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convaincus de dilapidation, payèrent de fortes atnendeM D'autres, soupçonnés do friponnerie et de malTeillancaJ furent menacés de la guillotine. Les préposés d'Albi élaieiM accusés de poser les fourrages k vue d'œil; on les averUfl qu'ils réponJaicnt sur leur tête do la moindre négligence off malversation: u Dénoncez-nous, écrivaient les représentantaj aux clubîstes d'Albi, dénoncez-nous les scélérats qui entraventi chaque jour les opérations militaires'. » j
Les deux députés ne se contentèrent pas d'encourager 1m soldat et de lui recommander d'être '< plus jaloux de la tenuas Je ses armes que de son amante ». Ils défondirent ii tout] militaire d'entrer dans les charrois et ordonnèrent qu€â tiuiconque solliciterait de l'emploi dans cette administration serait regardé comme suspect et emprisonné jusqu'à la paixM Dès leur première visite au camp, ils avaient remarqué peBH d'orilre et d'ensemble; ils déclarèrent que les officiers seulsétaient coupables, qu'on s'en prendrait personnellement aux officiers seuls^. Par des arrêtés rigoureux ils rétablirent la discipline. Los officiers qui ne lisaient pas à la troupe le Bulletin de la Convention et les proclamations et lois qu'ils recevaient, seraient destitués et transférés comme suspect» dans les prisons de l'intérieur. Un grand nombre d'entre eux, oubliant leur devoir, quittaient leur poste pour se divertir dans les villes ; d'autres se faisaient envoyer au dehors sous prétexte de régler les affaires de leur corps ou de hâter une confection d'uniformes, et Chatcauneuf-Iiandon s'étonnait de voir tant d'officiers » promener et prostituer leur oisiveté ». Sur l'ordre des représentants, nul ne put sortir du, camp qu'avec une permission bien motivée du général chef et nul ne put entrer à Perpignan sans une carte signi
MIMIAUI) ET SOtIBRANY
du(roniiiiissa!reuri!i)niiatetirrititliigcn('^ralilivisiiiri!iaire..Si.Tait fusillé comme dL-aerteiir tout officier qui dérouclierait Imr» ilu territoire que sa dîvisioa occupait. Fusillé, le g^iiâral ou l'officier qui, dans l'instant du combat, ne paraitruît pu» à la tèle de sa division. Fusillé, l'officier ou le soldat qui jetterait ses armes devant l'Espagnol. Fusillé, tout homme qui chercherait à égarer et â décourager les défenseurs de la République par des propos inciviques. Fusillé, tout offlcit'r qui, par sa négligence, laisserait surprendi-e un poste aviiiict-. Fusillée, la sentinelle qui fuirait sans avertir. Fusillé, coinnu' complice dos ennemis de l'État, quiconque communiquerait avec les vedettes ou toute autre personne sur le territoini compris entre les avant-postes des deux armées. Fuiiillé, quiconque abandonnerait son corps pour se livrer au pillagu ou à l'ivresse au lieu de poursuivre l'adversaire. Les républicains, disaient Milhaud ot Soubranj, imiteraient-ils <> ccb hordes de barbares salariées par les despotes et traînant »]trw elles la dévastation et tous les crimes dont les roÎK at' faisaient «n jeu »? Et ils exhortaient les futurs libérateui'c de la Catalogne à ne jamais s'écarter de leurs drai>eaux "pw l'appât d'un vil butin », à se rappeler que la cliauioién! «lu pauvi*e est « un asile dont ne doivent jamais apprudwr i^ horreurs de la guerre ", â << respecter les préjugée "iljfiiM" des peuples'. »
Les chaussures manquaient. L'armée lei oui pu* I'^mb^ du 9 mars. Tous les souliers passablement U/Wsemelle étaient mis en réquisition et versés auî ■ de Perpignan. Le citoyen qui n'avait qu'iinp p;-"- ■ la remettrait à son district et la remplaci-i Si les souliers étaient neufs, ils seraicui maxhnum ; s'ils avaient servi, au prix d ««tuui.
conque n'nbéirait pas dans les vingt-quatre heures à C6l arrètj^ serait puni d'une amende de mille livres.
Les départements affectés à l'approvisiumiement de l'armée des Pyrénées-Orientales ou, selon l'expression du temps, l'arrondissement, la division de l'armée, étaient la Lozère; l'Ariège, les Pyrénées-Orientales, l'Hérault, le Gard, l'Aveyron, le Tarn, l'Aude et la Haute-Garonne. Les représentants leur rappelèrent que leur premier devoir comme Ifr premier intérêt de tous les bons citoyens était l'approvisionnement de l'armée, et ils défendirent aux autorités et adminis* trations sous peine de mort d'envoyer ailleurs qu'a l'ai-mée des Pyrénées-Orientales leurs grains et fourrages ainsi que: leurs armes et munitions. L'année précédente, en Ix>rraine, Souhrany disait que sans les i-e|>résentants l'armée de la Moselle n'edt jamais été suffisamment ravitaillée et pounuft des choses nécessaires; il put dire pareillement, en 1794, 'lue' sans lui et Milhaud l'armée des Pyrénées-Orientales n'aurait pas eu de vivres'.
C« qui manqua surtout, ce furent les fourrages. Lainei^ écrivait qu'un génie malfaisant entravait ce service et Dugommier jugeait qu'il n'y avait pas d'administration plus coupable que celle-là'. Du commencement à la fin de leur mission les représentants ne cessèrent de rendre à ce sujet arrêtés sur arrêtés. Ils ordonnèrent, le 16 mars, que tout propriétaire de trois chevaux ou mulets, tout propriétaire de foin enverrait aux msgasiua de l'armée vingt-cinq quintaux de foin aussitAt payables, sous peine d'être emprisonné à Perpignan et condamné à mort dans les vingt-quatre heures, comme « complice du despote castillan ». Le même jour, la département de l'Aude, dont les approvisionnements étaient considérables, recevait ordre de verser cent mille quintaux
1, (11. D.), Dir-Nfuf lellre» de Saubrany. 28.
2. Unier A Périguon el (i L'tubsl, 31 mai; — DugommiiT à Un 31 juillet lA. G.].
MILIIAUD ET SOUBRANY 177
de froment, et quand arrivèrent de TAin et de la Saône-et- Loire des foins de médiocre qualité, les représentants pres- <:rivirent que, puisque la prochaine 'récolte s'annonçait favorablement de toutes parts, les cultivateurs ou propriétaires qui possédaient trois chevaux ou mulets livreraient vingtcinq quintaux de bon foin contre autant de mauvais foin. Le 12 juin, ils arrêtaient que les agents nationaux recenseraient après la récolte les foins, pailles, luzernes, avoines et autres ■espèces de fourrages ainsi que les chevaux, mulets et bestiaux employés à la culture dos champs, qu'ils feraient après la coupe du blé battre, fouler et vanner le froment, le seigle, Torge et verser incontinent tous ces grains dans les magasins militaires, à condition que Tagent de Tadministration des vivres les paierait sans délai et tout en réservant aux propriétaires la quantité nécessaire à la consommation d'un mois. Puis, Tétat des magasins de l'année précédente empêchant d'attendre l'effet des mesures édictées le 12 juin, ils ordonnaient, deux semaines plus tard, que l'Aude, la Haute-Garonne, l'Hérault, le Tarn, le Gard et la vallée d' Aran fourniraient immédiatement trois cent mille quintaux de foin et cinquante mille quintaux d'avoine. Ils déclaraient que tous ceux qui résisteraient aux réquisitions des autorités constituées, qui commettraient la moindre négligence dans l'exécution des ordres donnés pour la levée de la récolte ou qui refuseraient de travailler au prix du maximum, seraient regardés comme ennemis de l'humanité et punis de mort. Lorsqu'ils apprenaient que les biens nationaux, notamment ceux des émigrés, étaient dans un tel abandon que l'herbe des prairies pourrissait sur pied, ils enjoignaient aux corps administratifs de faire tout couper, tout récolter, tout emmagasiner, et ils les autorisaient à requérir les ouvriers indispensables.
Les moyens de transport étaient insuffisants, et Dugommier avait l'àme révoltée en voyant des fourrages pourrir
nS BUQOMMIBB
faute de charrois sur le port do Narlmiitie et ailleurs'. MÎL haud vint à Narbonne où étaient de grands dôiiftts de ^^vra^ et do fourrages, et lu arrêté du 29 jaii\'ier régla le servicfl des charrois. Chaque canton fournirait uni? chairette à délies, attelée de trois chevaux complètemont harnachés ( conduite par un chairetier dont le canton répondait. Cliaqtid commune dont la population était divisée en sections, livrerait autant de voitures qu'elle avaitde sections. Ces roitureftse rendraient k Narbonne le 17 février au plus tard. TuutsJ personne qui serait coupable de négligence ou qui s'opposerait à l'exécution de l'arrêté serait regardée comme suapecld et enfermée jusqu'à la paix.
D'autres arrêtés suivirent. Le 5 février, les représentants^ ordonnaient de construire cent voitures à quatre roues,.} d'acheter quatorze cents mulets, vingt dans chaque distriiit, 1 et de fabriquer autant de harnais. Ils décidaient, le 12 juin, T que les conducteurs de charrettes chargées de fourrages met-^ traient cinq jours pour aller de Narbouno à Pei-pignan et de Perpignan h Narbonne, Le 8 août, lorsque les transports do fourrages qui venaient de l'intériour ne pouvaient suffire, ils invitaient au nom de la patrie les citoyens qui avaient des charrettes, chevaux ou mulets, à consacrer une jouniée au servicede la République, et.leSlaoût, Suubrany requérait les < citoyens du district de Caste hiaudary, qui possédaient iintf' charrette avec chevaux et mulets ou bien une voiture i bœufs, de transiwrter à Carcassonne des grains et des fourrages Il pour un voyage seulement n.
Les représentants durent recourir à des mesures semblables! pour assurer, outre le service des charrois, les services dflg l'artillerie et des ambulances, C«s trois services avaient prî des chevauxà louage, et beaucoup de bêtes, infirmes ou vielt lies, louées néanmoins à très haut prix, consommaient inuti
. Dugommier i DouchoUe, il février (A. G.).
lûiiient le foiirragp île la KépubUnue. Milliaiiil etSouljrany arrÈtèrent, le 9niars, d'acheter tous les chevaux valides et de rendre les autres dans les vingt-quatre heures à leurs propriétaires. Quatre mois plus tani, le "31- juillet, ils ordonnaient B<aux tUstncts el aux municipalités de leur fournir des moyens
B transport pour évacuer avec célérité lea soldats malades on blessés et traîner l'artillerie : ils avaient laissé, diisaientils, passer l'instant do la moisson, et ils pensaient que rien ne •'opposerait désormais à l'exécution de leur réquisition.
B^lin ils résolurent fort sagement de suspendre l'amalgame des volontaiies avec les troupes de ligne. C«lte opération se faisait ou plutftt s'essayait presque partout; mais ^ir la frontière d'Espagne elle eût été inopportune, et, X>mme dit l'agent Hardy, elle causait beaucoup de troubles
l de dif^cultés. Les mouvements qu'elle exigeait auraient désorganisé les divisions déjà prêtes et retardé l'attaque |ttï>jetée par Dugommier. Lorsqu'au l'ommencement d'avril Hiâteauneuf-Randon, qu'un décret du 8 février avait chargé
■) l'embrigadement aux armées dos Pyrénées-Orientales et occidentales, vint au quartier-général de Perpignan, il trouva 'année entièrement formée, exercée depuis deux mois à ircber aux ennemis, présentant la pUis <• belle tenue, la ^us grande discipline et le plus grand courage. " Ainsi que Dugommier, ainsi que Milhaud et Soubrany, il jugea très âaiigereux de toucher à cette armée parfaitement constituée et d'y chapger quoi que ce fftt dans l'instant oii elle ■'ébranlait el se disposait à porter des coups vigoureux. H Les mouvements nouveaux que nécossîterait l'embrigade- Ment, écrivait Dugommier an Comité, nuiraient sensiblement Inx divisions déjà bien établies. Les officiera qui y comnandent, connaissent les troupes à leurs ordres; ils en sont lEonnus, et le déplacement inévitable de l'embrigadement renverserait cet avantage. Peut-on encore, sans compromettre le succès de nos armes, détourner l'attention du sol-
liât et de l'officier qii ne voient on ce mnment que le combaS^ pour les occupei' d'un intérêt différent? Est-il même possible d'eïécuter l'emhrigadement au milieu des marches et contremarches auxquelles l'arniée est appelée à chaque instant? Non, ce n'est pas au milieu des combats qu'on peut organiser, c'est dans les cantonnements et loin de rennenii. •• Deux demi-brigades, la 39" et la 147', avaient été formées is. l'armée des Pyrénées-Orientales ; elles furent les seules. Les sept régiments de ligne, qui n'avaient chacun qu'un bataillon, et les bntaîllons de volontaires ne furent pas amalgamés, ils furent simplement complétés'.
Pour opérer ce « complément >i, Dugomniier et les représentants, IVlilhaud, Soubrany, CliÂteauneuf-Randon, n'exé^'^M cutèreat pas l'incorporation immédiate des batailloiriiH destinés par la loi a. remplir les anciens cadres. On sait que les jeunes gens âgés de dix-huit à iiingt-cinq ans et appartenant à la levée des 600.000 hommes ou de première réquisition, avaient été formés dans le chef-lieu de leur| département en bataillons de neuf compagnies. Quaml lei premiers arrivèrent à l'armée des Pyrénées-Orientalei ils apprirent qu'ils étaient dissous et que tous les bommi qui les composaient devaient être, sans distinction de gradft, incorporés dans les vieux bataillons. Ils ae f.lchêrent: Us* entendaient rester ensemble entre gens du même pa.vs, ainsi que les volontaires d'autan, et bien que la Convention eftt menacé de les traiter comme émigrés, s'ils tentaient 86 soustraire à la loi, un nombre considérable regagnerait^ leur département. On laissa les bataillons tels quels Qj disait Dugomniier, ils étaient, les uns, presque nuls, et U autres, incomplets. C'est pourquoi, lorsque de nouvet
I. Hsrdy à BoucUotte, £9 déc. ; — Dugomniier au C'ttnilv, 13 avril t 16 ocl 1 — lellre de Umer 18 mors. (A. G): — Dec. Aulanl. XII. ei3 el SM C'est ainsi que Uiilet, reprise iitnnt aux armées ées AriIeaDes el d« b Moselle, pensail qu'il serait plus avaatngeux. de renvoyer à la Ûa de b camp&gae l'opiralioa de l'eubrigadamcnt (Rec. Autard.XIII, 3j0].