‹ Dugommier, 1738-1794Chapitre 62 sur 102 · Dugommier au Comité, 3 août (A. G · texte numérisé non relu

Dugommier au Comité, 3 août (A. G

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COI.I.TOUHE ET BEI.LEOARDR

tyran, cet iiistntment du fanatisme monacal el royal, et ils faisaieiil scrnientile délivrer les prisonniers français, d'allor chercher ces 'i malheureuses victimes du parjure le plus «dieux " à travers des monceaux de cadavres et au milieu ■des villes incendiées. Oui, ilw verseraient à (lots le sang impur des Castilians ; ils changeraieni; l'Espagne entière en un vaste désert; ils montreraient k l'univers qu'on ne viole pas impunément la parole donnée h la République française ! Le 11 aofit, Barêre lut à la Convention cette lettre des repri^'se niants et toutes les pièces de la négociation. Il fit «oswite son rapport. Avec la môme violence que Milhaud et Soubrany, il s'éleva contre les procédés de l'Espagne. ijuelle perfidie vraiment anglaise! Quelle conduite infâme! ■Quel manque de fidélité aux pactes les plus respectés, même ■chez les barbares, m&me chez les Caraïbes! Quelle insolente infraction aux lois do la guerre ! Quelle Iflcheté inattendue! Voilii donc la parole des tyrans et de leurs généraux, ta parole des valets de cour ! La Union, *( ce bas esclave ■de Madrid ", ce '• noble faussaire », ne reconnaissait pas la capitulation I II déniait les serments des soldats, il ctjntestait les engagements de son lieutenant Navarro! Mais la Convention saurait agir : elle ne ferait pas fusiller les ■otages, comme proposaient Milhaud et Soubrany ; elle pren- ■drait un parti plus digne d'elle, plus conforme aux principes de justice nationale, plus utile à la politique. Elle ■exprimerait hautement son mépris pour La Union, son indignation" contre "l'atroce "gouvernement espagnol et sa volonté de punirune violation si manifeste du droit des gens. Elle dénoncerait à l'opinion, à l'Europe, h l'humimité le roi ■d'Espagne et ses satoUitea. Elle décréterait que la Franco ne ferait plus de prisonniers espagnols. A quoi bon con- ■clure des traités avec ceux qui refusaient de les exécuter? A quoi bon exiger une fidélité publique de ceux qui n'avaient pas de foi? •

EntrairiL'C jnir Barère, la Convention décida l'iiniircssion d la con-espondaiice de Dtigommier avec La Union, dénonçi La Union comme n violateur du droit des gens et de la îfÉ des traités •• . et décréta qu'iV ne serait plus fait de yrf-J sonniers espai^nols '.

C'était la guerre h mort, et la lutte allait prendre. diaailB Barère, un autre caractère, un caractère de férotîté, Dèl l'avaiit-veille, Carnot ordonnait aux représentants à l'a des P\Téiiées-Occidentalesde ne plus renvoyer de prisonniers sur parole parce que la foi des Espagnols était une foi cai th agi noise-.

Malgré les prévisions de Dugomniier, le cabinet de Madri ne voulut pas appliquer la loi du talion. Sans doute, Union avait dit au général en chef de l'armée des PyrénéesJ Orientales que, si la France faisait la guerre cruelle ileJm barbares, les Espagnols exerceraient les plus justes exactes représailles : >' vos gens seront traités de la mèma manière que vous traiterez les uûlres. )i Mais il écrivait Qid même temps au ministre qu'il fallait se garder de rendre lu pareille k l'adversaire. ■< Si ce décret, maudait-il le 4 aob^ à Campo-Alange, est adopté, et à moins que S. M. n'en déciek autrement, je pense prendre le parti le plus digne qui estd donner à mes généraux l'ordre de traiter les Fran(,'ais, s'il e possible, avec plus d'humanité encore que par le pi Le roi approuva La Union^.

Une proposition remarquable de La Union termina cett^ querelle. Le général français lui avait communiqué le décrçn do la Convention, De son chef, et sans attendre l'agrémenfl de Charles IV, La Union offrit de soumettre le litige à l arbitre. « Pour que tous connaissiez mon impartialitâj|

1. Mon., (les iZ et II anù\, a. Cf. une Ictlrc dp Cnrnol. du 9 nofil (A. G.'. 3. La Union ft Dugominier, il juillet (AAl.) • sepl., p. 59.

COLLTOCHE ET BKLLEGARUK 297

rt; pondit-il à Diigommier, et lequel de nous deux est le violateur du droit des gens et de la loi des traités, cnnveiioiis, voila et moi, que cette question soit décidi^e par la puissance neutre que vous choisirez vous-même. » Dugommier n'accepta pas cette offre. « Il m'est impossible, disait-il, de rien changer â la capitulation de Collioure. » Mais cette démarclip de La Union devra trouver place dans une histoire do l'arbitrage. 11 désirait la médiation des États-Unis, car Dugonimier envoya an Comité, avec la réponse de La Union, une dépêche du général espagnol au ministre plénipotentiaire des ÉlatM-Unis. » Je soupçonne, remarquait-il, qu'elle a quelque rapport avec sa proposition'. "

Il ne reste plus que Belleganle à [irendre, avait écrit Dugommier au Comité de salut puldîc en annonçant la capitalation de Collioure,

Le fort de lîellegarde, situé à une denii-lieue k l'ouest du col de Portell, entre le col de Portlius que la grande route traverse et le col de Panissas qui fut le chemin des anciens, couronne un cône à large base et auxflancs abrupts. Il a deux enceintes : l'enceinte intérieure, llanquéc de tours et de bastions; l'enceinte extérieure, qui suit les bords du plateau. Au-dessous, sur un ressaut qui s'étend vers l'Es-

gne, est un petit ouvrage à cornes, nommé le forlin. Trois tours qui donnent, l'une sur le col de Panissas, et les deux autres sur chaque revers du Perthus, complètent la fortification. A la vérité, le poste est dominé par les hauteurs voisines, mais il longue distance, et k cette époque, il fallait, pour le canonner, porter les pièces sur le cûne méme^.

Le blocus de Bellegardc était commencé depuis l'affaire du Boulou. Pérignon, qui le dirigeait, avait forcé la garuis^on è se

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renfermer lians les limites do la place et, dès les premîei jours de mai, il proposait de recourir au bombardcmoifl pour liàter la reddition. Mais Dugnmmjer était trop pnj denf pour eiitroprefldre à la fois plusieurs opérations avec li peu de moyens qii'il avait. Il se trouvait alors devant Saîn^ Elnie, qu'il ne jugeait pas <i si méprisable », et il répondit I Pt^-rignon qu'on devait se borner pour le moment h tenir Isj points essentiels des environs, à intercepter toute commU'^! nication de Belle^arde avec le dehors, à saisir les passages» par oii l'ennemi pourrait venir et délivrer la forteresse,

Pérignon avait sous ses ordres les brigades Lemoine, Mar"! tin et Point. Du cûté de l'est, la bripade Lemoine dévelopJ pait une clialne de petits postes, de l'ermitage do Sainte- Lucie, par le pic de Saint-Christophe, jusqu'à l'Ëcluse-Haute] Dti côté de l'ouest, la brigade Martin bordait, de La JoBi <|uëre k Maureillas, le chemin naguère improvisé par loi Espagnols. Deux bataillons d'élite au Portell, quatre . Saint-Christophe, cinq fi Sainte-Lucie appuyaient cette lignflJ ^'investissement. Le quailier général était à La Jonquêre^J sur le sol espagnol; en avant de ce honrg, une hatterie dctl quatorze pièces ban-ait la chaussée de Figuières, et la brî gade Point, établie à Agullana, donnait la main h Augcreau^ qui s'était, comme on verra, aventuré au loin, jusqu'il 8aint-Laurent de la Mouga. L'ingénieurGrandvoînetavaitettJ mission de faire réparer, par les pionniers et les paysans, ^M grande route qui reliait le Boulou à La Jonquêre par le ctAM de Portell'.

Durant plusieurs semaines, Dugommier ne changea riM à ces dispositions. Il aurait pu réunir ses trois divisions as^ tour do liollegarde; il laissa Augereau ii Saint-Laurent c la Monga, Sauret à C<dlioHre et dans le Roussillon, Victor arf <-o\ de Banyuls. La blessure qu'il avait reçue devant Saiaia

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