‹ Du XVe au XXe siècleChapitre 12 sur 13 · ÉCOLE BUISSONNIÈRE · texte numérisé non relu

ÉCOLE BUISSONNIÈRE

plus grand musicien vivant », il ne doit pas nourrir une tendresse particulière pour ceux qui, il ne l'ignore pas, le qualifient, dans sa patrie, de « vieille ganache ».

Mon Dieu, Saint-Saëns est l'homme le plus courtois du monde ; aussi voudrait-il se contenter d'écrire dans son Avertissement : « Pour moi, la musique est un art qui a ses lois, sa grammaire, sa syntaxe, choses dont on n'a cure dans un monde où l'on chverche seulement à éveiller des impressions, à créer des ambiances et des atmosphères ; on y fait de la musique à peu près comme, dans ses dernières années, Stéphane Mallarmé faisait des sonnets, ces sonnets dont Le vers :

Trompettes tout haut d'or pâmés sur les vélins,

pourra donner une idée à ceux qui ne les connaissent pas. » Mais, resté jeun^, de la jeunesse le maître a la fougue impétueuse, et il ne pourra point garder longtemps le silence qu'il s'était promis d'observer. Son génie, si français, est trop épris de clarté pour ne pas s'indigner contre tel qui se lamente sur le « déplorable besoin de comprendre » ; il est trop respectueux du bon sens pour ne pas trouver absurdes ceux qui ont découvert qu'au théâtre « ne pas être du théâtre est une qualité » ; et le réquisitoire, qu'on sentait gronder en lui, éclate à la page 99. Nous y renvoyons le lecteur.

L'atticisme de ces pages ne surprendra ni ceux qui ont lu les précédents ouvrages de Saint-Saëns :

Harmonie et Mélodie, Portraits et Souvenirs, ni ceux qui ont applaudi, soit à Béziers, soit aux Samedis de l'Odéon, la fantaisie très spirituellement riméye de Botriocéphale.

Il n'y a pourtant pas de musicien à l'Académie française.

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