‹ Dugommier, 1738-1794Chapitre 59 sur 102 · Arteche, 341, note · texte numérisé non relu

Arteche, 341, note

camp de la Justice ou les ouvrages extérieurs : la tour et les deux redoutes en maçonnerie construites sur la hauteur de Las Forças, une suite de retranchements de campagne qui s'étendait jusqu'au puig Oriol, et le puig Oriol où s'élevaient deux redoutes.

Avant d'assiéger ces trois points, il fallait se saisir d» puig de Las Daynas. C'était do Las Daynas que se détachaient trois arêtes de montagnes, trois branches ou rameaux, l'un qui enveloppait Ck)lliouro et l'isolait de la plaine du Roussil- Ion, l'autre dont la pointe était couronnée par le fort Saint- Elmc, le troisième qui se terminait au cap Béar en laissant Port-Vendres à sa gauche. Pour empêcher lïnvestissement des trois places de la côte, les Espagnols n'avaient qu'a tenir le puig de Las Daynas, et ils pouvaient le faire d'autant plus aisément qu'ils avaient le double de monde nécessaire. Ils ne comprirent pas qu'ils résisteraient plus longtemps s'ils défendaient les dehors de leur position, s'ils occupaient le puig de Las Daynas, dont les rochers leur constituaient comme une seconde enceinte. Ils crurent inutile de s'établir sur ce massif qui semblait inaccessible. Garder le camp de la Justice, n'était-ce pas assez ? Navarro ne mit donc de rhifanterie et du canon que sur les hauteurs qui vont de la côte au puig Oriol.

Il comptait sans Dugommier qui se montra dans cette circonstance à la fois adroit et audacieux. Dans la nuit du 'Z au 3 mai, les 14.000 hommes dont se composait l'armée de siège, c'est-à-dire la division Sauret formée eu six brigades, partaient d'Argelès où ils s'étaient concentrés. La brigade Guillot ouvrait la marche. Il lui fallut pour aller d'Argelès au Mas Jordis, par un chemin étroit où deux hommes seulement passaient de front, une demi-heure ; du Mas Jordis au Mas Vergés un quart d'heure; du Mas Verges au Mas Rimbaud trois quarts d'heure. Puis, trompant la vigilance des postes du puig Oriol, longeant le petit torrent du Rave-

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nel et sa gorge tortueuse, elle monta en une heure par nu mauvais sentier au pic de Tailiefer, et de là (tesceuclîten un 4)uart d'heure au puig de Las Daynas.

Denx autres brigades, les brigades Micas et Pelletier, suivaient les traces de la brigade Guillot, Arrivées au puig Las Daynas, elles se dirigêreul par la crèle de l'arête Bur le col de Perdiguer, portant leur droite à la vigie de Bf-aret détachant un bataillon de chasseurs au col del Milg ■ et cinquante mlquelcts à la tour de la Massane qui domine toute cetterégion. Deux autres brigades, les brigades Causse *t Pinon, occupèrent le Mas Jordis et les défilés du Maa Frère jusqu'au pied des nionls. La sixième brigade, la brigade Victor, barrait ta plaine et fermait en avant du Mas Leclerc la ligne d'investissement. La cavalerie de Ia Barre en seconde ligne s'étendait dans la plaine d'Argelês.

Un li6ger ùcbec assombrit l'expédition. La brigade Micas devait, selon des instructions antérieures que Dugoramier ftrail ensuite annulées, prendre à revers deux batteries de Port-Vcndres qui défendaient au pied des hauteurs du cap iBéar l'accès du goulet- Elle fut reponssée. u Elle a cédé, disait Dugommier. à la démangeaison d'entrer à Porl- Vendres et elle a perdu i^uelquos hommes; c'est une leçon qiû lui fera sentir la nécessité de respecter rigoureusement mes ordres ' . "

Toutefois cette attaque téméraire jeUi l'émoi dans Port- Vendres. Cinq frégates et nombre de chaloupes espagnoles imouillaientâreutréeduport; malgré legros temps, elles mirent tussitât à la voile et plusieurs de ces embarcations furent nabraergées, avec ellea des émigrés de la légion de la

ine. M Une grande quantité d'hommes et de femmes et |Oaacoup d'émigrés, écrivait Mîlliaud, uni été engluulisdans

. Ordre du jour du 3

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les flots, et une belle Ijoinhanie chargi^e iJ'un mortier

Gomer a échoué sur notre rive', »

Enfiji la divison Saiiret interceptait loua \es défilés et nait entièrement les places de la cûle. « Voilà, s"6c Dugommier, ColUoiire resserré, et il est impossible k un chat espagnol de passer! » En une nnil, sur trois à quatre lieues de terrain, parmi des rochers que nulle troupe n'avait encore abordés, par une manœuvre aussi habile que hardie, Dugommier avait environné Saint-Elmo, Port-Vendres et CûUioure. Dans l'aprèB-midi du 3 mai, il venait avec Soubrany et son état-major s'établir au pnig de Las Dayni dans une méchante cabane de chevrier et partager, coramO' il disait, en cotte froide cahute, le bivouac de ses frères d'armes. Il donnait ainsi l'exemple de l'endurance. Pendant viugl-quatre jours, sans tente, presque sans abri, les troupes, gardant tous les cols par où l'ennemi pouvait s'évaderï allaient supporter dans les montagnes des pluies fréquoni et un froid rigoureux avec abnégation et, selon l'expi sion des représentants, avec une constance stoîcieni « Nous sommes ici, marquait Dugommier à Peyron, une montagne très venteuse, et je t'écris de la tanière d" renard; ce qui me console, c'est que J;; ne tarderai d'être un loup-. »

Sainl-Elme était la clef de la position ennemie et Dugotll mier dirigeait tous ses efforts contre Saint-Elme. Si SaiotS Elme tombait, disait-il, tout le reste tomberait. SainUElm^ c'était la redoute anglaise, c'étaient les Alberes: la redouta anglaise lui avait donné Toulon ; les Altitjre.s lui avaient donnéleBoulou,Céret et les postesenvironnanls^Suint-Elme lui donnerait Porl-Vendres et Cfllliouro\

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lai;- Vidril, 111,231.

2, Dugnmmi

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