‹ Du zonaChapitre 5 sur 33 · DÉFINITION ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

DÉFINITION ET HISTORIQUE

DÉriniTion. — L'herpès zoster ou zona, qu’on à nommé aussi fièvre zoster, dartre phlycténoïde, feu sacré, est défini par Chatelain, dans son Précis des maladies de la peau :

« Une affection cutanée, caractérisée par des vésicules entourées d’une zone érythémateuse, ordinairement groupées sur un seul côté du corps, le long des trajets nerveux, et s'accompagnant de douleurs névralgiques plus ou moins intenses, ne récidivant pour ainsi dire jamais. » Henri Leroux, dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, dit à l’article zona : « L’herpès zoster est une affection caractérisée par une éruption de placards rouges, surmontés de vésicules suivant le type de l'herpès, éruption localisée à une moitié du

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corps, développée sur le trajet anatomique des filets nerveux cutanés et accompagnée des douleurs névralgiques. » Nous trouvons, dans la Gazette des hôpitaux du 16 avril 1892, une définition du zona par M. Paul Berbez, qui nous paraît plus exacte : d'après M. Berbez, l’herpès zoster est « une affection caractérisée par une éruption d’un plus ou moins grand nombre de vésicules à type d’herpès, se développant sur une base enflammée, suivant le plus souvent les trajets nerveux, se limitant à une moitié du corps dans la majorité des cas, et traduisant presque toujours une altération constatable ou fonctionnelle du cerveau, de la moelle ou du système nerveux périphérique. L’éruption caractéristique peut être précédée, accompagnée ou suivie, à plus ou moins longue échéance, de douleurs névralgiques plus ou moins violentes, suivant l’âge du sujet. »

Ces diverses définitions ne se complètent pas et l’une n’apporte pas à l’autre les caractères essentiels qui lui manquent ; car il nous paraît que toutes, prises séparément ou envisagées en bloc, méritent le même reproche, celui de laisser de côté la nature elle-même de l'affection. Les travaux publiés dans ces dernières années, les observations nombreuses apportées par des maîtres dont l'autorité est incontestable, permettaient, dans une définition exacte du zoster, tout au moins une allusion à sa nature. [l nous appartiendra de rechercher cette dernière et de démontrer qu’on est aujourd’hui fixé sur elle. Notre étonnement s'expliquera alors d’avoir constaté chez les auteurs une semblable omission : il sera difficile en effet de définir le zoster, sans mettre nettement en lumière sa nature infectieuse.

HisroriQue. — L'histoire du zona ne se prête pas à une longue énumération de noms et de travaux anciens. La première indication de cette affection remonterait à Celse, s’il est

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permis d'en croire Bärensprune. Pline l'Ancien et Scribonius Largus auraient, eux aussi, connu cette éruption si caractéristique ; mais les textes restent obscurs, etil faut arriver au XVTI° siècle pour trouver une mention indiscutable de la maladie. Gorœus (Jean de Gorris Ie) dit: « Est autem zona igni sacri species, quæ medium ambit, cingitque; dicitur alio nomine zoster, »

Le zona n’en reste pas moins toujours mal connu et mal décrit. Au XVIIE siècle, Frédéric Hoffmann (1730) et Larry

(1776) font du zona un érysipèle chronique : Les vésicules de

l’herpès zoster étaient prises par eux pour les bulles de léry-

sipèle; les unes et les autres se montrant sur des plaques

rouges, le phénomène douleur existant toujours, la durée des deux affections étant à peu près la même, ne leur était-il pas permis de faire une si originale confusion, alors qu’il paraissait exister entre l’érysipèle et le zona tant de points de ressemblance ?

Certes, Hoffmann et Larry n’entrevoyaient pas la nature du zoster, mais ils constataient dans l’évolution clinique et la symptomatologie des deux maladies des rapports tellement étroits qu’ils ont prêté pour eux à la confusion. Leur idée n'at-elle pas été en quelque sorte et plus scientifiquement reprise de nos jours par Kaposi, qui cherche à démontrer que la pneumonie, le zona et l’érysipèle sont «les enfants du même génie épidémique ? »

Borsieri (1780) s'attache à combattre la théorie d'Hoffmann : il donne du zoster une description convenable, le différencie avec netteté du lupus et de l’érysipèle, et le classe entre ce dernier et les fièvres éruptives. On ne tarde pas à faire entrer le zona dans la classe des herpès ou dartres (Willan, 1808; Alibert, 1822), et c’est sous le nom d’herpès zoster qu'on le désignera désormais couramment. Mehlis (1818) signale les douleurs névralgiques et insiste sur l’unilatéralité de Paffec-

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tion ; il rappelle la phrase de de Haën: « Hæc tamen perpetua lex ut ab anteriore parte nunquam lineam albam, nunquam a postica spinam transcenderet. »

Rayer, en 1835, publie sur le zona une étude remarquable ; il met au premier plan le phénomène douleur, sur lequel les auteurs précédents n'avaient pas insisté. Heusinger, Hebra reprennent, en le développant encore, le travail de Rayer.

Parrot (1856) ne se contente plus de décrire l'affection; il recherche la signification des douleurs névralgiques et va jusqu’à déclarer que le «zona est une manifestation toujours secondaire subordonnée à l'existence d’une névralgie. »

À partir de ce moment, la pathogénie du zona va être l'objet de nombreuses et savantes études. Les mémoires de Barensprung donnent, au point de vue clinique, la description la plus détaillée; il est un des premiers, sinon le premier, à incriminer une lésion du système nerveux, et en particulier des ganglions spinaux. Les observations, les travaux considérables se succèdent alors; mais nous nous réservons de les passer en revue et de les discuter tous avec soin, quand nous nous occuperons de la pathogénie du zona et de son anatomie pathologique. Insister à cette place serait vouloir donner une énumération fastidieuse et un aperçu incomplet.

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