‹ Du vaginismeChapitre 15 sur 26 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(Communiquée par mon ami M. le doctenr Poullet, de Lyon.)

Madame M..., âgée de 36 ans, d’une constitution un peu dé* licate, tempérament nerveux, un peu maigre, mais n’ayant cependant jamais eu de maladie. Je fus appelé pour des malaises qu’elle éprouvait du côté du bas-ventre, un peu de spasme du col vésical et de la dysurie, il y avait aussi de la leucorrhée.

Soupçonnant une érosion utérine, je fus conduit, après quelques jours de traitement à solliciter, un examen utérin. Quel ne fut pas mon étonnement, lorsque je vis que le spéculum n’était pas applicable. Je trouvais la vulve un peu rouge, extrêmement sensible au moindre contact, et l’introduction de la pulpe de l’index détermina une douleur vive accompagnée de spasme douloureux.

J’étais en face d’un cas de vaginisme chez une femme qui, mariée depuis IC- ans, n'avait jamais coïté complètement par suite de la douleur qu’elle, éprouvait au contact. L’hymen était ; assez étroit pour ne laisser pénétrer que la pulpe de l'index, f Son bord était épaissi et recouvert de granulations rouges ! formées par des glandes hypertrophiées. Je m’informai de la façon dont se passaient les prétendus rapprochements sexuels, | et je pus reconnaître que le mari était ignorant de la particularité qui existait dans son ménage; il me dit bien que sa :j femme était tellement sensible qu’il ne pouvait entrer que peu H Profondément, mais il ignorait qu’au lieu d’entrer, ses efforts

n’avaient, abouti qu’à refouler un peu et à épaissir beaucoup la porte de la forteresse conjugale.

Bref, une excision de la moitié inférieure de la membrane hymen qui était très-granuleuse et une petite incision sur deux autres points furent pratiquées; cela, aidé de mes recommandations au mari, me fit obtenir un succès assez complet pour pratiquer un accouchement un an après, au grand étonnement de la famille et des amis de M. M...

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