‹ Du Vrai de beau et du bierChapitre 22 sur 74 · Phèdre, p. 55, t. VI, et plus haut, p · texte numérisé non relu

Phèdre, p. 55, t. VI, et plus haut, p

7. Le Sophiste, p. 261 , 262. Il faut citer ce passage peu connu et décisif que nous avons traduit pour la première fois : « L'Étranger. Mais quoi, par Jupiter ! nous persuadera-t-on si facilement que dans la réalité le mouvement, la vie, Tâme, rintelligence ne conviennent pas à l'être absolu ? que cet être ne vit ni ne pense , et qu'il demeure immobile, immuable, sans avoir part à Tauguste et sainte intelligence? — Théétète. Ce serait consentir, cher Éléate , à une bien étrange assertion. — L'Étranger. Ou bien lui accorderons -nous Tintelligence en lui refusant la vie ? — Théétète. Gela ne se peut. — L'Étranger. Ou hien encore dirons-nous qu'il y a en lui l'intelligence et la vie , mais

qu'il est bon *. Enfin il est la beauté sans mélange, inaltérable, immortelle, qui fait dédaigner toutes les beautés terrestres à qui Ta une fois entrevue*. Le beau, le bien absolu est trop éblouissant pour que l'œil d*un mortel puisse le regarder en lace ; il le faut contempler d'abord dans les images qui nous le révèlent, dans la vérité, dans la beauté, dans la justice , telles qu'elles se rencontrent ici-bas et parmi les hommes, de même qu'il faut habituer peu à peu l'œil du captif enchaîné dès l'enfance à la splendide, lumière du soleiF. Notre raison, éclairée par la vraie science, peut apercevoir cette lumière des esprits; bien conduite, elle peut allei* jusqu'à Dieu, et il n'est pas besoin, pour y atteindre, d'une faculté particulière et mystérieuse.

Plotin s'est égaré en poussant à l'excès la dialectique platonicienne, et en l'étendant au delà du terme où elle doit s'arrêter. Dans Platon, elle se termine aux Idées, à l'Idée du bien, et produit un dieu intelligent et bon; Plotin l'applique sans fin, et elle le mène dans l'abîme du mysticisme. Si toute vérité est dans le général, et si toute individualité est imperfection, il en résulte que tant que nous pourrons généraliser, tant qu'il nous sera

que ce n'est pas dans une âme qu'il les possède? — Thêétète. Et comment pourrait-il les posséder autrement ? — L'Étranger. Enfin que , doué d'intelligence , d'âme et de vie , tout animé qu'il est , il demeure dans une complète immobilité ? — Thêétète. Tout cela me •paraît déraisonnable. »

1. Titnée, p. 119 : a Disons la cause qui a porté le suprême ordonnateur à produire et à composer cet univers : il était bon. »

2. Banquet, discours de Diotime, t. VI, et plus bas, II« partie, du Beau, leçon VII.

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