LE BOULOU
l'assaut. Pérignon, avare du sang de ses soldats, voulait attendre l'instant où les Espagnols, dont le nombre diminuait déjà, feraient leur retraite sur le Boulou. « Le poste, dit-il au représentant, a été assailli vingt fois dans la dernière campagne, et vingt fois nous avons été repoussés; dans une heure cependant je t'y ferai entrer. » Mais sans plus écouter le général, le fougueux Milhaud courut se mettre à la tête de 60 hussards. Pérignon dut donner le signal de l'attaque. A travers les balles et la mitraille, et, raconte uu témoin, au milieu du feu le plus animé de Tartillerie et de la mousqueterie,- les hussards, les grenadiers, les chasseurs — ceux du ?• bataillon menés par le commandant Rabié et le capitaine Cassan — franchirent ravins, abatis, fossés, et baïonnette croisée, sabre au poing, envahirent Montesquieu de toutes parts. Chamorin, le futur général, alors souslieutenant au 1" bataillon de THérault, sauta le premier dans la redoute. Les Espagnols qui survivaient, s'échappèrent, emportant avec eux Venegas, grièvement blessé. Quelquesuns toutefois tombèrent entre les mains des hussards*.
La Union avait dépêché des secours aux défenseurs de Montesquieu. 11 renvoya de Cérot au camp des Trompettes les 2.000 hommes du prince de Montforte. Mais Montforte n'osa dépasser le Boulou. La vue des masses françaises qui couvraient la plaine, Tintimida; il se contenta de détacher deux bataillons qui vinrent à mi-distance entre le Boulou et Montesquieu recueillir les débris de la garnison.
Dugommier qui s'était placé, pendant l'action, sur une éminence en avantdoBanyuls-del-Aspres, avait rejoint Pérignon. 11 félicita SOS troupes et annonça qu'il demanderait pour le brave Chamorin le grade de capitaine. Il fit relever
l. Mém. de RaudanI ; — témoignage rie Habié; — Dugommier au Comité, 30 avnl (A. G.) ; — Arteche, 331. Chamorin futblesséet refusa de quitter le combat pour se faire panser ; la Convention le nomma, le 8 septembre, capit&ine au 8- bataillon de la Côte-d'Or {Mon. du 10 septembre).
en h;\te les retranchenienls de Montesquieu vt tourner 1 contre les Trompettes-Hautes les pièces espagnoles. 0:1 rappela les deux brigades Lemoîne ot Quesnel, qui conati<« tuaient sa réserve : l'une renforça la brigade Martin, l'autrftl remplaça dans la plaine les F'rançais qui s'étaient établis i Montesquieu. Los 550 chevaux que commandait le général^l Quesnel se joignirent devant tes Trompettes-Basses à laM cavalerie de La Barre. Enfin la brigade Victor fut mise u la disposition de Pérignon.qui i-éunit ainsi sous ses ordreal les deux tiers de farmée. Tout ce monde bivouaquai durant la nuit; un grand nombre de feux s'allumèrent sur l* versant des Albèros, et l'Espagnol, dit un officier, i< aenliil qu'il ne fallaïl plus penser à rentrer dans Montesquieu, «I Le désespoir de La Union était extrême : les Françaitfl occupaient les Albères, prenaient Montesquieu, tournaient le camp du Boulou, coupaient l'armée espagnole en deux tronçons ! Il tint conseil de guerre k Céret. Son ch.=f d'étatmajor ou, comme on disait h cette époque, son qnartier-J maître général, Thomas de Mf>rla, était un homme avis Dès le 29 avril, après le combat du Rîorol et de la Palméra,! il assurait que Céret n'était jas l'objectif des Français,! qu'Augereau tentait une fausse attaque, une //uiiint/n faha^M sans avoir avec hn beaucoup de monde, no mtic/Mm génie. Il proposa dans le Conseil d'attaquer directemenll Dugommicr : pen<lunt que la division de Collioure se foraita jour â travers la gauche de l'armée française, les troupei du Boulou et celles de Céret se réuniraient pour fondre sui Montesquieu. Ce plan, si audacieux qu'il fût, pouvait réussîfij et rouvrir aux Esimgnols le cliemin de Bellegarde. l'uniquoi' route qui restait à leur cavalerie et à leur immense matë-f riel de guerre. Mais la majorité du Conseil déclara qu'flt valait mieux se retirer par le col de Portell. Là-dessui Morla opina que la retraite se fit du moins par le VallespiC oii étaient les Portugais. Cette fois encore, le Conseil vot*J