ENVI
L’indignation, a dit Bismarck, n’est pas un état d’Âme politique. — Je ne m'indigne pas, je constate. — À quoi bon, disäit l’autre jour une dame confite en dévotion, divulguer les crimes des Allemands ? Pourquoi répandre les lamentables récits des supplices infligés par eux à nos compatriotes ou nous raconter les souffrances qu’endurent dans les camps d’outre-Rhin les prisonniers russes ? Voulez-vous donc empêcher la réconciliation future ? — La bonne dame — et que d'hommes sont femmes sur ce point ! — comprend mal la question et ne voit pas le nœud du débat. Il ne s’agit nullement d’entretenir des pensées
de vengeance, mais de prévenir le retour des atrocités dont nous avons été victimes, nos alliés et nous. Le pardon des injures est une admirable vertu chrétienne ; il devient une détestable imprudence dès qu’il se confond avec l’oubli. Si nous avions été moins légers et si nous avions conservé : plus soigneusement dans notre mémoire les souvenirs de 1870, l'invasion nous aurait trouvés mieux préparés. [l'est utile de célébrer l’anniversaire de ses victoires ; il -est meilleur encore de se rappeler ses défaites et les calamités qu’elles ont entraînées. Comme on connaît les saints, on les adore, dit la sagesse populaire. Le diable était bien vieux quand il se fit ermite ; ni les Prussiens ni leurs émules, les . Prussiens des Balkans, ne sont assez avancés en âge et en sagesse pour que nous croyions à leur repentir. S'ils nous tendent la main, prenons garde de la saisir ; nous sentirions vite les griffes. | : :
Actuellement, ils savent, les uns et les autres, que leur coup a raté, et la partie risque de leur coûter cher. Leur : unique. espoir, pour sortir à peu près indemnes d’une entreprise qui a mal tourné, c’est d'obtenir vaille que vaille de notre inconstance et de notre béate longanimité une paix qui leur permette de réparer leurs forces et de recommencer leurs préparatifs: Pour nous y décider, tous les moyens leur sont bons, et ils mettent en avant tour à tour. les ruses les plus diverses et les partis les plus opposés. Un jour ils poussent les socialistes que les plus cruelles expériences n’ont pas réveillés de leurs utopies humanitaires, et le lendemain, ils obtiennent l'intervention de la Cour romaine. Ces tentatives publiques ne sont pas les plus re-. doutables. Dans l’ombre se nouent des intrigues suspectes, et des conversations étranges s'engagent. Il y a quelques semaines, le Yournal de Genève, dans un entrefilet énigmatique, annonçait que, si des financiers venus de divers
VPHYSIONOMIÉE DES BULGARES. 165
points du monde s'étaient rencontrés, il n'avait pas êté question de paix dans leurs mystérieux colloques. L'opinion, qui a applaudi à la décision du gouvernement quand il a interdit les conférences de Stockholm, s'étonne et s’émeut des facilités singulières que rencontrent ces agents d’affaires ; elle se rappelle qu’au moment d'Agadir le président du conseil avait des entretiens confidentiels avec le directeur de la Deutsche Bank et que, depuis la guerre, les visites à Rome de ce même financier ont été sévèrement commentées par le Times. Le voyageur en question a bruyamment annoncé qu’il adressäit au Times une lettre de rectification qui s’est sans doute égarée en route et que, dans tous les cas, je n’ai pas trouvée dans le Times — il avait même parlé d’un procès qui n’a jamais été commencé.
Ces intrigues, dont je ne m’exagère pas l'importance, ont cependant l'inconvénient de créer un état de trouble qui relève la confiance de nos ennemis et retarde l’heure de notre victoire. Il.est nécessaire d’en finir une bonne fois et
de regarder les choses en face et nos adversaires dans le
blanc des yeux. La guerre qui nous a été imposée est une
guerre à mort qui ne saurait se terminer que par notre ruine
complète, si nous n’obtenons pas une victoire éclatante ;
quiconque parle de compromis et fait miroiter à nos yeux la possibilité d’un traité honorable pour les deux parties”
montre simplement qu’il n’a aucune idée de la situation. Quiconque essaye,de nous attirer dans le piège des conversations prématurées se fait, volontairement ou non, par aveuglement, par veulerie ou par trahison, le complice de l’Allemagne. La récente offensive de l’Autriche-Allemagne du côté de l'Italie est une preuve nouvelle de la sottise inouie que nous commettrions en répondant aux invites qui nous viennent de Berlin, de Vienne ou d’ailleurs. Pendant que Czernin et Andrassy prenaient à témoin tous les
saints du Paradis de leurs sentiments de modération et d'humanité, ils ne songeaient qu’à gagner du temps et à endormir notre vigilance. |
Les Allemands ont plus d’un tour dans leur sac. . Certains de leurs comparses, dont beaucoup sont inconscients — mais leur rôle n’en est que plus dangereux — cherchent à capter notre bienveillance en faveur de l’Autriche et suent sang et eau pour nous convaincre que Charles Ier serait, si nous voulions accepter son assistance, notre meilleur garant contre les rancunes de Guillaume. D’autres se donnent pour tâche de plaider la cause de la Bulgarie, et veulent nous persuader que nous devrions essayer de la combler de. faveurs pour l’éloigner de nos ennemis. Fe
De quelque côté qu’elles viennent et quelque but qu’elles visent, les invitations à la paix, qui ne nous ont certes pas manqué depuis quelques mois, se distinguent toutes par certains caractères assez singuliers. — Avant tout, une indulgence plus qu’évangélique pour nos ennemis, une inépuisable mansuétude en face de leurs crimes, et une ingéniosité merveilleuse à leur trouver des excuses : — Êtesvous donc bien sûrs que, dans le fond de vos âmes, vous n’aviez pas quelque sentiment inamical vis-à-vis des Allemands. Cherchez bien. — Là-bas, tout au fond, ne leur gardiez-vous pas une vieille rancune ? — Et alors, n’avaient-ils pas quelque droit de se croire menacés, et sont-ils si coupables s’ils ont prévenu les noirs complots que vous machiniez contre eux ?
Et ces pauvres Bulgares, sans doute ils: ont eu tort dans la forme : mais pouvez-vous affirmer que s’ils n’avaient pas attaqué les premuers, ils n’auraient pas été attaqués euxmêmes ? Et les méchants Serbes n’ont-ils pas été bien durs pour eux, bien impitoyables ?
Tout naturellement, les pacifistes ne manquent pas de
tirer de ces prémisses sophistiques leurs conclusions évi- -dentes ; ils nous invitent, puisque les torts sont au moins partagés, à faire les premiers pas et à donner des gages de notre bonne volonté. Pourquoi parler de victoire complète ? Puisque nous prétendons défendre la cause de la civilisation, montrons-nous magnanimes ; ne refusons pas à nos adversaires quelques menues faveurs dont ils nous garderaient une éternelle reconnaissance. — Dans tous les projets de paix, c’est toujours à nous, à nos amis, à nos alliés, qu’on réclame des sacrifices. Pourquoi la Serbie ne renon- -cerait-elle pas à la Macédoine ? Les Slaves d’Autriche, à leurs désirs d'indépendance ? La Belgique, à une parcelle -de sa liberté ? Et nous, à quelques colonies ?
Enfin, — et c’est le troisième point à relever dans le pro-: ‘gramme des pacifistes, — pour excuser ces demandes tout de même un peu incongrues, l’éternelke ritournelle que les peuples qui nous ont assaillis ne sont pas responsables de la rupture pas plus que les soldats ne sont coupables des dévastations ordonnées par l’état-major : ils ont été égarés par de mauvais bergers, et il suffit pour qu'ils rentrent dans le giron de l’humanité qu’on les délivre des imposteurs et des faux prophètes. Pour nous convaincre de l’innocence des Allemands ou de leurs vassaux, on voudrait nous persuader qu’ils regimbent sous le joug de leurs souverains et, de temps en temps, quelques agités organisent une enquête à grand orchestre : dans son numéro du 13 octobre, le Times, d'ordinaire mieux inspiré, publiait un article bizarre où un de ses correspondants lui parlait d’une réaction anti-germaine en Bulgarie : le gouvernement de Radoslavov s’effondrait ; en cas d'élections nouvelles, il n’aurait pas dix députés pour le soutenir ; toutes les sympathies du peuple vont à l’Entente. — Corollaire: Donnez un bakchich à ces gens qui n’attendent qu’un signe pour se jeter dans vos bras.
Contes bleus à dormir debout et conclusions absurdes. parce qu’elles découlent d’hypothèses radicalement erronées. Les prétendus griefs de la Bulgarie contre laSerbie sont purement imaginaires ; les concessions les plus larges auraient aussi peu de succès aujourd’hui qu’en 1915, puisqu’on ne saurait la contenter qu’en luireconnaissant l’hégémonie et en lui abandonnant les peuples des Balkans, et, quant aux sympathies latentes de la masse pour l’Entente, les textes qué j'ai cités et qu’il serait facile de multiplier à. l'infini, montrent assez le cas qu’il convient d’en faire ; la contradiction que l’on croit apercevoir entre les sentiments. du peuple et l’attitude de son souverain n’a jamais existé que dans le cerveau de quelques songe-creux à qui mêmela : guerre n’a rien appris. | \
« L'existence de la Serbie, sous n'importe quelle forme, écrivait l’officieux Narodnoié Pravo (18 mars 1916), serait une menace éternelle pour la paix des Balkans et un obstacle perpétuel au développement politique de l’Europe... Demander sa destruction, ce n’est pas cruauté,mais nécessité. supérieure, et d’elle dépend l’avenir de l'humanité et avant tout le nôtre. » — « Plus la Bulgarie sera grande et forte, disait à Sofia (juillet 1916) le député Erzberger,qui a déployé. depuis lors une activité pacifiste si suspecte, plus les intérêts de l’Allemagne seront satisfaits. Les buts de la Bul-garie et de l’Allemagne sont dans la même direction et: s'accordent harmonieusement. » — Vers la même époque, un professeur de l’Université de Sofia écrivait dans la. Europæische Staats und Wirtschafts-Zeitung de Leipzig ; « Depuis les derniers événements, les meilleurs politiques. du pays, le roi en tête, étaient arrivés à la conviction que les. intérêts de la Bulgarie lui prescrivaient de s’attacher aux Puissancés centrales. Elle n'avait pas d’autre moyen de s'opposer à l’agrandissement de la Serbie. Au moment où
la guerre a éclaté, ils surent clairement aussitôt le parti qu’elle prendrait. Notre déçision n’a pas été déterminée seulement par la nécessité d’être du côté où pencherait probablement la victoire, mais plus encore par le calcul froidement réfléchi des intérêts réels du pays. Même s’il eût paru que les chances de succès définitif étaient du côté de l’Entente, la Bulgarie ne se $erait pas résignée d’un cœur léger à S’associer à sa victoire, parce que cette victoire aurait impliqué l’agrandissement d’un peuple qui nous est hostile. Voilà pourquoi toutes les peines ques’est données l’Entente en Bulgarie devaient nécessairement’ aboutir à un échec. » Où est la voix qui s’est élevée contre ces calculs d’un égoisme misérable ? Quel journal a rappelé à la Bulgarie ses devoirs “envers la Russie et le slavisme ? Dans quel groupe une protestation s’est- elle élevée ? « À certaines heures, écrivait dans le Mir (11 septembre 1915) Boris Vazov, un des chefs du parti russophile et un des orateurs les plus écoutés du Sobranié, nous devons imposer silence à nos divisions intestines. Au seuil des heures décisives qui vont sonner, la voix de la Patrie nous crie : oubliez les partis, accomplissez votre devoir civique; il vous ordonne d’affronter les événements, quels qu’ils soient, avec discipline et patriotisme. » — [appel de Vazov fut facilement entendu, parce qu’il traduisait la pensée de tous. — Le désaccord entre les intentions de Ferdinand et les aspirations de son peuple affirmait cependant alors un communiqué officiel de Petrograd (27 septembre) est le secret de Polichinelle, Tous les renseignements qui nous arrivent confirment que l’irritation grandit dans la masse de la population à mesure qu’une rupture avec la Russie semble plus vraisemblable. — Optimisme voulu? Illusion de cerveaux malades ? A relire ces communiqués, on se croit victime d’un cauchemar. Toujours est-il que, pendant que le cabinet de Petro-
De
grad berçait l’opinion avec ces prodigieuses sornettes, Guéchov, le russophile, saluait avec éclat dans les colonnes
du Mir l'entrée en ligne de la Bulgarie « dont l’épée écrivait. :
de nouvelles pages, non seulement dans l’histoire de la Péninsule, mais dans celle de l'Univers. » — « Toutes les divisions des partis ont cessé, écrivaient les Nowmi; le Cabinet sera approuvé par l’unanimité du Sobranié. Le peuple bulgare est uni tout entier ; tout entier il forme une seule âme, et, tout entier, il s’élance comme un seul homme contre l'ennemi. » — Et c’était vrai. Agrariens, démocrates, socialistes, le Narod comme la Posté des Balkans, tous, tous entonnaient d’une même gueule la louange de Radoslavov:
Quelle preuve, quel commencement de preuve nous apporte-t-on que depuis 1915 l'opinion se soit modifiée ? — Que la foule soit lasse des sacrifices que lui impose la
guerre et qu’elle désire une paix rapide, c’est certain — à.
condition que cette paix ait pour base la ruine de la Serbie. — Quel Français consentirait à un pacte pareil ?
CNO ñ
Nous aurons l’occasion, j’espère, de revenir bientôt sur cette question de la Bulgarie, dont l’importance est considérable, et de suivre dans le ‘détail des événements la diplomatie de Sofa ; l’étude des documents et des faits nous permettra de prouver que, bien avant les événements actuels, sa politique a toujours été dominée par un impérialisme morbide et que, pour atteindre le but de ses am-
bitions mégalomanes, elle à recouru aux procédés les plus
déloyaux ; ils nous montreront comment, depuis le moment où elle a échappé à la domination turque, elle est tombée sous la tutelle des Habsbourgs, dont elle a été la docile et peu scrupuleuse servante.
Il nous a paru nécessaire, pour comprendre la persistance de sa politique, d’esquisser à grands traits la physionomi: morale du peuple. Nous ne prétendons en tirer aucune conséquence générale pour l’avenir et nous nous garderons bien de prononcer contre les Bulgares une condamnation sans appel. Leurs amis nous affirment qu'ils sont laborieux, économes,durs à la fatigue, constants dans l’adversité ; nous ne demandons pas mieux que de les croire. Les Bulgares sont jeunes et ils ont sans doute devant eux un long avenir qui, pour être plus modeste que celui qu'ils avaient prétendu conquérir d'emblée, peut être fort honorable ; le malheur les assagira et, un jour, plus tard, quand on les aura séparés depuis assez longtemps des mauvaises compagnies qui ont corrompu leur adolescence inexpérimentée, les Slaves, qu'ils renient aujourd’hui, fêteront joyeusement leur retour au bercail. Ils ont fait un mauvais début dans le monde ; on l’oubliera par la suite. L’Évangile nous apprend qu'on tua le veau gras quand l’enfant prodigue rentra au foyer paternel ; mais il avait traversé auparavant une période d’épreuve, et mangé des caroubes en compagnie des pourceaux qu’il gardait.
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L'ITALIE, L'AUTRIGPE ET LA YOUGOSLAVIE
ARMI1 les documents que les bolcheviki ont trouvés
dans les archives du Pont-aux-Chantres, un des plus intéressants est le traité que les Alliés ont signé avec l'Italie le 26 avril 1915. Malgré tous mes efforts, je n'ai pu me procurer le numéro des Jzvestiia où il a paru. Je suis donc obligé de m’en rapporter à la traduction anglaise qui a été publiée par la New Europe dans son numéro du 17 janvier 1918 (p. 24-27). Ces traductions du français en russe, du russe en anglais et de l’anglais en français ne vont pas naturellement sans quelques inconvénients, surtout quand il est question d’un document diplomatique dont les termes ont été certainement soigneusement pesés. Comme il s’agit cependant surtout de clauses territoriales, 1l est permis de supposer que le texte que nous donnons ci-après, et dont l’importance n’échappera à personne, peut être au moins provisoirement accepté comme base de discussion. Il vient d’ailleurs d’être lu à Montecitorio par M. Bevione (13 fé- : vrier) ; le ministre des affaires étrangères , M. Sonnino, n’en a pas contesté l’authenticité, et les rectifications apportées
() Paru dans Le Monde Slave, février-mars et avril 1918.
ROAPPE AUTRICHE YOUGOSLAVIE 173
depuis par les journaux italiens n’ont trait qu’à quelques points secondaires qui ne nous intéressent pas ici.
Voici ce texte :
« L'ambassadeur d'Italie à Londres, marquis Imperiali, sur: les instructions de son gouvernement, a l'honneur de communiquer au secrétaire d'État pour les affaires étrangères, Sir Edward Grey, à l’ambassadeur de France, M. Cambon, à l’ambassadeur de Russie, le comte de Benckendorff, le mémoire suivant :
I. Les grandes puissances de France, de Grande-Bretagne, de Russie et d'Italie, concluront sans délai une convention militaire qui fixera le maximum des forces militaires que la Russie sera tenue d’opposer à l’Autriche-Hongrie, dans le cas où celle-ci jetterait toute ses forces contre l'Italie. Cette convention militaire règlera aussi les questions relatives à un armistice éventuel, dans le cas où elles ne rentreraient pas, de par leur nature, dans la compétence du commandement général.
II. L'Italie, de son côté, s'engage à conduire la guerre avec tous les moyens dont elle dispose, d'accord avec la France, la Grande-Bretagne, et la Russie, contre les États qui sont e guerre avec elles (1). |
IITI. Les forces navales de la France et de la Grande-Bretagne prêteront à l'Italie leur active coopération jusqu’au moment où la flotte autrichienne aura été détruite, ou jusqu’à la conclusion de Ja paix. La France, la Grande-Bretagne et l'Italie concluront sans délai, dans ce sens, une convention navale. |
IV. Au futur traité de paix, l'Italie recevra le Trentin ; le Tyrél méridional tout entier jusqu’à sa frontière naturelle et géographique, le Brenner ; Trieste et ses environs ; la province de Gorizia et de Gradis:' a ; l’Istrie entière jusqu’au Quarnero, y compris Volosca et les îles istriennes, Cherso et Lussin, et
(:} Le texte publié par le Manchester Guardian du 18 janvier dit tous les États. Ce mot tous ne se retrouve ni dans la New Europe ni dans le discours de M. Bevione. Mais il me semble ressortir nécessairement de l’article. |
a $ PAT En Up aussi les îles plus petites de Plavnik, Unia, Canidoli, Palazzuola, S. Pietro Neravio, Asinello et Gruica, avec leurs îlots voisins.
Note I : En application de l’article 4, la frontière suivra les points suivants : du sommet de l'Umbrile elle se dirigera vers le Nord jusqu'aux sources de l’Adige et de l’Eisack, puis elle franchira les monts Reschen, le A à et les cimes de l'Etz et du Ziller. Elle se dirigera alors vers le Sud en touchant le mont Toblach pour atteindre la limite actuelle de la Carniole qui est voisine des Alpes. Sur cette frontière, la ligne atteindra le Tarvis et suivra la ligne de partage des eaux des Alpes Juliennes, audelà des crêtes de Predil, Mangart et Tricorno et des passages de Podberdo, Podlansko et Idria. De là, la frontière tournera dans la direction du Sud-Est,vers le Schneeberg,de manière à ne pas comprendre le bassin de la Save et de ses tributaires dans le territoire italien. Du Schneeberg, la frontière descendra vers la mer, en enfermant comme territoires italiens ee Matuglia et Volosca.
V. De même, l'Italie recevra la province de Dalmatie dans son étendue actuelle en y joignant, vers le Nord, Lissarika et Trebinje {l) et, vers le Sud, les territoires jusqu’à une ligne qui partira de la mer près du cap Planka (?) et suivra vers l'Est la ligne de partage des eaux, de manière à laisser à l'Italie toutes les vallées dont les rivières se jettent dans la mer, près de Sebenico, en particulier la Cikola, la Krka et la Butichnica, avec leurs tributaires. L'Italie recevra aussi toutes les îles au Nord et à l'Ouest de la côte dalmate, en commençant par Premuda, Selve, Ulbo, Skerda, Maon, Pago et Puntadura et au delà, vers le Nord, et en arrivant à Memeda, au Sud, en y ajoutant les îles de Saint-André, Busi, Lissa, Lesina, Tercola, Curzola, Cazza et Lagosta, et tous les îlots et écueils environnants et ensuite aussi Pelagosa, mais sans les îles de Grande et Piccola Zirona, Buje, Solta et Brazza.
Les points suivants seront neutralisés :
1) Toute la côte du eap Planka au Nord, jusqu’à la partie . Sud de la péninsule de Sabbioncello au Sud ; cette péninsule sera placée dans la zône neutre. | à
{) Deux petits centres de la Croatie du Sud-Ouest. (?) Entre Troguir (Trau) et Chihénik (Sebenico).