Voir la lettre de Doppet à Rouchotte, 13 déo. (A. G
2. Hardy à Boucholte, 11) et 20 déc. ; — d'Aoust aux représentants, 19 déc. (A. G.).
iO
146 TlUnOMMlER
sioii Delattre. Los fuyards se jetaient daus Saint-Elm© dans Port-Vendres, dans CoUioiire, et ces trois places e rendaient incontinent. Duffauli^Ta Saint-EIrae. Port- Vendre ouvrit ses portes à la suite d'un malheureux combat oîi fa tué le représentant Fabro. Ce conventionnel buvait l'e dc-rie et bivouaquait avec les soldats; il les menait & l'eB nemi et les réconfortait par son exemple autant que pa ses discours; il s'attelait à la bricole avec les canonnier pour traîner une pièce d'artillerie, et il était toujours i poste le plus périlleux. Mais il abusa de ses pouvoirs et 1 se crui homme de guerre; il voulut avoir son année, nvcH sa victoire; du moins sa mort expia ses erreurs '.
Restait Collioure, munie de 88 canons, remplie d'apprt visionnements considérables, commandée par un homme i cœur du nom de Mamieville et par d'énergiques municj paux. La place capitula sous la menace d'un bombardemeo et lorsque la garnison entière refusa de se défendre N'avait-on pas vu â Port-Vendres les volontaires se disgi rauler dans les ravins et derrière les rochers pour ne ] se battre?
C'était la débûclo ou, comme disait Gaston, riiorritd défaite. Le 21 décembre, h une heure de la nuit, d'Aoud déjà serré de près et débordé, reculait sur Perpignan. T^ n'échappa qu'avec peine k une catastrophe, Ricardos l'attaqua dans sa retraito et l'aurait mis eu pleine déroute si Pérignon, qui menait l'arriëre-garde, n'avait fait à Saint-Luc une vigoureuse résistance. Après avoir perdu 500 hommes et laissé dans les mains do l'Espagnol 200 prisonniers c 23 pièces de canon, la division d'Aoust, rejointe par Id débris de la division Delattre. s'entassa dans le camp i l'Union. « L'ennemi, mandait Gaston au Comité, n'a qu'a
)T.: — Vidal, 11. 231; J
pas à faire pour s'emparer de Perpignan, et c'est apparemment la (leroière lettre que je vous t^cris'. •>
De nouveau Ricardos n'osa pas. Au lieu dassiéger Perpignan, il prit, selon l'usage du temps, ses quartiers d'hiver. Ses troupes occupèrent tous les ^-illages entre Arles et le Boiilou sur le cours du Tech et garnirent une suitederetranchenients qui fut élevée du Boulon à Collioure ; leurs I avant-postes étaient sur la rive gauche de la rivière k Saint- Ferréol et & Saint-Luc. Elles couvraient îiinsi l'approche (les Pyrénées ; leurs communications avec la Catalogne étaient asBuréea, et le camp du Boulon, ainsi que le Tech,
kleur offrait nao ligne iraposaute de défense. Les Français tirent de même. Ils s'établirent dans des qnarticrs d'hiver entre la Tet et l'Agly. Leur camp de l'Union appuyait sa droite â Toulouges et sa gauche à Gabeslany. Mais abattus, indisciplinés, décimés par la désertion et les maladies, manquant de tout, ils vivaient Lcomme dans l'anarchie.
B Le Comité de salut pnhlic comprit enfin le péril du Midi, ^bl suspendit l'exécution de l'imprudent arrêté qui réduisait ^Kftrmée des Pyrénées-Orientales à 15.000 hommes. « Les ^Bftlousies, lui écrivait Bouchotte. et les llagorneries adroites dont les représentants sont circonvenus, ont mis la mésintelligence parmi les clefs et l'incohérence daiis l'année, d Le Comité résolut de tout changer, représentants, généraux, major, et, selon les expressions du ministre, de tout fondre, de confier tous les postes à de bons et vrais sansittes qui n'avaient pas, comme les nobles elles muscadins, Ja charlatanerie dumétioret l'art de transformeriez défaites victoires. Il fit mettre hors la loi DufTau, commandant Saint-Elme, et airéter tous les ci-devant qui compomt l'état-major ainsi que les généraux Bernèdo, Chaillet
lei-, 2;t déc, !.V, G.]; - Fm-Bl,
.le Verges, Di-latti-e et d'Aoust, Le niiniatrc ne t qne (l'Aoïist éUiit un noble, un ancien niarqma, et un faible officier qui travestissait en une jonrnco glorieuse la retraite de l'armée ; que Delattre avait nianqtié de coudiiito dans l'expédition de Roses et ne possédait aucune expérience; que Bernede et Chili Ilot de Verges, eux aussi cidevant, étaient suspects? En outre, le Comité rappela Cassantes, Fabre et Gaston parce qu'il jugeait dangereux de laisser les représentai! (s trop longtemps dans un pays et surtout de les employer dans leur propre département : Cassanyes était dos Pyrénées-Orientales et, marquait l'agent Hardy, Fabre et Gaston, députés de l'Hérault et do l'Ariége, étaieul trop près de chez eux et avaient beaucoup de personnes ii placer. Il envoya h l'ariaée des Pyrénées- Orientules une adresse qui l'exhortait ii prendre sa revanche sur» l'ignare soldat du tyran de Madrid i>. U donnais commandement à Dogonijnier, et Boucliotte informa le nouveau général en chef que 25.000 hommes de renfort marchaient vers Perpignan : 12.(K)i'i venaient de Toulou; 0,000 de Toulouse; 7.000 des l'yréiiëes-Occidentalcs. i< Allons, disait Boucholte à Dugonimier, courage ' Continue de bien servir la République. Ses armes triomphent sur le Khin; les brigands de l'intérieur sont anéantis ; forçons enfin les Espagnols de repasser les monts. Depuis un mois les baïonnettes républicaines ne cessent d'avoir des sucrés; il ne faut point qu'on s'amuse h fusiller ; il faut charger les esclaves h la baïonnette ; on voit alors que ce no sont que des automates incapables de résisler au choc terrible des républicains' 1 ..
Dugommier proposait au Comité d'amener à marches forcées sous les murs de Perpignan l'année qu'il commandait en Provence. Au lieu de la partager entre les Pyrénées
et les Alpes, au lien (l'en laisser une portion dans les Alpes en une saison o!i s'arrêtaient les opérations militaires, ne pouvait-on jeter à Tiniproviste sur les Espagnols, à peine établis dans leurs quartiers d'hiver, cette masse victorieuse et encore enivrée de sa victoire ? Le Comité n'adopta pas cette belle combinaison, qui réunissait toutes les chances de succès.
Les représentants firent une faute presque aussi grave. Dugonmiier avait, à son départ de Toulon, mis en mouvement les troupes dc^slinées à renforcer l'armée des Pyrénées- Orientales et préférant au nombre la qualité, il avait désigné certains bataillons qu'il connaissait, comme le 2* bataillon du Mont-Blanc, dont l'exemple aurait produit au camp de rUnion le meilleur effet. Ricord, Barras et Fréron refusèrent de les lui donner. « Cependant, remarquait Dugommier, rien n'était plus simple, et j'aurais eu bon compte des ennemis si j'étais arrivé à eux avec des moyens efficaces. On me les a 6tés. Pourquoi ? Que font à l'armée des Alpes tous ceux qui y sont ? Qu'y a-t- il de plus urgent que de chasser l'Espagnol de notre territoire? Il n'en serait plus question si nous avions pu tomber sur lui avec dix mille hommes de choix. Mais plusieurs fondés de pouvoirs n'ont vu que la partie confiée à leurs soins au lieu de fixer un coup d'œil plus étendu sur toute la Répul)lique. Un jour viendra qu'un général aura confiance entière et (jne l'on se défiera autant de régoisme des autres (juo du sien^ »
1. Dugoiumier au Comité, 1 et M février (A. G.); — cf. Pineau, 391 et 409.
Doppel el Dugommier. — ArrivÉe liea reprÉsenfnnIs <lu peuple. — Milhaud. — Souhrany. — Leurs premiÉTi'S mesures. — RâOe des royaliste! et modérés, — Le tribunal militaire r^Tolutionaaire, — Exemples terribles. — Retraites et suspensions prunoni-ées par le oiiDistre. — Arrestations ordonnées par les représentants. — Bauile, lloisaier, Uincomoni, Bellon. Cavrois, B^thencourt. «l'IlargeavillieTi, Soulérac. Lenttiéric. — Exiicutioa lie Hamel et de Ccmflde. — Pétes républicaines. — Innu^urnlion du temple de la Raison. — Aulodaff à Caaet. — Blâme du Comil*. — Bougon-Duclos. — Le pas de Tictoire. — Arrêtés en faveur des malades et des blessL's. — Cliâtimenl des rouruisseurs. — Rétablissement de la discipline. — Chaussures. — Approvisioanumenls. — Fourrages. — Moyens de transport. — l'as d'amalgame. — Incorporation suspendue. — Camps d'inslniction. — ArrElés contre les n;quir ~ naircs déserteurs.
A peioe DugoHimier était-il à Perpignan, que Doppet sollicitait (ie nouveau le commandonient. Il était tomW- maladp, disait-il, parce que la désorganisation de l'armée et la crainte des traliisons avaient vivement affecté son Ame, et il ajoutait — l'aveu, venant d'un médecin, est assez plaisant — que les médecins l'avaient imprudemment soigné et qu'ils n'avaient su voir que le siège do sa maladie était dans le moral, qu'il aurait âni par " succomber sous leur art homicide ». Sur sa demande, il reçut l'autorisalion d'aller ea Savoie respirer l'air natal qui hâterait sa convalescence, et Bouchotte l'engagea poliment à revenir dès qu'il pouiTaît. Doppet prit le ministre au mot. Lo 21 janvier, il sentit sa santé reuaitre, et il écrivit qu'il aurait bientôt assez do forces pour monter à cheval et paraître devant ses frères d'armes, qu'il retrouvait à Perpignan du braves et intelli
MILKAUD BT SOtIBRAST 15r
ciers, ses compagaons à Marseille, à Lyon i.'t à Timlnu. I-o ministre fit la sounle oreille. Doppet se tourna vers Dugommier : s'il gardait encore la chambre, assurait-il, il avait asso2 Jo loisirs pour surveiller l'ailministration de l'arniée, Tces cordialement et comme en s'exciisant de l'avoir remplacé, Dugommier accepta la proposition de Doppet : « L'amour de la chose publique te dtSvore, je suis fier do te ressembler. Les relations et les connaissances que tu as icqaises dans cette armée te mettront à même de m'aider louTcnt; instruis-moi de ce qui pourrait m'échapper, et andis que mon devoir m'appellera à l'esH-rieur, fais-moi »ntiaftre ce qui peut être utile à rintérieur. » Mais la lirection d'une armée doit être unique. Des difficultés no tarlèrent pas à s'élever, et dès le mois de février les reprélotiints priaient le Comité de subordonner Doppet à Dugomier ; le salut de l'armée exigeait que l'autorité fCit entre e» mains d'un seul ; quel autre moj-en d'établir l'ensemble, .'uniformité, la rapidité des mouvements? Quelque temps Bprès, ils arrêtaient que Doppet irait commander la division ïeCerdagne'.
Ces représentants, nommés le 22 décembre, c'étaient Mîlhsiid et Soubrany, tous deux intègres, actifs, braves, éneriques, prêts à partager les fatigues et les périls du soldat, Kls deux exaltés, s'intitulant de vrais sans-culottes montaoards, s'effor(;ant, selon le mot. du temps, d'ôlectriser par eup chaleur patriotique la région pyrénéenne, résolus à irapper les traîtres et à déporter à cent lieues dans les pri- 8 de l'intérieur ou à livrer au tribunal révolutionnaire luiconquo leur paraîtrait désirer le succès de l'Espagnol et iiompromcttre la sûreté do la frontière, commençant chacun s leurs arrêtes par ces mots : murlatix tffraiis, paix aux
94; — Dugummi^r h Duppet,
DUtiOMMIEU
pfiiplfs, et lo terminant par celte formule : ph-it^senl lottl /es f^oiivernemenfs ennemis dv rhumanilé et assassins de A nature.
MillianJ, le plus fongueux et le ])lus violent des dei avait alors, et comme s'exprime son collègue Casaaiiye! tète ti-ès inllamniaijle. 11 a\ail voti^ la mort du roi en disai que la souveraineté de la nation est au-dessus de la s rainette du peuple, qu'une nation n'a pas le droit de fair grâce ans. t^Tans et que si la peine de mort n'eiiistait \ il faudrait l'inventer pour le despote. Des missions \ furent confiées : à l'armée deiJ Ardennes oti il suspend! nombre d'officiers accusés d'incivisme et à l'armée Rhin. Il no se borna pas eu Alsace k parcourir la fruntièi et à réconforter lo soldat. 11 se vantait d'avoir loiiché s crainte à la graine d'épinards et d'avoir par Irois fois épui l'élat-major. A l'entendre, il avait emprisonné ou exterminé presque tous les conspirateurs, mettant lu terreur à l'ordi-e (lu jour, établissant un tribunal révolution u aire qu'il char-j geait de « détruire la cupidité » des Straabourgeoia, envo, dans les cachots de Dijon tout l'état-major de la gard nationale, ordonnant d'arrêter les riches fanatiques, nifitai^ l'égoïsme des aristocrates et leur arrachant l'argent qu'il refusaient, faisant, selon ses propres terines, une révolutionnaire dans la campagne et exigeant quatre millia des propriétaires qui n'allaient pas à la messe consUtutioi nolle, puisque cette messe était alors un « thermomètre q faisait reconnaître les amis rie la Révolution ». retour à Paris, il se signala pai- ses motions au club des jac< biiis. Il proposait de transférer les suspects dans des dépai tements éloignés de leur domicile, d'incarcérer jusqu'à I paix les officiers destitués, d'engloutir dans les Ilots de ] mer tous les contre-révolutionnaires que le Comité i sftreté générale regardait comme dangereux à la liberté " Il faut, disait-il, que la Fraii'-o lance sur des vaiss
MIUlAXtD ET SODBRAKT J!l»u
lonrl>e impure îles ennemis de rhumanité et que la fcnuire
[nationale les engloutisse tous dans le fond des mers; voiiiis-
Iaods de nos foyers toutes les bourlies inutiles, tous les
îrpents liberticîdes qui déchirent le sein de la. patrie et
Kpr^îpitons tous nos ennemis dans le néant. PéntHrons-noiis
B<de cette grande vérité : quiconque n'est pas pour le peuple»
■«st conii-e le peuple et mérite la mort. Marat, l'ami du peuple,
i dit avec beaucoup de raison que, pour l'affermissement do
ftla liberté publique, la massuG nationale devait faire tomber-
adeiix eeut mille tètes ! •>
Il tint presque le même langage ji Perpignan. Le 2 février,
club, il ilériarait que lu France se divisait en deux
Bdasses : la première, celle des montagnards; la seconde.
• des modérés et des feuillants; mais i-es vils égoïstes
n'échapperaient pas à la tempête, ils seraient atterrés par la
foudre des patriotes, par une loi salutairç ainsi conçue :
K La race des méchants ne doit pas exister dans la société
{des hommes libres'. "
Il prit le prénom républicain de Cumin — de même que
j général Doppet prit celui de Pen'onclie, le général Pey-
îelui de Myrte, le général La Barre, celui de Piocbe.
[TadjuJant-général Cossou, celui de Zinc, l'adjudant-général
■'Bon, cebii d'Apocyii- — et, comme Saînl-Just, il afficha
■Taustérité. Dans un de ses derniers arrêtés, du 29 ai)ù(, il
i. a. ViJal, 111.261:— .tff.».. réinipr.. XVII, **3; XVIll. 3S0. iU, 439.
ceduli pluTidae t1 île In SociéU- n^gt'Dérfe de Perpigoiui.
S. C'est ainsi qu'un trouve, au liatailloD des Veageur», les rnpitttines
lomorin Delbrel. FrAne Aussenac, Coclileuria ttelbrel, le sous-lieuleDOiil
ic Ixarl et lu servent- major Coriandre felit. C'esl ainsi qu'on reocuuln
il 1« légion allobrope le» adju liants- ma] ors Tonneau liarbler et fivolik*
lO^reyle, l'adjudimt soua-lieuleniknl Fr^ne Rceal. le cliîrurgien Nci||»
' I, el lei capitaines Hnmarin Busial. Romarin Dur. Apocyn Uauuui,
■Apocjm t/iquel, Frêne Jnnet, Frêne MnrioQ, Cerise Tnrliz. .I.Tsrnin 'Juliirt,
liOgnée Royer. Pierre il chaus: Dubuisson. Le 11 [< \ri< i 1T:<ï I> '"mit.:
^voie six êlere» de la patrie, Erable Lagencleur, l]>'rinnl Allu. K.rïili.:
I, Cerici^r l'iombnri. ."Joisotler Foulberl, Col/a ■-■t-"illii - m innir n hbomloirc de l'iidininiilntlion des nrini:« purlaltvcâ Kli'. .luUiu, J>L
disait que les întorèLs de I.i Rt-publique ne devaient êtrt confiés qu'à des mains pures et incorruptibles, que lei hommes dont la conduite était immorale sous l'anci^fl régime ue pouvaient être les vrais amis du peuple, et iî'l ordonnait que U)Os les fonctionnaires de la République qui 1 avaient avant ta Révolution fait une banqueroute frauduleuse ou commis des tictcs d'improbité, seraient de^tituéS'j 3ur-le-i^hamp et chassés des comités révolutionnaires.
Il aimait le f^oldat <<t après la session il se fit soldat. LeJ métier convenait à son tempérament actif, audacieux, iufartl tigable. Durant sa nûssion aux Pyrénées-Orientales, îll n'avait pas ménagé ses forces. Lorsqu'il partit au mois da'J septembre, il dut se reposer trois semaines à .\iuillac : l».l travail et les bivouacs avaient altéré sa santé, ses JambesV étaient enflées, et il se consolait, écrivait-il, en pensant que la garnison espagnole de Bellegarde mourait de faim <.
Soubrany, ancien lieutenant de di-agons, commandant de la garde nationale et premier maire de liiom, député à lai Législative, puis à ta Convention, avait voté la mort du roi« sans phrase aucune, par un simple oui. Commissaire da^ l'assemblée h l'armée de la Moselle, il avait démêlé tes fri*| punneries de plusieurs agents des subsistances, et avec Man~9 ribon-Montaut, représenté Cnsline comme un traître donifl^ le seul talent était une jactance insolente. Dnnt, sincère, ardent, il laissa do profonds regrets à ceux (pli le connais- I saient de près. Dugommier louait raustérîlé de ses phn-J cipes et son extrême bravoure qui lui faisait toujours rechep-ij
I, ArrMi^s -les l.'i *t 20 fructidor; — Milhniul nu CniiiKé, 5 inpl. (Arcb. 4 nat, AFii, 360). An sortir Ac la Cnnvenlînn. Milhnud. o'nyanl que vingt- J neuf uns, ^lait tro|) jeune pour Rpparlonir au Curps Itgîslnlil. Il entra itnns rnriii^e. On sup)iota qa'il avait ttù n<iuim# lu 'J nmri llui l'apltaine nu ]>■ changeur* A cheval, rt lo iâ juillet suivaul clief d'«9i;a<lri>iis an 20- regiuimt de lu même arme, el le IS Janvier 11%. il fui TBit chef d« liri(i;uilc Ju l' ilraicuD* ' il devint diviiioniiHlra et un ita aoi plui brillante généraux de cavalerie [Tliouma», Ita 'iriinai l'noatitru du prtmiêr , Hm/iirf. Il, II9-IS3J.
MILIIAUD ET SOL-BIUNT 153
cher les périls. Le chef d'état-tnajor Lanier déclarait qu'il avait téinoigoé le plus vif intérêt à l'armée et contribué grandement h ses succès. L'armée le chérissait; elle parla longtemps tie sa vaillance extraordinaire et de ses visites au camp où il passait, les mains croisées derrière le dos, devant le front des bataillons; lorsqu'elle sut qu'il avait péri sur réchafaud, elle onit que la Révolution succombait avec lui. Mais durant sa mission, de tristes pensées assombrirent parfois l'héroïque Soubrany. Il était noble et il poursuivait les nobles, invitait les soldais à dénoncer les officiers nobles. Quand il apprit que le club des Jacobins rejetait irapitoj'ablemeut les ci-devant, il s'irrita, se désespéra. « Ne devaiton pas excepter de ranalhême les hommes qui n'avaient jsmais " dévié », jamais cessé d'appartenir aux sociétés populaires ? Était-ce sa faute s'il (irait son origine de cette caste n infernale •it N'avait-il pas, dès 1789, mérité laliaine (les aristocrates? « Me voilà, s'écriait-il, confondu avec l'écume de la nation, que la fermentation de la Révolution repousse de son sein! Cette idée fait le toumieut de ma vie! » Et c'est jioiu-quoi Soubrany redoublait de zèle révolutionnaire; c'est pourquoi il combattait avec une sorte de fnreup tout ce qui tenait ;\ l'ancien régime'.
Les deux représentants se défiaient de la population pyrénéenne, et dans leurs premières lettres ils tra<;;)ient un effrayant tableau du pays : égoïsmo, mauvais esprit, étroites relations avec les émigrés et les prêtres déport.és, les habitants plus Espagnols que Français; presque tons les fonctiounaires liés avec l'étranger et leurs parents servant dans l'armée de Ricardos; les autorités constituées n'agissant qu'avec indolence ou perfidie ; une foule de gens projetant do livrer le Midi aux Castillans ; le peu[)le refusant de recevoir jes assignats ; les ouvriers no travaillaut pas U moins de
;, Ut Oei-
S, cr. H, Dotiioi, nii
tli»n MûHlayiinriU, 117
il Clauiel, lu sept. (A. U.).
dix livres par jour et à coculition il'ttro payés en argL'iit. Aussi demandaient- ils au Comité et aii grand club de Paris une centaine de bons jacobins pour » mettre au pas les aristocrates H et (1 évangéliser " le département'.
Ils maintinrent Pfr[iignan eu <^lat de sièpc. Ils ordonnèrent, le 11 janvier, que tout individu iiui n'était pas domicilié à Perpignan depuis un an. quitterait la ville dan» les vingt-quatre heures, et que tout citoyen qui désirait y rester serait tenu de se munir d'une carte civique délivrée par le Comité révolntiounairo sur l'attestation du club ào Bon pays et visée par le commandant de la place. Ils firent une » rftUe " de tous les pareuts des fédéralistes et des. émigrés. Ils envoyèrent au Inbunal révolulionnaire de Paris. "Vaquer, ex-maire de Perpignan, Sérane, l'ancien président, et Fabre, l'ancien vice-procureur-général syndic du département. A leur avis, la nécessité commandait de guillotiner tous tes meneurs du fédéralisme ainsi que la moitié des gens suspects et de déporter le reste sur la cùtc d'Afrique. I^ mesure était inexécutable, et ils se contentèrent, selon le mot de Soubrany, d'élre sévères sans être sanguinaires, <• La ville entière do Perpignan, disait plus tard Soubrany, avait trempé dans le fédéralisme; si j'avais été sanguinaire, si j& n'avais pas distingué l'erreur du crime, trois cents bons sansculottes, qui nourrissent aujuurd'hui leur famille du fruit do leurs travaux, victimes d'un système oii on les avait entraînés sans qu'ils y compnssent rieu, auraient laissé des veuves éplorées et tlea enfants au désespoir. Leurs cbefs seuls ont été frappés". •>
i. Mon.. 15 r^vrier; - lier, AiilarJ, X, flO!). il XI, 241.
a. Wiillon. lliil. <lu Tn/i. ,-êr.. IV, 4%; — Mec. Aulsrd, X. fidll-rMO; — n. Dooiol, Dix-veuf Ulh-e» ilr Souhrany, fi». — AjdUlom qu*-, peailant iu» Uilhaud et Soubrany étnicnt k l'armée, h la Un d'avril et nu rommencdmeol lie juin, ils Turent remplarca A Perpignan par Cbnudron-llnussau. Ce reprêsentanl catsn le clul) Et le rénriraniia, le rég^ncrn • «iiivant les principes rrvolulionnnires»: il ^pur.i les nitminislrntioni? ; il an'i'la tin-
MIl.HACD ET SOUBRANT 137
Milhaiid et Soiibraiiy sd rappolaient la mission de Sainte Just et (le Le Bas à l'arméç ctti Khin; ils répétaient que la frontière des Pyrénées était dans une situation plus critique «jtie la frontière d'Alsace après la prise des lignes de Wissembourg, et Milhaiid avait vanté aux Jacobins, dans la séance du 21 novembre I79.'ï, les services que Sainl-Just et Le Bas rendaient à la France dans le Bas-Rhin et à Strasliourg. Ils prirent les mêmes mesures que Saiiit-Jnst et Le Bas; ils tinrent les mêmes discours, employèrent les mêmes exprossiims, et Bouchotte, les félicitant de leur chaleur patriotique et de leur fermeté, assurait que leurs efforts, semblables à ceux de Saint-Just et de Le Bas, auraient d'aussi heureui résultats. " Tu seras vengée, s'écriaientils en phrases à la Saint-Just dans une proclamation aux soldats, tu seras vengée, brave armée des Pyrénées-Orientales; c'est sous tes yeux, c'est là oft le crime s'est commis <)oe des exemples terribles de justice doivent satisfaire la vengeance de la Hépubliqiio. Les traîtres, les Iftchos, les frïpous seront jugés révoluliounairemeut et fusillés à la tête des camps <l »
Comme Saint-Just et Le Bas, qui avaient érigé le tribunal militaire de l'armée du Rhin en commission spéciale et révolutionnaire, ils convertirent, par un arrêté du IS janvier 179i, la commission militaire do Perpignan en irihunal révolutionnaire : il fallait, écrivaient-ils, affranchir ce tribunal de la lenteur des formes et lui imprimer le mouvement de la Révolution, lui donner une célérité d'opérations qui
t^nanla-buit personnes suspectes de rt'déralisme, et livra l'un d'eux, Eicalit alui. au tribunal réTolutionnnire qui le condamna i mort (Il^c. AuImU, XlJi, ni-na; XLV. 93 el *G9',.
t. Bouchotle aut représentante, SI janv. [A, G.}- Remarquons que, le 3 janvier, sur In proposition de Billsud-Varenue, la Convention arait dtCtUè que les généraux condamnÉs par le tribunal rOvolutionnaire ■ertïent exécutifs à la t A le de rarmée ipi'ils auraient commandée : c Si Custine, disait Billaud, avait Hê supplirié h Int^te île l'armée du Norl, peut-être serions-nous niaintcuant dans la Belgique. »
UUGOMMIKR
effraj-erait les iiialvoillanta ; il fallait sauver l'armée et le ilépartenieut par une sévérité républicaine, rfitidre l'énergie aux troupes par le supplice de ceux qui les avaient trahies. Lp tribunal, composé de cin(i membres, jugerait révolutioniiairement tous les délits militaires et autres; il siégerait au quartier-général, et lorsque les chefs de l'armée comparaîtraient devant lui, il tiendrait audience dans un pavillon dressé exprès au centre du camp et nommé le pavillon de la Justice*.
Le tribunal ne satisfit pas Milhauil et Soulirany. Vainement ils le stimulaient, le menaçaient; il était à leur gré trop indulgent. Enfin la colère les prit. Le tribunal avait rendu deux jugements, l'un qui mettait dos émigrés hors de cause, l'autre qui condamnait à la déportation et non il la mort un capitaine Fortet. Les représentants aimuléront les deux arrêtés et décidèrent de supprimer le triltunal. " Nous allons, mandaient-ils au Comité, former une nouvelle commission composée de braves sans-culottes, qui fera guillotiner dans moins de deux décades tous les généraux perfides, les fripons et les égoïstes. Le tribunal ne veut pas juger révolutionnairoment; il sera lui-même jugé comme '■oiipable d'indifférence à punir les traîtres! >■ Le 17 février, ils le cassaient et le jetaient en prison, parce qu'il avait, selon leurs expressions, trompé l'espoir des sans-culottes et trahi la caus'e populaire par une lenteur criminelle et une fausse application des lois. Trois jours après, ils instituaient un nouveau tribunal militaire révolutionnaire : cinq juges, Miltié fils président, Forestier, Guinard, Belliard, Carbonel, un accusateur public, Ricord fils, et un greffier, Dessaîi'. Le tribunal exauça les vœux des représentants. Il condamnait le mars à la peine capitale le capitaine Fortet, qui