‹ Dugommier, 1738-1794Chapitre 77 sur 102 · I. Finel, II, lin-ltl · texte numérisé non relu

I. Finel, II, lin-ltl

SAIST-LAL'REXT-DE-LH-MOUOA 3.',»

toute la ligne française, à voir, comme il disait, les vaiii- ^^ueurs de Montesquîou et de Collioure dont les armes lirillaient et dont les cœurs Ijrftlaîent pour hi lilierlt^-. On avait appris la journée du 9 thermidor: les représcnlants Milliaud •et Soiibrany avaient tonné contre Robespierre ot leH ^t conspirateurs •>. Diigomniier (écrivit au Comité que l'armi^ des Pyrénées-Orientales avait juré de verser jusqu'à la ■dernière goutte de sou sang pour la souvoraine(é du peuple : " C'est son serment le plus cher. Que n'avez-vous pu Hre témoins de l'enthousiasme avec lequel elle l'a prononcé et ■du sentiment profond dont elle était pénétrée lorsqu'elle a voué à l'exécration et h la mort quiconque serait tenté ■d'imiter les derniers tyrans'! >■

Le 13 août avait lieu la bataille ({u'on a nommée la l>ataille de Saint-Laurent-de-la-Mouga. Elle se livra, (XHiiiue le 10 mai, sur les bords de la Mouga et sur les vereanli^ ilit massif de la Magdclaine. Comme le 19 mai, Augei'futu «Ht seul à supporter l'orage. Mais il disposait cotte fuis liv 9.000 hommes, et il avait étendu sa ligne sur la nv» g/uu)^ <Ju torrent en occupant dans la montagne, an vurteStmr jif plusieurs sentiers, la chapelle Saînt-Goorgo», »)U! l^ih. zaande et surveille Saînt-Laurent-de-la- Mouga. Si.' droite il tenait toutes les routes qui dél>uu<-ii' Mouga : il avait garni le ptaleau de l'Avat ^i< domine Saint-Laurent et couvre à droite de ot i- . dit pont de Grau ; garni la gorge de Terrady village de ce nom, d'où part un chemin 'jir Laurent, en longeant le pied de la Magd<.-l.i la Salud qui fait suite à la gorge de Torr.i . Fonderie. La brigade Daviu protégeait

1. P. Delbrel. loc. cil., sept. p. SI (leltra eu i PtrignoD, 3 aujlt; — rapport île Mir&bel, 6 mKii

les derrièros de la position, sa droite appiiyëc au pont ( Grau et son centre à la chapelle Saint-Georges. Sur la riw droite do la Mouga l' adjudant-général Bon était an plateu

^ de l'Aval. Lemoine défendait la gorgo de Terradas et j nord-est du village les pentes de la^ Magdelaine où il araîfl placé une batterie. Plus haut, entre la Magdelaine et le caA de la Saiud, sis bataillons sous les ordres de Guieu et i Mirabel mettaient la Fonderie en sûreté.

Contre ces 9.0IX) hommes ainsi répartis s'avançaieaS

^20.000 Espagnols — 14.000 de troupes régulières et 6.C de la levée des soumatens — assez nombreux pour ace*! bler la division Augereau, mais qui, par bonheur et eomm d'ordinaire, ne surent pas agir par leur masse.

De même qu'au 1 9 mai, La Union avait formé six colunnei La première, colonne Courten, devait assaillir Lemoine ail le cliasser deTerradas.

'''" La deuxil>me, colonne Cagigal, pousserait droit sur Saint^

"Laurent.

" * La troisième, colonne Izquierdo, et la quatrième, coloniv

"Pe'rlasca, se dirigeraient l'une sur le flanc gauche, l'autrJ "but le flanc droit du pont de Grau.

La cinquième, colonne Diego Godoy, se porterait par 1

gorge d'Albarija sur la chapelle Sainl-Georges pour débou-^

cher sur les derrières des Français.

La sixième, composée de 2.000 hommes, attaquerait le J

■Village de Daruius.

" Les six colonnes, une fois leur mission remplie, converti

'géraient sur la Fonderie, et la droite frani,'aise écrasée,,' elles marcheraient par Masi^anet, La Bajols cl les pl»-J '(eaux de Las Illas sur le col de Portell, i>our joter dans I

'BéllGgîU'do un grand convoi qui se tenait tout prêt. Pendaot-'l

"ie temps des troupes de débarquement, amenées par I'ob- T cadre de Gravina, inquiéteraient Collioure et enlèveraient l*jl

*cd de Banvuls.

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La Union livrait donc bataille sur une étendue de sept lieues, et il prétendait opérer contre Dugommier la manœuvre que Dugommier opérait naguère contre lui dans la journée du 1" mai. Comme disait après coup le général en chef des Français, ce plan réunissait le triple avantage de ravitailler Bellegarde, de dissiper la droite des républicains et de couper la communication de leur ccMitre et de leur gauche avec toutes les parties de Tadministration établie au Boulou. Mais il était trop vaste et trop compliqué.

Courten, très supérieur eu nombre, eut aisément le dessus. Son attaque fut si vigoureuse qu'il enleva du premier élan la gorge de Terradas et la batterie établie à mi-côte. Lemoine, vivement pressé, dut se replier en deux colonnes. Tune sur le revers méridional de la Magdelaine, Tautre à Tabri des batteries de Saint-Laurent sur une butte dite la Butte- Verte.

Cagigal, qui commandait la deuxième colonne, fut moins heureux que Courten. Il ne put avoir raison des détachements qui tenaient en avant de Saint-Laurent le plateau de TAvat, sous les ordres de Tintrépide Bon. Sur tous les points menacés, les chasseurs de Bon, appuyés par la brigade Lemoine, firent un feu des plus vifs et des plus continus.

Izquierdo et Perlasca emportèrent le pont de Grau: mais ils n'osèrent transgresser leurs instructions qui leur enjoignaient de ne déboucher sur la rive gauche de la Mouga que lorsque Godoy aurait pris la chapelle Saint-Georges.

Or Godoy assaillait inutilement ce poste que Davin défendait avec obstination. Sous les boulets de rartillerie française qui, selon le mot d'Augereau, soutint en ce jour sa vieille réputation, les Espagnols refusèrent * de bouger. Godoy s'arrêtait : toutes les colonnes s'arrêtèrent, mémo celle de Courten qui descendait déjà sur le col de la Salud et

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prenail le cliemirnie la Fonderie après avoir laisse^ une réserva * dans la gorge de Terradas pour garder la route de Figtiièrès,

Augereau remarque TW-sitation, le flottement de l'ennemi. Avec une rapiditc de coup d'œil et une résolution qui présagent le héros de Cai^tiglione, il ordonne k Ouieu de mai^il cher au-devant de Coiirlen, tandis que Mirabel et Lemoine »el jetteront sur Terradas, c'est-à-dire sur la gauche et les dei^S rières de l'Espagnol victorienx. C'est vers midi qu'a lien cefl mouvement décisif. Sous les ordres d'Augereau et de Gnieu^a les Français s'ébranlent au cri de tfiierre ô mort et, par UB versant de la Magdelnine, abordent de front l'adversaire a^| col do la Salud. Longtempf< la lutte est indécise; les Fraofl çais s'épuisent ; vainement ils lancent des quartiers de rorhd'fl vainement quelques-uns se battent corps à corps, baïonneittB ou sabre au poing. H

L'audace de Mirabel fait pencher la balance. Il court iift^ pctueusement sur Terradas ; il tourne le village, il enfoncJB tout ce qu'il rencontre, et il tombe mortellement attoiotfl Lemoine le remplace, Lemoine qui, bien qu'affaibli par lifl fièvre, s'avance au premier rang, Lemoine qui lève son chapeaiM do général au bout de son épée. Les républicains, entratnéa.l «t jurant do venger Mirabel, fondent avec fureur sur lesJ Espagnols sans accorder de qnartîer. Après un rude rom-l bat, Terradas est pris et la retraite de Courten compromise. \

La Union commanda aussitôt à son lieutenant de sel replier. Courten se retira vers P'iguières en faisant bonne'l contenance ; il emmenait avec lui 73 prisonniers et 2 cantinçJ français. Toutes les colonnes espagnoles reculèrent en roèioM temps. Mais celles qui se trouvaient sur la rive droite de X^Ê Mouga furent serrées de près par les chasseurs de Ron dH poursuivies jusqu'à Palau « au pas de la victoire i*. Oodoj'V qui. par son inaction sur la rive gauche devant la chapelle '1 Saint- Georges, avait cause l'insuccès de la journée, fajH refoulé par Davin jusque dans la gorge d'.Mbanya. Quant ainfl

Espagnols qui s'étaient pri^sentés devant Darnius, cette fois encore ils avaient été repousses par le vaillant Ponraîlly et par son bataillon de la 39* demi-hrigaile.

Les Français avaient ainsi rpconquis, suivant l'expression de Dugommier, le rhamp de liataille un moment nsurpé par les ennemis, et ils avaient déployé le 13 août la m6me bravoure, la même énerfrie que le 19 mai. Les Espagnols n'eurent pas, comme on l'a dit, l.ôfX) tués et ftX) blessés, et il ne faut pascroiro, avec le représentant Delbrel, i]u'il8 lassaient snr le lieu île l'action presque autant de morts et de prisonniers qu'ils avaient eu de Français h combattre. Mais ils perdaient l,25ti soldats el 80 officiers, dont le maréchal de camp Kessel. On ne leur fit -ine 1-iO prisonniers, la plupart étrangers, et, ponr parler comme Angereaii, épargnés par pitié « malgré les serments ■■.

La division de gauche, conduite par Sauret, n'avait pas un auecèa aussi marqué que la division de droite. Toutefois, écrit Diig'immier, elle poussa l'ennemi devantelle et le força de se relirer en désordre. Trois colonnes avaient marché contre elle ; l'une remontant le torrent de Vilaortoli et cherchant h gagner le hameau de Recasens au-dessous du col Fonrcat; l'autre, se dirigeant par le ruisseau de Capmany snr Cantallnps ; la troisième, formant la réserve et accompagnant sur la grande route une centaine de voitures chargées de vivres. Sauret — qui, dans cetleaffaire, reçut un léger coup de feu au côté gauche'. — opposa trois bataillons commandés par Destaing à la première colonne, trois autres bataillons commandés par Causse â la deuxième colonne et neuf compaffnies de grenadiers commandées par Micas à la réserve. La fière attitude des Français, qui venaient droit sur eux. intimida les Espagnols. Déjà Destaing refoulait la première colonne et débordait la deuxième. Toutes deux se replièrent, ainsi que la réserve, sur le pont de Capmany, puis sur Notre-

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