‹ Dugommier, 1738-1794Chapitre 19 sur 102 · Uugua& liouch»' (A · texte numérisé non relu

Uugua& liouch»' (A

LA REnOOTE A>~ni.AISB

gêe pnr le plus grami talent, annonçait aux enneiiiis leur destinée'.

Six batteries avaient Oié ilrosstVs fontre le Pptit Gibraltar :

La batterie des Sana-CulolteB ou, comme on la nommait inièvement, la Sana-Culotte, àtahlie à la pointe de Bré- {^llon ;

La batterie de lu Grand • Rade. ]>rcs de La .Seyne, entre Faubrégas et les Sableltes;

La batterie du Bréguart ou de Fanbrégas;

La batterie des Sablettcs, wur une hauteur, dans l'isthme du même nom et vis-à-vis de la redoute ;

La batterie des Quatre-Moulins, en seconde ligne, derrière La Scyne;

La batterie des Hommos-saus-Penr, la plus exposée de toutes, qui se trouvait à l'endroit appelé rÉcaillon, sur une petite éminence, dite Roquille, où se voient aujourd'hui encore, sous les broussailles et les ronces, des traces d'épaulements et les débris d'un four à boulets rouges.

Le i5 décembre, une septième batterie, la batterie des' républicains du Midi ou des Jacobins, armée de trois pièces de 24 et de cinq mortiers de 12, ouvrit son feu.; elle avait pour cbef un ancien soldat du régiment de La Fiire, le lieutenant Verniot, à qui Bonaparte écrivait ce mot flatteur : n Je compte trop sur vous pour m'inquiéter d'aucune manière. »

Le lendemain, uno huitième batterie, relie des Braves ou Chasse-C-oquins, muuie de (rois mortiers et de trois pièces «le 24, s'élevait à droite des Uommes-sans-Peur.

Le fort Mulgrave était donc l'objectif de huit batteries, [ui faisaient un feu continu, et l'on voyait par instants dans 'air jusqu'il sept bombes dirigées contre elle. L'artillerie Anglaise, commandée par le lieutenant Duncan, ripostait

iDS esfin^nules.

i eslraordin

M nUOUMMIER

vigi.itirouseiiient, pI, le (6 di^cemlire, le vent d'une de ses Ixiiiibes jetu par terre Bonaparte, qui se releva meurtri, Maîa Duodas remarquait avec anxiiit^' les progrès de l'assiégeimt; il reconnaissait que la redoute, dépourvue de blindages, souffrait beaucoup, que ses défenseurs étaient exténués (I« fatigue, qu'ilK avaient un nombre considérable de tués et de blessés, et il leur envoya 300 hommes de renfort. Lord Hood essaya de rassurer Dundas. Il venait d'apprendre i|tio deux i-égimeuts anglais partaient enfîii de Gibraltar, et il sautait de joie lorsqu'il entra dans la chambre d'EUiot pour annoncer la aouvello. Dundas et EUiot lui répondirent HUtî les deux rt-giments arrivcrident trop tard et que la situation ilo Toulon était, d'heure en heure, plus critique'. Dugommier avait résolu d'assaillir la reduuti» le 17 déretnlu'tf, h une heure du malin. Le centre et la gauche de ta Jivieion de l'ouest, commandés par Garnier et Mourct, resleraieul sous les armes, et leurs batteries feraient le feu « le plu» vif 0, Pendant ce temps, la droite, sous les ordres du généra) dt> division Detaborde, attaquerait la pointe de l'Êguillette. Kilt) se composerait de 7.000 hommes, dont 4.000 seraient obuisis dans les bataillons les plus aguerris. Ces 7.000 hommes m r*Hnîraient à La Seyne. Ils comprendraient trois colonnes. La pif UH^I■« colonne, formée de 2.1-HXI liouimes et conduit© |iAr Viotor, marcherait directement sur le fort Mnlgrare; vll<> ««'rail ncconipagnée par les représentants Saliceti et .\U|iU»iin Hohespiorre, ainsi que par le capitaine du génie l^tHiidin. Ia deuxième colonne, menée par Brfilé, longerait l«» rivago sur le liane gaucho du fort et irait occu- |tM' ri'xlr»'niité inférieure du promontoire, intercepter les isWlltinniciitiunK de la redoute avec la mer et couper l«M0« ivlPaito il ses défenseurs; elle aurait avec elle le* ivpwWiilaiits Fréron et Ricord, ainsi que le capilaine du

\. IMrr* -IpHuiiiInsiA. G.):— Elliot, 11, 199; — Chuquel, 111. 21j.

JjL HEHOUTZ ANdLAtaK 9S

géaie Flavelle. La troisième colonne devait d'a!>ord tourner la

montagne du cùté des Sabletles; mais Diigommier craignit

quelque erreur inévitable dans une altaque de nuit, et il

décida que cette troisième colonne se tiendrait en observa-

tian pour secourir la première ou la deusièmp selon les

circonstances. Bonaparte, commandant de rarttUerie. éta-

blirut nndé|k>tile munitions etd'approvisiomiemeuts, pourvu

de tous les moyens qu'exigeait la prompte construction des

batteries à mortiers et à boulets rouges qui seraient dirigées,

A dès la prise du Petit Gibraltar, sur les vaisseaux des alliés.

Bu se concerterait avec Marescot, chef du génie, pour eni-

V^ployer les volontaires qui n'avaient pas encore d'armes, soit

H.k porter des Tascines et des échelles pour combler les fossés

H et faciliter Tescalade, soit à élever les épnulenients et les

petranchemonta nécessaires. Du calme, du silence, de

l'ordi-e, telles étaient les dernières inslructions de Du-

gomniier ' .

Le soir du 10, les colonnes s'as3'»ml)lèrent dans la plaine de La Seyne. au débouché du village. Le temps était affreux ;

» depuis le matin, la pluie tombait par torrents, et Diigomnier, inquiet, craignant, comme il disait, que ces contrariétés n'attiédissent l'ardeur du soldat, demandait s'il ne ferait pas mieux de différor l'assaut de vingt-quatre heures. Les comniissaii'es de la Convention pro(osl*-rent et, dans une courte conférence qu'ils eurent avec Bonaparte, ils lui offrirent le commandement. Bonaparte refusa de supplanter B^eolui qu'il nommait son brave général ; il eut un entretien avec Dugommier, et il lui représenta que les conventionnels i montraient mécontents, que la pluie n'empêcherait pas l'expédition de réussir puisque la baïonnette était l'arme încipale, que tous ceux qui voulaient sincèrement le iomphe de la Révolution attendaient avec impatience le

Liîïra 1.1 diïisi'm Ji: l'ouesl [A. G.) : — cr.

t'igiial lie marclief, IJugoniniier fui convaincu, Maisii ■ ment Saliceti ot ses collègues, pris de scrniinles à leur Inur, ■ébranlas par les arguments do certains officiers qni taieiit du succès, désireux de rejeter snr autrui la responN bilité d'un Ochec, exprimèrenl l'intention de tenir cons^ de guerre. Dugomniier déclara ijii'on ne pouvait pins rea 1er. qu'on devait attaquer sans hésitation ni retard.

II espérait arriver jusqu'au fort Mulgrave|6ans Hri aperçu et y pénétrer aisément. Un premier poste'^défenél par (les Anglah, puis un second défendu par des Espagnols furentenlevés Jilaliaionnette. Mais ces deux troupes avaient fait uns vive fusillade, et les pièces de la redoute dirigèrent aussitôt vers les assaillants un feu de [uitrailte. Le dôsordn s'empara des colonnes fran«.'aises ; la pluie battante, l'obscffl rite encore t^paisse et les grenades enHammées qui tombais soudain dans leurs rangs, les égarèrent; elles se mëlèreutj se confondirent, se portèrent droit vers le fort. Encore uiH faible portion dn ces doux colonnes prit-elle part ii l'attaque. ' Encore la seconde colonne, celle qui devait tourner la redoute pai" la gaucbe, fut-elle ([uelques instants en débandade : elle ■cria s«nve </ ni peut et « la trahison, et il fallut, pourli rallier, les discours de Fréron et de Ricnrd et surtout 1 efforts lies généraux Delaborde et Dugua qui les rangèrent* tant bien que mal en bataille. Ricord a écrit que la nature semblait desa volonté propre intervenir dans ce grand événement, que Iq bruit du tonnerre se mêlait k celui du canon. -qu'un orage épouvantable ajoutait à la majesté du tableau. Les représentants n'eurent pas le temps do faire ces belles remarques; ils ne pensaient (juk dissiper la panique. Ils haranguèrent les soldats. « On a déjà voulu, disaient-ils, désorganiser notre division, et mémo ici les traîtres dérevelnppent leur sj'stème ; même ici la malveillance fait man- ()uor une expédition si importante. « Ainsi so vérifiait, dans ■celte nuit du 17 décembre coinuiedans la matinée du 30 no-

>rent

irdr^l

jscofl

liefflH

reut^l

I unâH

que.

ou te

:elle

t lefl

LA REDOUTE AKGLAISK 97

ibre. ce qu'avait annoncé Dngommier, qu'il ne puuvait Buin|iter que sur la moitié ou le tiers de son monde. Et 'était l'élite de ses bataillons qu'il avait jetée sur le pro- Rontoire !

Mais ceux qui montaient à l'assaut et qui rappelaient dos tard avec orgueil qu'ils avaient pris la redoute anglaise, c'étaient les plus vaillants de l'armée révolutionnaire, c'étaient ceux (jui, selon le motdeDugommîer, avaient juré de fee lever et de ne s'asseoir qu'à la place de leurs ennemis. C'étaient le général Delationle ; le général Dugiia — il eut ion habit percé d'une ballu ; — l'adjudant-général Victor, — 1 tnarcliait, a-t-il raconté, a la tète des grenadiers, et il reçut éclat de ndtraille qui lui ouvrit le bas du ventre ; — BergePOO, adjoint à l'état-major et qui devint colonel coni- BBaiidant de place, chargé naguère de garder O'Hara et de le mener à Aix — il reçut une balle à la cuisse, — C'étaient [es officiers tout récemment arrivés de l'armée d'Italie : radjudant-géuéral I)es[iinoy — il fut blessé grièvement à l'épaute — ; l'adjudant-général Eborlé, qui s'était mis au premier rang des chasseurs d'avant-gai'de ; — l'adjudant-généfal Guillot qui fut, après l'affaire, nommé commandant île 'ouvrage conquis; le capitaine Partouneaux — il reçut à lut portant un coup de feu qui lui traversa le genou droit; -lei'apituinede la compagnie franche de Clairac, Cazahonne -il reçut un coup de feu à la joue — ; les deux Bugct, l'aîné, le lieutenant François, qui tomba blessé à mort sur le parapet de la redoute, et le cadet, le sous-lieutenant Clande- [oseph, destiné au généralul. C'étaient Rouaparto — il reçut i coup de baïonnette à la cuisse, et les matelots du Nor~ iimberlitnii disaient, lorsqu'il voguait vers Sainte-Hélène, qtie la main d'un Anglais lui av;ii t f.dt sa première blessure — ; Janot, co sergent de la iViti-cPOr que Bonaparte avait pris poursecrélaireà cause di' -^n lndU^main et nommé lieutenantadjoint â l'état-major irartillorio ; le capitaine Muiron. chef

-iêtai-major de Bonaparte. qni «leToit ['érir aa pcint dWrcole — il reçut un coup de pique: — le capitaine Mami«,»ni — les cinq ou six hommes les plus pn>ches «le lui furent mis hors de combat: — le lieutenant Favas, adjudant major de Muiron et plus tanl chef de bataillon — lui aussi fut blessé — ; !•* >ergent Pétout, le brave des braves, «jui commandait la batterie des Hommes-sans-Peur et qui, le sabre au poing, menait ses canonniers — il fut frappé d'un coup de sabre à la jambe et d'un coup d'écouvillon à Tépaule.

La résistance des Anglo-Sardes, qui tenaient la redoute,, fut acharnée. En vain les républicains arrachent les chevaux de frise, dérangent les abatis, escaladent les parapets, franchissent les traverses multipliées qui font comme une seconde enceinte. En vain ils se hissent sur les épaules les uns des autres jusqu'au haut du fort. En vain, le sabre entre les dents, le fusil en bandoulière, ils passent par les embrasures des canons. L'ennemi, qui se presse autour d'eux, les accable, les précipite dans le fossé. Deux fois ils furent repoussés et culbutés; deux fois ils rentrèrent dans l'ouvrage. On ne tirait pas à cause de la pluie, et les grosses pièces des Anglais qu'ils ne pouvaient servir promptement ni incliner, leur devenaient inutiles; on s'abordait corps à corps, et la seule arme était la baïonnette, le sabre ou Técouvillon. Dugomiiiier avait pénétré dans la redoute : il fut refoulé et, dans son désespoir il s'écria : « Je suis perdu » ; puis, se ressaisissant, il ordonna d'appt^ler la réserve. Elle parut au mémo instant. Bonaparte était à la tète de cette colonne. Il avait eu son cheval tué sous lui lorsqu'il sortait de La Seyne. Sans perdre son sang-froid, il commande à Muironde tourner la hauteur avec un bataillon d'infanterie légère* et, à

1. Sans doute le 8* chasseurs. Le chef de ce bataillon, Méric, fut nommé adjudant -gém?ral chef de brigade, et il servit, l'année suivante, à l'armée des Pyrénées-Orientales (il était à Elne, avec Eberlé, sous les t»rdres immédiats de GuiUot,dans la division Snuret} ; sa nomination ne fut pas ratifiée, probablement parce qu'U était noble, et il disparait de Ibistoire militaire.

tA REHOUTE ANfliaiSE

U faveur des inéjjraliiy's do teiTain, d'arriver au fort sans Être remarqué. Muirou exécuta cet ordre très habilement : il gravit l'escarpement et, â l'improviste, se jeta dans une ombraï^iire avec une partie de ses hommes. Bonaparte le Ruivit. Ce fut le troisième et suprême élan. Une lutte terrible s'engagea daus l'intérieur et au sud de la redoute sur une sorte de plaide d'armes. Peu à peu les alliés se virent cernés. Les Piémontais et leur clief, le chevalier Costa de Beauregard, réussirent à se frajer un chemin. Les Anglais, à la voir du capitaine CiinoUydii 18* régiment, combaltîrontavec fureur, et leurs artilleurs se fli'ent hacher sur leurs pièces. Mais l'opiniâtrefé britannique finit, comme dit Dugomniier, par ('^■der & l'audace française. Le jeune sous-lieutenant Buget, (jui s'était emparé duo canon, criait dans la fièvre du combat : « Il est à moi, c'est moi qui l'ai pris, persomte ne me le disputera ! " A trois heures du matin, la redoute, cette redoute que les Français nommaient affreuse et infernale, '■Mte redoute couverte de morts et demeurants, était au [louvoir des républicains, et de toutes les poitrines s'échappait le cri : II Vive la République, la redoute est à nous! » Bonaparte donna sur-le-champ le commandem'înt de l'artillerie du fort au capitaine Marmont, qui retourna les pièces contre les vaincus. 11 fut très difHcile, au njilieu de l'averse i-t du vent, parmi nombre de morts et de blessi^'s. d'établir li-s bouches à feu assises suraffftt marin, et l'on dut abattre les masques en terre qui couvraient les passages entre les traverses,

A Taubo, les représentants se montrèrent, le sabre à la main, l'air décidé, et ils félicitèrent les vainqueurs. Ils n'étaient pas montés à l'assaut, quoi qu'on lise daus les t relations du temps et dans le rapport de Dugommier. S'ils l:%Taient encouragé les troupes, si Fréron cl Ricord avaient Trallié la seconde colonne, si Saliceti et Angni^tin Robes- 1 pien'e avaient marché sur les lianes de la première, ils

a'arrirèreui. île lenr prupre aren, daas la i avoir renconlrt les We«sés ijui leur crinest : « A*aBr«E, iKtiifl ^natme* les maîtres! « Ils dérlarêrent âor-le-chauip «]Q*il faiblît profiter ila su>'cès et de la coa^tematioD île l'enn<}mi pour n'emparer de Inut le prom'>utiHre. Dogumniier chargea de cette tAr-be Delabonie et Guîll'^t : oa deroit, dUait-Q. achever ce qu'on avait commencé et battre le fer peadaot (lu'il était cbaad.

Le-i alliés étaient encore k Balaguier. à l'É^uillette et dan» les trois redoutes que Dugommier nommait les portes inférieurs. Mais, sanii le vouloir, dans le désonire de lettr noctume agre^Aion, les répalilicaios avaient pris, en même temps que le furt Mulgrave, une de ce^ redoutes, d'ailleurs W'aucUDp plus accessible que la redoute anglaise, celle de Sainf^Loui». Il .v avait là 437 Espagnols, commandos par le colonel don Lrim do Ari;îa. A l'exlréme violence du tir des Français qui lui avaient lancé dans la journée 300 bombes et 000 boulets et renversé quelques-uns de ses parapets, Asiza jugeait l'assaut imminent : sa petite garnison avait ordre de veiller et, quand «llo serait attaquée, de se battre à outrance; li-s offlciors n*! devaient pas quitter leur épêe, et les soldats tenaient eu main leur rusil, tout en le préservant do l'ondée. Aux premières détonations Q rangea sa troupe sur les parapets on lui recommandant de ne tirer que lorsque los Français approcheraient. Mais, malgré le feu de moui^queterie qu'il dirigea sur eux, malgré les coups de canon que le soua-tieutenant don Joseph Ghacou leur envoya, les républicains entrèrent par les embrasures de la batterie principale; ils furent refoulés. Une deuxième fois, ils revinrent, ])énétr&renl de nouveau dans la redoute par des parapets tbouléa; de nouveau ils furent repoussés après une mêlée sanglante oii succomba le lieutenant-colonel Nielo, capitaine dos grenadiers du régiment do Cordoue. Une troisième tentative leur réussit; ils se jetèrent dans le

t^ RKIIOITK ANGLAISE 101

rt par trois endroits, et vainement les Espagnuls. n^Juils r la pluie conliniieltc à n'user cjue de l'arme blanche, nsiëreot bravement à coups de sabre, de baïonnette et t [nque. La foule des assaillants ne cessait de grossir, et • Espaiçnols avaient i»>rdu plus du tiers de leur monde. i boat de deux heures, ArJza, blessé h répaulo et à la e, voyant le ciipitaino Castellanos tomber à ses côtés, ulonna le fort Saint-Louis ; du moins fut-il, avec le UeulaDt <lon Juan tic Molina, le dernier à se retirer. Le général espagnol Izquierdo avait le commandement I promontoire . et dès le début de l'affaire il était accouru à ifedoute Saint-Philippe qui llanquait la gorge de la redoute ihlr-Louis. De là, lo.« gens qu'il avait avec lui, 50 Espa- B qui Tfuaienl de débarquer, 80 Suisses du régiment de etscbart ei H) Napolitains tiraient avec vivacité sur les nnçais. Ce fut à Saint-Philippe et autour île ce poste que ) réfugia tunt ce qui restait des défenseurs de Mulgrave t da Saint-Louis. Mais cette redoiile, qui devait 6tre armée e cinq piiîces, inachevée, dépourvue d'épaulements et par B de canons, n'était pas tenable. Le major ReJing l'oci quelques instants, puis la quitta, craignant d'être n\fé sur ses flancs. Izquierdo fit alors garnir la hauteur t la redoute de Sainl-CLarles qui lui semblaient propres à M longue résistance. Toutefob ses troupes n'étaient pas ■cnre revenues de leur émoi, et la confusion se mit dans ma rangs. Los Napolitains gagni^rent le rivago en disant l'Os voulaiE'nl rentrer à Toulon; Izquierdo dut, avec le ipitiine de frégate Mamm et d'autres officiers, courir i eux et les ramener à SaînUCharlos. En ce moment reçut on renfort de 400 Anglais que Dundas et Gravina ■ envoyaient de la ville. Sur l'oi'dro do l'amiral, il essaya 1 reconctuérir les positions perdues. Anglais, Ëspaguula, lipolîtains. Sardes so formèrtMit en deux colonnes et tiraillèrent sous la protection du canon de Saint-Clmrles.

Les Sardes i^taîeiit à l 'avant-garde de la colonne lio gauche ; Izqiiierdo avait pris le comiiiandemeiil de la colonne de droite.

Mais les républicains d'ahurd inquiets, puis rassurés par l'artillerie de Marnioni. et par la lumière du jour, s'étaient réunis au rappel des tambours. Eus aussi recevaient des renforts, le régiment de Bmirgogoe, qui connaissait le pronnontoire, le régiment du Maine et quelques pièces de campagne. De peur d'un retour offensif des coalisés, Diigonimier désirait eu finir avant la nuit, et son chef d'état-major Dugua prescrivait à Delaborde d'attaquer le soir même : •> Je te prie d'organiser la force nécessaire pour cette expédition et de te pourvoir de quelques guides que tu pourrais ie procurer à Sixfours. Choisis ce qu'il y a de meilleur dans toute ta division, »

Izquierdo n'osa tenter un niouvement agressif, 11 voyait de nouvelles troupes paraître k tout instant sur le promontoire, et il désespérait de venir à bout de tant d'ennemis. Il remarquait que deux pièces installées par les républicains dans la redoute de Saint-Loiûs tiraient à mitraille. Il apprenait que les Napolitains qui tenaient la hauteur de l'Éguiliette, s'embarquaient après avoir cncloué sottement deux canons de 24 qui auraient protégé la marche de leurs alliés. Enfin il jugeait, non sans raison, qu'il était bien plus difHcile d'attaquer les forts Mulgrave et Sainte-Louis par Balaguier que par La Seyne.

Gravina, Langara, Hood l'engageaient, s'il ne pouvait ressaisir les forts, h résister énergiquement, sinon à regagner Toulon. Il résista jusqu'à une heure de l'après-midi et il fit de Saint-Charles le feu le plus vif et le plus ordonné. Trois frégates espagnols et deux vaisseaux fran(:ais, le Pompée et le Commerce-de-Marseille commandé par le capitaine Pasquier et monté par l'amiral Trogyff, s'embossèrent pour le secourir, et leur canonnade fut un instant si violente

LA REK'rTE ANtiUkîSE !03

onr Slfern: -.!.: e:;: tît^i hommes lues en ooTram dix eruhrâsnre*. • N -«Ti? arrêîin:es Touîe la journée, dît Pasquier. le iraTti: ie^ r>êj.-Vicai:;>. ainsi *jue leur poursuite, v Izquierdo pBî tins tDci'îaer ran îHerie: il put ê^-orger les muleîs ei ^■M-ç-5 ir 5->iETDe: il puî e:îi'^an|uer louî son monde, même 3e? 'r.k-«-e* 'ir ]'bv'}âaî.:..t-îiie ses vingî-six dragons espagnols axec j-rTirs rLeTi::x. r/iv!r:e la pcuidre, les cartouches eî ce f-ue j-e* Ar^rlsis araieriT enîassê dans la v»ur de Balaxniîer. Sa reîTïiiî-r s'exêciii, îèm«.»î^neni les Français, si adr^iiemer: •=•■: axe^r TaL; > â:>/sse qu'il fui impossible deTinquiéier. Midr si It^ rt'j^'^^Iioains n'avaieni pas ëiê, selon le moi •àe I»jiiiîi5. ^9ez eLireprenants, ils fw:*ssé«jlaieni, dans TaprèsïLidi -iu 1*". la î«>iii!e de rÉguiîleiie. Dugommier araii réussi: il aviiT. suivai:: s«:»îi expression, enlevé le promonioire loui «LiJer dans uTie ^msjue aiiaque. V>.«»j hommes c»ccupaieni la j^ifiiiti-L. rr'i K najcine, aidé de Marmonl, passa le resie do v>iir aÎLs: qu'uce panie de la nuii à v éiablir des t.aiîeries de :L>rtiers ei des jièoes de 24-.

L*aî:a-:-ûe de :a .iirfsion de TElsi, sans èire aussi décisive, eoi Jiii f-eiLblaMe su:v:^s. La P^•^7*e avaii pariagé sa peiiie armée ei: trois col.^nnes. Il vîai: avec Laharj^e, colonel du S* rézimerii ci-devar:: Aouiiaine.ei Masséna, alors général de briraie. a la lêTe d-* s;i c^lonrie de ffauohe. Micas c.'mmaiiiaii la colonne du retire. .\r;:cHÎ menait la coionne de

!. Oiiz^rte dt Jfii-J .. IT.-i. n- î. :*. -.. 6 : Thson de Revel, îèVl''- : — npj»f'rt d* I»ïri:vf. t\ \--.: — Mt .. de OuirïMnaiier. de Mare*:: t. de lUnD'>nt. de ri*rajrr;— 'tiuthier -ie Br*^:v. /ïerr.J. ife T.'V^-^i. 5î ; — lukliert. P'-^T.t ' ^::-f. «u- >* <:e'». -ie T.-UiOh. fT-*?: — lettre» des reprvsenUnls C. R-<. Aaltrî IX. 'C';. : — .¥.».. S ramier !T:>4: — fVï. -.e' ^Jrisriioft. n' r^*: — leitre* te Duruî. l* de:eml»re !T?3 et 21 janvier lT?i A- «i. . ne. >e..'L liQn:--. .r f rt MuiCTive perdit \\ mv-iti' île >a irirriisoB. tt dam li ::amée d.i !T. tint au F\r:'n quau Cure, lei^ Anirîais «orrai 34w tu-r. Suiv^nî •ir.Tîn'i. ■-> Espa^-nols eurent- au Ca;rf eî i.: Fvon. T# Œ.---r.f, ♦* :îe«r-» e: i'I rr:> -miierf dont 12 ofScier». 4 niN-rt-^. 4 blessés. 4 pr:*. ::.ii:tr* . VIit*- ■:•: di: ^ur les Français firent 4tK" prisvnniers, et Da£o:i.2a:er, -- :lf l aTiient que ^v morts et îvO biesscs.

toi Rt'GtlMMTfiR

tlroite. La colonne de La Poype, partie du eliàteaii île Beau-t! douvîn, ne put s'emparer du fort Faron, malgré trais attaques réitérées, et les cris de sauve qui peut, nous sommes trahis retentirent dans les rangs. Argod, venu de Kevest, échoua pareillement contre les Espagnols qui tenaient les ouvrages du Saint-Antoine sous les ordres do Mendinucta ot d'Uriarte. Mais Micas surprît le pas de la Masque. Le défilé avait été fermé par un retranchement (el que des hommes agiles auraient eu peine à l'escalader, ni6nie s'ils n'avaient pas trouvé de résistance. Micas l'emporta sans coup férir, taudis que les Anglais, lirusquement réveillés, s'enfu^vaiont au fort Saint-Antoine. Il fit sa jonclion avec Argod, et tous deux, gravis3.int la montagne, atlaquêront la Croix-Faran défendue par les Piéniontais. Bien que la redoute fftt ouverte à la gorge parce qu'on n'imaginait pas ([u'elle pfit être assaillie de ce côté, les Piémontais se battirent avec la plus grande vaillance. Leur chef, te lieutenant-colonel chevalier de Germagnan, homme jeune, valeureux, superbe, fut tué d'une balle k la tête en montant sur le parapet : ils s'exhortèrent à le venger; ils roulèrent des quartiers de roc attachés k de grands clievaux de frise et, on dépit des efforts incessants de l'ennemi, la redoute leur resta. Les républicains ne bougèrent plus durant la journée du 17. Toutefois, s'ils n'avaient ni Saint-Antoine ni le fort Faron ni la Croix-Faron, c'était une espèce de prodige d'avoir franchi ces escarpements qui semblaient inabordables, et rîq croyable témérité des patriotes, la rapidité qu'ils avaîeig mise à frayer un chemin, le canon qu'ils avaient bissé à vers rochers et précipices, tout cela terrifiait l'adversair « Vos succès, écrivaient Saliceti et ses CDllègnes à Barra opèrent la plus heureuse diversion, et l'emienii a perdu ! tête'. »

Pendant que Marmont restait an Petit Gibraltar, Himaparte courait aii plateau dos Arènes pour faire caiiumier plus firemuat que jamais le fort Malbuuaquet par les battenes de la Converition, de la Poudrière et do la Fariiiière, [aïs c'étuit assez d'avoir pris l'Éguillette, el il Jurait à \tugotatnier que, le lendemain on le snrleiideniaiii au plus , l'étal-major coticberait dans Toulon, A vrai dire, le iaér&l en chef ni les représentants ne croyaient le di5nouet si procLe : Dugomniier ordonnait de poser, dans la soirée <la 18, des échelles sur les murs de la ville ; les com- RÎssatres éaivaieut. que Toulon serait pris sous peu de jours A qu'ils avaietjt grand besoin de cartouches. Mais depuis kiilgtemps Dundas et Elliot étaient convaincus que la perte seul point serait fatale. Dans la matinée du 17, les BUi6s tinrent nn conseil de gueire chez l'aniira) Hood et, s avoir entendu le rapport des ingénieurs et des officiers Ae l'artillorie, ils reconnurent bon gré mal gré que leur hgne 'in défense était percée dans les deux endroits les plus gesseuliels ; qu'd serait impossible de reconquérir les posi- ^uoa pei-dues; qu'on ne pouvait dégarnir aucun puate. pas tme la ville, ou étaient l.ÏJiX) hommes de toutes nations ; ^'oD avait bien 1.5UU liommE>s de troupes fraîches, maie i c«tle force ne suffirait pas à chasser les Français; (0*011 nouvel échec causerait la ruine ilu l'ai'uiée entière, déjà diminuée et harassée ; bref qu'il fallait évacuer en kate hftte une place devenue intenable. Le temps était piiageux et sombre. Si les vaisseaux tardaient à s'éloigner, le libeecio, le terrible vent d'orage qui soufflait dans cette laison, ne te» empôcherait-il pas de quitter le port?

Dans l'aprôs-inldi du 17, la flotte combinée, déployant ses ^Ues, gagnait la Grande Rade, et le Commerce <le Marstille. ^ couvrait l'embarquement des derniers défenseurs de râguillette, n'avait que le temps d'appareiller. Déjà les irépublicains tiraient sur sa chaloupe qui scrpaît l'ancre il'af-

lOG DL'OOMMIKU

fourche à (lemi-pc»rtée Je mons(juet du rivage, et sou anc fut perdue ; au soir, les troup(»s abandonnaient successif ment Saint-Antoine, fort Rouge et fort Rlanc, le fort d Pommets, qui fut détruit à moitié par l'explosion de s magasin h pouilre, le fort et la redoute du Faron. « L Anglais, écrivait Thune, secrétaire des représentam déni(!hent de partout ! »

Dos que Dugonimier eut appris l'évacuation dos foi Saint-Antoine et du fort des Pommets, il chargea Garni de les occujier, et il jniait ce gén('ral d'être sur ses gan] <»t partout en mesure, de renforcer ses postes, de surveill la plaine et les chemins qui conduisaient à la batterie de Convention : les ennemis méditaient peut-être de se pori on masse sur un seul point. Pourtant il finissait par croi que les troupes étrangères corderaient bientôt t<uis les posi ei vraisend)lablement Toulon. Il envovait à Mouret Tord i\e tàter Malbousquet, ce fort qui « faciliterait singulier ment les approches de la ville >►.

Or le <'ons(ul de guerre d(\s alliés avait décidé que la gî nisnn de Malluiusquet ainsi que col\o «le Missiessy tieutlr; jusciu'à l'extrémité jmur couvrir la retraite du côté rou(»st. Dans la nuit du 17 au IS, les Najuditains lâchèrc <le leur projire mouvement les batteries de Missiessy api les avoir encloué(»s. Sur-le-champ, les Espagnols, leurs v sins, (piiitèrent Malbousquet, sans confusion néanmoi v{ malgré les tirailleurs fran<;ais cpii se cachaient derrit les nnirs des janlins. Mour(*t prit possession du fort, <iuelques instants plus tanl lîoiiaparti^ y faisait venir c pièces de campagne qui balayaient les remparts de Toul <*t des mortiers (pii lain;aienl «b's bombes sur le port.

Les forts l'Artigue, Sainte-Catherine et La Malgue n i aient encore aux mains des alliés, et Dugoniinier recf naît ([ue La Malgue suffisait seul à i)rotéger Toulon. M les bruits qui de la ville montaii'nt vers h^s assiégean

Page 1