DES EAUX DE ME U CHAUFFÉES
nent sans peine le bain chaud. De manière que beaucoup de praticiens conseillent ceux-ci d’abord, peur essayer la susceptibilité individuelle ou pour acclimater l’irritabilité pathologique.
Or, dans ces circonstances, s’il y a moins d’effets provoqués, il y a nécessairement moins d’actions obtenues. Aussi de tous les auteurs^que nous avons cités, n’y a-t-il que Russel qui parle des bains chauds de mer, comme remède spécial contre la maladie scrofuleuse ; encore, si l’on apprécie bien ses paroles, on y distinguera que, malgré ses efforts , il en traite sans conviction pour finir par conclure qu’ils ne sont que des palliatifs. Cette circonstance devient grave, en ce sens que nous avons vu non-seulement des guérisons parfaites de maladies scrofuleuses par l’eau de mer froide, mais meme par l’eau froide ordinaire. Vérité bien constatée, car Cullen disait déjà avoir retiré de Veau froide simple de plus grands avantages que de tout autre remède. ( Éléments de médecine pratique. , édit, de Bosquillon, t. 2, p. 614.) Voici d’ailleurs comment s’explique Russel :
« Le bain froid, et surtout le bain de mer froid , est un remède que l’on emploie généralement contre les scrofules, et avec avantage, je crois, dans beaucoup de circonstances ; car il ne paraît pas seulement améliorer l’état général de la santé et les forces du malade, mais encore il facilite la résolution des glandes engorgées et celles des tumeurs indolentes des articulations, lors même qu’elles ont acquis un volume considérable et qu’elles existent depuis fort longtemps. Mais pour que le bain froid soit administré avec avantage et sûreté, il est nécessaire que la constitution du malade soit assez forte pour pouvoir supporter l’immersion sans inconvénients
« En opposant comparativement l’efficacité du bain froid et du bain chaud dans le traitement des scrofules , je serais porté, d’après ma propre expérience et les résultats des différents entretiens que j’ai eus à cet égard avec les plus habiles praticiens mes amis, à regarder les effets du bain chaud comme étant plus manifestes ; je ne serais même pas porté à
restreindre ce mode de traitement aux cas dans lesquels il y a émaciation et débilité, puisque l’observation m’a convaincu des bons effets du bain chaud sur des individus pléthoriques affectés à un haut degré de gonflements scrofuleux des glandes. Plusieurs de ces exemple^ se sont présentés sur de trèsjeunes femmes à la fleur de l’âge, d’üne santé vigoureuse à tous égards; les tumeurs glanduleuses diminuèrent ainsi que tous les symptômes fâcheux qui se trouvaient liés à une pléthore sanguine.
« La sensation que le bain chaud fait éprouver à la plupart des malades est extrêmement agréable ; il n’en résulte jamais aucun accident ; il peut-être prescrit dans toutes les saisons de l’année et dans tous les temps sans danger et sans inconvénients. Quant au danger que l’on pourrait courir en s’exposant au froid immédiatement après l’immersion dans le bain chaud on l’a beaucoup exagéré , etc
« 11 faut plusieurs semaines et quelquefois plusieurs mois pour s'assurer des véritables effets du bain chaud employé comme moyen palliatif dans les affections scrofuleuses , mais comme il ne résulte aucun inconvénient ni aucune suite fâcheuse de ce mode de traitement , il n'y a aucune raison de l'interrompre avant que l'essai que l'on en a fait soit tout à fait satisfaisant... » (Citation de Samuel Cooper, Dict. de chirurgie, art. Scrophulès.)
Certainement Russel confond l’innocuité du bain chaud avec son efficacité ! Il s’efforce de se convaincre lui-même sans y parvenir, et cela résulte bien clairement de ces paroles : D’abord c’est surtout le bain froid qui fait résoudre les lésions scrofuleuses les plus graves et les plus anciennes, ensuite h sûreté d’application du bain chaud l’entraîne presque à le préférer, quoiqu’il faille plusieurs mois pour obtenir quelque effet d’un moyen qu’il regarde seulement comme palliatif.
Évidemment Russe! se méprend! De ce qu’il a vu le bain chaud réussir même dans les cas de pléthore , il en conclut à son efficacité générale. Mais ses effets, dans ces circonstances, dépendaient de la situation de l’état constitutionnel qui souvent ne peut pas supporter le bain froid. Les observations que