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porséculé. Los patriotes députaient alors à Paris Crassous de Mêdoiiii, dont Dugommier louait le civisme sincère et les talents supérieurs. Ils adjoignirent Dugommier à Crassous, et le chargèrent de porter h l'Assemblée nationale leurs réclamations et doléances, de solliciter instamment « un noureau mode de gouvernement inaccessililek toutes sortes de despotisme ». Derechef ils rassuraient de leur reconnaissance, d'une reconnaissance que « leurs enfants suceraient avec le Lut, " et ils comptaient que Dugommier confondrait ses ennemis et ses envieux, que le Sénat français saurait rendre justice au patriotisme de leur grand concitoyen et lui donner une récompense méritée. " La mère-patrie, disaient les patriotes de Saint^Josepli, s'empressera de vous démontrer sa gratitude ■■, et ceux du Vieux Fort Lolive ; « la cause qu'il va défendre est celle de tout honnête citoyen et colon, l'As- »emhlée nous le renverra triomphant ».
Dugommier partit. Il était temps. Le 25 juin, de laPointeà-Pitre, un ami le priait de se mettre on sûreté : l'animosité do ses ennemis avait atteint le dernier degré ; ils étaient « capables de tout ■• pour se venger de lui; ils offraient une somme considérable à ceux qui le livreraient.
Il emmenait avec lui trois do ses fils, l'aine, le cadet et le troisième, ainsi que son fidèle serviteur,le nègre Patoche. On prétend que Béhague essaya, cette fois encore, de l'enlever au mépris du droit des gens. Malevaux, capitaine de la Cali/pso, courut à la Dominique, Ji la rade des Roseaux, oh un navire de Marseille, le Bon-Père, commandé par le capitaine Janaoulin, devait prendre Dugommier et ses enfants. Dugommier, averti, se jeta dans un hateau anglais ; il rejoignit Jansoidin dans le canal d'Antigua'.
Les troubles des Antilles avaient mfiri Dugommier. Certes
1. Cf. Pinerni, 12B, 138. 743, 162 et U lin du Mémoire de DuBomoiier non reproduite par Pineau (ndreascs au nombre dclrcUe); — Yauclieict, 300-302.
il eut (Igs torts
p[ qui n'en a tlans des leuips orapnix.
lorsque les esprits vivent dans une flèvi'o ardente?
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ses discours
bellion, <' Les soldats des réginifîDts de la Guadeloupe et de la Martinique, disait-il, n'étaient pas révoltés. Us ne l'étaient pas plu3(iue tous les niilitaires citoyens qui, depuis le premier jour de la liberté, ont refusé leur confiance à des chefs ennemis de la lït'votution; ils ne rotaient pas plus que les armées qui vont attaquer les Damas et les assemblées de Coblonz. Une insurrertion n'est point une révolte ; c'est toujours un arte légitime, c'est rexjercice du prcmior des droits ot le plus saint des devoirs ; c'est le soulèvement d'un peuple contra Tautorité illégitime' ! »
Mais il avait passé par des épreuves qui le trempèrent et le préparèrent à lutter et k vaincre sur un plus vaste théâtre. Il avait exercé le commandement ; il avait conduit «ne masse d'hommes assez confuse et indisciplinée; il avait tour h lour soulevé et calmé les passions populaires. Les habitants de Saint-Pierre louaient en lui une " chaleur ficonile 11, qui les avait consolés dans les revers; cette n chaleur ". Ongommier la développa devant Toulon et au pied des Pyri'-ni'Gs. On peut dire qu'il s'iHait formé sur le sol de la Martinique au grand iiitio (\\\il devait jouer on 1793 et en ITUi, et il avait déjà tout ce (|U'iI fallait à cette époque pour mener et manier unearméo révolutionnaire. 11 avait nièmo acquis une prudence ([ui lui était jusqu'alors étrangère. La dêfaitu de l'Acajou lui apprit à se mettre en garde. Chabrot lui ropnicliait de s'être - engagé sans précaution et par une ardeur iuc«nsi<lérée dans un détilé embarrassé d'ab.itis ". La leçon ne fut pas perdue pour Diigommier, et peut-être est-il tombé d'un extrCmo dans l'autre : il était entrepreniinl, téméraire, aventiu-cus : il devint avisé, circonspect, précautionneux.