LA FONDERIE ET LE I.LOBREOAT
les fiers lici'os que je commande, les Espagnols ne me iJéimsqnernnt jamais du poste inappréciable que j'occupe; je leur ai pris un général, des officiers de tous grades, Iroi^ «ents soldats, beaucoup de munitions et d'outils, et tel ■est l'ouvrage d'une poignée de sans-culoltes ! Tous mt^riteni une couronne civique! Je ne puis te rendre compte de tout -ce qui s'est fait de beau et de sublime. Pas un blessé qui n'ail supporté son malheur eu républicain ; pas un de ceux qui ont péri qui ne soit mort eu héros, n Et, dans une autre lettre d'un ton plus familier et plus rude : " Les .scélérats ont tenté de me déposséder! Sacredieu, ils se sont trompés. Reposez-vous toujours sur nous et croyez que nous ne reculerons pas d'une semelle. Si le tjrao espagnol avait bonne conduite, il de\Tait s'amuser plutôt à faire forger des hommes <iu'à nous en opposer, parce que c'est autant de morts. <?ependant ça n'empêchera pas qu'il ne soit de ce nombre et que les braves républicains ne lui fassent éprouver, eu place de son fanatisme, les effets de la sainte guillotine avant qu'il -soit peu ! "
Mais n'était-ce pas la brigade Mirabel qui vendait les fusils enlevés à l'Espagnol pour 6.612 livres et offrait celte somme aux veuves et aux enfants de leurs camarades morts dans le combat du 19 mai'? N'était-ce pas la brigade Mirabel ■qui faisait aux sociétés populaires une réponse \Taiment .Spartiate et républicaine? Les clubs avaient promis des récompenses pécuniaires aus défenseurs de la patrie qui feraient -quelqne action héroïque ou monteraient les premiers à l'assaut d'une redoute ou d'im fort. Comme le grenadier de l'ancien régime qui disait qn'o/fne va pas là pour de Forgent , la brigade Mirabel déclara, dans une adresse que la Convention fit imprimer et envoyer aux armées, qu'elle n'acceptait pas de récompenses pécuniaires : « Les bataillons composant la brigade Mirabel les réclament tout au plus pour les veuves «t les enfants de soldats morts ou mutilés au champ d'hon-
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neiir. Us ne dcmaiiiient pour eux que les fatigues, les [lérilaj les blessures, la mort. l'oint d'argent dans uutre métier! le gÀte, surtout quand il s'agit de l'honneur, de la préséance pour monter à l'assaut. La liberté, l'égalité, la Kt>publiqusJ la patrie, on faut-il davantage pour noua faire braver lei hasards des batailles? Nous ne sommes afTamés que dd gloire et de liberté' I "
Dugommier applaudit de tout cœur au combat du 1!) maûj Il On y reconnaît bien notre avant-garde, écrivait-il k Aug&reau; elle ne pouvait mieux soutenir sa devise ; baionnelté enavanl^\ » Mais peut-être, malgré ce beau succès, aurait-il d(i tirer la division Augereaii do son dangereux isolement et la lier au reste de l'armée, l'emplojer à l'investissement do Bellegarde ou piulftt à l'invasion de la Catalogne. Il n'onfiiJ rien. Le blocus dos places fortes était sa plus grande préoccupation.
Il s'alarma i>oiirtant lorsqu'il apprit que La Union faisaiti des rotrancliements en avant de Figuières,
Afin de hiirrer aux Français l'entrée de l'Ainpurdan, I général espagnol avait cont^ti le vaste et imprudent desseiufl d'élever des montagnes à la mer une ligne redoutable dej dt'fcnse. Pour l'instant, il choisissait, fortifiait des positioua-l entre la Mnuga et le Llobregat, près de la grande route de| Bellegarde à Figuières. Cette route longe, au sortir de lil frontière française, la rive gauche, puis la rive droite du | Uobregat, affluent de la Mouga. Au pont do Capmany, lors- J qu'elle débouclie de la gorge de Bioure, elle quitte le Llobra-4 gat qui la coupe pour se grossir du Rîcardell et se dirigera vers le sud-est. Elle descend alors en droiture sur Figuières, 1