Uon., 5 nov
créliûn '? Allail-un lui appliquer le terriljlc ilécre' IJ août'? I^ vainqueur aerait-il sans pilié? Dugommier n'avait-il pas le 2 juillet promis à Vallesantoro et aux siens toutes les rigueurs, s'ils ne capitulaient sous deux jours?, Mais ni lui ni le représentant Delbrel n'étaient humiitos tuer de sang-froid un millier de personnes, « La garnisi avait dit Dugommier, attendra son sort de la générot française...' » 11 invoqua cette môme générosité dans lettres au Comité. <• Je me suis engagé, écrivait-il, et vous appelle au secoure de ma signature. » Et il développait argumtntH sur arguments. Sans doute sa seconde sommation menaçait les Espagnols de la mort^. Mais u'avait-il pas di lorsque Vallesantoro proposait de traiter, adoucir ses com tiens et lui " présentonm appât»? Sa propre situation n'élafl elle pas de jour en jour plus critique? Il comptait dans son' armée un graud nombre de malades; il maminait de moyens de transport; il savait que La Union s'efforçait quotidiennement dû ravitailler la place. Des lors pourquoi sacri l'intérôt public au ressentiment? Pourquoi mêler des scèni de vengeance & la joio de la nation qui vojait sortir territoire les derniers ennemis qui le souillaient? Pourqi susciter des représailles envers les Français prisonniers Espagne? Le décret du 1 1 aofit, qui convenait à un champ de bataille, était-il applicable aux forteresses? Pour les av ne faut-il pas entrer avec elles en accommodement ? Quella garnison certaine de périr n'aimerait pas mieux, dans aoi désespoir, se faii-e sauter et s'ensevelir sous des ridni plntdt que de se rendre? ,\fin de hâter la reddition de Bell
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I. Cf. ce mol lie ion adjudant-général Boyer n ilessière», 18 sepl, ___ ganûaon c'est anae sour la loyauté rraii<;aisi?. * C'Ëtnit le meilleur pnrli & prendra, et \ea Autrichiens ilu Queanoy l'av-nienl pris ; aux aussi s'étaient rendu* ï diicrétiun, se fiftnl & la géaérotilé île la nation françaïie et k restime que dei braves troupes se doivent réciproquement. [iDuquasnnjr ■u Comité, 13 août (A, G.)]
â. Cette phrase de son brouillon a été barrée.
COLUOURE ET BELLEr.AROE
■garde, Dugommier avait donc suspendu l'exécution du décret, ■et il priait le Comité de pfononcer. Il se conformerait à la irolonté du gouvernement; mais, concluait-il, u je ne me trouverai (ont k fait à mon aise que quand vous aurez applaudi à la mesure que j'ai cru pouvoir prendre et que vous aurez provoqué à la Convention un acte de générosité nationale qui pardonnera à cette garnison son opiniâtreté. ..
Le représentant Delbrel appuyait Dugommier et plaidait comme lui la cause de l'humanité. Dugommier, disait le couvenlionnel, avait considéré l'affaiblissement de l'armée, l'urgente nécessité de s'assurer d'une place qui facilitait aux 'troupes leur subsistance et leur ouvrait le cLernin à d'autres succès, le désir de libérer anssitAt que possible le territoire s la République; il avait craint que le commandant, poussé ,çar de trop dures conditions à de funestes extrémités, ne fit ' sauterie fort; il avait voulu mettre de nouveaux otages soub L main de la nation et déterminer par là le gouvernement «spagnol A renvoyer les prisonniers français. Delbrel rappelait le décret du 4 juillet qui portait que les ennemis enfermés dans les places du Nord qui ne se rendraient pas vingt-quatre heures aprt^s la sommation ilu général français, seraient passés au fil de l'épée. Et pourtant, lorsque le.s garnisons de I.andrecîes et du Quesnoy avaient capitulé, personne n'avait réclamé dans la Ccnvention l'exécution du décret. Delbrel, seul, s'était levé après le rapport de Barère ,pour demander si les esclaves des tyrans subiraient leur ch&timent, et un murmurepresque universell'avait accueilli; il avait dû se rasseoir, et ses collègues l'avaient prié de se -taire sur cet objet. Pourquoi, ajoutait Delbrel, le Comité ne ;-traiterait-îl pas la garnison de Hellegarde comme celle du Quesnoy ?
Le Comité approuva Delbrel et Dugommier. Ainsi que Barèri- :l'avait insinuédans son discours sur la reddition de Landrecies.
le déiTet du 4 juillet iiV'tait iiii'iin engin do guerre : répom par cedéoretàtoule demande de capitulation, c'était « coHi ber aussitôt les soldats des rois devant la volonté du peupl français ». Carnot n'écrivait-il pas aux représentants Gilli et Duquesnoy que le décret n'était fait que pour <■ profil d'uQ premier moment de terreur », que la fierté républi ne devait fléchir en rien, sans toutefois mériter aux FrajiçMi le titre de barbares, et, lorsqu'il lut son rapport sur les places du Nord, ne disait-il pas que cette loi était un décret de salut et non un décret de carnage, qu'elle avait pour bu) de teirifler l'adversaire et de le contraindre à se dessai incontinent des forteresses françaises ; qu'elle pouvait devenu?' une arme terrible contre les Français mêmes entre des mains impures ou maladroites; que, gauchement exécutée, elle pousserait les ennemis au désespoir et accroîtrait leur résil tance, mais que, " maniée avec dextérité, elle devait foudroy* leurs dernières espérances »?
Le 25 septembre, le Comiti.^ répondit donc à Delbrel qu'il fallait envoyer les prisonniers de lîellegarde dans les communes de l'intérieur et les employer aux travaux publics, p< exemple, à la réparation des chemins'.
Mais le décret du 11 août, le décret de guerre à mon n'était que suspendu. Dés le 36 septembre, Dugommi rappelait à l'armée qu'elle devait l'exécuter " dans toutes les affaires â venir •■, Le 2 octobre, il le mettait k l'ordre du jour. Le 20 octobre, il disait aux soldats : » Il ne sera plus fait de prisonniers espagnols, etleurs prêtres et leurs noi seront pris en otages, le général espagnol n'ayant pas
I. Dugoniinier nu Comitf, lettre *aa* date et lettre du IB «ept.; Delbrel au Comité, IS >epl. (et Note», iO); - Le Comilâ il Delbc 3E sept.! — Rapport de Cnrnol, 5 et f>. et lettre A Duquesony et à Gitltl 13 août [A.G.J.
COI.LIOrRE ET BBLLEGARllE 30B
cuté la ('a|]itiilation de CoIUwure. » La veille, un i 2" bataillon de la légion allobroge, écrivait de Cerdagne à sa fiimille ({u'i] était aux avaut-jiostes et faisait danser la carlagnole aux Espagnols fanatisés : " Nous leur faisons la giierro à mort; anlant l'un en attrappe. autant l'on en tue'. >.
La fatale violation de la capitulation de Collioure rendit donc la guerre sauvage et cruelle. A la fin de novembre, Delbrel exhortera les soldats k ne pas dùalionorer le nom français, à no pas souiller la victoire des lignes de Figuières, une des plus brillantes victoires qui aient eu lieu depuis des siècles » ; il les priera de respecter l'humble demeure du laboureur ; il leur dira qu'après avoir crié avec la nation entière : guerre aux châteaux, paix aux chaumière s, '\\s ne doivent pas porter la torche dans les hameaux qu'ils ont couquisà la pointe de l'épée. Ces prières, ces exhortations, l'armée ne les entendit pas, et ne pouvait les entendre depuis que la Convention avait proclamé la guerre à mort. Une fois dans la plai'ne de l'Ainpurdan, elle se livra sans scrupule aux excès d'une indiscipline effrénée ; elle incendia les villages; elle mit le feu au pied des olivier», et la Catalogne indignée offrit au gouvernement espagnol de lever 160.000 hommes pour défendre à elle seule son territoire- !
Il faut dii-e à la décharge de Dugommier qu'il s'efforça d'atténuer les horreurs 'l'une guerrequisemblaitsansmerci. Au mois de novembre, les miquelets prirent des Espagnols qu'ils menèrent au Boulou. Devait-on fusiller les prisonniers? Dugommier, consulté par Lamer, répondit négativement : la loi portait qu'il ne fallait plus faire do prisonniers; mais
i. Ordre du !6 sept.; — Dugommier h Lamer, 3 oct. ; — ordre du sa ocl. (A. G.) ; - Folliet. Ui Votonlaii-a de la Savoie, 53.
1. Journal de l'armée tien l'ijninéfs-OrieniaUt rédige pur Pnriiol de Perpignan, D* 1.
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elle ne commandait pas de fusiller dés vaincus auxquels les Français avaient par ignorance laissé la vie ; ceux qui faisaient des prisonniers étaient seuls responsables de l'exécution du décret*.