‹ Du Vardar à la Sotcha 1923Chapitre 25 sur 42 · CN · texte numérisé non relu

CN

. Nous sommes ici sur un terrain parfaitement connu et qui a été étudié par des érudits dont la compétence est incontestée, et dont l’impartialité, je dirai presque l’indifférence, est universellement admise. Parmi eux, une place éminente appartient à Constantin Jireëek (‘). Jireéek,

(:) On vient d'apprendre ces derniers jours, la mort de Constantin Jirecek. C'est une lourde perte pour la science européenne et, en particulier, pour la science slave. Il n’y a aucune exagération à dire que les ouvrages de Constantin Jirecek sur

ERNEST Denis. 14

par la solidité de sa méthode, l” étendue de son érudition. et la droiture naturelle de son esprit, se rattachait à illustre

lignée des érudits du xvii® siècle. Il en avait aussi la sereine

indifférence ; les passions contemporaines n’arrivaient pas jusqu’à lui. Dans son mépris souverain pour la politique, il ne tirait aucune conclusion de ses recherches, et il ne songeait pas même aux résultats pratiques qui pouvaient

s’en dégager. Je pense qu'il était patriote, mais à ses mo-.

ments perdus, et on ne s’en apercevait guère. Au fond, il n'avait d'amour que pour les chartes et il ne se plaisait que dans les archives. Sa joie et comme sa raison d’être était de découvrir des documents inédits, de les reproduire fidèlement, de les classer et d’en donner une interprétation

exacte et complète. Le reste lui importait peu. Rectifer

une date l’intéressait plus qu’annexer une province. Il n’était pas très populaire parmi ses compatriotes, qui l’accusaient de tiédeur, et il est vrai qu’il n’eût jamais falsifié un texte, le salut de la Slavie en eût-il dépendu. Ses études

sur les Romains dans les villes de Dalmatie (:) et ses re- ©

cherches sur la chancellerie de Raguse (?) sont au nombre de ses travaux les plus achevés. Je ne peux que les résumer

ci, et ce résumé trop succinct et trop sommaire ne saurait: donner qu’une idée très imparfaite de la solidité en quelque

sorte massive de la science de Jirecek. Quand on l’a lu,

toutés les tentatives pour modifier les conclusions qui ressortent naturellement des faits qu’il apporte paraissent

simplement puériles.

Les plus anciens habitants de la Dalmatie sur lesquels

| la Bulgarie et la Serbie marquent le début d'une ère nouvelle à :

dans la connaissance des pays balkaniques. !

(1) Denkschriften der Kaiserlichen Akademie der Wissenscha= ten, t. XLVIII et XLIX.

(*) Archiv für slavische Philologie de Jagic.

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ITALIE AUTRICHE, YŒQUGOSEMVIE 2x

nous ayons quelques renseignements certains sont les Ilyriens. Proches parents des Grecs et des Romains, ils s’étendaient de l’Épire aux Alpes Juliennes et au moÿen. Danube, et quelques-unes de leurs tribus s'étaient établies en Italie. Ils survivent encore aujourd’hui dans les Albanais, dont la langue cependant est pénétrée d’éléments latins qui témoignent de |” influence exercée sur eux par la longue domination romaine. Parmi leurs principales tribus se trouvaient les Dalmates, dont le centre principal, Delminium, était situé sur la Tzétina et qui ont laissé leur nom au littoral les Liburnes, qui habitaient le Nordet les îles ; les Ardéens ou Vardéens, de la Néretva à la Tzétina, étaient le clan le plus, nombreux et le plus puissant ; ces pirates poussaient leurs ravages jusqu’en Grèce et en Italie et, pour se débarrasser , d’eux, les Romains, ne leur victoire, les transportèrent en Herzégovine. |

Les Grecs fondèrent de bonne heure sur les côtes une série de colonies : Apollonie, si célèbre plus tard par ses écoles, Epidamnos ou Dyrrachion (Dratch), Lissos (Alessio, Lièche) (1), Issa (Vis, Lissa), Pharos (Hvar, Lesina) ; Kerkyra, Melaïna (Coréula. Kortchoula) Epetion (Sto-\ bretch) près de Split (Spalato) et Tragurion (Troguir) étaient des centres actifs de commerce, et, de là, les produits grecs se répandaiïent au loin dans l’intérieur ; nous possédons des monnaies à inscriptions grecques frappées par des princes thraces ou 1llyriens, et elles nous prouvent la très active pénétration de la civilisation hellénique.

Après la conquête romaine, la culture grecque, qui se

(:) Il est illogique de désigner des villes slaves par des noms allemands ou itabens. J’indique seulement les noms italiens les plus répandus : Raguse (Doubrovnik), Spalato (Split), Sebenico (Chibénik), Zara (Zadar), * Trau (Troguir), Durazzo (Dratch}), Antivari (Bar).|

maintint en Thrace et dans la partie orientale de la Pénin-

sule Balkanique, disparut à l’ouest devant l’influence latine. En même temps que les Romains avaient fondé des établissements nombreux et prospères sur le Danube inférieur, la Drave et la Save, leurs colonies florissaient sur la côte dalmate et la transformaient. Salona (Soline), Jader (Zadar), Epidaurum (Doubrovnik-le-Vieux), étaient des cités flo-

rissantes. À l’intérieur, la colonisation fut beaucoup moins

intense, mais le latin pénétra jusqu'aux vallées les plus reculées des Alpes Dinariques. La langue des inscriptions,

fort incorrecte, indique sans doute une latinisation assez

superficielle. Malgré cela, il n’est pas douteux qu’à l’époque de Dioclétien, le grand empereur que la Dalmatie à donné au monde antique, la province offrait l'apparence d’un pays complètement romain. De la lañigue parlée par les habitants est né par la suite un dialecte néo-latin, dont l’origine fort ancienne est prouvée par les nombreux archaïsmes qu'il renferme.

Au moment des invasions, la Dalmatie fut quelque temps occupée par les Ostrogoths (489-535) ; Justinien y rétablit un moment la domination romaine : le pays fut ensuite traversé par les Gépides et les Lombards. Mais l’invasion la plus terrible, celle qui entraîna la ruine de la domination romaine et marqua pour la Dalmatie le début de l’ère nouvelle, fut l’arrivée des Slaves.

Leurs incursions avaient commencé dès le milieu du vie siècle. Elles continuèrent pendant tout le VII*, sans que les empereurs de Constantinople, retenus en Asie, fussent

en état de les arrêter. Sous Phocas, dans les premières

années.du vVII® siècle, ils ravagèrent tout le pays et détruisirent les colonies de la côte, dont les populations, après avoir vainement essayé de défendre leurs murailles, cherchèrent un refuge dans les îles. C’est à ce moment qu’Epi-

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ITALIE, RUTRICHE, YOUGOSLAVIE 213 daurum disparut et que les habitants fugitifs allèrent fonder Raguse (Doubrovnik). Salona fut détruite, et quand les colons revinrent peu à peu, trop faibles pour relever une aussi grande cité, ils s’établirent provisoirement au sud de l’ancienne ville, dans les ruines du palais de Dioclétien, les riches dans des maisons nouvellement construites, les pauvres dans les tours, les caves et les voûtes ; de là est sortie la ville de Split (Spalato).

Héraclius, après avoir détruit l'empire pere en 628, re- porta son attention sur l'Europe, et 1] rétablit un peu d’ordre sur le littoral de l’Adriatique. Lés Byzantins étaient de grands politiques et, par tout un système de bénéfices, de donations, de titres et d’hommages, ils amenaient les Barbares à reconnaître au moins l’apparence de leur domination. Mais, pas plus sur l’Adriatique qu’en Gaule, le rétablissement nominal de l'autorité impériale ne supprima les effets des invasions récentes et, dès ce moment, la Dalmatie a perdu son caractère romain. L'ancienne population est encore très loin d’avoir complètement disparu, et plusieurs siècles s’écouleront avant que le pays soit exclusivement slave ; sur la côte, en particulier, les éléments latins sont nombreux et vivaces ; ils se défendent avec énergie et souvent avec succès contre l’infiltration ennemie. Mais les colonies romaines ne sont plus que des écueils isolés au milieu d’un océan hostile, et elles perdent chaque jour du terrain. :

Tant qu'ils le purent, les empereurs les protégèrent de leur mieux et, même dans l’intérieur du pays, ils avaient sans doute conservé quelques places où s’adossait leur résistance. Ténacité glorieuse, mais condamnée à une défaite prochaine. Les débris des vieux municipes ne pouvaient pas contenir l’irrésistible pression des tribus slaves de l’intérieur que la mer attirait invinciblement. Peu à peu, des relations

pacifiques se nouent entre les anciens et les nouveaux habitants ; les deux peuples voisins se pénètrent, et, avant même que les princes croates aient réussi à atteindre la côte, du

IXe au xIe siècle, la fusion a déjà fait des progrès. visibles.

Elle coïncide avec les progrès de la langue slave qui se -répand à mesure que la domination des empereurs se rétrécit. À l’époque de Constantin Porphyrogénète, le gouverneur de la Dalmatie est relégué à l’extrémité de la liste des dignitaires impériaux ; c’est un assez mince personnage, dont l'autorité ne s’étend plus que sur trois îles, Veglia, Cherso et Arbe (1), et, en terre ferme,sur les villes de Troguir, Split, Doubrovnik et Kotor (?) ainsi que sur le territoire de Zadar.

— Les environs immédiats des villes sont dés lors‘entre les

mains des Slaves. ;

Pendant la période précédente, tous les anciens habitants,

Latins ou Illyriens romanisés, n’ont pas été exterminés ; beaucoup ont été massacrés ou sont morts de misère, mais l’invasion n’a pas sévi également partout ; dans les endroits. les plus reculés, dans les montagnes que protègent leur éloignement et leur aridité, une partie de la population a trouvé un refuge, elle s’y maintiendra longtemps en y vivant de l'élève des troupeaux ; les Slaves la désignent sous le nom de Vlaques ; plus tard, pour distinguer ces Vlaques. des colons de la côte, ils les nommeront les Vlaques noirs. (Maurovlacki , Morlaques). Ces Vlaques, d’ailleurs, eux-

mêmes ne tardèrent pas à se mélanger aux nouveaux venus.

et, d’après Novakovitch, dès le xIrIe ou le x1v® siècle, ils. étaient complètement slavisés. Ainsi s'explique que leur nom, qui, au début, désignait un groupe linguistique, sait

fini par s’appliquer à un groupe social, et que l’on aïît con- .

fondu sous cette désignation de Vlaques les bergers nomades.

(:) En serbo-croabe : Krk, Tzrès Rab.

(3} Cattaro.

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TTALIF. AUTRICHE, YOUGOSLAVIE 215

qui poussaient leurs troupeaux dans les montagnes balkaniques, quel que fût d’ailleurs l’idiome qu’ils parlaient. Sur les côtes et dans les îles, Prezzolini admet que la, victoire des Slaves s’acheva vers la moitié du x1I1® siècle. Quand, «en 1100, les croisés traversent la Dalmatie, ils sont frappés du contraste entre la côte latine et l’intérieur slave. En 1177, au contraire, quand Alexandre III arrive à Zadar, il est conduit à la cathédrale par une procession qui chante des cantiques «en langue slave ». — I] est vrai que M. Tamaro a découvert que cé témoignage n’a aucune valeur : Alexandre IH avait pris pour du serbe le dialecte latin local. Pauvre pape ! — « Le chant, écrit Prezzolini, restera toujours la manifestation spontanée de l’âme d’une nation. Les cantiques en langue populaire qui accueillaient le pontife à cette heure historique, sont la preuve que dès lors, la ville, au point de vue de la race et de l’idiome, avait cessé d’être latine. » Évolution parfaitement naturelle, puisque, comme - le constate Brunelli, dans son histoire de Zadar, les chartes de 1200 nous montrent que la banlieue immédiate des villes était peuplée en grande majorité de Slaves.

L'histoire de l'Église en Dalmatie révèle de même le progrès de l'élément slave. Le christianisme avait pénétré dans la province bien avant l'invasion, et le clergé, qui restait latin, s’y opposa énergiquement à l'introduction de - la liturgie slave que patronnaient le gouvernement de Constantinople et le patriarcat d’Aquilée. Il ne réussit pas cependant à l’extirper, et même Grégoire VIT, en dépit de son désir . d'unité et de ses instincts d'autorité, recula devant des mesures trop radicales ; il consentit même au rétablissement de l’évêché de Nona, un des foyers du slavisme religieux. Les conciles provinciaux de Split (924, 1059-60, 1063 et 1075) condamnent la pratique de Méthode et interdisent de célébrer la messe « en langue barbare ou slave », sans que

leurs décrets, dont la répétition’ démontre l’inefficacité, réussissent à supprimer un usage auquel les fidèles étaient

attachés. Un siècle plus tard, Innocent IV refuse de re- |

connaître archevêque de Zadar l’élu de la population, 10%

tam latinus quam barbarus. — Mais peut-être Innocent IV

était-il aussi incapable qu’Alexandre TT de denses le slave du latin !

Les deux partis en présence tenaient à éviter une rupture complète : les Dalmates ne voulaient. ni abandonner leur langue ni rompre avec l'Occident, et le Pape les ménageaït, de crainte qu’ils ne se jetassent dans les bras des patriarches

de Constantinople, dont on connaît les tendances libérales dans les questions linguistiques. On se tira d’affaire parun

compromis. La légende se répandit que le plus ancien alphabet slave, la glagolite, avait été inventé par saint Jérôme, qui avait été l’apôtre de la Dalmatie, et, sous ce saint patronage, la liturgie slave se répandit sans obstacle du x1r1° au XV siècle. La lutte ne recommença que lorsque, dans les temps modernes, la Curie, qui ne redoutait plus la défection

des Dalmates, s’efforça de faire triompher partout ses idées :

d’unité et de centralisation.Dans la Dalmatie septentrionale, les îles du Quarnero et de l’Istrie,on peut encore aujourd’hui observer le vieux conflit entre l'Orient et l'Occident ; la lutte entre la liturgie latine et la liturgie slave (en caractères glagolitiques) y cache une lutte ethnique. C’est la vieille opposition entre le Romanisme et le Slavisme, et, au xx® siècle, comme au Moyen-Age, les éléments indigènes, qui sont slaves, se révoltent contre la prépondérance latine qui cherche son point d'appui au dehors.

Les catalogues de noms que nous done Jireëzk nous

permettent de nous faire une idée assez précise de la façon dont a eu lieu la slavisation progressive des villes et de la

rapidité de l’évolution qui s’est accomplie. Les premiers

RLNREPR AUTRICHE, YOUGOSLAVIE 217

noms slaves sont surtout des noms de femmes : les patriciens de la côte se mariaient volontiers avec les héritières des environs ; par la suite, ces unions devinrent si fréquentes que les Vénitiens les interdirent, ou du moins exigèrent une autorisation spéciale du Doge. Naturellement, comme il arrive toujours en pareil cas, ces prohibitions légales furent souvent violées et vite oubliées. La prospérité croissante des cités et le développement du commerce attirent dans les villes une foule d’habitants des campagnes voisines ; ils y arrivent en qualité de journaliers, de jardiniers, d'artisans, de pêcheurs ; les plus industrieux ou les plus heureux commencent à s’infiltrer dans les rangs de l’ancienne bourgeoisie. Les: vieilles familles patriciennes s'inquiètent de cette invasion d’un nouveau genre, serrent plus étroitement leurs rangs et défendent avec âpreté leurs privilèges. La lutte sociale, qui agite toutes les communes du Moyen-Age, se compliquait ici d’une lutte de races, et les neveux, plus ou moins authentiques, des colons romains, s’indignaient à la pensée de se confondre avec les représentants d’une race inférieure. Conflit éternel, qui s’est renouvelé des milliers de fois sur les points les plus divers du globe, et qui a toujours abouti au même résultat final : en dernière analyse, la victoire revient fatalement à 1a masse, à la foule, à la démocratie. Sous une forme un peu différente, l’évolution qui s’accomplit en Dalmatie est exactement la même que celle que nous constatons à Prague, à Cracovie et jusqu’à Kiev. Peu à peu, les éléments urbains sont ss par la population rurale qui les assiège. 5 D’habitude, les oligarchies ne capitulent pas sans conditions. L’homme supporte tout, la gêne, la misère, le travail accablant, plutôt que de subir ce qu’il regarde comme une déchéance. Ce qui fait la vraie différence entre les classes, ce n’est pas la richesse, mais l’éducation. Du jour où les

218 D:U VARDAR À LA SOTCHA

habitants d’un pays se plairaient aux mêmes distractions et emploieraient le même vocabulaire, la question sociale serait résolue. Les patriciens dalmates, lors même qu'ils eurent renoncé à barrer le chemin à l’intrusion slave, toujours plus débordante, se refusèrent à rompre le lien qui les rattachait à l’Italie. Ils aimaient en elle la gloire impérissable

de ses souvenirs, l’éclat incomparable de sa civilisation, et

la preuve de leur propre supériorité sociale ; plus leur situation était menacée dans leur pays, plus ils s’accrochaient à elle, et ils n’éprouvaient aucune peine à inoculer leur foi aux immigrés, heureux et fiers de participer à ce trésor de lumière et de vie. Ainsi naquit une des civilisation les plus originales, les plus fécondes et les plus brillantes de l’histoire. Bien que les quelques gouttes de sang romain qui coulaient encore dans leurs veines fussent depuis longtemps noyées dans le flot étranger, les Dalmates continuèrent à

se regarder comme les héritiers légitimes des anciens

conquérants de l’Illyrie ; dans leur imagination, la Slavie s’amalgama à l'Italie. Ts devinrent ainsi des patriotes slaves

passionnés sans rien abandonner de la civilisation occidentale, et ils confondirent dans une même exaltation d'amour

la race à laquelle ils appartenaient par leur naissance et la terre voisine à laquelle leur esprit les apparentait.

Les Italiens aiment à rappeler la foule d’artistes et d’écrivains qui sont venus de Dalmatie enrichir la luxuriante parure de leur sol. Ils ont raison, et leur catalogue reste toujours incomplet. Mais ces volontaires n’étaient pas des apostats. Sur le sol hospitalier qui s’engraissait de leur

travail, ils n’oubliaient pas la terre dont ils étaient sortis, et, même quand ils étaient le plus complètement transformés .

par la culture italienne, leur œuvre gardait son originalité et sa marque familiale. Âu milieu des séductions de leur patrie d’adoption, ils conservaient le souvenir de la terre

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