BACTÉRIOLOGIE
Ce fut Hueppe (1) qui le premier, rechercha l’action bactéricide du xéroforme. Il expérimenta sur des cholériques lors de l'épidémie de Hambourg de 1893 et fut frappé des résultats heureux qu’il obtint. Pour lui, son action antiseptique sur le bacille du choléra est telle, qu’il fut amené à le considérer comme l’antiseptique spécifique de ce bacille, et que dans cinq cas de choléra où son administration n’a eu lieu qu’à la période agonique, le contenu intestinal n’a donné, sur culture, que des résultats négatifs.
Cependant Draër, expérimentant sur des bacilles de culture, n’a pas obtenu d'aussi beaux résultats, et pour lui le xéroforme serait presque inoffensif pour le bacille virgule,
En 1895, les docteurs Hesse et Zeusse de Zurich (2), firent paraître un travail sur les propriétés bactéricides de
(1) Hueppe, Epidémie de choléra de Hambourg, 1893. (2) Thérapeutische monatshefte, 9 avril 1896.
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ce nouvel antiseptique. Ils firent l’essai suivant en se servant de plaques d’agar-agar.
Cinq de ces plaques sont saupoudrées de xéroforme de la facon suivante :
No 1 couche légère.
N° 2 couche un peu plus forte.
N° 3 couche forte.
Nc 4 la moitié de la surface recouverte d’une couche forte, l’autre moitié reste telle quelle.
1 couche légère.
2 couche un peu plus forte.
3 couche forte.
4 telle quelle.
N° 5 partagée en 4
Quatre autres plaques sont laissées telles quelles comme moyen de contrôle.
Voici ce qu'ils obtinrent:
Sur les plaques contrôles il se développa en deux points environ 40 colonies, puis ces colonies augmentèrent de plus en plus et devinrent incomptables.
Sur les plaques saupoudrées au xéroforme, les colonies diminuèrent er raison de l’épaisseur de la couche d’antiseptique. Sur la plaque recouverte d’une légère couche de xéroforme il y avait environ 40 colonies, celle à couche plus forte 10 et celle à couche forte seulement X.
Avec des plaques saupoudrées à l’iodoforme, il se développa aussi des colonies, mais elles furent plus lentes à se former.
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Hs firent ensuite une autre série d'expériences : ils se servirent de tubes de gélatine fraîchement ensemencés avec : 1° du bacillus prodigiosus, 2 du coli-bacille, 3° du staphylocoque : ces tubes furent recouverts les uns avec du xéroforme, les autres avec de l’ivdoforme, enfin les autres restèrent comme tubes de contrôle.
Ils constatèrent le fait suivant :
1° Pour le bacillus prodigiosus il y eut retard dans la production de sa matière chromogène.
2° De nouvelles colonies de coli-bacille ne se formèrent plus dans le tube de gélatine recouvert de xéroforme, tandis qu'au contraire ceux où se trouvaient de l’iodoforme et sur les tubes de Contrôle, on en trouvait en bien plus grand nombre.
3° Pour le Staphylocoque on ne trouva pas de diffé-
rence entre les tubes recouverts de xéroforme et les tubes contrôle.
De notre côté nous avons fait certaines recherches bactériologiques. Nous regretions seulement que le temps et l'habitude de ces sortes de recherches nous aient manqué, pour, selon les règles assignées, varier, étendre, renverser, Compulser l'expérience bactériologique et physiologique autant que nous l’aurions désiré.
Aussi toutes nos expériences n'ont-elles pas là même valeur.
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Voici cependant quelles nous en semblent les conelu- SIONS :
LE. — La poudre de xéroforme, telle que la livre cachetée l'usine de produits chimiques de Heyden contient des germes.
Nous avons constaté ce fait en mélangeant avec une spatule stérilisée au rouge, puis refroidie, diverses doses de xéroforme prises dans un flacon récemment ouvert, avec de la gélatine stérilisée à 120°, fondue à 39°, puis coulée en boîtes de Pétri, selon la méthode d'isolement des espèces bactériennes enseignée par Koch.
Cette expérience fut répétée en saupoudrant d’antiseptique diverses plaques de gélose fondue puis refroidie, portée ensuite à l’étuve à 37°.
Les plus nombreuses colonies observées furent des moisissures liquéfiant la gélatine et sporulées (5 colonies pour 10 cm° de gélatine et 1 gr. d'antiseptique) et de bacillus fluorescen$ liquefaciens (1 colonie pour 10 em* de gélatine et par gramme de xéroforme).
J’attire l'attention sur cette présence du bacillus [luorescens liquefaciens, qui est un agent des putréfactions animales et végétales.
L’airol sec, étudié comparativement, nous à paru bien plus riche en moisissures liquéfiant la gélatine et sporulées également. Nous n’y avons pas rencontré de bacillus fluorescens liquefaciens ni de bactéries pathogènes, mais en abondance un bacille donnant des colonies luxuriantes brunes en chapelets.
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Il ne nous à pas été possible de déterminer la nature de ce bacille.
Il. — Le xéroforme ne peut stériliser une culture de €bacillus coli communis », de « bacillus pyocyaneus », de « bacillus fluorescens liquefaciens », mais il amoindrit leur vitalité.
Pour le constater nous ajoutons à 10 cm° de cultures pures de ces germes (cultures sur bouillon de bœuf peptonisé à 2°) 1 gr. 50 de poudre de xéroforme stérilisé à 110°. Nous laissons l'antiseptique agir neuf jours à l'étuve à 37. Après ce temps, pour constater si la culture est stérilisée, nous ensemençons chaque culture sur un milieu nouveau, en ayant soin de prélever une très petite quantité de semence pour entraîner le moins possible d'antiseptique.
Ces nouvelles cultures se développent, mais chétives, avec un retard considérable sur des témoins prospères.
LT. — Le xéroforme mélangé à de la gélose (15 de poudre pour 100 de milieu) ne peut empécher le développement du bacille « coli communis », du « bacillus [luorescens liquefaciens », du « monilia albicans », du streptocoque pyogène, du bacille de Lœffler, du staphylocoque, du bacille virgule.
Ce mélange se fait de la manière suivante : la gélose étant encore très chaude, on y verse du xéroforme. A l'aide d'une baguette de verre on agite le liquide, on met