I.b; COMBAT [lES ARÉNKS
, Tels furent les Jétails que Dugommier recueillit du parle-
lentaire. et il se Laia de les annomer à Paris : u Reauvais
point détruit comme on l'avait dit; il existe, nous
l'en pouvons pas douter, et nous savoriis que su» collègue
iUe a péri par ses propres mains'. ■■
La capture J'O'Hara avait déjà suscité les bruits les plus ridicules dans la population toulonnaise. On prétondait qu'il avait passé volontairement k l'ennemi. Était-ce à lui, gouverneur de la place, de diriger une sortie? N'aurait-il pu régaler la ville comme plusieurs Toulonuais blessés et son guide Barallier? Non; il y avait là un tour des Anglais; ils ilé9es|>éraient de conserver Toulon, ils n'osaient envo^'er un émissaire aux représentants du peuple, et ils avaient usé do cH liabile expédient : O'Hara 3'était fait prendre par les assiégeants pour traiter avec eux ! Iji venue du parlementaire français et de son trompette surexcita les imaginations plus vivement encore. On disait que ces deux patriotes étaient des conventionnels — et quelques personnes assuraient avoir reconnu Augustin Robespierre — , qu'ils avaient proposé l'échange (rO'Hara contre Beauvais et la famille de La Polype, que Dundas avait répondu superiieinent : « La ran<,"on d'O'Hara est au bout de nos baïonnettes! » D'autres affirmaient que des négociations étaient engagées, que les .Anfîlais vendaient Toulon aux républicains, que la somme leur avait été comptée, qu'on av;iit vu deux lourds fourgons
. Duftomraïer s Boucholle, 10 déc. ; — Hnpporl do Bayssière, Gury el
r, S d«r. (A. G.); — Rec. Aulawi, IX. ÏI.l. Desuvait était méconnais-
ic lorsqu'on la lira <le «a prison ; eomine l'a dit Augustin Robespierri
ÏDS Jacobins, il > ne se montra pnï nussi feriDe qu'il aurait pu l'être * et
t tut épouvtinlé de l'imaRe dei (ournienls qu'on lui pr^peraiti; mûf,
.outail Hobeapieire jeune dana un discours à la Conveution, Bcauvul
Mlirré devait • dunnvr à cet instant île sa vie Ir caractère convenable •
«montrer les Anglais capables de tous les crimes a. Beauvait n'j
loqua pas. Il écrivit à tii Convention que le parlementaire l'avait
«•6 ilans un noir cachot, aani feu ni lumière — comme si les Anglali
IDraieut commis pareille iraprudence ! — cr. Mon., S, 3 et U janvier USi.
attelés chacun de quatre chevaux et sans doute chargea d'or, entrer à pas de roulage dans l'hôtel du guuverneurel partir au trot, légers comme la plumo'.
Dugomraier ne pensait guère à négocier. L'échec du 30 décembre avait répandu l'émoi dans Toulon et démoralisé les troupes, surtout les Napolitains. Elliot ne cachait pas ses craintes. Si les alliés n'avaient que 400 hommes de moins, la moitié de ces hommes étaient Anglais, et Sa Majesté Britannique perdait 12 officiers ; il fallait désormais s'abstenir de sorties et se résigner k la défensive. La plupart des assiégés remarquaient, non sans angoisse, que les répaidicaîns recevaient des renforts et que leur travail devenait plus' méthodique. Les déserteurs annonçaient que l'armée révolutionnaire comptait de 30.000 à 40.000 hommes et qu'elle ferait bientôt une attaque générale. " Les dernières lettres de Toulon, disait le Moniteur, portent qu'elle grossit d'une manière effravanle et que les secours qu'attendaient les alliés éprouvent une lenteur qui les décourage, " Mais Dugommier n'était pas moins alai-m6 que les Toulonnais et les coalisés-.
Dans cette affaire du 30 novembre, il s'était battu selon l'expression de Bonaparte avec un courage vraiment républicain, et il avait reçu deux fortes contusions, l'une au bras droit, l'autre à l'épaule. Toutefois, s'il jugeait la journée chaude et heureuse, s'il louait certains officiers et notamment les trois Corses, lionaparle, Arena et Cervonï, qui « s'étaient le plus distingués » et 1' « avaient le plus aidé
1. Collia. /"iiïiin: — Pon», ISS-iSH;— Ufmoû-e* liitloriqvet an clieva- 1
Ym de Fonvlelle, I82(, t. Il, Mi-SiS, SUS [il Assure sfrieurement qu' * on
peut évaluDf a il) millions en or re qu'nurft coulé à In Convention la livrii-
soD de Toulon t »'i; — Lncivergnc, HihI. de la Iléfol. fr, dana le dép. du ]
' Var. 410; — cf. I.ouvel. M:'m., 1, iH( (il iiccusc Bemiïnii de Inihison!) el >
I Ttuton de Ht^vel (lUjfm., Iii-i, qui prii|io!Hut à (lood el û Duudtia d'échanger I
O'Hara cunlre le génériil CusabiinL'a. '
î, Letlre» de Dundss, 12 cl îl déc. (A- G.; ; - Elliot. II, IM ; - Auct- !
Iund, III, ISI; — l'onâ, Ul; — Kl-^riïidorf, îi9 ; — -Mo')., U décembre ; '
— Cottiu, t4U. I
LE COMBAT DIDS ARËKES ST
k i-allJer et à pousser enavant «, s'il se félicitait " d'avoii" si bien fait à ['improviste >' et s'il augurait qu'il ferait mieux bncore lorsque l'attaque serait <' concertée et bien mesurée ", ■'il avait la joie d'annoncer à Paris la capture d'O'Hara, du najor anglais Archibald Campitell, du colonel espagnol Echa- 1 et lie quinze autres officiers, cette surprise du plateau des Arène» lui révélait la faililesse et l'inexpérience de ses iroapes. Il devait s'avouer que son aile gauche avait été Ciiltiulée sans essayer la moinilre résistance et que c'étaient ï k 000 braves, le 3" de l'Isère et le 59* régiment ci-devant Bourgogne qui, sous ses ordres et à la voix de Garnier et Moarel, de Bonaparte, d'Arona et de Cervoni. avaient xinquis la position qu'une division de 6,000 hommes perlait en un instant. Il déplorai! l'énorme consommation des BaKouches : » La chose est incroyahle, s'écriait-il, et pouri*ot elle est vérifiée; l'armée a, le 30 novembre, usé !).000 cartouches' ! »
L'exécution des mesures prescrites par le Cunseil de guerre îlt suspendue, et l'attaque, qu'il avait fixée au 8 décembre, retardée. Les républicains se bumêrent, pendant la première |itinzaine du mois, k perfectionner leurs retranchements et I tirer des coups de canon.
Aussi, en Provence et à Paris, désespêrait-on de l'issue de reotreprise. De» plaintes s'élevaient contre le général en r de l'ai-méo assiégeante. Toulon était donc invincible! «s jacobins de Mui-seille demandaient h Dugommier pourquoi ^odieni&e ville n'était pas encore vaincue; Marescot écrivait i Camot que Dugommier difi'érait sans doute son attaque DUT la rendre cerlailie et décisive, mais que plus ellf tar- Braît, plus elle serait épineuse et sanglante, qu'il était temps e commencer. Salicf ti priait le général de faire une « action l'éclat 11, do " frapper le coup n, de remplir le i' grand objet
lie rnlteiile iintionalo » , ot marquait an Ccitiiifé qui? Diigommier était brave, anieiit, palriwtt;, mais un peu lent dans ses mesures. Augustin Robospieire et Ricord représentaient que l'armée révolutionnaire n'avait du blé et de la farine que pour quinze jours, qu'elle n'aurait plus de ressources sous deux semaines, que le seul moyen de s'approvisionner était de prendre Toulon, Le Comité, plus impatient, que jamais, arrêtait que l'armée des Pyrénées-Orientalos serait provisoirement réduite h IS.tMW hommes et que lo surplus des troupes qui la composaient, irait sur-le-champ devant Toulon sous la conduite de Garrau, commissaire de la Convention, que Bordeaux fournirait 10.000 fusils . que Toulouse enverrait des citoyens de bonne volonté : Toulon, trop longtemps impuni, devait enfin trembler, devait être dompté par un (1 nouveau noyau de forces », par une violente et suprême tentative. De même, la Convention. Lo 17 décend)re,Iejouioù tombait le Petit Gibraltar, une proclamation de l'Assemblée que Boucliotte ordonnait de l'épaiulre îi deux mille exemplaires dans l'armée révolutionnaire et les clubs du Midi, reprochait aux assiégeants de <• cerner en vain les brigands ». et les sommait de conquérir Toulon : « Le Nonl a triomphé. Les rebelles sont vaincus dans la Sarthe. Le Midi serait-il seul déshérité do la portion qu'il doit avoir dans la gloi nationale? Non, vous n'avez pas été assez fortement indignéS; des trahisons tontonnaiscs. Les travaux du siège Innguissent^J Taudra-t-il donc appeler le Nord pour vous défendre? '. République vous commande la victoire' ! ■>
1. Rec. Aularil. IX, "3. HT. 527: — rapport Je Ricord. 10-11 ; — Mnrcicol â Carnot, lOdét-,;— Saliceli au Corn i lé. 20 uuv. p[ li dér. (A. G.] : mon.. 20 liée. (Adresse de la Convention /i l'arniée de la RépuÙiquest les luurs de Toulon, 17 dée.)