Barbantane à Bouchotte, 22 et 26 août (A. G
Trois jours plus lanl, lo 29 août, après de granils et înu-T tîles délais, Ricardos passait la rivière, enlevait le camp de ComoHIa et refoulait sur Salces, à roxtrémité du Roussilton, la division Montredon. Eperdu. Barbantane écrivit à -^ Paris qtie 1 adversaire l'enveloppait déj à, que l'armée se désoF^^H ganiaait, que les ordres les plus imi>ortant3 n'étaient envoyés"*! ©t exénitéa qu'avec lenteur, que les charretiers d'artillerie (kHalitiont on abandonnant leurs chevaux. Sur les conseils dn clief d'^tat-niajor Giaconioni, il décida de quitter Perpignan. Les Espagnols s'apprêtaient évidommeot à marcher vers Rivosaltes et Peyrestortes. Ne lui couperaieiil-ds pas les coinmuuications ? Le général et les commissaires de la Convention devaient-ilslaisserunebarrière entre eux et les dér] (Hirtpmonts méridionaux? BarhantaneetGiacoraoniréaolurenl dono dp transférer â Salces le quartier général : une dîi iiton commandée par d'Aoust resterait an camp de l'Union. 1^ nouvelle consterna Perpignan, et Ricardos essaya d«i pn'lltcr de cet émoi pour rejeter les troupes dans la place.] Ihirnnl la nuit du 2 au 3 septembre, il fit assaillir le moul ti'tlrlo ot lo village de Cabestany. L'attaque manqua viguour. 1.09 Français, surpris, eurent le temps de se int'ttre ot repoussèrent l'ennemi. Mais l'épouvante de Perpî" f(lian fut au comble, et malgré les clameui'S, Barbautaue HtMôiitiia. Il avait, disait-il, une fonction épineuse dont rhiîitoiit» offrait peu d'exemples, et il était général en chef ito l'aniaV, non do Perpignan ; 9.000 hommes sous d'Aoust et, h) rt>i«'i^'.'Ktaul Fabre défeudaient la ville ; pour lui, il allait,! «iuiuqtio tf ii>pi\' sentant Bonnet, voir si les renforts ai VAVviit ot li'ur imprimer une direction. Sur quoi il partit avi |'iM«l-»>ftJ»'i'i ti' Ifèsor et toute la cavalerie. On croyait qu' a\>t«)>lintit & Salcett oti était la division Montredon. 11 s( nmijil A Narhonne uii il pourrait, assurait-il, former un< ii»tttvllv armée ! l>éjà Fabre mandait au Comité que le décoa v«j{«ukvul oiait au plus haut degré et que Perpignan, bien-
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lot cerné, nesaiirail résister. Le clulise lamentait : les Espa- ■Dola s'étendaient en deini-cerclo autour de la cité et, sur isqne tous les [wints, ils n'étaient qu'à uiie lieue des reoiiparts*.
Le Comité prononça le 14 septembre la destitution de Barbantane que le cluli de Perpignan accusait do n'avoir ni expérience ni habileté. Mais Barbanlano avait l'avant-veille résigné ses fonctions en aUéguant qu'un travail immense épuisait ses forces physiques et qu'd était au-delà de son intelce de diriger l'armée. Le 16, les représentants Fabre it Bonnet, touten acceptant la démission de Barbantane et en loi ordonnant de gagner Paris pour rendre ses comptes m Comité, organisaient lo commandement : Dagobert, prôné Iïarbanlane,parle représentant Cassauvos. par le peuple de Perpignan, serait provisoirement général en chef '.jusqu'à l'arrivée de Dagobert qui se trouvait en Cerdagne, l'armée serait sous les ordres de d'Aoust, naguère chef d'état-major etregardépar Fiers comme l'homme indispensable sur qui roulaient toutes les affaires ; Goguet remplacerait te faible Montrcdon à la tête do ta division de Salces et il se coniCerterait avec d'Aoust pour assurer te succès des opéralions".
A leur ordinaire, les Espagnols n'avaient pas profité de la situation. Ils ffitêrent les Français an lieu de les attaquer franchement. Ce ne fut que le 8 septembre que Las larillas s'empara do Uivcsaltes et des hantoiu-s ih Peyistorte». La dinsion île Salces, encore menée par Mont- Ion, essaya de défendre la position ; mais elle ne fut pas 'aoutenuc par la division de Perpignan : elle prit la fuite, et la cavalerie, en pleine déroute, s'enfuit jusqu'à Sîgean'*.
I, Giafomoni k Uarbinlane, S9 noût el 1" srpt.: — Barbanlane il BuuehoUe. 31 auAl; — le club àv P(?r)iigiiim au CumilÉ, Ë sept. (A. G.): — «ec. Aulard. VI. 28S, liS,
. .\rrËlédes reprêsenlants. 16 sept. (A. (!.). '"' '- il BoDuet, 9 sept. (A. G.).
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DUflOMMIEH
Ricardos,l6 sage Rirardos comniil, alors de 1res [(rave) imprudences. Il dissémina son armée, la divisa on trois c quatre tronçons, établissant un camp à Pe vrestortes î nord-ouest de Perpignan et un autre oanip à, Poiileilla et i Trouillas au sud-ouest de la place, dépêchant quelques r [îers d'hommes à Argelès pour sun'eiller Collioure, envovai quatre baUiillons de renfort dans le Contient. Ainsi ép; pillés, les Espagnols étaient k la merci d'un adversaiP résolu. Que les Français sp concentrent, qu'ils tombent s Ponteilla, puis sur Peyrestortes, et ils ont raison des i vahisseurs. Ricardos n"a même pas coupé les communicar tiens entre Salccs et Perpignan ; à peine si quelques trouilles s'aventurent sur la grand'rout« ' !
Cette témérité fut sévèrement châtiée. Perpignan reprenaîd'J cœur depuis que le représentant Fabre avait menacé de f; guillotiner quiconque murmurerait le mot " capitulation » et le 17 septembre, d'Aoust remportait, grâce à l'énergi d'un autre représentant, Oassanjes, une victoire qui sauvait la ville.
Au ni.itin, les Espagnols s'étaient saisis d'un poste e^seib tiel, lo hameau du Vemet.à trois kilomètres de Perpignan^ et leurs boulets tombaient déjà sur les murs de la Cassanyes rallia les troupes du Vernel ; d'Aonst les réuniSJ en deux colonties, le Vernet fut repris et l'assaillanel repoussé sur son camp de Peyrestortes. Une grande partid do la population de Perpignan était venue acclamer let vainqueurs ; dans l'enthousiasme du succès elle cria : » PcjTestortes ! ■• et d'Aoust, docile, marcha vers Pevrestorte Il aurait dû mettre à profit l'ardetu- de ses soldat» et 1« jeter anssitM sur la position : il engagea un combat d'à lerie et quand ses colounos s'ébranlèrent, elles ne purent, pal trois fois, sous un feu écrasant, franchir le ravin profont
l Kerrel, I. Ut.
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rarpé qui les st^parait de rcniioiiiî. Mais Cassantes «tait allé ciiercher à Salces la division Goguet. li l'entraîna I *ur Peyrestortes. Un quart d'heure après, elle s'arrcle. Cas- Isanyes galope vers Goguet : « Que fais-tu, malheureux? » 1 Goguet lui montre un contre-ordre signé Fabre et d'Aoust. rlndi^né, Cassanves vole an Vornet; il couvre de reproches Rf abre et d'Aoust. Les deux hommes, qui voulaient à eux I -seuls s'emparer de Peyrestortes, assurent qu'il y a eu mèl prise. Cassanyes court porter à Goguet l'ordre formel d'avan- ■<eer. Il n'arrive devant Peyrestortes qu'à la nuit close, ■lorsque d'Aoust est eu retraite; il connaît les lieux; il i la divisiou et la méno à hi droite des hauteurs; subi- I tement, an cri de baiomivllr en avanl, les Français s'élancent lilaus le camp espagnol. Avertie par trois coups de canon, lia division d'Aoust revient à la charge. A dix heures du soir. Iles républicains étaient maîtres de Peyrestortes ',
Sur un autre point, la fortune les favorisait. Dnguhert Ijtvait chas.sé du camp de la Perche La Peila qui menaçait 1 Muntlouis et battu complètement Vasco à Olette. Le 19 septt«mbre son avant-garde, commandée par Gitly et prcW-dc'-e t^yar la nouvelle de l'échec de Peyrestortes, entrait dans |fVillefranche-de-Conflenl sans trouver de résistance.
Voilà oii aboutissaient, au bout do cinq mois, les efforts de ^iticardos ! Ce général tant vanté avait commis fautes sur X^autes. Mais était-il secondé? A la bataille de Perpignan, i duc d'Ossiina. qui lui avait disputé le commandement, fai- [iflait échouer l'attaque de droite. Las Amarillas refusait ■d'exécuter ses ordres. La discipline de ses troupes se relirait ; si les hâpitaux étaient bien tonus et, dit-on, avec trop i luxe, les vivres manquèrent quelquefois, et il aniva que
i. Voir «urlout ViJal, tlUl. de l>i Rév. fr. dant Ut l'yr.-O':. Il, fin,, ^«l III, vit-xxiv. — Turreau a dil asser juiteineDl ijiie ceUe victoire de T Peyreilurle» ^ nest due qu'à îles circonslanres très heureuaet et qui ne [, prouvent rien ea faveur Ue dAiiusl ». — Cf. Fervtl, I, !37-H(i.
les Espagnols durent roiupre le combal. parce qu'ils n'aTaieiitil plus (ie munitions. Ricarilos ne liilLait qu'à son corps défen-fl liant; rautinier et ne comprenant pas que l'envahisseur doitJ" selon lu mot du prince tic Ligne, tonner et étonner, imbafl des idées pliiiosophiqnes, montrant une singulière modéra ration envers reiiuemï, il désapprouvait, comme plusieurafl do ses compatriotes, la guerre contre la France, et an moisi de juin, il mandait au ministre Godoyque, s'il s'emparait dal Perpignan, il n'irait |ias plus loin '
Lorsqu'on sut à Madiid la défaite do Peyrestortes, on crutJ dune que Kicardos (^ivacuerait très prochainement le Roua-1 sillon. L'arrivée de Dagobort qui venait prendre 1« com-i mandement, semblait accroître les chances des républicains. Mais ce fut peut-f'tro l'intervention de Dagobert qui rétablit les affaires des Espagnols. Les représentants pensaient qua n rinlrépide guerrier, comme le nommait Cassanyes, se jettfl rait aussitôt snr le camp de Ponleilla. Il refusa d' exécutai le plan d'autrui, et auï instances de Fabre et do Cassanyes qui le pressaient d'attaquer, il répondit sèchement en homme dffi métier qu'il voulait manœuvrer.
L'entêté Dagobert perdit ainsi deux jours précieux i « rummer ses idées '1, et lorsque, l623septembrc, il assaillHl tardivement Rioardos à Trouillas, il fut battu, Kicardos, qiIW ne déploya jamais autant d'activité, avait rappelé tous lai corps détachés et dans cette journée il fit preuve de résolutiorti et d'initiative. Les Français eurent 3.000 hommes hors de cxjmbat. Madrid exulta ; Ricaixlos reçut le titre de comte do Trouillas ; ses lieutenants, Courten, La Union et autres, furent comblés d'honneurs; sfirement Perpignan allait enfin ouvrir se» portes !
On apprit soudain que Ricardos reculait malgré sa victoirt qu'il jugeait sa position intenable, qu'il réoccupait sou camd
r Zeil der npauischen Herat^
(iu Bimkm! Il avait raison. Il savait (jiie les Français se renforçaient consîdérablcmeal; il craignait, s'il reatail U Pooteilla, d'être coupé de l'Espagne pur les iiiondatiuiis du Tech, panme deccsplnies qui changeât au bout de quelques heures un petit cours d'taii en un toirent infranchissable, et une démonstration que Da^ohert fit faire contre le pont de Céret lui causa les plus vives alarmes. Dans les premiers }Ours d'octobre, il i!'crivit à Madrid qu'il crovait bonde repasser les Pyrénées et de revenir k l'iguières ! Mais Godoy. la reine. la roi s'iudignérenl, s'écrièrent que cette retraite serait honteuse; Ricardos eut ordre de demeurer en territoire ennemi, et on promit de lui envoyer des secours, entre autres na corps portugais de 0.000 hommes'.
1*8 fautes des Français rassurèrent bientôt Ricanlos. Les représentants Fabre et Gaston avaient rem|ilacé Dagobert par d'Aoust et prétendaient refouler l'invasion, non par des calculs et de froides combinaisons, mais par l'arme blanche. Fabre disait volontiers que la fortune est pour les fous et qu'il se moquait de Polybe et de Folard.
Pendant que Dagobert l'entrait en Cerdagne et poussait
s pointes inutiles sur Caraprodon et Montella, il'Aoust assiégeait Ricardos. et i» plusieurs reprises. du 3 au lî) octobre, l'asamllait dans le camp du Boulon sur inio ligne de quatre lieiies d'étendue. Attaques confuses et tumultueusosl Canonlades stériles! L'épisode le plus marquant fut celui de la Matterie du sang. D'Aoust voulait s'emparer du puîg Siugli — qu'il nommait le PoussengH: — il regardait le point comme important et pensait que la [lossession de ce poste le
lettrait en mesure de brfiler le camp ennemi, de liomjbanter le quartier-général, de couper les communications du Bûulou avec Cérel. Le 15 octobre, de minuit à l'aube,
Le Porlugnl avait comenti, |3nr un trnili; du 1^1 Juillet 11113, h Tuiirnir division à l'Kspitgiic. — l(iiuiUji;arten, Wi: — Fervel, 1, H» . — Vidal,
m, i-iB.
138 DUliOMHIEK
Français et Espagnols se dis|iutèrent avec une incmyablfi^ fureur la reiioiite du puig Singli; trois fois do suite l«l répuMicaîns furent repousses ; un grand nombre de lAchesi affirme d'Aonst, abaudonnaieiit leurs braves camarades pom se cacher dans les ravina à la faveur des ténèbres'.
Turreaii avait été nommé général en chef par le Conseiffl •«xécutif. Mais d'Aoust était le protégé des repi-éseutauU Fabre cl Gaston; ils auraient voulu garder ce jeune li qui savait caresser leur amour-propre. Vainement DouchottC leur marquait que Turreau, avait déployé dans la Vende* -«apacité et activité, qu'il était sans-culotte do naissance e de principes, qu'avec ce vrai patrioto l'armée ferait " choses bien utiles et bien avantageuses >•. Avant même que Turreau fflt arrivé, les représentants assuraient qu'il ne connaissait ni le pajs ni l'organisation de l'année elqn'il paralysi rait le succës des mesures déjà prises. Us lui firent l'accueib ie plus û'oid, le plus dédaigneux, et devant ses aides < <;amp Oaston disait : n Je ne connais ni généraux ni pouvoir particuliers; seul je dois commander et l'on m'obéira; on s largue des orrlres du ministre ; le ministre est pour moi c qu'est un chien dans un jeu de quilles! »
La situation parut lamentable h Turreau : pas de maga^ -sins de fourrage et aucun espoir d'en former, les clievau^ privés do nonrritui-e pendant plue de vingt-quatre heurt une consommation démesurée de munitions, pas do voiture pour transporter les effets d'armement et de campement dflj bataillons, les représentants entourés d'hommes qui les flaq taîent, faisant des promotions sans nombre, avilissant lej grades supérieurs qu'ils confiaient à des incapables, chei chant à diriger les opérations et à substituer leurs idées ^ «celles des généraux, prenant leurs rêves pour des plans t .^■ampagne; l'année menacée d'une dissolution totale.
. D'Aoust A flouchotle, 13 ot 17 oclnlire [A, G.).
PEHPIONATi 139
i saîsil-il un iirétexlt; [tour refuser le coiiimainlenieiit, J,es hiiroaiix ne lui avaient pas eiivov^ son brevet de gôrié- Tnl en chef; il déclara (jne tant cin'il n'aurait pas reçu sa noininatiou officielle, il laisserait d'Aoïist à la lëte dei^ itroupes, qu'il ne pouvait rien hasarder avant de conuaitre parfaitement la région, et il alla visiter la frontière. )'Aonst resta dune, coiinnc il dit hii-même, à la grande armée, au centre dos ojiéralions doni U avait la responsabililù'.
Dès le IH octobre, d'Aonst écrivait au ministi'e qu'il (iréit une expédition contre ]''iguières et Roses, Le représentant Fahre avait conçu ce plan et le développait avec chaleur. 1 devait, selon lui. effrayer les Espagnols sur leur propre lerritoire, emporter Roses et Figuière9,leiii's deux grands nia- ^sins, reprendre ainsi Toulon eu Espagne; il avait " lAtê •> epays et remarqué que les habitants n'étaient pas dangerenx; il ne demandait que 8.000 hommes; 4.00LI marcheraient contre Figuières qu'ils bombarderaient à boulets ronges; 4.000 antres canonneraient Roses et surtout les raisseaux qui se trouvaient dans le jjort; on sommerait es deux villes et on s'en saisirait par toutes les ruses de pierre, par un semblant de forces imposantes; après ce mccès, ou se dirigerait sur Bellegarde pour attaquer les ispagnols du BouIcH sur leurs derrières et leur fermer le ro- »ur. Fabre oubliait que Figuiéres n'avait jamais ouvert ses lortes à l'ennemi et que Roses, assailli par terre et par mer m 1645 et on 1693, avait résisté durant des mois, que les iroupes chargées de l'opération s'engageraient à travers t'Âprcs montagnes oh le transport desvivres serait infiniment lifficUe et au milieu d'ime population hostile. Aussi Turrean tbtjnt-il que l'expédition aurait pour objet non pas Figuiéres,