‹ Du Vardar à la Sotcha 1923Chapitre 37 sur 42 · ET LA CIVILISATION SERBE AU MOYEN-AGE · texte numérisé non relu

ET LA CIVILISATION SERBE AU MOYEN-AGE

; NE des ambitions de l’Institut d'Études Slaves est de U devenir le centre des relations intellectuelles entre les Slaves et le Monde Occidental. Il se propose de présenter au public les travaux essentiels des savants russes, polonäis, tchèques ou yougoslaves. Nous avions espéré donner, pour

(1) Comme premier numéro de la Série Historique des publications de l'Institut d'Etudes Slaves, parut en 1920 une brochure sous ce titre : La Crvirisation SERBE AU Moyen-Acr. Cette tra duction de deux importants chapitres de l'Histoire DE SERBIE publiée en langue allemande par le grand historien Constantin Yirétchek, en 1911, a été faite sous la direction de M. Louis EiseNmann. Ernest Denis écrivit l'article ci-dessus pour préfacer celte première publication de l'Institut d'Etudes Slaves,

CIVÉÉISATEON SERBE |: | 2300

commencer, une traduction complète de l’ Histoire de Serbie que Constantin Yirétchek a publiée en 1911,et dont l’édition allemande a paru dans la collection : Geschichte der europaeischen Staaten. En attendant que les circonstances soient redevenues plus favorables pour une entreprise aussi importante, nous croyons utile de détacher de cette traduction les deux chapitres qui forment l’introduction du tome IT et qui sont consacrés à l’histoire de la civilisation serbe au Moyen-Age.

Quelles raisons ont déterminé notre choix ?

Avant tout, le désir de donner ainsi un témoignage de sympathie et d’affection au jeune Royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Les relations entre la Serbie et la France étaient déjà fort actives avant 1914 ; la guerre a noué entre les deux pays des liens particulièrement étroits. Ce n’est un secret pour personne que la France a été la première à comprendre l’importance des événements qui se déroulaient dans la Péninsule des Balkans et si, en 1915, la Serbie a été secourue trop tard, ce n’est pas à la France qu’en revient la responsabilité. Personne n’ignore non plus que, si les Alliés se sont maintenus à Salonique, le mérite en appartient surtout au Gouvernement de Paris ; dans l’histoire de la fondation de l’indépendance yougoslave, les noms de Sarrail, de Guillaumat et de Franchet d'Espérey demeureront inséparables de ceux du voïévode Poutnik et

-du Roi Pierre. Depuis, pendant les négociations difficiles qui ont suivi l’armistice,et qui ne sont pas encore terminées, la cause des Serbes, qui se confond en réalité avec la cause du droit, a trouvé chez nous ses défenseurs les plus convaincus et les plus fidèles. Nous voulons que ces souvenirs ne s’effacent pas et que l’amitié qui s’est scellée sur les champs de bataille trouve un élément nouveau dans les travaux pacifiques. Pour cela, il est nécessaire que nous ayons une

300 DU VARDAR À LA SOC connaissance exacte et précise de la Serbie, de son histoire, de son passé, de sa civilisation, et le livre de Yirétchek, malgré les imperfections que nous ne nous dissimulons pas, nous a paru spécialement approprié à l’œuvre d'instruction que nous nous proposons. k

La lecture n’en est pas toujours facile, et il déroute un

peu nos habitudes classiques, mais il est riche en subs-

tance et il ouvre à la réflexion de très vastes et de très diverses perspectives. C’est la deuxième raison qui a décidé

de notre choix. Le mérite essentiel des chapitres qu’a tra-

duits M. Eisenmann est en effet qu’en dehors des spécialistes de l’histoire de la Serbie, il est de nature à intéresser

tous ceux qui s’occupent du Moyen-Age. On sait combien, . malgré les patientes investigations et les découvertes des érudits, nombre de points de cette histoire nous demeurent.

encore obscurs, et précisément à propos des sujets qui sollicitent le plus notre curiosité : formation de la noblesse, rapports des classes, condition des paysans, situation économique. Du x° au xv® siècle, en dépit du schisme grec, l’évolution politique et sociale des divers États de l’Europe a suivi dans ses lignes générales une matche analogue, et l’apport d'une série de données précises sur un pays qui était pendant longtemps resté presque en dehors du champ commun des recherches des historiens occidentaux, peut servir à compléter nos connaissances, susciter des hypothèses

fécondes, éclairer d’une lumière inattendue des problèmes

difficilés. Fustel de Coulanges a mis en lumière avec beau-

coup de force les dangers de la méthode comparative, mais

ces dangers viennent surtout de la médiocre valeur des renseignements sur lesquels les savants sont souvent forcés d'appuyer leurs conclusions. Avec Yirétchek nous avançons sur un terrain solide. Je ne veux certainement pas dire que nous ayons le droit de nous servir d’un texte serbe pour

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