‹ Dugommier, 1738-1794Chapitre 60 sur 102 · Dug..a.ini · texte numérisé non relu

Dug..a.ini

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mai (A. il.).

COI.UOL'RE KT BELLEOAHUE jT?

Construit en forme d'étoile à six pointes autour d'une ancienne vigie. le fort Saint-Elme no pouvait être iiattu que d'tin seul cOtt-, Il avait des esi-arpes d'uue hauteur do dixbuit mètres, et une plate-forme soutenue par une série de „ voûtes et bordée de parapets d'une maçonnerie assez épaisse et dure. Mais ses défenseurs, au nombre de lôO, n'avaient que dix bouches à feu; son fossé manquait de contrescarpe et de chemin couvert; son enceinte lîtait entièrement exposée aux coups du dehors; l'assif^gnaut n'avait qu'à dresser sur le pnig de Las Daynas, il ciiiq cents p,is dos murailles, nue batteri*' de brèche.

Diigommier avait cni d'abord sur la foi de quelques officiers que le calibre de 12 suffirait à réduire Saint-Elme; il reconnut bien vile qu'il avait eu de » faux renseignements », et il dut empnmter des pièces de 21 Ji Castagnier.

Selon l'ordre du général, Castagnier vint le 5 mai débarquer à l'anse des l'aulilles, non loin de Béar, douze pièces de 24, trois de i2 et huit mortiers de divers calibres. Milhaud montait la même canonnière que Castagnier, la Dune-Lihre, et Hugommier, rappelant que Soubrany était avec lui sur la montagne, disait que les deux représentants se partageaient la terre et la mer'.

Restait à transporter canons et mortiers à trois cents mètres au-dessus du rivage en face de Saint-Elmo par des pentes très raîdes et par un sentier qu'un homme à pied aurait difficilement suivi. Les pièces, même tirées par cinquante chevaux, ne pouvaient démarrer. On les enveloppa dans des douves de tonneaux entourées de cordes, on usa de leviers, deux cents hommes s'attelèrent à chacune et, après plusieurs jours d'énergiques efforts, douze bouches à feu furent hissées sur la cimo de la montagne. Encore dut-on détacherenavantdes pionniersqui préparèrent les rampes et

en un certain endroit dresseï- des gabions pour échapper nus. enfilades de Saint-Elme. L'arête atteinte, de nouveaux olistacles se présentèrent. L'artillerie du fort couvrait les travailleurs de projectiles, et dans cet espace étroit, sur un sol rocheux, la sape était presque impossible. Il fallut cheminer de nuit. Durant le jour les canons étaient calés et cachés sous des fascines.

La batterie de brèche, placée à 450 mètres du furt sur le puig Japone et armée d'abord de trois pièces de 12 et de deux mortiers de 8, ouvrit le 9 mai un feu très vif qui démonta deux canons aux Espagnols. Dngommier no fut pas satisfait de ce tir de plein fouet. Il imagina de bombarder la tour pour rendre la plate-forme intenable par les éclats de la maçonnerie : il se souvenait sans doute que Bonaparte avait, devant Toulon, après la prise de la redoute anglaise, refusé de mettre du canon à Bataguier et h l'Éguillette de peur que ses camarades ne fussent tués par les ricochets des boulets et par les débris de la tour qui servait de gorge h ces deux batteries. Mais la vieille tour de Saint-EIme résista, et le général attendît, non sans imp^ tience, la grosse artillerie.

Dans la nuit du 10 au H mai, la batterie française, accru^ de quatre pièces de 21 el d'un mortier de 12, s'établit en avant du puig Japone dans une dépression de la crête, sur ii nouvel épaulement. En quelques heures elle réduisit iiU, silence le canon de Saint-Elme sans faire néanmoins beM coup de dégradations dans la muraille'.

Le 14 mai, deux pièces de 24 vinrent s'ajouter à ta batte-™ terie de brèche. Navarro, alarmé, résolut de la détniire. et il opéra dans la nuit du 16 au 17 une sortie qui rappelle la sortie que firent les défenseurs de Toulon au matin t 30 novembre 171)3.

Trois mille Espagnols, commandés par le marquis de C 1. Dugonimier au Coniilé. -20 lutti (A. (!.)-

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COI.LIOURE ET DELLKGAHDE

trilki partirent de ColHouro ot de Port-Vendrea en doux colonnes ponrassaillirlepiiigJapoiiceUcpuigde LasDaynas. Ils passèrent à cûté des avant-postes (ieTassiégeanten répondant rèptîhlicaiiu français à leur qiii-vive. Mais la lune, se levant soudainàonze heures, trahit leur marche. II était trop tard pour reculer, Castrillo paya d'audace et, tambour battant, graip-it les escarpements. Il parvint presque, dit Milhaud, Jl cerner nos troupes. Dugomniier, réveillé en sursaut, atteint à l'épaule par un biscaïen, ne dut son saint qu'aux grenadiers du 28' infanterie ci-devant Maine. Un combat opiniâtre a'enpagea oti se distinguèrent, outre les grenadiers du 28', les chasseurs do Provence et ceux des Vosges, \" et 8*. Gr;\ce à leur intrépidité, non à leur vigilance, les Français l'emportèrent, et ils n'eurent pas 80 hommes hors de combat. Les Espagnols avaient 18 morts, 125 blessés et 98 disparus, et, comme disait Dugommier, leur coup était raté. Le général jugeait toutefois celte sortie vigoureuse et très bien concertée. Il s'irritait qu'une colonne ennemie pût s'avancer si loin parallèlement aux lignes françaises sans être aperçue ; 11 rêvénement, écrivait-il à Micas, prouvait que les poiuts nécessaires h la défense n'avaient pas été suffisamment reconnus'. »

L'impuissance de Castagnicr, de ce Tastagnier qu'on surnommait le brave, et qui, selon Milhaud, ne laisserait rien échapper, redoublait la colère de Dugommier. Il avait déjà dît que la (lotte de Castagnier faisait plus de bruit que de mal, qu'elle ne ponvaitservirqued'épouvantail. Le 13 mai, lorsqu'il vit Castagnicr s'enfuir à l'aspect de l'escadre espagnole, il éclata d'indignation. Cinq chaloupes canonnières, armées chacune d'un canon de 24, sortirent de Port-Vendrea et engagèrent le feu contre Castagnier ; pendant ce temps quatrofrégatos espagnoles s'approchaient, convoyant soixante

- Dugommier H

RUGOMMIBR

voiles qui se ilirigeaient vers Collioure et Port-Yemlros. Muni d'une excellente longue-vue, Dugommier contemplait ce spectacle; il s'imaginait que Castaguier oserait accepter la lutte ; il croyait môme que Castagnier aurait l'avantage chacune des canonnièrosfrançaisesportait trois canons de 2i et des fourneaux à réverbère qui rougissaient les boulets à la minute. Castagnier ne fit rien : après avoir rendu quelquescoups aux canonnières qui venaient de Port-Vendres, il alla 90 réfugier sous les batteries de Banyuls et laissa la. flotte espagnole entrer intacte dans Collioure. Dugommier était hors de lui. Voilà ce Castagnier qui, disait-on, avait, à Duukerque, détruit de gros vaisseaux ! Est-ce que ses neuf canonnières n'étaient pas ii de supériorité impérieuse »? Rst-ce qu'il avait affaire à de grands navires ? Évidemment il devait s'attendre à des difficultûs ; mais avec de l'audace, on a bientôt battu l'ennemi ! « Les bateaux espagnols, écrivait-il à. Castagnier, semblent se jouer de tes forces, et ils ont port© du renfort à Collioure ; je te prie de me faire connaître positivement ce que tu vas devenir et de quelle utilité tu peux encore être à cette armée. » Quatre Jours plus tard, mômeinaction de Castagnier. Des prêtre», des moines, des émigrés français, craignant la vengeance prochaine des républicains, s'embarquaient sur des frégates espagnoles qui les déposaient dans les ports de la Catalogne. " Je vois avec douleur, dit alors Dugommier, que les ennemis ont la facilité, à la dernière extrémité, de s'évader; ils n'ont de ressources que par ta mer; ils en profiteront et, selon tout» apparence, ils évacueront par là. » Six semaines après, ii renvoyait ii Toulon cette flottille qui, de l'aveu même do- Castagnier, ne pouvait seconder l'armée de terre et briser la. supériorité incontestable de lamarine espagnole. Une garda que deux avisos qui faisaient le serrice des eûtes et assuraient les convois'.

I. Mon., 31 uini et 1" juin:— Dugoniinier k Ch'ibert et h I.anier.

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