‹ Dugommier, 1738-1794Chapitre 17 sur 102 · CHAPITRE V LA REDOUTE ANGLAISE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V LA REDOUTE ANGLAISE

Renforts. — Craintes de Dugommier. — Conseil de guerre du 11 décembre-

— EÉfort des batteries. — Attaque de la redoute anglaise (17 décembre)-

— Instructions de Dugomraier. — Désordre des colonnes. — Bravoure et blessures des officiers. — Résistance des Anglo-Sardes. — Enlèvement du fort Mulgrave. — Abandon des forts Saint-Louis et Saint-Philippe.

— Les alliés autour du fort Saint-Charles sous le commandement d'Izquierdo. — Le promontoire évacué dans Taprës-midi du 11 décembre.

— La division de l'Est et la prise du Faron. — Conseil de guerre des alliés. — Leurs préparatifs de départ. — Panique des Toulonnais. — Embarquement des coalisés dans la nuit du 18 au 19. — Incendie de l'arsenal. — Entrée des républicains, le 19, à une heure du matin. — Occupation de Toulon. — Le drapeau blanc. — Excès des troupes. — Douleur de Dugommier. — Ses dernières mesures. — Représailles desreprésentants. — Motifs qui déterminèrent Dugommier à abandonner le commandement. — U est envoyé aux Pyrénées-Orientales (27 décembre).

— Dugommier à Marseille (5 janvier n94\ à Arles (9 janvier), à Montpellier (14 janvier), à Perpignan (16 janvier). — Quel a été son rôle à Toulon.

Dugommier liésitait encore à « ouvrir la scène ». Carteaux avait (lit qu'il ne craignait que la guillotine. Comme Carteaux,. comme Houchard et d'autres, Dugommier savait que Téchafaud attendait le général vaincu. « En chaque chose, lit-on dans une de ses lettres, toutes les tètes qui ont quelqueautorité sont de la partie, et cependant, quand elle est perdue, la tète seule du pauvre général en répond. » Avant Tassant du fort Mulgrave il disait tout bas à Victor : « Il faut prendre la redoute, ou sinon... » et, sans achever la phrase, il so passait la main sur le cou.

Il ne voulait agir que lorsqu'il aurait tous les secours promis : « Plus notre masse sera forte, écrivait-il, plus elle sera terrible » . Il demandait à Dumerbion les officiers qu'il connaissait,. Martin, Despinoy, Guillot, Eberlé, Partouneaux, les deux

Buget, Oazabonne et les troupes qu'il commamlait naguère à l'armée d'Italie, le 28' ci-devant Mairie, le 3° de la Haute- Garoune, la com|iagme de chasseurs de Clairac ; il )■ mendiait » près de Carteaux une ou deux compagnies d'artillerie; jusqu'au dernier jour, il recul dos bataillons, des détache- <-liemeiit9 et, le 15 décembi-e, arrivaient dans son camp, à marches forcées, 2.000 hommes de l'ai-mce d'Italie. Il fut heureux de revoir ses compagnons de Gilette et d'Utelle, et lorsque Martin, Despinoy, Eberlé, Partouneaux, les deux Buget vinrent au quartier général d'Ollioulles, il les présenta gaiement aus commissaires de la Convention comme ses gens de confiance. « Je les ai fait venir, disait-il, pour m'aider à prendre la redoute, u

Il n'avait pas foi dans le nombre et il aftinuaii avec l'accent de la conviction que la moitié de son arin^'e était nulle, qu'il ne pouvait pas rassembler plus de 8.CKK) hommes " pour une expédition chatouilleuse ", que do SS.tMJÔ combattants éûumérés sur l'clat de situation, 15.0UU au plus lui inspiraient quelque confiance, que le reste formait un troupeau inerte et plus nuisible qu'utile. Ne voyait-il pas Jl Ollioules, à son quartier général, les hommes quitter le coriis de garde pour découcher et les sentinelles oublier le qui-vive, s'asseoir, s'endormir sans souci de la consigne ? Ne dit-il pas que les trois quarts des ofticiors ne doivent leur avancement qu'à l'ancienneté on au hasîu-d de l'élection, qu'ils ne pensent qu'au plaish" et ne servent que par orgueil, par amour-propre, pour avoir un grade et en jouir, qu'ils ne valent pas leurs subordonnés et ne savent pas les coiididre. les soutenir dans le danger par le ton et par l'exemple ? " L'ignorance, écrit-il alors, est sur la même ligne que le talent: pire que cela, le vice marche au niveau do la vertu, et souvent la balance ost en sa faveur, parce que le vicieux est plus ancien que l'homme de mérite'. »

1. DiiBommier a lloui'lmlle. :tO no»., i et til iIcc. : — au\ reprfsoiilants,

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