‹ Dugommier, 1738-1794Chapitre 42 sur 102 · Dugommier û AugereAu. îi juin (A G · texte numérisé non relu

Dugommier û AugereAu. îi juin (A G

qu'il reçoive doux roui» de feu, il no (iiiiltc l'arlioii que lorsiiirellM est finie. Au 19 mai, k l'affaire do la Fonderie qui lui vaut le grade d'adjudant-général chef de bngade, et le 13 aoflt, à la journée de Saiut-Laureot de la Mouga, il est iiu de ceux qui contribuent le plus puissamment au succès. Le 17 novembre, à la Montagne Noire, il guide l'avant-garde. et le 20 ou il est blessé, les représentants Delbrol et Vidal le nomment général, parce qu'il" s'est signalé par les traits de bravoure les plus éclatants ".

Mais le plus remarquable des lieutenants d'Augereau et, avec Angereau et La Harre, le plus populaire de tous les généraux de cette armée, c'était Mirabel. 11 avait servi pendant quatre années au régimerit des dragons de Languedfic et il était j)eseur au bureau des douanes d'Agde lorsqu'il fut nomme par les représentants du peuple lieutenant instructeur de la cavalerie nationale du Gard et de l'Hérault, puis capitaine instructeur de touLe la cavalerie nationale cl de l'artillerie légère de l'armée îles Pyrénées-Orientales. Il déploya çur les champs de bataille de 1793 une bravoure extraordinaire. Dans l'espace de cinq mois, il reçut quatre blessures :1e 19 mai, un coup de feu à la jambe; le 17 juillet, uu coup de sabre à l'épaule; le 29 aoftt, un coup do sabre k la iHe ; le 17 septembre, un coup de sabre k la main. Devant Perpignan, seul contre sept cavaliers espagnols, il en avait tué deux, démonté le troisième et mis en fuite les quatre autres. A Peyrestortes, c'était lui qui, au galop de son cheval, avait porté les ordres de Caasanyes et de Fabre ii la division Goguet. Aussi devint-il avant la fin de l'année commandant des llauqueurs à cheval, et le 23 décembre, Bouchotle, reconnaissant qu'il ne cessait de se distinguer, lui envoya le brevet de général. Nul, même Augereau. ne l'égalait eu ardeur belliqueuse et en flamme martiale. « Je ne le parle pas, écrivait-il le 13 mars 1794 à Bourliotte, de ce que pi-oduira le zèle des généraux

sans-culottes ; ils feront leur devoir ; ce iiiôt ombrasse tout. 11 Les représentants no s'exprimaient sur son compte qu'avec admiration. « Nous l'avons connu, disaionl Milliatid et Souhranj, sous les rapports les plus avantageux du n?publicanisme et du courage, » Aux jours de bataille, il se multipliait, on le rencontrait partout, et les Espagnols, qui ne voyaient que lui dans la méléo, le prenaient pour le g<^nér,'il en chef. Lorsqu'il mourut. Dugommier lui paya un juste tribut de regreta, Ses soldats l'enterrèrent dans le camp avec les plus grands honneurs au pied de l'arbre de lu Liîjertc, et ils l('moignèrcnt leur douleur d'une façon naive et toucJiante dans un procès-verbal qui recueillit un nombre considérable de signatures : i< Ami sincèr" du soldat, aussi prompt à l'obliger que zélé défenseur de ses droits, il sut toujours lui rendre justice et lui servir de père; aussi a-t-il emporté au tombeaulea larmes de ses frères d'armes, et ils ont cru, par ce faible narré, donner à ce brave homme des marques de leur estime et de leur attachement. " Les liabitants du jiaysoù il faisait la guerre, s 'étaient pris pour lui d'une vive sympathie; ils le nommaient, à cause de sa moustache, le général Moustachou, et la mémoire de Mirabel vécut longtemps dans la vallée de la Mouga. Il avait relevé de ses mines la chaumière d'un jeune et panvre ménage de La Guardia ; le soir du combat oii il périt, dans la gorge de Terradas, la femme qu'il avait secourue alla prier et pleurer sur son cadavre, et plus d'un dumi-siècle plus lard, lorsque, vieille et infirme, elle montrait à un Français l'endroit où Miraljel était mort, elle s'agenouillait ot de nouveau elle priait en pleurant pour sou liioiifaileur'.

Comme Mirabel, plusieurs gûaôraux ilo cette armée devaient mourir pour la pairie — non' i>as ;t l'armée des

1, Duitamiiiier à Auj^'ercau, l^ \n>ùl{\. U.J; — Fervul, 11, l$5-13li.

Pyrénées-Oricutalea, Tnais à l'armée d'itiilie — c'étaieiit'J lîanel, Beyraiid, Causse, ChadeL, Point, Robert'.

Baiiel, ancien sergent au régiment ilo Vintimille, chef^j 4i'un liataillon de l'Aude, s'était fait reniarrjner dans la cam-' pagne de 1793, an combat d'Orle, à la bataille de Pevres— 1 tortes, à la reprise de Villelongue. II périt, en 179(i, il l'ai- J taque du rhàleau de Cussaria. C'est, disait Lamer, un liomme 1 plein d'ardeur qui, à la tète des avant-gardes, rend et rendrai d'inappréciables servi(^es; et Pérignon le tenait pour un des^ ofâciers les plus valeureux de la République, pour un d»M ceux " avec lesquels on ne peut que vaincre ", parce qu'il j s'était <( distingué partii-nliérement dans une infinité d'ac-J lions ».

Beyrand, ancien soldai de lîassigny et de Tuuraine,capî-fl taine au 2' bataillon de la Vienne, alors ndjudanlrgénéral,* devait, après avoir décidé du combat do I,odi, suc^îomher &■ Castiglione, en menant sos soldats à l'attaque des hauteurs;,! les représentants Delbrel et Vidal le nommèrent général itM la fin de novendirc 1794, à cause de sa bravoure éprt et, ajoutaient-ils, de sa grande application et dos vues trèaj saines qu'il avait toujours montrées.

Causse, ancien sergent-major au régiment de lîoulonnais,,! promu lieutenant et adjudant-major par la Révolution, alo lienteuant-colonel du l" bataillon du Mont-Blanc, reçut ( 1796, à Dego, une blessure mortelle. Pérignon a dit de Ivà ■qu'il était excellent officier et servait avec un zèle et UIU exactitude dignes d'éloges.

Charlet s'était signalé, dès 1782, comme sergent au régïl ment de Penthièvre en sauvant ses compagnons naufrag< sur la cAte de Cadix, et il mourut d'un coup de feu à la tèti en pénétrant îi Loano dans les retranchements ennemis.^

l. Voir «ur ces génernui (tous généraux de bri(!aile i l'ewcplio Chirlct. général àe ilirision depuis le 23 déccintire iW.ij, le livr J. Cbanivay, les Génërauj' morli jioar la pairie, {•aniai.

L'ARMËE DES PlTtÉNÉES-ORIK.NTALKS 200

"L'agent Hevesi le notait bon militaire et Diigommier rendit tominage à ses kilents. Cliarlet, écrit Pérignon, « a donné plusieurs fois des [>reiives de son expérience à la guerre, ■cl il remplira toujours ses devoirs avec honneur et à l'avantago de la Ropulilirjiie. "

Point, adjudant de Roy al-Chara pagne cavalerie, chef du 2* bataillon du Mont-Blanc, gémirai de lirigade depuis le mois d'oftobre 1793, fut tué en 1798, dans les AbruKzes, au pont de Popoli.

Robert, garde-française et vainqueur de la Bastille, alors adjudant-général, fut, à la fin de 1794, général de brigade, -et U devait tomlicr au pont d'ArcoIe, en poursuivant les Autrichiens. Augereau disait de lui qu'il avait déployé constamment du patriotisme et du courage, et Pérignon, qu'il «lait capable de bien mener une brigade.

D'autres fifficiers de cette armée, destinés h la gloire, ne furent généraux que plus tard : liessières, Dessuix, Destaing, Duphol, Lannes, Papin.

Bessières. capitaine des grenadiers de la garde nationale •de Prayssac, sa ville natale, avait servi dans la garde constitutionnelle de Louis XVI. Mais nul n'était, en 1793 et en 179t, plus jacobin que lui. Il assurait qu'il avail, durant i*!!! séjour k Paris, assidûment fréquenté le club : n Je n'étais, écrit-il alors, jamais plus content que lorsque je -«îégeais dans son sein. " Au sortir delà garde constilulionnolle, u s'enrôla dans le bataillon de la section de la Fontaine de Grenelle, et au 10 aofit, il marcha contre les Tuileries. Adjudant sous-officier dans la cavalerie de la légion des Pyrénées, il se signala par ses motions à la Société populaire d'Anch et s'attira, dit-il, la haine de Ramel, son chef d'escadron : « Ramel était le plus scélérat et le plus trailre de tous les conspirateurs; il m'opposait son autorité, j'opposais mon patriotisme et une conduite irréprochable ; il a péri surl'échafaud, peine due à ses forfaits; j'ai le bonheur

de servir encore la patrie. » Envoyé à Toulouse pour hâter la confcclion des miiformes de la légion, il alla, sur l'onlre du représentant Cliaudron-Roussau. arrêter le giroiulin Dardignac.et il se vantait d'avoir opéré cette arrestation » malgré l'insolence et la supériorité d'un parti effréné et ariatiH' cratiquo ». Employé à l'armée des Pyrénoes-Orieiitales, élu par ses camarades sous-lieiitetiant, puis lieutenant, puis capitaine de la cavalerie légère de la légion, devenue la 22' chasseurs, il fut adjoint de l'adjudant- général Quesnel et, durant trois mois, du représentant Beauchamp, qui lou* son zèle et sa connaissance des détails <.

Dessaix, qu'on a surnommé le lïayard de la Savoie, Dessaix, Idessé naguère devant Toulon, au 21 septembre, lorsque Delahorde essaya de prendre l'Éguillette, était alors chef de la légion allobroge, et il a glorifié dans ses lettres seulement l'enthousiasme de ses hommes pour la Képubliqu9 et la haine de la tyrannie qui se gravait de plus eu plm dans leurs cœurs, mais le dévouemeutde toute l'armée et 1^ courage qu'elle montra pendant les campagnes de 1794 de 1705, privée de solde, réduite à la deiiii-ratiou et siippur-' tant les privations sans se plaindre-.

Destaing, neveu lie Dolzons, était procureur h Auriîlac, sa ville natale, lorsqu'il entra comme lieutenant dans le 1" do Ciuital. Élu bientôt chef de bataillon, nommé par Soubran.^ et son compatriote MUhaud adjudant-général chef de hrigadâj il passait pour un excellent républicain : Carrier disait qu'l était camarade de Destaing en Révolution, qu'il avait avet Destaing et Mllhaud consolidé dans le Cantal le régne de U liberté. Lamer u'aimaît pas Destaing et ne lui reconnaissait 9 talents ni morahté. Mais Dugommier le jugeait aussi instruS que !)rave, et Périgriun déclarait qu'il était valeureux et rem-

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