‹ Dugommier, 1738-1794Chapitre 8 sur 102 · Cf. Vauchelet, 30G: — Pineau · texte numérisé non relu

Cf. Vauchelet, 30G: — Pineau

2. Héron, connu, comme on disait alors, pour avoir essuyé les vexations i\i despotisme, avait été blessé dans la journée du 10 août, où il combattait à la iHe des Marseillais. Agent du Ctmiité de sûreté générale, il arrAla le ministre Le Brun et remplit avec énergie des missions qui lui furent confiées en Seine-et-Oise. Accusé par Bourdon, dans la séance du 20 mai 1104, davoir fait assassiner des patriotes de Versailles, il fut vigoureus» nient ëofendu par Couthon, Moïse Bayle, Bobespierre, et un membre déclara ffu'il avait soustrait Marat à la rage des assassins et conduit à l'échafaud des négociants, des banquiers et»* autres restes impurs de Tancien régiir.e»! Emprisonné après le 9 thermidor, puis après le 1*' prairial, traduit au tribunal révolutionnaire d'Eure-et-Loir, il fut compris dans la loi d'amnistie.

GILKTTE ET UTELLE Z^

<\{i 23 novembre 1793, que Diigommier avait reçu le brevet de général sur la recommandation de Marat. Après la prise de Toulon, Levasseur de la Sarthe déclarait que Marat avait quelque part dans cet événement,puisqu'il avait fait nommer Dugommier maréchal de camp . « Dugommier, rapporte Desdorides, eut son brevet sur une recommandation à laquelle le ministre d'alors devait tout accorder'. »

Il ne suffisait pas d'avoir un brevet : il fallait avoir de remploi. Dugommier souhaitait de servir aux colonies. Il pria le ministre de la marine de l'envoyer dans les îles du Vont. Ce ministre n etait-il pas « le protecteur né de tous ceux qui avaient bien mérité delà patrie dans ces contrées »? Dugommier ne possédait-il pas « Texpérience coloniale »? Ne connaissait-il pas, outre Tesprit des habitants et les localités, les inconvénients du climat et les moyens de leur échapper? Ne saurait-il pas imposer « un médium raisonnable qui rétablirait la paix et rendrait l'activité au commerce »? Au mois d'avril 1793, il adressait au Comité un mémoire sur les îles du Vent. La République, proclamée une et indivisible, ne devait-elle pas protéger toutes les parties du territoire et empêcher le moindre démembrement? Ne devait-elle pas défendre ces colonies si nécessaires à la nation et qui, malgré Turgence des secours qu'elles réclamaient depuis longtemps, paraissaient délaissées? Et Dugommier proposait de créer dans les îles du Vent une station navale de quatre vaisseaux et de huit frégates et d y expédier 3.000 hommes d'infanterie et (rartillerie, puisque « les garnisons avaient <3té dévastées par la félonie des anciens gouverneurs, qui -avaient constamment déporté tous les militaires fidèles à la République ».

Il comptait que sa demande ainsi que son mémoire serait -examinée, et il avait prié le ministre de la guerre Bouchotte,

i. Mon., 12 et 28 nov. 1793, 2 janv. 1794; — Mêm. de Desdorides (A. G.); — cf. le Publicisle, n*' 164 et 194.

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de jilacer sos trois filsdans un régiment désigiit' pour pasi aux lies du Yent, le 14' régiment d'iiifauterie. Toutes ses pensées se tuuiuaient vers les colouîes.

Mais on le regardait comme un » TÎeux militaire » et, en. le nommant général de brigade, on n'avait voulu que lai donner une pension assez forte. « 11 a été, disait-ou dans' les bureaux de la guerre, élevé à ce grade pour retraite. <

Au mois de mai, il fait un vigoureux effort. II écrit, le !"> auComitéet, le 16,JiBouchotte. Il déclare qu'il atout sacrifié repos, famille, fortune, pour soutenir les principes de Ja, Révolution, qu'il a sauvé Saint-Pierrt' de la fureur d< roj-alistes, qu'il a dfi fuii- et ■■ traverser les mers >i pouri défendre ses frères devant la métropole, que ses titres militaires et civiques lui ont valu le grade de maréchal d»' camp, mais que, malgré ses constantes sollicitations, il n'est pus employé ; il réclame donc justice, et il ajoute qu'il renonce à servir aux colonies, que le Comité pont l'envoyer partout oii les intérêts de la République l'esigerorit, que le ministre peut disposer de lui en ttjut temps et en tout lieu,

La pétition de Dugommier à Boucbotte était appuyée pnr quatre membres du cUib des Jacobins : ils certifiaient que Dugommier ét;nt un excellent républicain et qu'il avait sauvé la Martinique en 1790 et 1701. liés le 10 mai.lechef de division Sijas, lui aussi meMd)ro du club des Jaoubinr', présentait à Boucliotte la requête do Dugommier. " Tout cela est vrai, interrogea le ministre, tu connais le pétitionnaire? )i et, sur la réponse affirmative de Sijas, il décidait quoDugomniier, recommaudé par de bons patriotes, serait provisoirenieiil employé. » Tu peux, vint dire Sijas ii Dugommier, te préparer à partir. » — i' Ci>inmout, s'écria Dugoru-I mier, tu as obtenu en deux heures ce que Je «ollicito vainement depuis tant de semaines! "

Le 22 mai, Dugommier était désigné pour servir en Corse. Un instant, il eut l'espoirile regagner les ib-s dn Vent. .\xt

GILKTTE KT LTKLLK 41

mois (Je juin, le Conseil exécutif le nomma gouverneur de Tabago, et Dugommier demanda sur-le-champ pour ses deux fils Dangemont et Chevrigny deux places d'adjudant dans Fétat-major des colonies. Mais, au bout de quelques jours arrivait la nouvelle que Tîle de Tabago était conquise par les Anglais. Dugommier restait donc à la disposition du ministre de la guerre.

Toutefois il était sans ressources. Il obtint du Comité de la marine un arrêté qui lui allouait une somme de six mille francs «< en considération des services qu'il avait rendus aux patriotes dans les colonies » ; mais le Comité des finances oppi>sa son veto, et Dugommier n'avait pas un sol pour compléter ses équipages. Ce ne fut qu'après beaucoup d'instances et sur la recommandation pressante du conventionnel Marec, membre du Comité de la marine, qu'il reçut, outre sa gratification de campagne, le décompte de son traitement de général payé sur le pied de paix depuis le 22 mai.

Le temps s'écoulait. Bouchotte s'impatienta. Le 17 août, il déclara que Dugommier ilevait être à son poste dans quinze jours sous peine d'être remplacé. Le général obéit. Une légende rapporte qu'il partit h pied un hàton ii la main, le havre-sac sur l'épaule, et qu'il fit <les étapes couime un simple soldat, parce qu'il n'avait pas assez d'argent pour prendre la voiture publique. Non; il i)artit eu poste. Mais — assurait plus tard un de ses aides-<le-camp — il dut, avant de s'éloigner, retirer ses épaulettes qu'il avait engagées'.

Il quitta Paris le 20 août. Le 27, il était devant Lyon, au château de La Pape où il se présentait à Kellermaim, commandant en chef des armées des Ali)es et d'Italie. Il ne pouvait plus se rendre dans Tile do Corse : Paoli avait appelé les Anglais qui bloquaient ou occupaient les places fortes ^

J. Voir Vauchelet, 307-313 : — ci surtout Pineau, 110-104.

2. Delaborde était également désigné pour la Corse: pronui jrénéral de

Kcllerniaim envoya Diigoiiuiiicr n.imra;iii(icr une brigade à J'arraée il'Itatie sous les onlres de Diimerbioii.

Duriierliion avait un an de plus qne Dugonniiier. C'était un vieux soMat ans façons douces et bienveillantes. Il fit lion -iiccueilJi son nouveau Itâutenatit, qui lui voua un yif attatheiuent. «Je vois, ^'crivait Dugouiniier trois mois ajirès à Hunierliiou. je vois avec nu véritable cliagrin la romplicalion des iiicouiinodîtès qui t'aflligent, et je désire aussi sint-èrement que m lo mérites que tu en sois promptemenl délivré; je voudrais partager avec toi le peu do santé dont je Jouis, quoique je n'en sois pas absolument riche; la chose publique s'en trouverait bien'. «

Le 15 septembre Dugoinmier remplaçait Serurier chargé ^le commander à l'armée des Alpes la division de droite. 11 avait sous ses ordres 2.700 hommes, soldats de ligne et volontaires, qui formaient l'aile gauclie de l'armée d'Italie.

Ces troupes étaient cantonnées au hameau du l-'igaret et au village d'Ulelle. sur la rive droite de la Vésubie, à Levons, au Broc et à Gilelte, sur la rive droite du Var. De fréquentes escarmouches les avaient aguerries. Mais elles sjiiffraienl du froid dans ces ûpres montagnes. Dugnmiuier les visita dans leurs bivouacs; il les encouragea, les réconforta ; il leur disait qu'elles n'avaient pour bois de chauffage ■que les coups de feu qtie l'ennomi leur tirait, et quand elles lui renioniraîeut ([u'elles épuisaient leurs cartouches: " Ehl mes enfants, répondait-il, vous avez encore vos baïonnettes"! Il

hrigsile 1e n i^rpliMnlirpel uppdé h l'urméc de» Alpec, il mnil i!l^. aprè^ la, pr'ite lie Ly(>n.Dnin[néiii?nL'ralil(< ili vision et commaiidanl des Iraiip^Bclc U lleputilique en l.onc; Dugonimier nUail dtinc servir sou» ses iinlrci. Mais liclabordc se rendit a Ullloulci pour u puiser des reo!ieign<?menls prêt de finliceLi >> el ï la pri^rE île Doppet. le Kpréseoluit di'cidn. que Uela,bord«, I ^ui • conn«ietftit ili^JA le« Walltéa devnnt Toulon >, resterait provtioir»- 1 Aient h l'ariDi^ : Dclaborde (l«rinl ainsi le «iibordunné de DuKoinmipr I. Cf. les leUres duaaèe» psr l'incau, 3:16 et gOS, 9. Notice d'Auduuin (l'ineau, 133, el(> MilacUur, flbrumairL- au V

OILETTK ET UTELLE

La baïonnetle lui valut un premier succès. Le 1" octobre, le général autricliien de Vins avait tenté d'enlever Gilotte €t Ulelle; il fnt repoussé. Sans se reliuter, il résolut de s'emparer de Oilette, nui maîtrise la route du Var, et que Dagommier nommait un poste essentiel et une des clefs de la frontière. Le li* o'-tolire, le vilhige. d'abord canonni' par six pièces de montagne, fut nttaqut^- par quatre colonnes. Les Français résistèrent vaillamment de dix benres ilu nuitîa à six lieure? du soir. Lcursiiuation triait critique. Mais dTtelle, Dujîoiumier vint à leur secours avec 500 hommes. 11 ât sept lieues dans la nuit, tant pour arriver plus t^t que pwir cacher à l'adversaire la faiblesse de son effectif, et le 19 octobre, au |>oinl du jour, il a8s<iillail les Austro- Sardes.

Sa Ipnupe formait trois colonnes, qui devaient avancer dan» te plus grand silence,- tirer ji ponce do pistolet, puis charger liaïonnette baissée. C'étaient, h gauche, la compagnie franche de Clairac. commandée par Cuzahonue' ; au centre, If>s rhnssenrs du 11* et du 01*, conduits par le capitaine Goillcd ; ài droite, les chasseurs du 28* et du 50', menés par le capitaine Parra, A trois heures du matin, les républicains, descendant du Broc, passent à gué l'Estéron et gravissent sans bruit les pentes de la rive ganche-. Cazabonue engage le [ireniier un feu de niousqueterie. II est bienl(M rejoint pai" Ouillot qni suit un autre sentier. Les deux colonnes réunies

I. Celle compaj^ie trandje. rorniÉe k Cliiirac Uan« le district <te Tudncins lt.i>l-cl-liarunn«i\ cuiiiptait 11 hommes loriqu'elle s'asaemhia le 5 MrpUnilirr IlSî ■ Aii-en-Provence pour flire ses qunire chefs. (iiiifiircBl le prvniier, Jc>n-Jar(|ue!i Cozabonne, nalîT île Clnirac et nnrîen fusilier du rifiaiMitdeLanfniGdot-, le cleuiiéme. Joon Caienux. le troisième. Jeiin Foi, k ifiHlntnie. Jacques fiuscaillc. I.e cnpitoine Cazabonne. loué par Scrurler qui l'etigafrea & rester au icrïine parre que la République « avait besoin (le bnvcs geat comme lui ■ et qii' • elle n'avait oi de plus hraves defen^urs ni de meilleurs palriotea °, fut appela devant Toulon par Diig^mmicr, UcMé k r**saut de la redoute aciglaiseet nommé le SU décembre adjudantgtairai tbtt de brigade parle? représcDtnnls.

1. Il laul descendre plus de SUD mitres pour passer l'EsIéroD. puis tkoBtrr SO0 mitre*.

mari'hont vers une redoute que les Autricliiens ont eu le tem|>s (l'éLauchei sur la liaiiteiir de Longia; elles péuélrent dans la redoute, enlèvent ses deux lûèces de 3, et, h neuf heures du matin, font leur jonction avec ta garnison de Oilette. Dans le même moment, la colonne du capitaine Parra clicmine k nii-cftte, parallèlement aux colonnes de C'a/.abonne et de Ginllot; elle ^agne un vallon, le ravin de Lunel, entre Notre-Dame lies Sales et Lauvette, et, en romoutaat le ravin, donne contre deux compagnies du régiment pÎL-montais des gardes. Épouvantés par cette apparition inattendue de l'adversaire, les Sardes fuient en désordre et entraînent dans leur débandade les pnstes de Bonson et de la Moulièro. qui se fusillent l'un l'autre. La panique saisit les troupes campi5es à Tourette et k Revost. Elles se sauvent il Malnussêne et k Clans, sur la rive di-oite de la Tinée. 1)1)0 prisonniers, dout 22 olliciers — et parmi eux le prince de Marsico-Novo, fils du ministre de Naplos à Turin — restèrent entre les mains des Français qui coururent après les Auslro-Sardes il plus d'une lieue et demie dans la montagne jusqu'à la toniliée de la unît. •■ Si j'avais eu, disait Dugom- . mier, 2(.X) hommes de plus k diriger sur l'iiutri.- r.iviii, l'ea-a nemi n'existerait plus'. >i 4

Le lendemain au soir, Dugommior rentrait à Utello. Il arrivait à temps pour remiHirler un second avantage.

Utelle commande k la fois la rive droite de laVésubie et lo conlluent du Aar et de la Tinée. Mais le village est luim^^me dominé par trois hauteurs : au nord par la hauteur de Parahouquet ou do Cardia, i» l'ouest par la cime du Diamant et au sud-ouesl parle plateau de la Maflone.qui doit sun nom il un sanctuaire très venérii dans la région. Ougommicr avait

t. Krebs el &l<>ri«. Campagnei d/int Un Alpri. I. 3îl-.1-JUi ~ Tiiaun de nevel, Mém., 96-IUl (* aiïuîre langUotc el d^stulreuie >}i — l'inelli, Sforia mililare rlel Piemonle. 1, 3flî-3in (te balnillini île l'iémonl (icrdît à lui seul lUH liomineael \v« Au^lrr.i-S:<rik-t curi^rit I.UUii inurl4 et priKo nier«J; — l'inenii, n!)-!X3.

r.ll-KTTK KT «TELLE

fait fiirlitier ces trois points et, pour mettre IJtclîo à l'abri d'un coup lie main, il avait construit des retrancliements au nord ot au sud-ouest de l'endroit, à Saint-Martin et à Torrinlo, et une grosse redoute à l'ouest, au pas del Gien, qui rondllît à la cime du Diamant.

Le 22 ootobre, k une heure du malin, le général conitn

de .Saint-André attaquait la position française el, dit Du-

gomniier, l'attaquait avec furie. Il avait avec lui un bataillon

I de Suse, un bataillon de grenadiers, les volontaires du

Hjiehevalier Kadioati et des milices.

^B Le bataillon de Suse s'empara de Parabouquet, maiii ^VarrMa ilevant les retrancbementsde Saint- Martin, qui cou- ^Taieiit au nord le village d'Utelle.

Le butaillon de grenailiers éflioua contre la redctutc du 15 del (tien.

MaÎB les volontaires de Radit-ati et les milices enlevèrent la faveur d'un épais bronillai'd le poste qui gardait la cime du Diamant- " Officiers et soldats, écrit Dugommîer, se sont ;]au8é surprendre; ils ont ti'aitiï trop légèrement le sérient de vivre libres ou do mourir; les officiers surtout oni ns h se disculper que personne pour avoir compromis par ir faiblesse la sfireté de douze cents frères d'armes. » Par bonheur, le plateau do la Madone était encore au pouvoir des Français. Dugiimniier fit battre la générale idanL que les ennemis bivouaquaient, il donna ses . Pas do bruit, pas de feux, pas de fusillade. Il ,, à son tour, surprendre les Piémontais. Il renforça postes de la Madone, de Saint-Martin, du pas del Oien ,, an point du Jour, il assaillait Parabouquet et le Diamant. Une poignée de grenadiers — ils éuiient 30 — à la Voix capitaine Pelletier, gravit un rocher jusqu'alors inacisuble el ressaisit Parabouquet.

Les chasseurs, formés en trois colonnes, ptlo» éclaireurs lu capitaine Partouneaux s'élancèrent sur les lianes du

Diamant, les tins à l'est, les autres au suil. Ils élaioiit 20> contre 600, ou 1 contre 3, comme naguère â Gilette. Mai* leur attaque fut si vive, si impétueuse que les Piéinonlais s'enfuirent an hout tle quelques instant». " L'ennemi, marquait Dugommier au ministre, a cru nous prenrire en tléfaul ; Q s'est évidemment trouipt^, et nous l'avons renvoyé avec sa rourto lionte; le pas de oliarge des Français et leur fière contenance Un a Tait tourner le dos '. »

Le général s'était moiilré vigilant, résolu, rapide ilans se»! mouvements, et il enlrainait son monde ou, comme il diL d'un de ses lieutenants, "ïl donnait à sa troupe une impulsion rare en annonçant qu'il punirait les lâches et en promettant d'éclatantes récompenses aux braves. Le soir du comhaL d'Utelle, il sollicitait de l'avancement pour d'intrépides officiera, Joseph Martin, Di^sphioy, Gnillut, Parra, Cazabonne, Eberlé, Buget aine, Partouneaux, qui tous, ft l'exception de Huget tué devant Toulon, et de Cazabonne, devinrent généraux grAce à la recommandation de Dugommicr.

Il les jugeait ainsi :

Joseph Majtin, chef du 3' bataillon de la Haute-Garonne, servait avec un zèle à toute épreuve, avec la plus grande intelligence, et plusieurs citoyens quî n'avaient pas mieux servi que lui étaient générau,x de brigade.

Despinoy, toujours à Pavant-garde, était dans les montagnes depuis le commencement de la guerre, et il venait de marcher il l'ennemi entre deux camarades, l'un tué ot l'autre itiessé.

Guillot avait enlevé la redoute de Giletle et, malgré sa blessure, si bien défendu le poste du pas del Gieu que les Piémontais n'avaient pu y mordre ; pas un seul <t événement •• de l'armé© d'Italie où il ne se fût distingué.

Parra, ancien porte-drapeau au régiment de Lyonnais,

. et. Krebs elMori*. 1.338-329; — et surloul Vlwm, 185-i'

OII,ETTE ET UTELLB iT

capilaiiio au ^8° régiment ri-devaiit MaiiiP, romptait vinj^thuit ans de service, et semblait un jeune rëpiiblii-ain, paisqii"il avait, un dos pi-emiers, santé dans la redoute de Gilette.

Cajîabonne était u le premier k faire la gloire rie nos^ armes ■'. puisqu'il était entré dans la redoute avec Paira.

Pelletier, capitaine depuis 1794, était un rocher et, quand ses grenadiers l'entouraient, un volcan.

L'Alsacien Gaspard Eberléou, comme on le nommait simplement, Gaspard, sergent-major aux chassein-s du 28" régiment, avait, à l'attaque du \9 octobre, sommé le coru mandant delà redoute, eu langue allemande^ de mettre bas les armes. et. avant ra^mo que sa compagnie eût pénétré dans l'ou- Trage. il désarmait ia plus grande partie des prisonniers.

Uuget aîné se signalait en toute circonstance : c'était miracle qu'il ne fût pas tué; une balle lui avait transpen-é £'>n chapeau, et une autre, enlevé quelques cheveux.

Partouneaux, •> capitaine des éclau-eurs, et Parisieri par dessus le marché, était un jeune citoyen bien intéressant qui dévorait les occasions d'être utile à la patrie. »

Dijgomniier ne parlait pas do lui. Mais Boucliotte le complimenta. Des succès comme ceux-là, écrivait le miniatro. Il c.msaiftnt beaucoup de joie ". Et il félicitait Dugommier iriivoii- déjoué par sa prévoyance et sa promptitude les projets de l'adversaire. Les représentants Ricord et Augustin Robespierre firent un très %*if éloge du général, de sa valeur, (le son civisme. Ils avaient remarqué dans la lettre o(i il rendait compte de la délivrance de Gilette, ces mots chaleureux : " Nous y entrons victorieux, nous embrassons mis frères, et la montagne retentit du en de Vive la Hi'publitjue ; c'est bien sur la montagne que ce cri est sincfern r'I dans toute son énergie. >< Augustin Robespierre mandait nii Ci'Uiitt que Dugommier joignait le républicanisme aux tnl><ul ■ eiàla rigueur : n 11 sait, ajoutait le conventionnel, jii>|iiii'i l'onthousiasme de la liberté ; il est aime de ses suborilnrttu ■

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qu'il aime ; il est actif et courageux ; il rendra de grands services à la patrie. » Ricord, chargé par ses collègues d'aller à Paris et de conférer avec le Comité sur la situation du Midi, proposa de confier à Dugommier la direction du siège de Toulon, et le Comité adopta cette proposition. Ricord avait dit au Comité que Dugommier était brave et plein crexpérience, et qu'il fallait, pour réduire Toulon, un homme décidé à se battre et à s'emparer delà ville sans passer par les lenteurs d'un investissement. Barère déclarait à la Convention que Dugommier avait un grand caractère et une réputation militaire. Maximilien Robespierre publia ses louanges aux Jacobins : Dugommier, disait Robespierre, avait pour lui le témoignage des patriotes et celui de ses propres actions, et il devait son brevet de général de brigade à la recommandation de Marat, qui était « une présomption bien favorable* ».

Le 3 novembre, Dugommier était promu général de division et nommé « général en chef de l'armée d'Italie, chargé spécialement du siège de Toulon ». Il accepta sur-le-champ la tâche difficile, inattendue, qui lui incombait. Quoi de plus glorieux, de plus utile que de « rendre à la patrie cette partie essentielle que les traîtres lui avaient ravie ^ » ?

1. Mon., 2 nov. 1793 (Cf. le carnet de Max. Robespierre; (Welschin- •;cr, le Roman de Durnouriez, 293), il écrit à la page dixième, pour se rappeler le nom que son frère lui a recommandé, « Dugommier, général de brigade à l'armée d'Italie »); — Uec. Âulard, Vil, 599; — Saliceli et Gasparin au Comité, 30 oct. 179.^.

2. Cf. une lettre de Dugommier au 2* bataillon de la Drôuie, 2 déc. 1793 Pineau, 799).

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