‹ Dugommier, 1738-1794Chapitre 47 sur 102 · DAGOBERT 2M · texte numérisé non relu

DAGOBERT 2M

incertaine ". Le ministre tîiV-ida que Gogiiet ue serait plus employé aux Pyrénées-Orientales et lui fit expédier une lettre de service pour l'armoe ilu Nord'.

Dagobert triomphait. Il fut réintégré, le 31 janvier 179i, par le Comité tle salut public et renvoyé à l'armée qu'il ve- . de qiûtlor. Avant de partir, il avait soumis à Camotet à Ciarrau^ un plan d'opérations que ces deux (.■onveiitiorinels avaient aduiiré.

Il disait que les Rocnaius n'avaient f;iit sortir Anniîial d'Italie qu'en portant la guerre sur le sol de l'Afrique, et il proposait, pour rappeler le.-» Espafjnols sur leur territoire, d'envahir la Catalogne par le point le plus facile, par le point M indéfendu >• de la Ccrdagne et par le col de Tosas dont l'accès est aisé. Pendant que l'armée des Pyrénées-Orientales tiendrait Hicardos en respect et l'inquiéterait sur sa droite en attaquant Collioure avec la plus grande vigueur, un corps, composé d'hommea lestes, irait jeter la terreur au centre de la Catalogne ei, dans une expédition aussi lucrative que glorieuse, mettre à contrilmtion les villes et les bourgs entre les Pyrénées et l'Élire, enlever le trésor, les grands chandeliers d'argent massif et les es-voto de Notre- Dame de Montserrat, faire ses dévotions dans Saragosse h Notre-Dame del Pilar. N'esl-il pas certain, remarquait Dagobert, que les Espagnols auraient bienti'it ordre d'évacuer le Roussillou pour venir couvrir leur propre puys? Il assurait de réussir s'il avait dix à douze mille hommes d'infanterie, six cents dragons et hussards, douze piècea de4 et autant de canoneltes^.

1. Goguet k nouchotle. 11 nov. et nu Comité'. Ilj dee.(A. G.).

2. Cf. Itec. Aulard, XIII, 148. — Gnrrau, di-pulfi de in Gironde, svnil Été eaTojf, en 1192, avec LamarqueelCBrnot.dsjK les dëpartemenlt voiains dea Pyrénio»; de Ih l'amitié qui l'iinissail ô Uamot et l'allcnlion qu'il iiortnil A cette froDliire. Il devait itre de nouveau commissnlre, d'aburd A Ver- ^^lUin, puis h rurmée tle» Pyrénf'es-Occi dentales, et assister en ci^tte qaaJilé i la prise de la Tonderie d'Orbnlcet.

3. Plan de cauip.igne, sigai^ Dsgoberl et dnté de Paris 21 pliis'iâse an It (A. G).

Eiitraim^ p.'ir (îarraii ft Carnot, le CoiiiHé de saliil. publîoj approuva !e plan île Dagobert et an-êta. le 12 mars, qu' « corps (le 12.(')00 hommes de troupes d'élite armc'es à la lé-^ gère avec fiOO chevaux serait tiré de l'armée des Pyrénées* Orientales et iTiis tout de suite Ji la dispusitioii du générî Dagobert ' ".

Diigiimiiiicr, qui sepréparail ;i frapper les envahisseurs aoj cœur mf'me de leurs quartiers, ne put cacher son déplaisirj lorsqu'il sut le projette Dag;ol»ert et la décision du Comité J Il consulta sur-le-champ Milhaud' et Soubrany. Devait-fl exécuter sans délai et sans réserve l'onlre du 12 m attendre de nouvelles instructions? Évidemment le Comiti^ ignorant la situation, •* ne pouvait connaître tout le vice d cette mesure ». Le général écrivit au Comité. Commenâ donner à Dagobert 12.000 fantassins et 600 cavaliers n'avait que 18 à 20.iX)0 hommes disponibles en premièn ligne ; lo reste était sans armes 1 1 sans nulle cxpérienct S'il obéissait M'arrête, il u'auraitphis que 7 à 8.000 liommef et dès lors serait-il assez fort pour attaquer l'ennemi, sel<M le désir du Comité, de front et sur les flancs? Non; l'cxécHiî tion " rigoureuse et subite » de ce plan exposerait l'armé^ dos Pyrénées- Orientales et lo territoire qu'elle devait prot$ ger. fia diversion conseillée par Dagobert était bonne et " biei vue '■; mais ce n'était qu'une simple diversion, et il i fallait pas que l'armée de Montloms eflt le rftie prépondérant 1 autrement l'armée principale n'avait plus qu'à tenir Pm piguan et k garder la défensive. Dugommier ajoutait qt^ sou plan, à lui, était fait avant qu'il reçût l'arrêté, qu*! tAcherait néanmoins do plier ses moyens au projet Comité, mais qu'il fallait tout d'abord battre l'Espagne dans le Roussillon. » Dagobert, concluait Dugommie] reconnaît hii-méme la nécessité de gêner ici Teone^

. hoppet, Méin., 203.

par quelque coup houroiix avant de rien entrejireinlre ailleurs »'.

Sur les instances de Dugoniniier et des représeiitjinls, Diigobect consentit à n'exécuter son dessein qu'a[]rès le grand mouTcnient que Diigommier nn^-ditail d'opi-rer dans les derniers jours d'avril; <i i-e monieut. Dagoberl irait cotipt'r aux ennemis leur ligne de reiraile dans le Vallospîr et descendrait dans la vallée du Ter pour manœuvrer sur lea (leiTÏères de l'Esj agnol. Dores et déjà Dugonimier lui donna -deux bataillons.

Dagohert revint ii son quartier général de Puycerda. Mai» il brûlait d'en découdre. Dés le 31 mars, il écrivait au ministre qu'il allait se porter sur Urgel, que les représentants dn peuple avaient confirmé rarrèlé du 7 anfit par lequel leurs prédécesseurs le nommaient général en chef des troupes cantonnées entre Olette et les sources de la Gai-onno. 11 oubliait de citer une phrase de Milhaud et de I Soubrany qui le faisait dépendre de Dugomniier : « entendent I néanmoins que le général en chef dans cette partie sera f toujours sous les ordres du général en chef de toute la I -division nûlitairc », et le 28 mars, c'était Dugonimier qui f lui ordonnait de se rendre dans le plus court délai à Puy- I *erda pour commander la division de Montloiiis et les forces I <jni y seraient envoyées^.

(^uoi qu'il en soit, le 6 avnl, lorsqu'il apprit qu'un de ses Lfloldats avait été haché en morceaux par des paysans, iDagobert, de sa propre autorité, ouvrit la campagne et, b. la ['tombée de la nuit, pour que le bruit de son expédition ne fStxt pas éventé, il entrait h Bellver.

Le marquis de Saint-Hilairc commandait à la Sou d'Urgel, } «t il avait pris des mesures de défense, renforcé ses postes,

t. Dugomniier auit représentnnU el e S. Dogobertà Doiicholte, Dl mars (A. <.

I Jtranjr Mt du Ï7 uisn iVH.

établi une reiloutc à MoiiteUa, Iraiisfêrt' k Orgiinya les \i6] luux et à Castel-Ciudad les vivres et les munitiuos. gauche élail k Vilella et âUès, son centre au Martinet, droite à Montella.

Comme l'année d'avant, Dagobert s'empaia d'abord Montella. Mais cette fois il essaya de caplnror la gari son. Son lieutenant, le général Cliarlet, qui disposait 2.000 hommes, dut balayer le pays de Vilella à Liés et apri avoir refoula la ganche des Espagnols, venir au pont liar leur couper le chemin de la Seu d'Urgel.

Le 8 avril, k une heure et demie du matin, Dagobert» avec 2.300 soldats, s'enfonçait dans la vallée de la Sègre et se dirigeait en silence, au milieu do la neige, vers Montella. Selon sa coutume, il marchait en tète de la colonne et, comme il dit, il se harassa tellement qu'il eut, la m suivante, mal de tète et mal de reins. A Taube, lorsque diane battait dans le camp, aprcs avoir évité tous les post< avancés, il tombait sur les Espagnols et leur enlevait un clin d'œil » la redoute, le bourg, 4 canons et 300 fusils. Ils mirent, en se sauvant, le feu au magasin à poudre qui sauta dans l'instant oii quatre artilleurs y entraient; un d'eux, nommé Maury, pria sou officier d'écrire h sa mère qu'il mourait en brave garçon avec les mots Vive la Héj ô/ii/iif sur les lèvres.

Si Charlet arrivait k temps, les Espagnols, qui n'avai< d'autre voie de retraite que te pont de Bar, étaient capturés jusqu'au dernier. Mais la marche de Charlet éprouva des retards infinis. Un de ses bataillons * alla prendre à Bellver, k seize kilomètres de lii, le pain qu'on avait négligé de lui donner à Bolvîs ; un autre n'avait pas do cartouches, et il fallut arrêter la tÉte de la colonne pour Oterdes cartouches

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) , Charlet avnil ntec lui le 2- des Pyrûm'et-Ori entai o, 1c 8- ilc l'Aiirte. la 1" vl le £■ de ta Motitagiie et un« rninpiignie de niiiiurlels ou cbosseun | du MuDl-Libre.

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