PAG0I3ERT
a février 1793, à deux heures du matin, il partait de rEscarène avec 1.2CK3 hommes, franchissait le col de Hraus, attaquait Sospel, et, après un couibat le six heures, pénétrait dans la ville où il capturait 300 Autrichiens avec cinq «fficiers et le major Strasoldo: " L'événement, rapportaît-îl, est d'autant plus glorieux qu'il a été obtenu sur des troupes aguerries, sur les régiments de Belgiojoso et de Uaprara qui ont combattu les Turcs. ••
Une semaine plus tard, lorsque les bureaux du ministère lui annoncèrent que sa promotion au grade de maréchal de camp ne pouvait être confirmée, il éclata. " Quoi, écrivait^il à Beurnonville, parce qu'il aura plu aux Sorvan et aux Paclie de combler la mesure et d'appeler à ce grade des personnages qui n'étaient pas nés lorsque j'arrosais de mon sang les plaines de l'Allemagne, j'en serai privé, moi qui depuis trois mois en fais les fonctions, j'ose dire avec distinction! h El il rappelait Sospel. ses blessures, ses dix campagnes, ses quarante-iieuf années de service; il menaçait de demander à la Convention l'annulation des nominations prononcées par les derniers ministres pour que chacun fftt mis à sa place selon son ancienneté et ses actions de guerre.
Sa promotion fut confirmée. Depuis Sospel, il n'avait cessé de se faire remarquer, s'emparant de Lantosque et de Belvédère, tenant la route de Tende, sur les hauteurs de Braus, avec dix bataillons choisis, prenant part à l'heureuse attaque du col de Pérus.
Envoyé à l'armée dos Pyrénéey-Orientiiles, il commanda l'avant-garde. Le 19 mai, au Mas-Deu, il eut un cheval tué sous lui, et lorsque le centre céda, il fit un habile changement de front, repliant la droite, prolongeant la gauche, opérant de la sorte une manœuvre qui sauvait le camp et favorisait la retraite de l'artillerie, lassant par son opinifi- Iretè les Espagnols qui n'osèrent poursuivre les fuyards, et les représentants, jugeant qu'il s'étail conduit en héros, lui
doiiui?rent. le graiîe provisoire de générnl divisionnaire. A la bataille dite de Perpignan, le 17 juillet, au soir, il assaillît le village de Canohès, et FÈclto des Pyrénées vanisiit sa bravoure audacieuse: mais il faillit compromettre le succès do la journée ; il s'était avancé trop loin dans la plaine, et sa troupe se débanda pour n'être pas enveloppée par la cavalerie ' .
Le 7 août, les représentants le chargeaient de secourir Montlouis et lui conféraient le commandement do la frontière depuis Olette jusqu'aux sources de la Garonne avec le pouvoir de requérir les gardes nationaux des départements de la Haute-Garonne et de l'Ariège et des distrii-ts de tjuillan et de Prades.
Il se montra digne de leur coiifianco. Le 2R aodt, au matin, il chassait les Espagnols du col de la Perche. La colonne de droite demeura immobile. La colonne du centre, composée de braconniers montagnards, s'enfuit dès le commencement du combat. Une colonne de niiqnelets, qui devait tourner l'adversaire, resta ventre à terre dans les bois. Mais la colonne de gauche, que Dagohcrt et son lieutenant Poinsot animaient de leur énergie. Rt une charge vigoureuse ii la baïonnette en criant : Ça ira, nous vous tetwns! Elle prit le camp des Espagnols, leur artillerie, leur bagage; elle nul mémo pris, si Dagobert avait eu cinquante hommes rie cavalerie, tout ce qu'il y avait d'ennemis.
Le lendemain, 29 aofit, sans tirer un coup de canon, Dagobert entrait à Puycerda, à lîellver, et poussait, en longeant la gorge de la Sègre, jusqu'à trois lieues d'Urgel : en vingt-quatre heures, il avait, comme il disait, remis sous le drapeau tricolore la Cerdagne française et conquis la Cerdagne espagnole.
Il ne voulait pas s'en Icnir là, etle 3 seplendtre il allait.