‹ Dugommier, 1738-1794Chapitre 22 sur 102 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

PEEPIOKAS

La campagne de I't93 aux Pyrénées-Orientales. — Invasion des Espagnol!.

— Prise de Céret lîû avril). — Balsille du Mas-Deu (la inaii. — Opilulation de Forl-les-Baiiia [3 juin*, de Prata-de-Mollo (S juin), de llellegard» 1 (as juio]. — Echec de Hicardns devint Per|iigniin. — Le Vnluiy des J Pyrênées-OrienUIes [17 juillel). — Prise de Villcrranche (( août). — , Suspension (lu général de Pleri (7 août). — Nouveaux revers des Fran- , çais. Corbére, Comeill». — Suspension de Ptij^i^t'Eiirbantane [ti s tembrej. — Victoire des Français h Peyres'.ortes (17 septembre) et \ reprise de Villefranohe (19 septembre). — Leur dC'taile h Troutlla» , (S2 septeiabre). — Daguberl remplace pur d'AousI. — Attaque» alerile» contre le ratnp du Boulou. — Le puig Singli (13 octobre:. — Turreau général eu chef. — Les reprise ntanls Fnbre et (iaslon. — Erhec d» Delattre à Espolla (2B et 30 octobre). — DÉpart de Turreau. — Les Espagnols t Saiot-PerrC'ul 126 novembre). — Défaite de* Fronçaji à long-ue (7 déi^embre).— Leur revuicbe au m^ine endroit (i9 Uéeembre]. 1

— Maladie de Doppel. — Ecposement de la diviiitin Delattre et pris»; de Collioure (20 décembre). — Itetraite de d'Auunl sur Perpignan (£1 ié- ' cenibre).

La région des Pyrénées-Orientales, oit Diiyonimier allait! faire sa dernière campagne, comprend deux parties. La | première, ijui s'étend des sources de la Garonne à Montlouia^ ' est peu praticable aux armées. La seconde, de Montlouia à la I Méditerranée, présente de vastes dépressions, tles penteaj accessibles, des vallées qui s'inclinent peu k peu vers l'e Ces vallées débouchent eu France dans le Roussillon et enJ Espagne dans l'Ampurdan, et lorsque la guerre a pour I théâtre les Pyrénées-Orientales, les plaines du KoussiUon | et celles de l'Ampurdan sont toujours un terrain de combat '. ,

1. C(. Peirel, Campagnet de la Mvolaiion françaîtt <ifma Ita Pyrinét»-\

ÛrieniaUa. 1. 1. 30-^3. !'■ *d. 1851 ; i- éd. 18G1. J

Dèe le début des hostilités, c'est-à-dire depuis le mois «le mars 1793, les Espagnols occupaient l'Ampurdan, et avaient pour but l'invasioEdu Roussillon.

Ils pouvaient ou Men forcer directement la chaîne qni sépare les deux plaines ou bien la tourner. S'ils voulaient la prendre à revers, il leur fallait gagner les gorges dn Tech o«cellcsdelaTet,etla chose n'était pas aisée puisqu'ils -devaient gi-avir dans l'Ampurdan des rampes extrêmement difficiles, puis s'enfoncer dans un long défilé, soit celui du Tech défendu par Prats-de-Mollo et Fort-les-Bains, soit celui de la Tet, barré par Montlouis et Vitlefranche-de- Conflent. S'ils descendaient droit dans le Roussillon, trois passages s'offraient à eux : le col de Hanjuls, le col du Perthus et le col de Portell.

Le col do Portell qui s'ouvre à l'ouest de Bellegarde était commode et personne ne le gardait. Le col du Perthus par oti passe la grande route de Perpignan â Barcelone était plus abordable, mais commandé par le fort de Bellegarde. Le col de Banyuls, raide et âpre, menait, non dans la plaine du RoussiUon, mais dans une sailhe montagneuse de Iac6te, «t l'envahisseur venait se heurter à trois postes militaires, Saint-Elme, Port-Vendres et Collioure.

Un Conseil de guerre tenu à Madrid décida de renouveler la manœu\Te du comte de Saint-Germain en 1676, Une armée de 30.000 hommes dont le général serait Bicardos, se saisirait du col de Portell et se retournerait aussitôt contre Bellegarde, dont la prise lui donnerait le col du Perthus et la grande route de Perpignan.

Les émigrés conseillaient de débarquer à la pointe de Leucate et de prendre le Roussillon à dos. Le plan était bon, «t si les Espagnols l'avaient exécuté, ils auraient mis ii contributioD les départements de l'Aude et de l'Hérault ; ils auraient plus tard tendu la main aux rebelles de la Lozère, de Lyon et de Marseille ; ils auraient pu faire dans le

DUOOMHIBR

Midi une coiitre-rûviiliition complète. Ce plan ne fut pas adopté ' ,

Dans la seconde moitié d'a%Til commença, aux Pyrénées- Orientales, cette campagne de 1793, si confuse et aï incohérente, si dramatique, si féconde en péripéties.

Les Français, qui tenaient le Roussillon, avaient pour général un neveu de Voltaire, le vieux La Houlière, et ils n'étaient que R.tHX), dont 6,000 dans les places. La Houlière ne disposait donc que de 2.000 hommes : le 7' régiment cidevant Champagne, des volontaires inexpérimentés et quatre compagnies de miquelots. L'armée, avouaient les représentants, est presque nulle. Ricardoa n'eut pas de peine b la vaincre. Il s'empara, le 17 avril, de Saint-Laurent de Cerdans, le 18 d'Arles-sur-Tecli aupied de Fort-tes-Bains et !o 20,il enfonçait devant Céret ce simulacre d'armée. Mais il était lent, circonspect, méthodique. « Si l'on avait eu affaire, disait Uugommier en 1794, à des ennemis plus entreprenants, le Roussillon serait aujourd'hui province d'Kspagne. » Ricardos perdit son temps à canonner Bellegarde et à faire une route qui reliait le col de Portell à Céret devenue sa place d'armes 2.

Le 19 mai, il remportait toutefois un nouveau succès. La Houlière, suspendu par les représentants, s'était dans son désespoir brûlé la cervelle. Il avait eu le général de Fier» pour successeur. Fiers était calme, réservé, prudent, trop froid pour commander en cette époque orageuse, et il devait ùtre liientt'it accusé de tiédeur et de temporisation. Il reçut quelques renforts et résolut de s'établir à dix kilomètres de Perpignan, sur le plateau du Mas-Deu, entre la villa et les Aspres, dans la presqu'île du Réart ; cette position, pensait-il, couvrait le chef-lieu du département, protégeait les canton-

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