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GARDE CHAMPÈÊTRE — MAIRIE — HOSPITALITÉ

C’est là qu’on recueille gratuitement les malheureux qui sont sans gîte et sans ressources. Le garde champêtre est chargé de l'hospitalité ; il donne à chaque individu 250 grammes de pain et un lit. La maison est petite, composée de deux pièces : une pour les hommes, l’autre pour les femmes et les enfants (1). Dans la première salle est gravé le quatrain suivant :

Pauvre passant brisé par la souffrance,

Ici couché, souffre (on triste sort,

Perds pas courage et garde l'espérance,

L'égalité n'arrive qu'à la mort.

(1) V. Cuanreauw, loc, cil., p. 177

C’est surtout dans les communes rurales que les refuges devraient être créés, car dans les grandes villes on se heurterait à de graves difficultés et le séjour pourrait être nuisible aux individus inoccupés. D'ailleurs, là se trouvent déjà des fondations, des asiles de nuit, des ressources plus grandes qui permettent d'appliquer le même principe sous une autre forme.

Tel est, dans ses grandes lignes, le projet que nous préconisons. Est-ce à dire que la loi devrait entrer dans les plus petits détails d'organisation et d'administration? Evidemment non! Seuls les principes suivants devraient être établis par elle (1):

l° Obligation pour l'ouvrier qui s'adresse aux stations, de se munir d’un livret spécial, afin qu'on le suive dans son itinéraire, qu’on s'assure de la sincérité de ses efforts pour chercher du travail et qu'on puisse refuser l'accès de ces établissements aux vagabonds avérés.

2° Obligation pour les départements de se concerter pour créer un réseau complet, en déterminant les communes offrant le plus de garanties et les distances maxima et minima qui doivent séparer les stations ;

3° Obligation d’astreindre les assistés à un travail ;

4° Autorisation d'utiliser les œuvres d'assistance exis-

tantes.

Tout le reste serait laissé aux arrêtés réglementaires

et à la disposition des autorités locales.

(1) Nous empruntons ces principes au rapport que M. Drioux a présenté au V° congrès pénitentiaire international.

Ainsi facilitées, les recherches du travail devraient aboutir à un résultat. Mais il faut prévoir la triste éventualité d’un échec et organiser, pour ce cas, des secours pour celui qui en serait la victime. C’est là l’œuvre des sociétés d'assistance par le travail dont nous avons souhaité la généralisation.

Nous n'irons pas jusqu'à préconiser la fondation par l'Etat, le département ou le canton de maisons de travail comme l'ont fait les auteurs de certains projets (1) de réformes. Nous avons indiqué pourquoi nous estimons que seule l'initiative privée peut intervenir avec efficacité et seule elle peut créer, soit de semblables maisons, soit même de véritables colonies, à l'instar de celles qui existent en Hollande et en Belgique.

De plus ces créations occasionneraient de grosses dépenses et elles pourraient nuire au développement de refuges dont l'utilité nous apparaît davantage.

Mais il pourra paraître hardi d’avoir une confiance absolue dans l’initiative privée et de s'en remettre entièrement à son activité. Il est vrai que si, de leur côté, les pouvoirs publics ne manifestaient à cet égard aucune attention, aucun encouragement, il serait à craindre qu'aucun progrès ne fût réalisé. Mais du jour où le système des refuges tel que nous le concevons, sera mis en vigueur, c’est-à-dire du jour où une intervention

officielle apparaîtra, nous sommes convaincu que l’ini-

(1) Projet Faure. — Projet de la Société générale des prisons, — Projet Berry. — Projet Chanteau,

tiative privée y trouvera un stimulant dont elle saura profiter. Nous avons vu quels efforts ont été faits, à Paris et en province, par des sociétés réduites à leurs propres forces. N'est-ce pas là un gage sérieux pour l'avenir ? Il existe à Paris un comité central des œuvres d'assistance par le travail qui, du jour où il sera encouragé par les pouvoirs publics, pourra rendre les plus réels services. Ce comité a été fondé par Léon Say et Jules Simon et est présidé aujourd’hui par M. Mézières, membre de l’Académie française, député, Son conseil d'administration se compose entre autres membres de MM. Casimir Périer, Jean Cruppi, Cheysson, Ferdinand Dreyfus, Hébrard, D° Bouloumié, Félix Vois, Monod, AlbertRivière, pasteur Robin, Louis André, substitut à la Seine, etc. À elle seule, cetteliste suffit à prouver l'importance du Comité et à justifier les espérances que nous mettons dans son œuvre. Le but de ce comité a d’ailleurs été nettement défini à l'assemblée générele du 15 janvier 1899 présidée par M. Cheysson, inspecteur général des ponts.et chaussées. « Notre Société, « disait-il, guide les initiatives pour la création des « sociétés nouvelles en leur fournissant des statuts mo- « dèles, en leur envoyant des conférenciers. Le Comité « central sert aussi à mettre en relations ces différentes ‘« sociétés, à faire bénéficier chacune d’elles de l’expé- « rience de toutes les autres, et il résume dans des « tableaux synoptiques les organisations ainsi que leurs « résultats, et les porte à la connaissance du grand

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