OBSERVATION IV
(Communiquée par notre excellent professeur et ami M. le docteur Marchand, prosecteur des hôpitaux.)
Pendant un court séjour que nous finies à La Ferté, nous fûmes consulté par madame X..., âgée de 21 ans, mariée depuis huit mois; elle est petite, brune, d’un tempérament nerveux, mais sa santé générale est assez bonne. Elle nous dit que, depuis quelque temps, les rapports avec son mari sont devenus absolument impossibles par suite de la douleur quelle éprouve à chaque tentative de rapprochement. Cette douleur est telle, qu’elle pousse des cris et a failli plusieurs fois se trouver mal. Nous demandons à procéder à l’examen local, ce qui nous est accordé, quoique avec peine. La vulve et les petites lèvres ne sont pas enflammées, l'introduction dans le vagin de la pulpe de l’index détermine de vives douleurs, et nous remarquons sinon une constriction du moins une tonicité
notable du sphincter. Le vagin est fort peu dilaté, et madame X... nous dit que quelques rapprochements seulement avaient été possibles tout-à-fait au début de la vie conjugale. En examinant plus attentivement l’orifice vaginal, nous découvrons, au niveau de la fourchette, 3 ou 4 petites ulcérations à peine visibles. Ces ulcérations, qui n’étaient pas de nature syphilitique, étaient évidemment la cause du vaginisme. Nous prescrivîmes un traitement approprié : bains généraux, lotions astringentes, poudres de bismuth, et les rapports sexuels furent formellement prohibés. Madame X... suivit exactement nos prescriptions, et, quelques semaines plus tard, nous apprîmes que le coït avait été possible. La guérison complète nous a été confirmée depuis par une grossesse et un accouchement des plus heureux.