DuguaiLDïer u
- Lauier a Desroches, S tuai (A, G.JtJ
COLLIOURK ET BELLEGARDE 273
Ces mouvements s'exécutèrent, mais dans le désarroi et la fatigue de la victoire, avec assez de mollesse. «Tout est lent, disait Dugommier, et il n y a de vivacité que dans les attaques. »
Chabert, qui longeait la côte des Albères, s'égara parmi les rochers et, lorsqu'il arriva le 5 mai dans la soirée au col de Banyuls, après deux jours de marché, une grande partie -de la cavalerie espagnole, 500 chevaux environ, avait fran- -chile défilé. La Barre n'entra dans Argelès que le 2 mai, au imatin : la garnison, qu'il croyait enlever, était déjà partie ^
Mais, dans Taprès-midi du même jour, Dugommier venait à Argelès et prenait sur-le-champ toutes ses dispositions.
Le commandant de CoUioure, sommé par La Barre de se rendre, avait répondu que le temps n'était pas encore venu. Il se nommait Eugénie Navarre et il avait le grade de maréchal de camp : homme brave, intègre, juste, pénétré <Ie la crainte de Dieu, et qui, selon le mot de Thomas de Morla, avait encore mille autres vertus, fantasque toutefois, indocile et ignorant. Mais il avait 7.000 soldats, 91 pièces -en batterie et de bonnes murailles^.
CoUioure à gauche, le fort Saint -Elme au centre, Port- Vendres à droite formaient un seul système de fortifications. Port-Vendres, entièrement ouvert du côté de la -campagne, avait un excellent port que ses batteries ne suffisaient guère à défendre. Le fort Saint- Elme qui séparait et dominait tout ensemble Port-Vendres et CoUioure, était un rocher à l'abri d'une attaque de vive force, et les Espagnols ne l'avaient eu Tannée précédente que par trahison. CoUioure possédait une enceinte bastionnée qui reliait deux forts situés à ses deux extrémités, le Château et le Miradoux ; mais ce qui valait mieux que cette enceinte, c'était le
1. Cf. Dugommier aux généraux, \*' mai, et à Doppet, 3 mai (A. G.;.