‹ Dugommier, 1738-1794Chapitre 72 sur 102 · Lamer à Probst et Dugommier à Augereau, 'ô juin (A. G · texte numérisé non relu

Lamer à Probst et Dugommier à Augereau, 'ô juin (A. G

336 DUOOUMIER

Poppot essuya d'abunl un échec. Il envoyji sur sa droite,,] contre le bourg île CabtcUar de Nue, trois bataillons com-j mandés par l' adjudant-général PelJenc ; ils lancèi-ent de obus dans le village et ne purent le réduire. Mais Doppet fl sa jonction avec Charlet, et après de petites esc^nnmiched d'avant-garde contre les miquelets ot les paysans qui tenaient^ les collines, il arriva devant Uihas. Des Suisses défendaient J un ermitage qui dominait cette ville ; quelques coups de canon les mirent en fuite, et Doppet s'empara de Ribas oli pas un habitant n'était resté.

Le 7 juin, il était en vue de Camprodon. Il entendit u vive fusillade, et il fut très inquiet. La colonne menée pal Thonin avait ordre do ne pas s'engager à cause de faiblesse numérique. Attaquait-elle la ville? Tout s'éclairci™ bientôt. La veille, l'adjudant-géncral Bon, détaclié de Isl division Augereau, était venu ae joindre àThonin; les deus troupes avaient de concert enlevé Camprodon, et lorsque! parut Doppet, elles chassaient l'ennemi des hauteurs dm Saint-Antoine oii il s'était retiré.

Dès le lendemain, Doppet renvoyait â Saint-Laurcnt-de-laJ Mouga l'adjudant-général Bon : la localité inontagneuss^l disait-il, ne lui permettait pas d'établir sa commuuicatiOM^ avec Augereau. Mais,8urses instances, il reçut de Dugom-A mier la légion des Aliobroges, composée de 1.40(J hommesl — cetfe légion qu'il commandait naguèreet qui faisait partie J de la division Augereau — et il put dès lors continuer soï monvement, " Tu pourras, lui écrivait Diigommîer, renvoyé! un ou deux bataillons sur tes derrières pour assurer tes com munications et mettre la partie de Puycerda à l'abri de toiri événement'. »

. OugomniiBr k Doppet. 10 juin (A. (5.); — Cf. Doppel. Mrm., 3tS. — is, en éi'bajige des Aliobroges. Doppel dut cédera la division Au|j«reau i!i bataillODs, le H* du Bec d'Ambe:, le 5' du Lot, et le i" des Haute»' ,

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Il se rappelait qu'Augereau lui avait conseils de faire main basse sur Ripoll et sa manufacture d'armes. Le lljiiin, après avoir perdu trois jours, il se dirigea vers Ripull, en laissant à Camprodon le général Charlet avec 2.000 hommes et la moitié de l'artillerie. Il suivit la rive droite du Ter, puis, en amont de Saint-Pau, passa sur la rive gauche, traversa le gros torrent de Fonrcara, et le 16 juin, par San- Juan du las Abadesas, oîi il mit une garnison pour communiquer avec Campmdon, non sans coups de fusil que ses llanqiiours de droite etde gauche tiraient sur les rassonlbleinents de soumateuR, il atteignit Ripoll. Les habitants avaient gagné les hauteurs qui surplombentla ville, les ermitages de Callar, de Saint-Barthélémy et de Saint-Antoine. 11 fut maître de CCS trois postes au bout de doux heures de combat.

Dans sa correspondance comme dans ses Mémoires, il avoue qu'en cette situation il était isolé, trop éloigné du reste de l'armée pour appuyer sa droite à Puycerda et sa gauche à Saint^Laurent-de-Ia-Mouga. Il aurait donc dû battre en retraite an plus tAt. Pourtant il demeura six jours à Ripoll, saisissant tout dans la manufacture, les armes et les outils, enlevant les subsistances et assez d'argenterie pour en charger deux mulets, détruisant à coups de marteau et de hache ce qu'il ne pouvait emporter, rappelant ilans la ville quelques-uns des habitants cachés aux environs, leur donnant des vivres et tâchant assez sottement i]» leur prouver, comme il disait, que la République fai.sail la guerre aux tyrans, et non aux peuples.

La Union profita de ses lenteurs. Il avait cru d'abonl que Itoppet et Augereau s'unissaient pour marclier sur Virh et Girone avec 12.000 hommes, accabler sa gauche, intercepter sa ligne d'opérations. Mais il apprit qu'Augoreau ne bougeait pas. Bien qu'il n'eût pas assez de monde pour boucher les trous, il résolut de couper la retraite à Doppet et de reconquérir la Cerdagne dégarnie.

DUGOMMIEH

Uu lie ees meilleurs lieutenants, le général Vives, 1 chargé li'agir contre les Français qui s'aventuraient da lo Imssi» (lu haut Ter. Avec 1.200 fantassins, 3tX) cavaliers e 6.000 pa^rsaiis, Vives attaqua Charlct à Camprodon,

Charlel craignit, non sans raison, d'être écrasé. Il d'avertir Doppet et <;herctia dans sa troupe un miquelct qui voiilill . par des chemins détournés, porter une lettre à K bien qu'il offrit jusqu'à douze cents livres, aucun no so présenlii. Durant trente-six heures, d'abord dans la vallée, p sur les montagnes, il lutta contre Tassaillaut et il < 28 morts et 56 blessés. Mais peu à pou il fut refoulé; . munitions commencèrent à lui manquer, et il dut pcnsed à la i-otraite. Il ne pouvait se retirer sur Prats-do-MolloJ car Vives avait pris sans peine le village de Mollo dispersé le faible détachement qui gardait le col des Eres^l Force était de se replier par lo col de Prégon sur Ville-' franche et sans perdre de temps; il n'avait plus de vî^tpm que pour uu jour et demi, et il mettrait sCirenient pour 8 rendre à Villefranche quarante-huit heures. Il fit jeter dan^ U rivière ses deux pièces de 4 et charger sur les niulctsfl deiii mortiers, une suédoise et deux républicaines. Puis,! dans ta nuit du 17 au 18 juin, il quitta Camprodon, LaretraitAl s'exécuta daus le meilleur ordre. Quelques miquelets quïf hà restaient éclairaient la marche. 11 cuniplait coucher àl Pt, Mais il fallut passer un h nn plusieurs défilés au bordf ik» prédpices. et l'on n'atteignit les cimes du Canigou qu'a-l lins avoir fait plus d'une lieue et demie dans la neige. QJ ^ét «X heures du soir ; la brume, s'épaississant peu k peu, ( dictons les objets; la nuit vint; le froid était estrème. (

, on se demandait oti l'on était, on ne trouvait plusi; . Ceux qui partirent en reconnaissance, n'allantj j»\ lai^ s'égarèrent, et Us ne reparurent que parce qu'il* ^^^i^^at le bruit confus de la colonne. Enfin on < 4iMMi^ai sentier, on le suivit, et, an bout de deux heuresr I

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on arriva dans un fond où l'on attendît le jour. Le 19 juin, 1 matin, on se remit en mouvement et, grùce à un berfrer qui servit de guide, on gagna dans l'après-midi le village de Py. On se rafraîchit, on envoya des paysans chercher sur des brancards les soldats malndes ou fourvoyés; le soir k sept heures, Charlet entrait à YUlefranchei.

Doppet ignorait l'échec de Charlet, Mais lorsqu'il vit que les Espagnols se préparaient h. le cerner dans Ripoll. lorsqu'il sut que les habitants qn'il avait nourris étaient leurs espions, il se replia et, selon son expression, so débloqua de ce trou. Le 18 juin, à une heure du matin, sa troupe partait sans que la caisse fût battue et avec ordre de ne tirer qu'en cas d'absolue nécessité. Comme naguère, elle prit la route qui longe le Ter, tandis qu'à droite et k gauche deux colonnes, tenant les hauteurs, assuraient la marche de l'artillene et d'un nombreux convoi dans le fond de la vallée. Il remonta ainsi jusqu'à Saint-Jean-des-Ahbesses. Mais bientôt il aperçut l'ennemi. Il dut, à Saint-Pau, dissiper des nuées de Boumatens et à La Real balayer le chemin par une charge à la baïonnette. Enfin, lorsque les Français débouchèrent devant Camprodon, le rocher du château, l'éminence de Saint- Antoine, tout fourmillait d'Espagnols. Que faisait Charlet? Comment la place était^elle retombée aux mains de l'adversaire? L'aventure semblait â Doppet aussi Incomipréhensible que malheureuse. Il garda pourtant son sangfroid. Sans attendre sa colonne qu'il laissa sous le commandement du général Peyron, il se mit à la tête de son avant-garde composée de 400 hommes et. avec une pièce s 4 et une pièce de 2, se porta sur une butte qui dbminait l'endroit. Les Espagnols, déconcertés par rimpétuo.>>ité du plioc, évacuèrent Camprodon. Au soir, lorsque la colonne t arrivée, un bataillon d'infanterie s'installa dans la ville.

i. Rapport de Charlet au Comité, 21 «oui (A. G); — Fer

DL'GOMMIKR

Re3tait rennitage Sain I.- An toi ne. Par honlieiir, Viv était blessé, et les souniatens, livrés h otix-niémes, faisaiei ce qui leur plaisait; à la nuit tombante, ils descendirai (iana la plaine pour bivoua(|ner à leur aise. Vers deux heui du matin, h la faveur des ténèbres, 60ll chasseurs, conduit par le brave Papin, rampent par les ravins, escaladent deux tiers de la montagne, atteignent une terrasse où se reforment sans bruit, et de là gagnent l'ermitage qu'i erdèvent aussitôt.

Au matin du 19 juin, Doppet rétablit les communications avec Prats-de-MuUo et manda les événements k Dugomniier. Le sort de son lieutenant l'inquiétait toujours. Des artilleui avaient découvert dans l'eau du Ter les deux pièces de i <iu'il avait laissées à Charlet. Des soldats avaient trouvi dans les rues des caissons de cartouches françaises et daQ l'église vingt mille rations de pain français. ÉvidemnieiJ Charlet avait dd quitter Camprodun le jour même oii Doppe débouchait devant la ville. Mais comment n'avail^il pa entendu la canonnade et pourquoi n'était-il pas immédiate ment accouru?

En attendant des nouvelles de Charlet, Doppet résolut d rester dans les positions reconquises et, comme il disait, d s'y établir militairement. A la demande des chefs de l'artil lerie et du génie, Doumic et Tersac, il faisait placeràSainl Antoine une pièce de deux et six fusils de rempart. Il ordonnai de palissader une hauteur à droite de la ^-ille. Il projetai même, si un détachement de la division Augereau vénal le rejoindre par Besalu, de s'emparer d'Olot et surtout c Castelfollit ; la ligne de défense des Français aurait eu, pei sait-il, dans cette partie, deux appuis solides, CastelfoUi et Camprodon.

Soudain, h dix beure.s, un violent incendie éclata dai Camprodon et dans tous les villages à près de deux lîeu4 à la ronde. Qui l'avait allumé? Serait-co Doppet? Mais

RIPOU. ET DKI.i.VKH 3it

n'avait pas riiiteiitifiti (i'aitandonner Cumiirodim . Serait-ce Charlet qui voulait arrèler les ennemis dans leur poursuite, les occuper pendant qu'il ferait sa retraite? Et Charlet raj)porte en effet qu'il lança quelques Ijombes. Mais, remarquait Dugoininier, cst-ii raisonnable que les bombes de Charlet aient caiis^- un si grand dommage dans Cnmprodon et dan» les villages d'alentour? Seraicnt-ce les Espagnols qui prirent la parti héroïque d'ôter aux Fran<.-ais, comme s'exprime Doppet, la possession du pa vs et de leur « tendre un piège .■? Le plus probable, cest que les soldats de Doppot mirent le feu de leur proprr: mnuvemeut et sans ordre de leurs chefs. En un instant Campi-odon llamba. Doppet fit sortir l'artillurie, les convois, et rassembla ses troupes sur l'esplanade en dehors de la ville, près de la route de Prats-de-MoUo. De là Camprodon ne paraissait plus, dit un témoin, qu'une horrible masse de flammes et de fumée. Un conseil de guerre diiclda qu'il fallait battre eu retraite sur-le-champ. Le mou- Temcut eut lieu sans confusion ni alarme. Vives, croyant que Doppot suivrait le même chemin que Charlet, avait évacué MoUo pour se diriger vers le col de Prt'gon. Les Français purent donc franchir sans obstacle le col des Eres et arriver le 20 juin à Prats-fle-Mollo".

Dès qu'il avait su le péril de Doppet, Dugommier avait, le Uî juin, du quartier général de La Jonquére, envoyé l'ordre k Augerean d'opérer une puissante divei-sion. n Je laisse à ta prudence, mandait-il à .\ugereau, à faire tous les mouvements qui pourraient dégager Doppet et assurer sa retraite; je ne connais pas assez exactement lo pays pour tracer ta marche et je m'en rapporte aux mesures que tu prendras'-. »

. cr. le rnpporl el lea Mémoïri '.. IlUKommier à Chaud rdn-Iti lU.iO Juin (A. 11.;.

I de Doppet, el Fervel. Il, ilS-lî».

nCOOMMIER

Augereaii avait liniic, suivant ses propres ternies, la liberl do faire ce qu'il croirait le plus convenable pour secoi Doppet. Il pouvait *soit marcher sur Camprodon par Praf de-Mollo etattaquorde front les Espagnols, soit les assaillir' BUT leurs derrières. Il prit ce dernier parti : il envoy Hesalu, sur les bords de la Fluvia, la brigade du général Lemoine que Dugoinniier lui avait donnôe dès le 5 juin poi remplacer la colonne qui, sous les ordres de Bon, allait Camprodon à la rencontre de Doppet.

Besalu ^tait un gros bourg relié à Girone par un bon chemin de traverse et assez proche de la ligne d'opérations de La Union. Le 19 juin, Lemoine quittait Saint-Laurent-dft^ la-Monga avec i.dOO chasseurs. Le lendemain, il enlevi de vive force le poste de l'Étoile. Le surlendemain, 21 jui après un combat d'une heure qui ne lui coftta que dei blessés, il entrait dans Besalu. 11 somma les habitants se rendre sur ta place pour leur impcser une contributii Mais il n'était resté dans le village que quelques uiisérablt Un détachement de «.Tenadiers força les maisons ii fugitifs. Les effets les plus précieux furent apportés sur place et chaque soldat prit dans le tas ce qu'il vouli prendre. Ce qu'on ne pouvait emmener, tonneaux de touches, barils de poudre, pierres ii fusil, tireballes, fut je! dans la rivière. Le monastère du lieu n*avail pas été oublié on y trouva des croix, des butons d'argent, la mitre, rochet, et, comme dit Augereau, les saintes pantouHes Monseigneur l'abbé '.

Sur ces enlrefaitos, Dugommier apprenait que lo di ger était bien moindre qu'on ne l'avait cru : il s'agissait plus d'opérer une diversion, mais d'aider Doppot à rétabll| ses communications. Dugommier écrivit donc à Augereau qui le mouvement de Lemoine sur Besalu était inutile et qi

. Rapport de rexpéilitioD de' Besalu (A. G.).

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ce général devait regagner sa position accoutumée. De son côté, Augereau savait que Doppet avait heureusement fait sa retraite. Il ordonna à Lemoine de revenir sans retard à Saint-Laurent-de-la-Mouga et, pour faciliter sa marche, envoya au-devant de lui 1.200 hommes de la brigade Banel commandés par Lannes. Un rassemblement de soumatens et d émigrés prétendait barrer le chemin à Lemoine. Lannes, dit Dugommier, tua les uns à coups de baïonnettes et dispersa les autres. Le représentant Soubrany, toujours friand du danger, accompagnait le futur général et il eut, ainsi que Lannes, son cheval tué sous lui. Un émigré, un capitaine de la légion du Vallespir, Caillé, de Perpignan, avait été pris; selon la loi et sur Tordre de Soubrany, il fut fusillé aux cris de Vive la République^ ,

Ainsi se termina l'expédition de RipoU. Si elle manqua, ce fut surtout par la faute de Doppet, et non, comme on l'a dit, d' Augereau et de Dugommier qui dépêchèrent au secours de Doppet et le détachement de Tadjudant-général Bon et la légion des Allobroges et la brigade de Lemoine. Mais Doppet n'était pas grand militaire et il ne sut prendre une initiative vigoureuse; il perdit un temps précieux, il renvoya l'adjudant-général Bon qu'il aurait pu garder, et ce ne fut pas, comme il assure dans ses Mémoires^ par un concours d'événements bizarres, mais bien par sa maladresse, par son inertie que l'opération échoua.

Toutefois Dugommier avait tort de donner à Doppet do simples avis, au lieu d'instructions précises, et de conseiller sa marche au lieu de la diriger. Doppet, selon lui, n'était pas immédiatement sous ses ordres ; Doppel était, comme Irn, général en chef et commandait la division de Montlouis, par suite de circonstances extraordinaires ; il ne pouvait

1. Dugommier au Comilé, 24 juin 'A. G.^ ; — cf. Pineau, 511-514.

DUGOUMIBR

ilour lui imposer, lui dirter des régies de coniluite. C'éi vrairiiuut Irop de liienveilLaiice et de délicatesse.

Même lorbqu'ftprès sa retraite Dopi)et projeta de se portai sur Berga et sur la Seu d'Urgel, Dugoramier répondit simples ment qu'il ignorait " en quoi ces mouvements pourraient* concerter avec la position actuelle " et que c'était à pet d'en calculer tes avantages. Même au mois d'aoi*it,( Doppet voulait de nouveau attaquer la Seu d'Urgel, Dugom mier se contentait d'écrire qu'il ne pourrait qu'applaudir aux manœu^Tes de Doppet si la République en tirait quelquofl grand profit'.

Il ne blâma donc pas tes fautes de Doppet. Mais il nal devait pas les mêmes égards à Charlet, et, dans le premiermoment, il lBtan(;a,non sans rudesse. Comment Charlet, cou-i Iraint do quitter Camprodon, n'avait-il pas reculé sur (le-Mollo pour s'appuyer à la droite de l'armée française, i renforcer et se porter ensuite au secours de Doppet? Poui quoi avait-il gagné les hauteurs neigeuses et presque inac-j cessibles du Canigou, « d'oii il ne s'était tiré que par i espèce de miracle? » Sa retraite sur Villefranche était-elle^ d'une nécessité absolue'?

Charlet se justifia et Dugommier revint de sa sévérité première. Il St l'éloge de Charlet; il désira plus tard que c général eût le commandement de la Cerdapne : » CharletJ disait-il, convient si bien à celte partie! » Et il écrivait s administrateurs de l'Ariège ; <• Reposez-vous sur le brav»l Charlet, il vous défeuilra bien, il me l'a juré^. »

Mais il blAma les incendies. S'il ne savait quel e l'auteur, Doppet ou Charlet. il condammut hautement — tellfti était son expression — de pareils excès qui ne faisnieaH

I. Doppel, JUtToi., 394, 3tt, 3Ji; — Dugommier à Doppel, 2t «oût, et '^ aux représeolontg. U sept. [A. U.]- '

î. Dugommier à Cbarlel. 38 juin (A. C).

3. DuguDimier au Comité, U aept., et aux administra leurs de t'Arligo, J 33 sept. (A. G.). '

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qu'exaspérer les habitants de la Catalogne. Il félicita Doppet et Lemoine, Tim d'avoir enlevé à Canîprodon et à Ripoll Targenterie des églises et « les richesses du despotisme monacal qui accroissaient le trésor national», l'autre d'avoir pillé le monastère de Besalu. Pourtant il regrettait que des républicains n'eussent pas respecté davantage les signes extérieurs d'un culte dont le peuple catalan était idolâtre. Dans un récent mémoire sur la « réunion » ou annexion de la Catalogne et la conduite des Français dans cette pro« vince, n'avait-il pas dit que l'armée devait y entrer, non comme un torrent débordé qui dévaste tout et ne laisse après son passage que la désolation et l'aridité, mais comme un de ces «fleuves bienfaisants qui fertilisent et font désirer leur voisinage »? N'avait-il pas proposé d'élever, selon le système démocratique, ceux qui n'avaient rien, do dépouiller les nobles et les moines, de faire tomber les couvents « sous la faux de la raison», mais de ménager le clergé séculier et les paroisses? Et les républicains avaient saccagé les édifices sacrés ! Ils avaient outragé les Catalans dans leurs afi'cctions de famille et jusque dans le culte des morts! Ils avaient, en parodiant les rites des funérailles catholiques, enfoui leurs chevaux dans le cimetière dos villages, auprès de la tombe des ancêtres ! Quoi d'étonnant que les populations se fussent insurgées? « Qu'entends-tu, écrivait Dugommier à Chariot, par une nouvelle Vendée? Est-ce que les habitants sont armés contre nous ^ ? »

Il sut bientôt, à n'en pas douter, que les habitants s'armaient de tous côtés contre les républicains. Le 26 juillet, au matin, quelques grenadiers de la division d'Augcreau s'abouchaient avec des soumatens. Ils avaient auparavant demandé la permission à Mirabel, et Mirabel avait consulté

i. Dugommier au Comité, 12 mai et 24 juin, à Charlet, 26 juin (A. G.) ; — cf. le P. Delbrel, loc cit. septembre, p. 60.

ave

DUnOMMIER

Augereau. » Vous voyez, marquait Aiijçereau aux représen-J tants, que nos iiroclama lions produisent le meilleur effet dqd inonde et que le moyen de faire une insurrection dans la| pays et de détacher les Catalans de l'armée espagnole ( d'avoir des conférences avec eux. » Néanmoins il se rendit sur le terrain de l'entrevue. Trop tard! Lorsqu'il arriva, les grenadiers avaient été massacrés, et les Catalans' , s'étaient enfuis. Il ne put, comme il dit, venger ! frères égorgés par trop de confiance, mais il se hâta d'att noncer aux conventionnels cet " attentat horrible ». même jour, Mithaud et Soubrany défendaient aitx soldat:^ communi([uer d'aucune manière avec l'ennemi et leur euji gnaient de répondre par des coups de fusil à tout Kspaguolfl qui se présenterait pour leur parler; quiconque ne se confop-S merait pas à cet arrôté serait puni de mort'.

La belle résistance de BoUvcr avait consolé Dngomnnerfl de l'échec de Doppet.

Pendant que Vives s'efforçait de couper la retraite h ladivision française qui s'était enfoncée jusqu'à Ripoll, autre lieutenant de La Union, Lu Cuesla, qui commandail| la Seu d'Urgel, avait reçu l'ordre d'envaliir la Cerdagne.

La Cnesta marcha sur Bellver, Cette petite ville était mieux] placée que Pnycerda pour maîtriser le pays. Elle avait ime enceinte, une redoute avancée et un camp retranché. Les , murailles de l'enceinte, construites sur un escar|)ement d^m la Sègre, entre deux ravins, étaient solides. A une port^ôj do fusil, sur riri tertre nommé le Pain-de-Sucre qui domî-r nait Bellver, s'élevait la redoute. Au pied de cette redoutaJ s'étendait le camp retranché dit camp de Mimtarros, appuyéJ à gauche par des hauteurs, llanqné à droite par une butto-1 couronnée d'une batterie, et protégé sur son front par un pli de i

(. Aug:ereHU au^ refiré sentant 8, 25 et !S juillet, t uoût: — Arrdté det représcalnnlu. 'iS juiUel (A. G.).

RIPOLL ET BELtVGR

terrain qui formait comme un avant-chemin couvert. Des détachements occupaient ileux villages avoisinants ; sur la rive gauche de la Sègre, le village de Pi et sur l'autre rive le village de Talltendre, où il y avait même quelques ouvrages de campagne. Enfin, l'ofScier chargé de défendre cette position, l'ailjiidant-général Porte, qui devint sou s-inapec leur aux revues, était un vaillant homme, enflamme de l'amour de la France et résolu de tenir jusqu'à l'extrémité dans ce Bellver qu'il appelait te boulevard des deux Cerdagnes. Procureur-syndic du district de Grenade, il quittait en 1793 aon foyer et ses enfanta dont le plus âgé n'avait que trois ans, parce qu'il no pouvait, disait-il, rester sourd à la voix puissante de la patrie, et il ajoutait — dans un discours qu'il fit à ses concitoyens — qu'il voulait » être ferme devant l'ennemi, comme les montagnes au pied desquelles il allait comhattre ». Capitaine dans la légion des Pyrénées, puis aide de camp de d'Aoust, il fut promu adjudant-général, et le représentant Chaudrou-Iïoussau assurait que son civisme, son courage, ses talents devaient lui valoir le grade de général de brigade '. Le S juin, cinq jours après le départ de Doppet, les aoumatens des montagnes de la Sègre, accourant de tous côtés et jwussanl des cris sauvages, enveloppaient les hallages de Pi et de Talltendre, pendant que des troupes régulières. 200 cavaliers, 500 Suisses et un bataillon du régiment de lu Reine, marchaient contre le camp de Montarros. Sans perdre aon sang-froid, Porto rangea son monde en bataille à deux portées do fusil, derrière le pli de terrain qui couvrait le front de sa p'jsition. Les ennemis, voyant sa bonne contenance, n'osèrent l'attaquer. Un orage éclata. Sous l'averse et malgré la bourrasque, Porte fit faire à ses gens l'exercice et le maniement d'armes. Au bout de deux heures, la cohue espagnole se dispersa. « La supériorité du nombre, écrivait

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