OBSERVATION VII
(Du même auteur.)
Peu de temps après, je fus consulté par une femme qui, bien qu’ayant eu déjà des enfants, se plaignait d’une sorte de vaginisme intermittent pour ainsi dire. A certains jours les rapprochements sexuels devenaient pénibles; le membre viril faisait l’effet d’un corps beaucoup trop volumineux, bien qu’en général le vagin fût d’une capacité pour le moins suffisante.
Cette sensation désagréable n'existait pas seulement à l’orifice vulvaire, élargi du reste par une ancienne déchirure du périnée, mais encore et principalement, beaucoup plus haut dans le vagin.
Pensant à une contracture analogue à celle qui s’était produite chez la malade de l'IIôtel-Dieu, et ne trouvant d'abord rien d’anormal, je dis à cette personne de faire effort pour serrer mon doigt, si elle le pouvait.
En effet, je sentis alors très-distinctement, à 5 centimètres environ de profondeur, un peu au-dessous du col de l’utérus et des culs-de-sac vaginaux, une double bride, assez saillante, se dessiner sur les côtés, en môme temps que la partie inférieure du vagin se resserrait un peu.
Cette double bride était certainement due à la contraction de faisceaux musculaires, et môme de faisceaux de muscles soumis à la volonté, car ce jour-là elle disparaissait et se repro-
duisait, selon que la malade, sur ma demande, faisait un effort ou cessait d’en faire.
Il était probable que les douleurs pendant le coït se rattachaient à des contractures par action réflexe de ces mêmes faisceaux.
C’était d’autant plus supposable qu’il s’agissait d’une femme hystérique, qui présentait des points variés de névralgie et notamment de rachialgie, surtout à la région sacrée, et de la névralgie lombo-abdominale, et qui était, du reste, impressionnable, tant au physique qu’au moral, à l’excès. Un écoulement leucorrhéique assez abondant, une sensibilité assez marquée de l’utérus, lorsqu’on voulait lui communiquer des mouvements par la pression du doigt, une sensibilité beaucoup plus grande encore lorsqu’on refoulait profondément le cul-de-sac vaginal du côté gauche, bien qu’on ne sentit aucune tumeur, aucune rénitence à ce niveau ; enfin un point d’hypéresthésie , du même côté, vers l’orifice vulvaire, voilà ce que j’eus à noter en cherchant le point de départ des contractions spasmodiques et involontaires qui s’étaient produites durant les rapports conjugaux.
Les contractions provoquées elles-mêmes fatiguaient beaucoup la malade et lui laissaient une sorte de courbature intérieure qui, disait-elle, portait au cœur. Ceci m’empêcha de revenir, autant que je l’aurais voulu, à cette étude pratique du vaginisme supérieur proprement dit.