‹ Du vaginismeChapitre 10 sur 26 · DIAGNOSTIC, PRONOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC, PRONOSTIC

En général, le diagnostic du vaginisme ne présente pas de sérieuses difficultés. Il ne saurait être confondu avec la simple hypèreslhêsie vulvaire consécutive aux premiers rapports conjugaux, pas plus qu’à celle qu’on observe pendant le cours d’une vaginite. Il y a ici une différence capitale à établir, tandis que, dans l’hypérestbésie consécutive aux premiers coïts, la répétition fréquente de l’acte amène rapidement la tolérance, dans le vaginisme, les efforts les plus courageux et les plus modérés ne font qu’irriter l’organe et augmenter la douleur. De plus, si l’affection n’est pas traitée, elle persistera un temps infini ; c’est en vain que, après des efforts infructueux, le mari laissera sa femme en repos pendant une ou plusieurs semaines; il ren-

contrera toujours le même obstacle. Quant à la simple hypéresthésie qui accompagne une vaginite, elle disparaît aussitôt après la cause.

La névralgie qui occupe la vulve et le vagin n’est pas ordinairement accompagnée de symptômes inflammatoires ; la douleur est vive, lancinante ; il n’y a pas de contractions spasmodiques, et les phénomènes ne se manifesteront pas exclusivement au moment du rapprochement sexuel.

Le prurit vulvaire ne produit ni spasme, ni douleur vive au toucher ; il s’exaspère par la chaleur du lit et aux époques menstruelles.

Des brides cicatricielles , coïncidant avec un inflammatoire, ont pu en imposer pour du vaginisme ; mais un examen attentif des organes met facilement sur la voie du diagnostic ; si le cas paraissait douteux, on pourrait avoir recours à l’anesthésie, Ljiu ferait alors disparaître la contracture spasmodique et la douleur, et laisserait persister l’obstacle s’il était produit par des brides cicatricielles. Nous en dirons autant pour ce qui concerne l’atrésie vulvaire congénitale et l’imperforation de l’hymen.

Quelques malades éprouvent, au moment du coït, un ténesme anal et vésical des plus désagréables. Cette alfection, qui complique souvent le vaginisme, ne saurait être confondue avec lui, car elle laisse le conduit vaginal parfaitement intact, ce dont on s’assure facilement par le toucher à l’examen.

Le pronostic n’est pas grave si la malade est décidée | à se laisser traiter ; dans le cas contraire, il doit | être réservé. Comme le dit M. Demarquay, ce n’est pas impunément qu’une femme souffre pendant des mois et des années des douleurs physiques et morales du vaginisme. Il en résulte des troubles plus ou moins graves dans l’innervation générale et dans l’innervation de la région. Les troubles locaux sont ceux qu’on observe dans la plupart des affections utérines, mais les troubles moraux, surtout, acquièrent avec le temps une gravité toute particulière. Les malades se découragent facilement et il leur répugne de se soumettre à un traitement chirurgical. Ajoutons à cela la désunion qui suri vient dans beaucoup de ménages. M. Sims affirme que, d’après son expérience personnelle, aucune affection ne peut devenir, entre deux époux, la source de chagrins plus amers.

Le pronostic s’aggrave si l’affection est très-ani cienne, et si elle se manifeste après une longue période de rapports sexuels réguliers. Ce dernier cas est rare, et nous avons dit que le vaginisme s’observait surtout chez les femmes qui débutent dans la vie conjugale et chez celles qui, quoique mariées depuis longtemps, n’ont jamais subi le rapprochement complet (observations 1, II).

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