‹ Du vrai, du beau et du bien. --Chapitre 45 sur 76 · Au musée du Louvre. Voyez encore la gravure de Morin · texte numérisé non relu

Au musée du Louvre. Voyez encore la gravure de Morin

3. Où est aujourd'hui l'original? Nous avons du mouis la gravurd de Simonneau dans Perrault. C'est sur un original différent, attribué au neveu de Champagne, qu'a été faite la belle graMire d'Éde linck.

4. L'original est au château de Sablé, chez M. le marquis de Rougé. il porte cette inscription : Anno 1654, JEtatis 62. Obiit 6 Augusti 16(ii. Cette admirable peinture est parfaitement conservée, ej. son authenticité, assez démontrée par sa beauté même, est mist? hors de doute par des documents précieux qu'a bien voulu nous communiquer notre savant et obligeant confrère, ij. le vicomte Enim. de Rougé, membre de l'Institut et l'un des conservateurs du musée du Louvre : « La tète, nous dit M. de Rougé, est certainement une des plus belles têtes de Champagne. Le regard vous suit et vous fait éprouver cette illusion que laissent certaines physionomies saisies vivantes par le Titien. » C'est bien là l'pâet que produit la belle gravure de Van Schupen.

5. Au mufée. — Nou* avons vu dans l'église de Linas, à quelques

toute sa personne abattue porte encore l'empreinte d'un reste de souffrance. En face, la mère Agnès, à genoux, la regarde avec une joie reconnaissante. Le lieu de la scène est une pauvre cellule ; une croix de bois suspendue à la muraille, quelques chaises de paille en sont tous les .ornements. Sur le tableau se lit cette inscription : Christo uni medico animarum et corporum. On a là le stoïcisme chrétien de Port- Royal dans son imposante austérité. Ajoutez à tous ces portraits, celui de Champagne; car le peintre peut être mis à côté de ses personnages.

Quand la France n'aurait produit au xvn® siècle que ces quatre grands artistes, il faudrait faire une belle place à l'école française ; mais elle compte bien d'autres peintres du plus grand mérite. Parmi eux distinguez P. Mignard, si admiré de son temps, si peu connu aujourd'hui et si digne de l'être. Comment avons-nous pu laisser tomber dans l'oubli l'auteur de la fresque immense du Val-de-Grâce, tant célébrée par Molière, et qui est peut-être la plus grande page de peinture qui soit en France ' ! Ce qui frappe d'abord,

lieues de Paris, un autre chef-d'œuvre de cnampagriie, qui vien' aussi de Port Royal, et qui représente la petite Périer, nièce de Patcal, agenouillée et remerciant Dieu du miracle qui vient d'être opéré en elle par l'attouchement de la sainte Épine.

1. Molière entre dans des détails infinis sur toutes les parties de l'art de peiudre et du génie de Mignard. Il pousse l'éloge peut-être jusqu'à l'hyperbole; depuis, l'hyperbole a fait place à la plus honteuse indilierence. La fresque de la coupole du Val-de-Grâce se compose de quatre rangs de figures, qui s'élèvent en cercle pepuis le bas jusqu'au haut de la voûte. Dans la partie supérieure est la Trinité, au-dessus de laquelle s'élèvp un ciel resplendissant. Au-des- »ous de la Trinité sont les puissancas célestes. En descendant d'un

dans ce gigantesque ouvrage, est l'ordonnance et l'harmonie. Puis viennent mille détails charmants et d'innombrables épisodes qui forment eux-mêmes des compositions considérables. C'est encore au pinceau de Mignard que nous devons ce ravissant plafond du petit appartement du roi à Versailles, chef-d'œuvre aujourd'hui détruit, mais dont il nous reste une traduction magnifique dans la belle estampe de Gérard Audran. Quelle expression profonde dans la Peste d'Eaque ' , et dans le Saint Charles donnant la communion aux pestiférés de JMilan ! On s'accorde à reconnaître Mignard pour un de nos meilleurs peintres de portraits : la grâce, quelquefois un peu raffinée, se joint en lui au sentiment. L'école française peut encore présenter avec orgueil Valentin, mort jeune et qui donnait tant d'espérances; Stella, le digne ami de Poussin, l'oncle de Claudine, d'Antoinette et de Françoise Stella; Lahyre, qui a tant d'esprit et de goût; Sébastien Bourdon, si animé et si élevé ^; les Lenain,

degré, on voit la Vierge et les saints personnages du Nouveau et de l'Ancien Testament. Enfin à l'extrémité inférieure est Anne d'Autriche, présentée dans le paradis par sainte Anne et saint Louis, et «66 trois figures sont accompagnées d'une foule de personnages ap. partenant a l'histoire de France, parmi lesquels on distingue Jeanne d'Arc, Charlemagne, etc. Aujourd'hui, faute de soin et d'un entr^ tien nécessaire, la belle fresque est dégradée et les figures supérieures à peine visibles.

1. Gravée par Gérard Audran sous le nom de la Peste de David. Qu'est devenu l'original?

2. Il faudrait citer toutes ses compositions. Dans sa Sainte Fa. mille, la figure de la Vierge, sans être céleste, exprime à merveille la méditation et le recueillement. Nous avons perdu depuis longtemps le plus considérable ouvrage de S. Bourdoa, les Sept Œuvre* de Miséricorde. Voyeï rA.PPKMDiCK.

qui ont quelquefois la naïveté de Lesueur et la couleur de Champagne ; le Bourguignon, plein de feu et de verve; Jouvenet qui compose si bien*; tant d'autres, enfin Lebrun, qu'il est de mode aujourd'hui de traiter cavalièrement, et qui avait reçu de la nature, avec la passion peut-être immodérée de la gloire, celle du beau en tout genre et un talent d'une flexibilité admirable, le véritable peintre du grand roi par la richesse et la dignité de sa manière, et qui, comme Louis XIV, clôt dignement le xvii® siècle^.

Puisque j'ai parlé avec un peu d'étendue de la peinture, ne serait-il pas injuste de passer entièrement sous silence la gravure, sa fille ou sa sœur? Ce n'est certes pas un art de médiocre importance, et nous y avons excellé. Jacques Callot a représenté la vie humaine dans toute sa variété. Il est tour à tour gai et mélancoUque, touchant et burlesque, d'une imagination inépuisable et d'un esprit infini. Ses grotesques ont trop fait oublier ses compositions d'un haut rang, le siège de Bréda, celui de La Rochelle, surtout celui de l'île de Ré, et tant d'autres pièces religieuses ef historiques. Il était aussi appHqué et aussi savani, qu'mventif et fécond. Son œuvre est si vaste qu'on a peine à la rassembler, et pourtant il est mort bien

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