‹ Dugommier, 1738-1794Chapitre 11 sur 102 · LE COMBAT DES ARÈNES · texte numérisé non relu

LE COMBAT DES ARÈNES

Portrait de Dugommier. — La confiance qu'il inspire. — Ses premier! actes. — Les délégués du Congrès républicain. — Rapports avec Bonaparte. — Conseil de guerre du 23 novembre. — Marescot. — Nouvelles batteries. — La batterie de la Convention. — Sortie du 30 novembre. — Surprise des républicains. — Le combat rétabli par Dugommier. — Capture d'O'Hara. — Envoi d'un parlementaire et d'un trompette dans Toulon (2 décembre). — Le sort des représentants Baille et Beauvais. — Bruits qui régnent dans Toulon. — Alarmes de Dugommier. — Attaque retardée. — Impatience des représentants et du Comité. — Proclamation de la Convention.

Dugommier, alors dans sa cinquantième année, avait des façons résolues et hardies, la taille élevée, la figure martiale et brunie par le soleil, le front large et découvert, les yeux pleins d'esprit et de feu, des cheveux blancs très touffus qui rehaussaient la flamme de son regard, donnaient à sa physionomie plus de vivacité et faisaient dire qu'il ressemblait à un volcan caché sous la neige.

Il n'avait pas encore, quoi qu'eût dit Ricord au Comité, une grande réputation, et Augustin Robespierre reconnaissait qu'on avait trop peu parlé des combats de Gilette et d'Utelle. Le Courrier cT Avignon le confondait avec Leygonier ^ Les Toulonnais, mêlant ce qu'ils savaient de Doppet et ce qu'ils avaient appris confusément sur son compte, croyaient qu3

\. Cf. le Courrier d'Avignon, n» 279, 13 déc. Le général écrivit lui- môme au rédacteur du journal : « Je te prie de rectifier mon nom que tu as cru être Ligonier {sic) au lieu de Dugonmiier. »

c'était un méderin créole, qu'il avait lienieiiré longtemps en Amérique et servi ilovant Lyon sous Dubois-Ci-ancé'.

Il lui suffit de se montrer [tour en iin[>o8er krarmëe révolutionnaire. C'était le général qu'avait demandé Tniguet : un général qui efit c-xpérience, habileté, présence d'esprit et non jactance et cliarlataWrie. Son civisme bravait les soupçons. Le 23 novembre, au club des Jacobins de Paris, Maximilien Robespierre assurait qu'il ne dénieniirait pas ses heureux débuts et qu'il était du petit nombre ilen guerriers i-épublicains que le Comit>!' chargeait sans inquiétude du destin de l'État, Les troupes eurent aussitôt confiance. Tout le monde, soldats, officiers, généraux, conventionnels, pressentirent qu'il serait un véritable chef, qu'il prendrait d'une main ferme et habile un commandement jusqu'alors exercé d'une façou faible et maladroite, qu'il avait l'énergie et le talent qui manquaient à Carteaux et à Doppfl, L'adjudant général Micas le nonmiaït son père d'armes. Le capitaine d'artillerie Mannont se félicitait que ce digne et galant homme, ce brave et respectable général Dugnmmier eftt remplacé l'imbécile Carteaux. <• Il sait, écrivait Augustin Robespierre à la date du 10 novembre, réchauffer les âmes tiëdes ; un jour qu'on lui demandait comment il fait pour se faire aimer des soldais, il fit celte réponse qui voua peindra souûme : c'est «jue je les aime. L'ordre va régner, » Quelques jours après, Saliceti mandait que Dugommier allait bien et justifierait l'attente du Comité et des patriotes. Darfas était moins favorable au nouveau venu : Dugommier n'avait pu lui donner le chiffre exact des troupes, il ignorait le nom «t le nombre des bataillons de son armée, il n'avait fait encore aucune revue, il ne connaissait pas la situation des principales batteries, et Barras l'avait engagé à m s'occuper plus sérieusement de ta grande afi'aire dont le Comité l'avait

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