‹ Dugommier, 1738-1794Chapitre 43 sur 102 · I.ARMÉE RBS PYRÉNÉES -ORIENT Al · texte numérisé non relu

I.ARMÉE RBS PYRÉNÉES -ORIENT Al

plissait bien ses fondions. Destning se distingua surtoitl au iège du fort Saint-Elme; blessé d'un éclat de bombe au loignel droit, il refusa de quitter le bivouac. Il ilevait être ■ruinu en Egypte général de brigade pour le courage dont 1 fît preuve à la bataille des Pyramides et général de divinon pour les grands ser%'ices qu'il rendît à l'armée d'Orient, dais il périt tragiquement, le 5 mai 1803, dans un duel oii ieynier était son adversaire.

Dupliot, ancien sergent au régiment de Vermandoîs et idjudant-major au 1" bataillon du Cantal, alors adjudantgénéral, sauta le premier, à la bataille du 20 novembre 179t, lans la redoute de Notre-Dame del Roure.

Lannea, capitaine de grenadiers au 2' bataillon du Gers, ïTaît été blessé, le 7 décembre 1793, dans la surprise de Ifïllelongue, et bien que sa plaie ne fût pas fermée, il avait jnitté l'hûpital pour prendre part, le 19 décembre, à la reconquête du plateau; c'était lui qui commandait l'avant-garde

I la première colonne ; il avait avec Latorrade et Gariu allié ses compatriotes du Gers, et il déploya tant de bravoure i les représentants Gaston et Cassanyes le nommèrent lept jours plus tard chef de brigade. « Il a bien voulu, disait l'Aoust, se trouver à l'action malgré une blessure ouverte. « Laiines devait se distinguer dans les campagnes suivantes, et ie chef d'état-major Lamer lui rendait ce témoignage en juin 1795 : >■ Il a donné depuis le commencement de la gueiTe [es preuves de la plus grande valeur et l'exemple des actions

s plus intrépides et les plus sagement combinées; tout ce ]u'on peut dire de lui est inlîmment au-dessous de ce qu'il mérite. »

Papin est moins connu. Pourtant, dans les campagnes des Pyrénées, il joua son bout de r/jle. Lieutenant-colonel du B* bataillon de la Gironde, il reçut des habitants de Iiordeau.t,

1 patrie, pour sa conduite en Cerdagne, un sabre d'honneur wec cette inscription : au hravr Ptipîn, et ce fut lui qui, dans

l'expédilkin liirigée i>ar Uoppet, fit enfoncer les portes (i Ripoll. Passé à la division de droite smis Augereau, il commanda les chasseurs à l'avant-garde, devint adjmlanlgénéral et refusa, cornino Grézieu, le grade de général de brigade. Il quitta le service après la paix ; mais, rovaliaUfl de cœur, il conspire, et le 14 (lécembro 1805 il est condanidfl k mort par la commission niilitairfi de Nantes pour avoir fait partie d'une agence anglaise (|ui travaillait dans l'Onest à renverser le gouveruemeut. Papin sV-tait réfugié eu Amérique. Louis XVIII le nomma maréchal de camp'.

Avec (le pareils clicfs, l'arniée des Pyrénées-Orientaleij une fois reconstituée, pouvait espérer la victoire, Avadj l'arrivée de Dugommier, elle était, selon le mot d'Augereau»^ dans un élat inconcevable de découragement et d'abaissement.] Dugommier avait ranimé sa confiance et lui avait redonné d^ cceur. Sous l'inHuence du nouveau généralissime, qu'elle cori naissait énergique et attentif, sous l'impression des terriblM exemjdes qui? les représeulants avaient statues, elle a'étal transformée. Elle sentait la nécessité d'une discipline ferm de cette discipline que les volontaires (lu camp de l'Unioj qualifiaient, en 171)3, de chaîne et d'une chaîne bonne au plw pour les esclaves du tyran de Castille. Doppet avait dîtï que dans cette armée, au moment de l'attaque, tout le roondb voulait commander, que chacun proposait ce qu'il fallait l'aire et que rien ne se faisait; on savait désonnais qu'un seul homme commandait, qu'un seul homme décidait de ce qu'il fallait faire. Un agent du Conseil exécutif vantait la tenue de la division Augereau : supérieurs et subalternes contents les uns des autres, les soldats aimiint leur fusil et s'exerçant avec i^ële, toutes les tentes alignées et garnies de paille, pas une ordure dans les rues, chaque bataillon ayant son poteau auquel est attaché le bulletin de la Convention,

1. Pdpin, nomaié maréchal de csmp le 1" février isn, cil Agen la 5 août 182:^.

LARMÊK DES PYRÉNÉES-ORIHNTALKS 213

une graiiilp (larlio de la maison où loge Augereaii convertie I hôpital de convalescents qu'un sergent dirige sans qu'il en coftte un sol à la Héiiubliqne. n Par une discipline sévère, rapiKjrte Augereau, et par les soins les plus constants que je me donnais pour l'instruction du soldat, je parvins à rendre dons la sujte ma division respectable à l'ennemi et un objet d'émulation pour tous nos frères d'armes. " I! en était à peu .près de môme dans les deux divisions Pérignon et Sauret. Les témoignages simt unanimes sur l'entrain des troupes, Bur leur obéissance, sur leur patriotisme. Mirabei informait Bouchotte que l'année n'offrait plus nu aspect affligeant, que l'ordre et la snltordinatiim qui régnaient faisaient présager les plus brillants avantages : " L'avant-garde est le modèle de 'toutes les vertus militaii'es ; avec des soldats libres, courageux et disciplinés, on vient à bout de tout. » Dessaix iScrivait à la même date que l'armée avait Ironne figure ; * elle est dans les meilleures dispositions; nous avons des généraux sans-culottfts, dignes des soldats qu'ils ont l'honneur * commaniier, et avec eux on est sur de la victoire ». Dans une lettre du 10 avril, Miihaud et Soubran,v annonçaient à la ionvention que l'armée était régénérée et pourvue de tout, oe son excellente organisation et son ardeur premettaient i triomphe, que jamais troupes n'avaieut été mieux tenues pi plus républicaines, qu'officiers et soldats montraient la 3 valeur, le même amour de la patrie, la même " frateroité philanthropique ». Lamer marquait que l'année désirait 16 battre, qu'on ne pariait de la liberté qu'avec enthousiasme dans tout le camp, que i< les sages arrêtés des représentants L l'active vigilance du général en chef avaient heureuse- Inent introduit et maintenaient la discipline >'. Dugominier rovait l'impatience généreuse do ses bataillons, et il n'hésitait pas à leui- dire : « Patience et constance, camarades, il BOUS manque encore quelque chose pour un plein succès! » urs années plus tard, l'interprète Pontet évoquait ainsi

les souvenirs de la campagne commençante : « Dugommier visitait souvent son année et lui inspirait cette énergie patriotique, ce brûlant courage qui animaient son âme. L'armée en était imbue. Elle avait le sentiment de ses propres forces. Nos camps offraient un spectacle terrible et bien consolant en même temps ; toutes les vertus semblaient s'j' être réfugiées, la tendre amitié, une confiance entière, le désintéressement le plus absolu, un dévouement sans bornes à la cause de la liberté* ! »

1. Mémoire d'Augereau, 18 septembre; — Hardy à Bouchottc, 17 février; — Mirabel à Bouchotte, 13 mars ; — Lamer à Ricord, 19 avril: — ordre du jour du 12 avril ; — Mémoire de Pontet (A. G.) ; — ReviUiod, Portraits et Croquis (1882), I, 158 ; — lettre des représentants, 10 avril, Mon. du 19; — Doppet, Mém., 253; — un des meilleurs bataillons était le 3* bataillon de TArdéche, « fort de 1.100 hommes, bien armé, bien équipé et composé d'une très belle jeunesse » (Lettre de Lamer, du 6 mars).

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