Mot de Oesdoridcs [A. G
î. Voir surtout le» leltres dei 8 et 10 décembre ft llimehoUe (A. G. );■ — Vauchelet, 327-S30; — Pinesu, 2aO. a»2-ïai.
LK CriMIiAT nES ARÈNES Tl
11 ii'aviiit jias caciié s^ surprise en trouvant au (jiiartier général «ne poignée de jacobins qui prétendaient s'ingérer 4]ans les opérations. Tontes les sociétés populaires du Midi aient envoyé à Marsoille des députés qui s'étaient réunis «out: le nom de Congrès républicain, et ce Congrès, soutenu par les autorités de Marseille, pnr le Comité de surveillance, par lu municipalité, ne se contenluit pas de délibérer hardî- "meiit sur les pouvoirs qu'avait la Convention et sur l'obéis- -eance que la province devait aux décrets venus de Paris. Il ■dép&chail des commissaires dans les déparlements et aux -armées. Devant Toulon, les délégués du Congrès prenaient des «irs de représentants du peuple ; ils proposaient d'établir des redoutes ; ils approuvaient ou clésnpprouvaientrinslallation des batteries; Us critiquaient les nominations et désignaient au «olilat comme aristocrates et royalistes les chefs qui leur ■déplaisaient ; au contraire des conventionnels, qui donnaient l'exemple de la simplicité, ils vivaient grassement, habitaient •de somptueux logis, réquisitionnaient toutes choses, chel'aux. voitures, subsistances. Mais le Comité mit Marseille ■en état de siège. Le petit parlement méridional qu'il accu- «ait d'usurper les pouvoirs et de ressusciter le fédéralisme, fut dissous parBarraset Frcron. Quant aux délégués que lo •Congrès avait devant Tonbm. Saliceti et Ricord leur commandèrent de s'éloigner sous peine d'être traités comme «spions de l'Angleterre, et le départ de ces agents, qui tran- 'Chaient du souverain, ramena l'oi'dre dans les camps. Ce sont ■eux sans doute que Napoléon appelait plus tard lesavalenrs de 'oulon, de» hommes de vent et de jactance qui s'indignaient -de Tineriie des assiégeants et qui se sauvaient au plus vite lorsqu'un vaisseau des alliés Uichait sur eux sa bordée '. Un des prenjiers soins de Dugommier avait été de s'abou-
I. Cf. le rapport île Itieord et celui ik Parère (Mo»., (4 àéc), les letlres » représentants et le Mémorial de Seiiilo-H^l^ne. On cite parmi les llégu^i liu Congrès uu, cuuime ils s'iolitulnient, los commiEseires de* MciMés poputulrei du Midi, ilaywiére, Gury et Jouve cadet.
cliiT avec le commandant rie l'artillenc. Ce cominaiiLlaiit, c'élait le général Jean du Teil qui, selon l'expression île Bonaparte, devait imposer par son j^rade aux ignorants de l'élat-inajor. Mata Du Teil n'arriva que le 10 novembre, deux heures aprës Dugonimier, et fatigué, malade, accablé de rhumatismes, souffrant sans tresse de points de côté, crachant quelquefois le sang, presque incapable de marcher et do monter à cheval, obligé de se faire porter dans les Laiteries, il laissa le chef de bataillon Bonaparte diriger le ser^'ice. C'est Bonaparte qui envoie à Paris les étala de situation, le bulletin quotidien dos batteries et le réoit détaillé des affaires, qui donne les ordres aux canonniers. qui expédie à Dugua fusées et fanaux, qui répond aux généraux, <• Quant à l'artitlerie, écrit Dugommîer au corn-' miss aire-ordonnateur, adresse-toi directement à Bonaparte, il te donnera les renseignements que tu désires'. »
Ougomniier appréciait les gens, disail-ÎI, en les voyant travailler, et sur-le-champ il apprécia ce Bonaparte qui déployait une activité prodigieuse et mieux que tout autre | connaissait le fort et le faiblede Toulon, ce Bonaparte dont; Jean du Teil louait ainsi les mérites : « Beaucoup del science, autant d'intelligence et trop de bravonrc ». Bona^l parte, témoiguc Marniunt, prit sur Dugommier le mômaJ empire que sur les représentants. Le général éprouvait pour j le rouimandant la plus vive s^Tnpathie ; il le nommait Jeititt I liouiiiie avec le mémo accent qu'il aurait dit mon fi/s'
i. Sur lean Du Toil. luir le livre du biiroa Joiupli Du Teil el A. C.liugueUfl Au mois de aeplvuibre, Ketlennunn «vnit dri âUr à Du Toil le i^oiumvnilaHr uicnl lie lurlillcrie do^ amif es das A.lpes et d'Itulin à raoïe de » ses incom-l nioJil-'R, i|ui t'niifniivnl aient Journellemenl *. porir le ]ilacer i lîrcnoLlc odn il voilkrail simpkmenl niix Dppro vision a iMticnts, vl après le ïiige de Ton? ■ Ion, fnr iiD iirriMé du 2k décembre, les représentants le renvoyaient fc i Melf, aoD pays nntal, sui^ier ïa sanlt. « Cetle mciurv. dît coniplaisai nienl Dugommier. i-st laseulc (jui puiaiennua coneiTTerun officier preclei qui a pn^nitemenl rempli ses fuiiclioDs et d^uiontré dans touleH tet d posilionB beaucoup d'intelliKeiict' el de laltnlit militaires. > Cf. Uugoc mier k Vemel, 23 déi\ (A. G.; — el Piiienii. ill):i .
S. A un dtner, Du Teil dit u Bonaparte en lui olfrant un pinl de rervelleti
LK COMBAT hm ARËMîS 7i
Il aJopta ilnnr les idées de Bonapai-te. Dos suii arrivée, il ^vait examina les [H-ujets relatifs an siège, et presque tous jlni semblaient inexécutables : le projet de Domnet-Kevest, suivant lequel six colonnes marcheraient concentriquement BUT la place ; lo projet si vaste et si compliqué de d'Arçon qui voulait al t^iqiier tous les points h la fois, occuper tous les caps et principalement la grande péninsule de la Croixaux-Signanx, r(!'unir devant la ville lôÛ.ÛlX) combattants et lôO pièces de vingt-quatre. " Ils sont, (Scrivait-il, calculé» sordesmojens que je n'ai point. ■■ Mais il avait fait, comme U s'exprime, ses raisonnements sur les localités, et il avait consulté Bonaparte, consulté Salireti ', qui, de mémo que Bonaparte, lui conseillait de » faire travailler à force pour liattre la redoute anglaise ». Comme Bonaparte et comme Salicetî, Dugommier était d'avis qu'on ne pouvait entreprendre un siège régulier et cheminer par tranchées : aArérjer, dîsait-il. violer les préceptes de l'art, profiter d'un incident extraordinaire, saisir une chance heureuse qui tnènerait rapidement au but, voilà lo plan (]iû s'imposait. Comme Bonaparte et comme Salicetî, il comprenait que la position qui lui ■■ donnait le plus facilement avantage sur l'ennemi n était incontostalilement le jironiontoire du Caire ou de l'Éguillelte ; les autres positions lui paraissaient ■' tro]i couvertes par La Malgue et sesfortiHcations environnantes^ 'I.
' Tiens, tu en ii« besoin. > Il indiquiiit par U. selon l« nint d'un lémoÏD, iliip BonaparlG ^Uit surclinr^é ûe travail et gu*il lui ralluit île la i^enoUipoiir iiuBlre (Ut^ui. de Grani'l; dU-s pur Louis Urê», le Sifmaphore de MnrttiUt, sa d«c. 1893].
I. liiupnrin malade nXait retire dans «a famille, A OrsDge, ou il mounit le tl novembre, et Salicetî écrivait que «a niiirt « Inisiait dans l'alTairc de TAiilon un vide qu'il no «ernit pai possible de remplir. •
3. Cf. l'ninsiqiit- pour <<- qui ^ull}, outre la lettre de Usreicut à Caniot, 35 novembre, <-t le ]>riii r -^-verbal iJu Conseil de (guerre du niSme jour. yCoirap. de .Nupi.k'i.u, I, 12] le mémoire de Dugoiuniier sur la prisede Toulon et ses OU>erriih.mi. sur It siV»» fA. II. — Vauchclet, 371-:iSli; — Pineau, ill ut Wj). V.iif le pixn île il'Ar.'on dons Colin, l'hiduc. imiit. de XapoUott. 3ll3-3!i:i.
»lo Toulon, et il exige:iit trop îles tnmpes nijmlilipaÎJies (.-n leur iirescrivaiit , comme trAi-çon l'avriit demandii, d'occu- |«0T, outre le promoiiloire liu Caire et le cap Bnm, la pres- <iu'lled« la Croix-aux-Sigiiaux.
Aussi Diigoramier objecta sur-le-champ qu'il n'avait pas assez de monde pour réussirsiir tant de points, et il proposa de renoncer il cotte tentative sur la Croix-aux-Signaux. .\fa courroie est trop courir, répétait-il. Les membres du Conseil l'approuvèrent, et ou convint de s'iibstenir de tout mouvement contre la presqu'île.
Mais le Conseil pene^a qu'il serait imprudent d'assaillir la hauteur du cap Brun. Elle correspondait sans doute, comme l'avait dit Dugomniier, avec le promontoire du Caire, et, si l'on avait ces deux points, on '< désolait " la marine ennemie et lui « ordonnait une station critique en cette saison >■. Toutefois Salîceti romarquii qu'il tétait très liîlïïcile d'enlever et de garder le cap Brun, et il rappela qu'il assislait à la jounitf-e du iij octobre où La Poype avait pris et perdu ce poste. Mieux valait, selon Salîceli et ainsi que l'avait dt'siré Bonaparte, diriger sur le mont Faron l'effort de la division de l'est. Le Fanm était un poiut important, nn point que d'Arçon consiilérait comme capital et reeomniantlait d'attaquer en toute vigueur. Dugomniier fit observer qu'il faudrait de ce cùlé des i< moyens plus rassemblés ». Mais La Poype visait dès le conunencement du siège à la prise du Faron, comme Bonaparte ù la prise de l'Éguilletto, et il disait volontiers qu'on n'avait qu'à s'emparer de cotto montagne pour dominer la place ; il répondit à Dugommier qu'il avait assez de )K)iines troupes pour garantir le succi33 cl qu'au 1" octobre il s'était saisi de la crfrte du Faron.
Finalement, le Conseil ri''8olut de faire une feinte contre Malbousquel et le cap Brun on. comme écrit Kicord, de le» assaillir " simulénicnt .. et de prendre le plus tôt possible par une véritalile attaque brusque et vive, par nu <-ombat ii
LE C0MB4T HES AHËNËS 77
la Trançaise, le Petit flifiraltar, l'ÉpuilleUe, Balaguier et fe TDont Faron. Ce fut Bimapiirte qui rédi{;ea le procès-vorbal delà séance. Son plan l'avait emporté, le plan qu'il sonniettaît à Boufhotle. le 14 novembre, en ces termes : « la prise de t'Ëgiiillette et dans le même temps attaquer lo Faron. » En vain, dans les derniers joiir.s de novembre et la promiérft semaine de décembre, Marescot insinuait qu'on aurait dû dt'ployer l'appareil des attaques ordinaires pl que la prudence ordonnait de prévoir toutes les chances. En vain il dénigrait Bonaparte, qnl n'avait fait jusqu'à son arrivée qoc commander quelques gabions et que dresser quelques batteries provisoires. DuRomniier écoutait Marescot, intime ami de t'arnot, et il applaudissait à ses projets ; exécuter une ligne de retranchements dans la partie exposée aux sorties des alliés ; fenner les vallées qui s'étendent entre les bftuteurs de Pitayas, desArënes.des Gaux etde laGoubran; employer à cette tftche des hommes de la nouvelle levée qui seraient soutenus par des détachements armés ; organiser uu corps d'ouvriers du génie. Il savait qne ces travaux seraient inutiles; il ne suivait que son plan, c'est-à-dire le plan de Bonaparte qui, de l'aveu même de Mareseot, avait sa confiance entière.
Le Conseil de guerre du 25 novembre av;iit approuvé l'établissement des batteries diessées par Bonaparte. Be nouvelles furent élevées sous la direction de Du Teil et de son second, et lorsque Toulon ouvrit ses portes, l'année révolutionnaire avait peu à peu installé treize batteries. Déjà leur feu, jusqu'alors plus bruyant que dangereux, se rapprochait de la ville ; des boulets tombaient sur les remparts; les ennemis subissaient tous les jours des pertes sé-
La batterie qui faisait le plus de mal aux alliés était la
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batti'rio dite iIp la Coiiveiuiim, siiiii'O sur le plateau des Arènes et dirigée contre Malbousqiiet. Elle comptait 6 pièce» de vingt-quatre. Napoléon rapporte qu'il l'avait radiée par un rideau d'oliviers et qu'il ne voulait la démasquer qu'au dernier moment, le lendemain de laprisedu Petit Gibraltar, pour miens peser sur la résolution des aasit-gés, mais que les représentants visitèrent la batterie et autorisèrent les canonniors à tirer, qu'il se plaignit vivement à Dugommier. Ses sonvenii-s l'ont trompé ; le Conseil de guerre du 25 novcEubre avait, au contraire, décidé de canonner Malhousquet pour abuser l'adversaire sur le point d'attaque et faciliter à rinfanlcrie française la prise de l'ouvrage '.
Le 28 novembre, la batterie de la Convention tira soudain contre Malbousquet. Les alliés ignoraient son acliêvomeiit; leurs soldats étaient assis tranquillement sur les em-. brasures du fort lorsqu'une grêle de boulets les assîtillit^l Malbousquet répondit sans disconlinuer et unit ses foux S? ceux d'un vaisseau qui vint le lendemain s'embosser sur 1( rivage et lancer à chaque demi-heure des bordées de quarante cijups de canon. Mais lu Convention riposta, et li 28, le 29, elle envojail à Malbousquet un coup de canoai tous les quarts d'heure.
La batterie était, au jugement des assiégés, bien exéc téeet parfaitement placée. O'Hara résolut do l'enlever, ta pour rassurer les Toulonnais qui craignaient un bombaixli ment que pour arrêter les travaux des républicains ner aux renforts qu'il attendait do Gibraltar et du MUanaif le temps d'arriver. Mais, au lieu d'employer 6.000 liommeî à cette expédition afin de pousser aériensemcnt leurs avan^
1, L'nventure racontée pftr .VnpoWon ic rappnric ft lo bfttteife étnbllt sur le plitUau dca linux entre tei Arènes et la Cioubrnn et relire 11 ' '
venlinn par une Riibionnadc en ll^ne droite, In batterie dite de nière, iiui ouvrit snn teu le S il^oruibre, D'aprïi lu rËsolution ila Cnnscil dn guerre, elle devait élrc âlablie <. dans la iQtalil* la plu» Tavoriible tulre W batlvrie i(e la Convention el Malliouaqiiet, afin de jouer dans t U plui propre & porterie décourageai ont ".