I. Hec. AuJard, \[|I. ËS
1 1 auût ; — Mirnbel a Augeri'ii
i. Dugommier b. Augcreau, :
I,A FONDEHTK ET l.K l.LOBREC.AT 329
et à Ponl-des-Moulins, sur nn pont soUdcmpnt construit, traverse la Moufta.
Ce fut à Pont-dea-Moulins que La Union établit son contre et il eut soin de retrancher en avant de ce village le plateau de Notre-Danio-de-Roure el, en arriére, le plateau de LIers.
Averti, Diigommier donna ordre à Pérignon de reconnaître et d'inquiéter les travaux des Espagnols. Péripnon se mit en marche par la grande roule, dans la nuit du 6 an 7 juin, avec 6fH) (.'avaliers comniandi's par La Barre et 4.000 fantassins qui formaient les brigades Point, Ramand et Banel. Une forte réserve garda le pont de Capinany. Un détachement de ftOO hommes eut mission d'assaillir de front le plateau de Notre-Dame-de-Roure ; Ramand ' , ancien sergent-major an régiment de Bourgogne, devenu en 1792 ;uijndant-major et en 1793 chef de bataillon, attaché â l'état-major après sa belle conduite à Poyrestortes et au camp de l'Union, était à la tête de cette troupe. La brigade Banel dut aborder de liane les mêmes reiranchonienls. La brigade Point se posta sur la rive droite ilu Llobregat en avant de la gorge de Bimire.
Pérignon ne devait faire qu'une démonstration. Mais peutêtre voulait-il avoir sa victoire, lout comme AuRoroaii : il attaqua, il livra le combat dit du Llobregat, et il fut vaincu.
L'action commença sur le plateau de Roure. Les Espagnols ébauchaient une redoute prés delà chapelle. Ils furent surpris, culbutés et refoulés sur Pont-des-Moulins. » lïanel et moi, écrivait Lanncs, attaquâmes la redoute que nous enlevâmes ; la terre était jonchée de morts; je me précipitai au milieu de leurs bataillons et arrachai trois drapeaux
I, Il ilevint colonel el commands, outre le déparie ment dp la Lozère, les plates de Baslia. d'Ajuccio, de Blaye. de iNicuporl et de llimlopoe.
DrOOMMIKH
(les mains île l'i^s hlulies. >• Miiis le feu des batteries i PonWes-Moiilins arrêta IjientftL les assaillants, et La Uiii< «nvoya contre eux le régiment de Malaga et un corps ( cavalerio. Cette cavalerie s'égara et le régiment de Malagl s'attarda. Toutefois, de son propre chef, le major Hogan, aveu un bataillon du régiment d'Hibernie et 100 hommes i grand 'garde, grenadiers royaux et dragons de Xiimance, av; volé résolument à la défense du plateau.
A leur droite, les Espagnols obtenaient lui avantage^ encore plus signalé. La Union, croyant être ans prises a l'armée française, avait lancé la masse do sa cavalerie qà] vint, en remontant la rive gauche du Llobregat, tourner I brigade Point. L'intrépide La Harre se jeta sur-le-champ I sa rencontre. Il n'avait avec lui que 250 chevaux. MaiS^ enlralné par le représentant Soubrany, il n'hésita pas i charger. Il fut tué d'un coup de sabre sur la tête. Soubran; faillit périr : quatre Espagnols l'entouraient ; il re^'Ut un cou] •dépeinte qu'il eut l'adresse de parer et quelques coups i sabre qui tous portèrent à plat; il n'échappa qu'avec peiof en laissant son chapeau à plumes entre les mains de l'enm «t les Français durent repasser en hâte le LlobregatJ Le général Point accourut avec fiOO hommes : il fui •enfoncé et repoussé rudement. La cavalerie cspagnoleJ composée des régiments d'Algarve et do Pavie, pouvait cotti per aux républicains la route de La Jonquère. lleureuscmeiil le feu de rinfauterie qui s'élait abritée dans les vignes e derrière les haies, l'arrivée des grenadiers du (lard, le ' ■de l'artillerie légère intimidèrent les escadrons de La Un et leur commandant refusa de suivre le chemin que vicomte de Gand lui indiquait et de franchir h cheval i ruisseau que les fantassins français traversaient à gué. H«u> reusement Augereau avait, au bruit du canon, envoyé i Terradas la brigaile Guieu: elle marcha vers le plateau ( Llors, " le fusil sur le col. comme à la promenade .i, er
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porta lo camp, etelle allait meltre le feu aux leiitfs loi-st^iio, il midi, Périf,'non fit battre la retraite.
L'affaire, écnvit Diigommier, avait Hé très chaude. Elle cofitait aux Français prés de 20Û hommes. Deux chefs étaient blessés ; lîamami, frapp6 il l'aine, et Guien, atteint d'un coup de biscaïen au liras droit. La perte la plus regretrtable fut celle de l'audacieux, du chevaleresque, du séduisant La liarre, (|ui, s'il avait vécu, serait sûrement devenu l'un des grands cavaliers de l'Einpirc. Sa mort fut-elle aussi héroïque que l'ont écrit les contemporains? Des grenadiers l'emportaient du champ de bataille : c Mes amis, aurait-il dit, laissez-moi, rentre/ dans vos rangs ci combattez pour la République; je suis content, je meurs pour elle. " Quoi qu'il en soit, on ignora son sort durant quelques jours. Dugommier et Lamer espéraient qu'il n'avait pas succombé, et, bien que fort inquiets, ils comptaient encora que La Barre n'était que prisonnier. Enfin La Union, consulté, répondit qu'on avait trouvé son haiiit de général, mais qu'on n'avait pu démêler son corps sur le lieu de l'action et qu'il était, selon toute apparence, au nombre des tués.
Le combat du 7 juin fut donc malheureux. 11 ne troubla inÈme pas les travaux des Espagnols. Mais Dugonimier n'était pas entièrement responsable do cet échec, et le chef d'état-major Lamer avait quelque raison d'écrire au Comité que son général était douloureusement affecté d'une affairo «à laquelle il n'avait eu aucune participation >i, Pérignon avait engage l'actîou de sa propre autorité, assei! imprudemment et sans avoir pris tontes ses précautions, Augereau n'était nullement informé de la marche de son collègue, et il s'amusait à déloger des hauteurs de Terradas des bandes de miquelets lorsqu'il entendit la canonnade. Pourquoi Pérignon a'envoyait-il aucime instruction, aucun avis à cette division de droite qui pouvait tomber sur les derrièreH de l'armée espagnole? Et pourquoi Dugonimier n'avait-
il pas enjoint à ses lieutenants de s'assurer d'une mutuelle assistance avant de rien entreprendre? Sans doute il était à ce moment même alité, tourmenté par les souffrances que lui causait la blessure reçue devant Saint-Elme. Pourtant il avait prescrit le mouvement de Pérignon, et puisqu'il savait que ses généraux étaient en mésintelligence, il devait leur ordonner de s'appuyer réciproquement en bons camarades. *
1. Cf. Marcillac. 251-254; — Fervel, 111-113; — Vidal, 295-299; — Lannes à Pouzols {la Révolution française, U janvier 1900, p. 68) ; — Lamer à Pérignon, aux représentants et au Comité, 8, 9 et 10 juin ; — Dugommier au Comité, 8 juin (A. G.).
PHAPITRE XII!
RIPOLL ET BELLVBR
Doppet fommaniiiinl en Cerdagne. — Ordre <ie proWger Augcrpaii (31 mai). — Marche aur Camprodon H Juin). — Entrée de Do|ipet dans CainprodoD (1 juin) et dnng Kii'oll (16 julnj. — Cliarlet Btliqué dans Cauiprodcm par Vivei. — Rerulaile de Charlel sur Villefranche (n-19 juin}. — Mouvement rétrograde de Doppet. — Son nrrivée k CamprodoD (IB juin). — Incendie de la ville et des villngei d'alentour (19 juin). — Retraite de Doppet sur Pmts-de-MoUo [19-20 Juin). — LeroAinc k Beialu (21 juin). — Lannea à la rencontre de Leaiojne. — Réflexions de Diigommicr. — Exrèi des Prani;ais et soulèvement des babitanis, — l,es aoumatens cl les grenadiers it'Augerenu [36 juillet). — Belle rSaistance de llBllTer. — L'adjudnnt-gf'néral Porte. — Joumi^ea den 8 et 26 Juin. — Doppcl remplacé par Cliarlet (13 leptcmbre). — Attaque de Caslellar de Nue (octobre).
Malgré sa maladie et le blocus de Bellegarde, Diigommier suivait attentivement les opérations d'Augereau et, pour soulager son lieutenant, il mit en mouvement les troupes qui tenaient laCerdagne. Pourquoi la division de Montlouis ou de Puycerda n'irait-elle pas se lier à la division de droite ? Les deux corps ne ponvaient-ils se protéger mutuellement ' ?
DoppL't, entièrement guéri, commandait cette division de Puycerda, Lorsqu'il avait appris la mort de Dagobert, il s'était offert à Dugommier pour remplacer le « démon des Espagnols». Le23avril. les représentants MilliaudetSoubrany le nommaient commandant des troupes do Cerdagne, et il promit à Dugommier de faire tout ce qui dépendait de lui pour attirer l'advorsairo de son côté.