‹ Du vaginismeChapitre 16 sur 26 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

(Communiquée par M. Delore, chirurgien en chef de la Charité, de Lyon.)

Je fus appelé en consultation par mon collègue, M. le docteur M..., afin de donner mon avis sur l’état de madame X..., âgée de 25 ans, et qui, quoique mariée depuis quatre ans, est restée stérile, ce qu’elle attribue aux rapprochements incomplets qui ont toujours existé entre elle et son mari. Madame X... est brune, vigoureuse, d’une excellente constitutionnelle n’a jamais eu d’enfants, ce qui fait son désespoir ; son mari, âgé de 35 ans, est petit, anémique ; il a été très-éprouvé par la syphilis six ans avant son mariage ; ce n’est qu’avec un certain embarras qu’il donne les renseignements nécessaires sur la manière dont les rapports sexuels se sont effectués jusqu’alors. Nous apprenons cependant que toutes les tentatives de rapprochement faites pendant les premiers temps de son mariage ont été infructueuses et qu’il n’a jamais pu pratiquer l’intromission complète. Madame X..., qui avait d’abord assez bien supporté ces tentatives, avait fini par éprouver une douleur qui augmentait à chaque nouvel essai et, finalement, avait pris l’acte conjugal en horreur. Les choses en étaient restées là pendant trois ans, lorsque Jes époux, très-affiigés de ne point avoir d’enfants, avaient fini par avouer cet état à leur médecin, M. le docteur M..., qui désira avoir mon avis sur l’opportunité d’un traitement chirurgical.

Je pratiquai l’examen local ; les organes génitaux externes ne présentaient aucune trace d’inflammation; l’orifice vaginal est très-étroit et le toucher est tellement douloureux que je renonce à le pratiquer. J’étais en présence d’un vaginisme trèsprononcé ; et comme madame X... et son mari désiraient à tout prix voir cesser cet état, je me décidai à pratiquer la dilatation forcée.

Après avoir éthérisé la malade, j’introduisis, sans trop de difficultés, un spéculum d’Ambroise Paré, que je dilatai graduellement. La dilatation m’ayant paru suffisante, je remplaçai l'instrument par une forte mèche et je laissai la malade sous la direction de M. le docteur M en recommandant au mari d’attendre quelques jours avant de renouveler les tentatives de rapprochement. J’ai appris depuis que tout allait bien, et, un an plus lard, madame X... accoucha d’un enfant bien portant.

Page 1