I. Bouchotte Bi
[ reprf scntanlï, ii> eprésenlont*, et D st à Qoiicholle, 39 •
ne DUOOMHIRR
mais Roses, et qu'elle ne seriiit (jii'uii coup df inaiD ijestinâ à hâter la retraite de tiicardos ' .
Elle fut confiée à Delattre. C'était un ancien élève do l'Ecole des Ponts et Chaussées, nommé lieutenant du gf^ni» le 1" mai 1793 et général do division six mois plus tard, 1» 3 novembre, le jour même où Dngommier devenait, luiaussï^ divisionnaire et recevait le commandement de l'armée (lovant Toulon. Il n'avait donc aucune expérience ; mais Fabre i Gaston assuraient que ce jeune sans-culotte était courageux, et possédait les ^ronnaissances les plus approfondies. Au reste, quand Delattre eûtmérilé cet éloge, il n'avait pasa de monde pour réussir. S'il avait disposé de forces considérables et, si au lieu de se porter sur Roses, il s'était rabattu vers Bellegardc pour couper les commnnicalions de* Espagnols avecl-i Catalogne, il aurait mis Ricardos dans une situation critiiiue. Son armée — l'armée de C«llioure, commo . on l'appelait — comptait 6. (XXJ hommes à peine. O'Auust lui ordonna de laréiiarfir on trois colonnes qui rliemincruientà la même hauteur et quitteraient follioure le vendredi 25 octobre, de grand matin ; celle de droite observerait ce qui pouvait venir du ciité do Bellegarde; celte de gauche et celle du centre arriveraient devant Roses le dimanche 27, k 11 poinle du jour, et Delattre sommerai! la ville au nom de l'avantgarde de lagr;inde armée de la Réi)u)dique française. Rico de tout cela ne fut exécuté, La colonne de droite franchît Ift col Fourcat et marcha vers Espolla par Cantallops et Vila^ ortoli; mais, après avoir manqué de livres, elle fut battue par un détachement de troupes réguhêi'es et ramenée h 1 frontii^re parles pavsans de l'Ampurdan. La colonne de gauchfli qui longeait la côte et passait ['arle col des Balislres, ne put aller que jusqu'au petit port de Llan^a, et les habitants 1 refoulèrent pareillement. La colonne du oenire oii étaient
i BuuL'bDlte. 13 ocl.;
LCelattre et Tabro, travcr^^a le col iJe Baiiyiils le 2(1 ofiobre, repoussa lldefonae Arias malgré son opiniâtre résistance, t deux jours après parut devant le village d'Espolla où les {espagnols avaient un camp retranché ; elle dut reculer. Le surlendemain 30, elle replut des secours et réitt^ra son attaque ; ■«lie fut de nouveau rejc'téc dans les montagnes et exposée à ■toutes les rigueurs du froid : des traîtres, disait d'Aoust, MwAient crié sauce uni peut et arraché la victoire des mains les braves républicains'.
Tandis qu'avait lieu cette expédition malheureuso , Dagolli^t la soutenait par une diversion devant Géret. Mais il «'avait que 2.01X1 hommes. Pourtant il aurait pu s'emparer '■A& Céret : il se conforma strictement à ses instructions qui wrtaient de garnir les hauteurs qui dominent la ville, et le 1" novembre, après avoir attendu tout un jour des ordres et jd6s renforts qui ne Tim-entpaa, il ac retira.
n eût évidemment fallu se saisir de Céret, le seul point
i^ai pût, en cas d'échec, offrir aux Espagnols une voiedei;e-
site. Mais, malgré l'insuccès d'Espolla, les représentants
9 pensaient qu'à l'invasion de l'Ampurdaii, et ils voulaient
»mmencer l'expédition de Roses, Un Conseil de guerre
bit réuni, le 12 novembre, à Banyuls-dels-Aspres ; dix-neuf
^éraax assistaient k la conférence ; seuls Turreau, Dagobert
t Poînsot s'opposèrent k l'entreprise. Les représentants se
breugèrent ; ils suspendirent Poinsot et Dagobert.
Quant à Turrean, il en avait assez. Dénoncé par les conrentionnels qui lui reprochaient de n'avoir ni idées pohliques i habitude du commandement, dégoûté des prétentions de pabre et des emportements de Gaston qui ne répondait que r de vagues inculpations et des accès de colère lorsque
I (. Harcillnc, HhloWt de la guerre faire la France tt CEspagne. 1S3 ; - Hec. Aalard, Vil, hlS ; — ordre donné à DeUtlre pour l'eïpfilition lie M* (A. G.). Lu rulonae de rirntte ou d'observation éldl mmuinndén par Rt (et non. cnmrnc dll Pervel. pnr ClauidJ : celle de gnucbe, par Bay-
iBood; cette du i^unlre, pnr Itiiriipon.
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le général lui remontrait que Texpédition de Roses n'aboutirait à rien, écœuré de la mésintelligence qui régnait entre les chefs militaires, du désordre et de Tindiscipline de Tar • niée, de l'incertitude des moyens de résistance, comprenant qu'il ne pouvait exercer réellement Tautorité et refusant d'agir comme un être absolument passif, il avait donné sa démission.
De nouveau d'Aoust eut Tintérim pendant que Delattre restait à la tète de la division de Collioure. Mais, ainsi que disait Turreau, d'Aoust et Delattre n'avaient ni caractère ni talents, et ils n'étaient que les lieutenants des représentants. « Il ne faut pour chefs, écrivait Turreau, que des individus qui approuvent les représentants, et c'est Fabre qui commando l'armée. » Il ajoutait que les conventionnels en mission avaient trop souvent fait ce qu'ils ne devaient pas sans faire ce qu'ils devaient, qu'ils s'arrogeaient le rôle des dictateurs romains et que la République n'avait pas besoin do ce genre de tyrannie pour être sauvée ^
Mais Ricardos, qui venait de recevoir ses 6.000 Portugais, avait décidé de tenter un vigoureux et suprême effort pour prendre ensuite ses quartiers d'hiver et donner un repos nécessaire à des troupes fatiguées et décimées par la maladie. 11 fallait avant tout conserver Céret et son pont. Le 20 novembre, les républicains, commandés par le général Sol-Beauclair, allaciuaicnt la redoute du pont et en chassaient les Portugais. Ils fur-ent assaillis à leur tour par La Union et repoussés. La Union leur enleva même le poste de Saint-Ferréol, qui domine tous les envin^ns, et ce succès ouvrit aux Espagnols les Hautes Aspres, afferniii leur gauche, assura leurs communications"-^.
A ce moment, arrivait le successeur do Turreau, Doppet,
i. Turreau, notes et lettres au Couiilê, 28 ocl., et à Bouchotte, 8 nuv. (A. G. : — cf. Revue de la HévoluUon, [sb'ô, D«Muni. 2. Fervel, I, 2i2-21o.
le Doppet (le Toulon, et il écrivait aussitôt qu'il trouvait dans les camps une quantité de chevaux morts de faim, des bataillons couchés sous la tente sans un brin de paille ou dépourvus de tentes, beaucoup de malades. Mais, bien qu'il se dit le meilleur ami de Robespierre, bien que Gaston raccueiUit avec plaisir comme un u montagnard distingué )>y Doppet n'était pas homme à rétablir la fortune. On le promenait et le ballottait d'armée en armée à cause de ses opinions prononcées, et il ne commandait que de nom. Les représentants ne le consultaient même pas^
L'armée des P\Ténées-Orientales était alors bizarrement placée. La division de gauche ou division de CoUioure, conduite par Delattre, et en réalité par le représentant Fabre^ comptait 15.000 hommes ou la moitié des troupes ; elle tenait le penchant des Albères, Laroque, Villelongue-dels-Monts et le petit camp du Mitgdie. La division du centre, aux ordres de d'Aoust, comprenait 5.700 hommes, postés à Banyuls-dels-Aspres, au Pla-del-Rey et à l'ermitage Saint- Luc. La division de droite, confiée à Laterrade, s'était, après l'échec de Saint-Ferréol, repliée derrière le centre, de Tresserre à Llauro.
Le 6 décembre, les Portugais s'emparèrent du petit camp du Mitgdie. Le représentant Cassanyes souhaita de le reprendre, le reprit et, enhardi par ce succès, résolut d'enlever de vive force, avec les meilleures troupes de la division, la position de Montesquieu. Mais, par une étrange coïncidence, Kicardos avait, lui aussi, conçu le dessein d'enlever Villelc^ngue dans la môme nuit : après avoir dégagé sît gauche en occupant Saint-Ferréol, il voulait, eu occupant Villelongue, dégager sa droite. Pendant que quatre bataillons français, menés par le chef de brigade Raymond^ s'ébranlent pour attaquer Montesquieu, 5.000 Espagnols,
1. Doppet, Mêm., 2U-2io; — Uec. Aulard, VIII, 086; — Grange i\ Bobcspierre, 24 déc. (A. G.).
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commandés par Gourteii, s'avancent vqvs Villelongiie â la ' faveur (les ténèbres. Les Espagnols gagnent les Français de vitesse. Le 7 décembre, au malin, h six lieiu-es, ib se jettent sut Villelongue et Laroque ; sis k sept minutes leur suffisent pour se rendre maîtres des cinq batteries qui cotironuentr les doux hauteurs. Les Français restés dans le camp ( ceux qui s'i^taient aventurés vers Montesquieu, constenitfs^ par ce brusque assaut, s'enfuient dans une complète déroute en perdant 2 drapeaux, 34 pièces d'artillerie et 1.200 hommes, dont 76Û prisonniers'!
Doppet prétendit que les aristocrates avaient causé cefl échec. Un commissaire du Conseil exécutif, Hardy, était dov son avis : suivant Hardy, on respirait dans le camp un air pestiféré; des nobles de tout grade infectaient les divisions Delattre et d'Aoust; on ne voyait, on u'entendait que cette race maudite. A la prière de Doppet, les représentants suspendirent tons les nobles ; puis le surlendemain, de crainte de bouleverser et de ruiner l'armée, ils annulèrent leur arrêté. Us réintégrèrent d'Aoust et Delattre dont Doppet avait obtenu la suspension ; mais Bernéde, qui s'était laissé surprendre à Villelongue, et lochof d'élat-niajorChaillet de Verges furent suspendus : n II n'est pas possible, diaait Doppet, que le chef d'état-niajor ne soit pas coupable tors»i qu'une armée estdésorganisée-', »
A la suite de l'affaire de Villelongue, le quartier généra avait été transféré à Perpignan, la ligne du Tech, abai donnée, et l'armée allait rentrer dans le camp do l'UniM Mais il ne suffisait pas do prescrire cette retraite pour ïi)p^ ter, et l'artillerie manquait d'attelages. Doppet eut une idèl heureuse. Il voulut frapper un grand coup, aussi graai
1. Hftrdy à BoucliiiEle, (Sdî-c; — lettre du Cftpitaine Bondel. 1^ déc. ; — rapport do Uolliéric (A. G.); — cf. Fervel, r, Ï16-2a2.
i. Doppet et llnrdy à lloucliotle, 13 déc. : — Doppft aux repréicntantlM S déc- ; — nrrètés des représentants, 8 et 10 Uéu, (A. li.J.
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<iirimprévii. « Nos troupes, disait-il, sont meilleures pour laltaquc que pour la défensive ; l'ardeur du républicain diminue dans l'attente ; s'il marche, l'énergie de la liberté l'entraîne, et il gagne en chaleur ce qu'il n'a pas en tactique. » Seulement, ajoutait-il, on ne devait pas attaquer s:ins son ordre soit par vanité soit pour lui faire pièce. Il décida d'assaillir Villelongue le jour même où la grosso artillerie se retirait sur Perpignan *.
Le 19 décembre, au matin, 2.000 hommes, commandés par d'Aoust, abordaient Villelongue. Ils formaient deux colonnes; la première, conduite par Laterrade, échoua; la fieconde, qui avait à sa tète Sauret,Guieu et Banel, emporta le camp et dispersa les Portugais qui le gardaient ; dix-neuf pièces d'artillerie furent emmenées à Perpignan. Le pauvre Doppet n'assistait pas à l'action. Les représentants l'avaient envoyé à Elne ! Il devait de là se rabattre sur Villelongue, lorsque d'Aoust l'appellerait; mais il attendit vainement le signal de marcher; d'Aoust allégua qu'il avait perdu ses fusées d'avertissement! Dévoré de dépit, bien que Hardy Tefit félicité de servir aux Espagnols un plat de son métier, fatigué, pris de fièvre, Doppet ne revint à Perpignan que pour s'aliter, et il faillit mourir du typhus*-.
D'Aoust (Hsait triomphalement que le succès du 19 décembre effaçait les mauvaises impressions du i)assé, réparait l'honneur et ranimait les courages. Mais pendant ce temps la division de Collioure était écrasée. Courten avait attaqué, le 15 décembre, les troupes de Delattre au col de Banvuls et les avait enfoncées, refoulées sur Port-Vendres après leur avoir pris 300 hommes et 23 canons. Cinq jours plus tard, le 20 décembre, au lendemain du second combat de Villelongue, La Cucsta culbutait près de Saint-Elme la divi-