‹ Dugommier, 1738-1794Chapitre 5 sur 102 · I. Mémoire de DMgomujicr Pineau, ISO · texte numérisé non relu

I. Mémoire de DMgomujicr Pineau, ISO

LES ANTILI.BS .11

Dufïoiiimier n'a jias roviila Martiiii'(iie ni la Guadelnupp, , s'il allait, connue s'exprimait sou frère, lier le roman do la rie au ilramo inachevé do la Révolution, s'il allait con- >.qiiârir ]a gloire, il ne reconslltua pas sa fortune déjàsîroinpromise. II comptait, prAce à l'argent qu'il omprunteraii en France, relcror sa surrerio : les denrCtes coloniales étaient dans la métropole u à un prix fou ", el quelques années sufiïrai(>ut pour " le mettre au large ". Mais, s'il avait un exceliont mandataire, digne de toute confiance, le négociant Lan-iveau, il arait un gérant, un n géreur ■<, du nom de Caiiii.r, ']ui lui causa do très grands ennuis. Cauliy, vif, ardent, eïalté, pensait à la politique et uou aux caoi\cs à sucre; ÎI fallut le remplacer. M"' Dugonimier, qui demeurait ■chez sa mère à Sainto-Anne, vint s'établir dans Tlialiitation, et sa présence augmenta le désordre : Larriveau dut, pour WDTrtverà Sainte-Aune cette femme acariâtre et toujours exigeante, lui servir une pension, payable par quartiers, de rinquante uitit-des au de dix-sept cents francs, et lui dnnner deux: négrîlluiis ; il dut même, pour satisfaire les rréancit-ra de Dugommier, vendre la propriété des Trois-Kivièrcs. terre et vigne, ti un M. Urindeau, et M. Brindoau jugeait (|u"il avait .. acheté ce bien iiorriblcmeut cher '>.

SoHvent, très souvent la penséo de Dugommier, penrlaut son séjour eu France, se reporta vers les Antilles, vt-rs roux qu'il y avait connus, vers ses compatriotes dont il désirait le bonheur. Lorsqu'au siège de Toulon il priait le ministre do loi envoyer Richoufftz et Pélardv, il se rappelait ses compagnons d'armes de Fort-Rojal et de Saint-Pierre qui, comme lui, avaient lutté contre les planteurs et subi les rigueurs de Damas et de Béhague : " Je connais ces officiers pour d'excellents républicains, écrivait-il, et j'ai pu juger de leui's talents en Amérique, oti ils ont seni avec moi. » Du quartier général du lioulou il mandait à une Martiniquaise, la citovennc Marguerite Micoulin, dont le frère

«tail prisonnier des Anglais, ([ii'il s'olTorrorait de faire rpsser la captîvîlo de ce patrirtte, et il attestait que Micoulin avait constamment professé les Itnns principes et tenu la conduite d'un vrai républicain. Il nomma Verdun chef en second du 5° bataillon île cliasseiir» ; ce Verdun avait ^'té -chef du bataillon des volontaires soldés de la Guadeloupe et, «lisait Diigommior, » la victime des contre-ré vol titionnaires ». Neuf jonrs avant sa mort, il marquait au capitaine Félix qu'il gémissait avec lui sur les malheurs des colonies et qu'il ferait son possible ponrque la Convention rcconnfit les sacrifices des patriotes des lies du Vent. Il obtînt pour Vauchol un hrevetpi-onsoired'adjudant-gcnéral chef de brigade et il l'emmenait devant Toulon, l'emmenait aux Pyrénées, l'envoyait en compagnie de Despinoy traiter de la capitnlalion avec les Espagnols de C-oUioure'.

1. VnuchclM. 301, 303 tt 361: — Pineau, r.U; — Diigomiiiipr a Dourhollr, 1 d(-c. (193, et aominalionJe Verdun, 13 sepl. 119», (A. G,) HichoulTU. i^npihiiiie d'arlillerie d^tuchii aux Iles et plus tard cli«r dti bitUillun. mort •II' SI'- [Hlik'ues GD 1796, dit ds lui-même qu'il ét&il un des Uépûrtés et iiuo riin l'ivisiue et la Lardiesie qu'il avait montrée en bravant l'arislarrntie crjloniule el en préchant le palrlotisiue b «a troupe lui « méritaient bien îles égarda ». PËlarily. le futur général, lieutenant en IroiiiËme au rfigiment «l'artillerie des colonies, avait Tait la campagne de ilTA en Uelgîque et, aprts avoir été nommd capitaine, il étût employé comme sous-directeur <lc son arme à Lorient, quand Dugommier le demanila au ministre, Félix, capitaine de cbnstFurs au régiment delà Martinique, s'était rallié aux Pierrollns, et tl avait refusé d'obéir fi Damas qui, le tj octobre 179t, lui urdonnait d'aller a Sainte-Lucie. Cl au de-l^ace \aui;hot, né en 1750 à Faucogney(liaute-SBÛne),s'établitdB bonne lieure à la Martinique et il connut Dugoramier dès HIH au siège de Sainte-Lucie ; lui aussi, après avoirperdu saTortune et vu son habitation incendiée, s'était réfugié en France: Dugommier, a-t-ii-dit, a pincé enQn, non pas sans grandes protections, m'a rappelé cl je lui ai prouvé dans toutes les occasions mon attachement h lui elà la République '•; il avait quitté depuis un mois l'armée des Pyrénées-! Irien taies .ivec un congé de convalescence lorsqu'il nppril la mort de Uugomuiier; il ne fut pas réemployé, malgré mourut le 39 avril 1817 k Fnucogney.

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